BLACK NINJA, de Clayton Prince (USA-2003) : A l'aise, glaise !

Publié le par Dr Devo


(Photo : "I would lie if I'd say it's not painful..." par Dr Devo)



Chers Focaliens,
Me voilà de retour après une si longue absence, et vous me retrouvez dans le Manoir du Marquis que je visite quelques jours, en même temps que ma région quasi-natale (et même natale, si l’on considère que j'y ai vécu dans les années 80, glorius dei !).
La Dévédéthèque Nationale (surnom que je donne à la collection du Marquis, qui est la plus belle et la plus riche collection que je connaisse) s'agrandit encore, et bien que le nombre de 3000 volumes ait été depuis quelques mois dépassé, on a l'impression, plus que jamais, qu'elle est riche de beaucoup plus de films encore, et qu'elle grandit à vue d’œil. Quand je suis rentré dans la pièce où ont lieu les visionnages, j'estimais la collection à 3245 films, mais en fin de soirée, je revoyais le chiffre à la hausse (4866 films, à vue de nez !).
L'invité est roi chez le Marquis, et vint donc le moment de choisir le film à regarder. J'effleurais pendant quelques longues secondes l'idée de voir ce Kubrick que je n'avais jamais vu (LOLITA) ou encore de découvrir enfin L'ARGENT de Bresson qui divise tellement les gens autour de moi... Je me jetais, à ma grande surprise, à peine feinte, sur deux petites séries Z des familles ! La vie est bizarre, non ? Pas tant que ça, en fait !
Ce qui est bien avec Clayton Prince, c'est qu'on ne cesse jamais d'être surpris. Petit acteur télé principalement, on l'a quand même aperçu dans le magnifique HAIRSPRAY de John Waters ! En 2003, il réalise ce beau film au titre si doux, BLACK NINJA, film sans lequel il n'aurait sans doute jamais eu les honneurs de Matière Focale ! Avec un joli titre comme ça, évidemment, on est tenté tout de suite. Le film, comme le disait il y a quelques jours le Marquis, est vendu dans les collections les plus bon marché en DVD (quelques euros neufs !). C’est déjà pas mal, mais avec en plus un autre film en bonus : SAKURA KILLERS... Ça donne envie, d'autant plus que le Marquis en parle avec des larmes (de rire) dans les yeux. Et on n’a pas été déçu du voyage, effectivement !
Malik Ali (Clayton Prince lui-même... C'est marrant, ce nom de personnage, pourtant bien artificiel, parait bien plus réaliste que le nom de son interprète) est un avocat réputé et pas très apprécié. Il gagne tous ses procès. Le problème est qu'il défend des criminels notoires qu'il fait acquitter en deux temps trois mouvements. Les policiers le détestent, car il ruine tous leurs efforts. Mais la psychologue-criminelle (enfin, spécialisée dans l'analyse des criminels !) Tracey Allen, elle, ne déteste pas le personnage qui s'en met plein les poches en défendant les pires raclures. Donc, policiers et citoyens le haïssent. Mais pour le Dr Allen (bonjour collègue !), Ali ne fait que son travail, et pour elle, la lie de la société, ce sont les "vigilantes", comme on dit aux States, c'est-à-dire les citoyens qui font leur propre justice au sein de milices armées ! Les groupes d'autodéfense, quoi ! Comme au bon vieux temps de Charles Bronson ! Ali, en fait, ne fait qu'exploiter les failles du système judiciaire américain dont tout le monde s'accorde à dire qu'il est mal adapté. Bien, bien.
Mais cessons la politique (très présente dans le film), car parallèlement, un nouveau justicier fait son apparition en ville. Habillé en super-héros, Black Ninja sauve les donzelles en péril à la merci de délinquants violents, dans toutes les rues sombres de la ville. Une jeune fille se fait piquer son sac ? Black Ninja débarque, et quelques prises de kung-fu plus tard, les méchants agresseurs sont à l'hôpital ! C’est simple et efficace. En plus, si, si, Black Ninja a un atout supplémentaire dans son sac : il est acuponcteur ! Ben, tiens ! Par exemple, lorsqu'il casse la gueule à un violeur, il lui plante également, in fine, une petite aiguille dans le cou pour le rendre impuissant. Ou alors, il paralyse à vie le bras d'un exécuteur de la mafia ! La classe.
Et ben figurez-vous que Black Ninja et Malik Ali, en fait, c'est le même ! Quel secret se cache derrière cette double identité schizophrénique ? [En fait, sa femme et son enfant sont morts dans un flash-back il y a quelques années, massacrés par Shinji Hagiwara, le célèbre Ninja Rouge qu’Ali avait défendu en procès !] En tout cas, les choses se compliquent quand la jolie Dr Allen est citée comme témoin dans le procès d'un mafieux italien accusé de meurtre. Témoin oculaire du crime, la jolie doctoresse est alors victime de plusieurs tentatives de meurtre. Heureusement, Black Ninja veille au grain !
Bah ! Ça, c'est du scénar', Coco. Certes, mais c'est aussi de la réalisation ! Et pas qu'un peu ! Premier écueil pour le critique consciencieux, le support du film. Car il est en effet édité avec modestie, pour ne pas dire avec peu de moyens. Certes, fait exceptionnel dans ce genre de collection, le film est en V.O. et est accompagné d'un splendouillet sous-titrage à la police de caractères absolument énorme ! Mais difficile de dire, au vu de la qualité du transfert, si le film, tourné et distribué directement pour la location vidéo, fut tournée en vidéo ou sur pellicule ! Les artefacts de la transposition numérique sont là, discrets comme un éléphant dans un magasin de porcelaine de Limoges. Dès qu'on passe devant un grillage ou une série de lignes verticales, l'image bave en gros pixels monstrueux tout à fait réjouissants ! L'étalonnage est également complètement fou et fait en dépit du bon sens, certes, mais dans le sens du (bon) mauvais goût, à savoir une nette dominante rouge. Non pas que l'image soit rougeâtre de bout en bout. Mais dès que la couleur rouge apparaît à l'écran, ça bavouille comme dans le livre de coloriage d'un gamin épileptique de 4 ans. Un vrai bonheur ! Signalons enfin la splendouillette scène du cimetière où notre héros au regard si éteint va se recueillir sur la tombe de sa famille massacrée (ce qui nous vaut d'hilarants flash-back en noir et blanc plus moins granuleux). Dans ce passage, l'étalonneur a dû faire ses réglages en direct pendant l'enregistrement du "master" (façon de parler). On passe dans toutes les nuances de beiges et de marronnasse, c'est délicieux.

Côté mise en scène, c'est du tout bon également. Doté d'un budget de nain (pardon, de petite taille), BLACK NINJA a bien du mal à trouver des décors qui ne soient pas d'une banalité à crever, ou tout simplement étriqués comme un placard à vêtements. Bref, il n'y a pas beaucoup de place. Du coup, sur ce point précis des décors, là aussi la grande splendouille est de rigueur. On note une salle de conférence avec rideau rouge derrière les intervenants et figurants-auditeurs très clairsemés qui n'est pas sans rappeler (le Marquis et moi avons fait la même remarque), la fameuse conférence au début des FRISSONS DE L'ANGOISSE, le superbe film d'Argento. Autre décor sublime de banalité et de bricole, le repère du Black Ninja. Il se compose d’un plan en extérieur, tourné à l’arrache devant une villa en pleine ville qui ressemble à un petit manoir. Les intérieurs ressemblent à un appartement minable comme le mien ou le vôtre ! La classe, là aussi. Même chose chez le parrain mafieux, dont la maison ressemble furieusement à l’appartement de la grand-mère de Clayton Prince.
Reste la mise en scène. Comment décrire la chose ? Après un générique en images de synthèse 2D à l’effigie du Ninja Noir, sûrement fait avec le logiciel Paint, nous avons droit, bien sûr, à un maximum de plans rapprochés qui mettent extraordinairement en valeur les décors faméliques sus-cités. Une vraie bonne idée de faire des petits plans tout serrés ! D’autant plus que c’est également le cas dans les combats. Car quand on voit un film à base de kung-fu (même si, ici, ce n’est pas le sujet principal, le thème du film étant la Justice... ce qui est le cas de tous les films de kung-fu, en fait ! Je dis des bêtises !), c’est ça, les combats, qu’on attend avec impatience (enfin, façon de parler, en ce qui me concerne : moi, j’attends surtout d’un film de kung-fu une VF immonde et drôlissime). Et bien Prince ne se démonte pas : là aussi, c’est plans rapprochés au maximum ! Et le décor reste un problème ! Faire des combats dans des décors naturels (parc, forêt, etc.), ça ne pose pas de problème. Mais par contre, tout filmer en appartement, c’est un sacré défi qui ne fait pas peur à notre ninja-acteur-réalisateur. Et le gars sait lever la jambe. Il connaît même facilement deux ou trois prises de kung-fu... qu’il va nous resservir à toutes les sauces ! Alors n’allez pas imaginer de félins mouvements à la Bruce Lee, ou la souplesse des acteurs pékinois (élevés en cirque dès l’âge de trois ans), ni la splendeur chorégraphique du mouvement van-dammien. Non ! Prince nous fait la même prise cinquante fois (un sacré foot-kick notamment) à une vitesse qu’on qualifiera de croisière pour être gentil, et donc dans des décors absurdes et surtout confinés. Du coup, c’est un délice assez sublime. Les figurants attendent sagement que Prince déploie ses coups et font leur réponse chorégraphique en beuglant des « Haaaaa » et des « Hooooo » tout à fait énergiques. BLACK NINJA s’inscrit un peu dans une démarche allemande, à la DERRICK, du film de kung-fu, avec couleurs maronnasse intégrées. Le film, de ce fait, finit par acquérir une certaine logique.
Outre le thème, ici une lutte entre respect de la justice dont rien ne garantit qu’elle soit rendue de manière inique ou juste, et l’auto-défense au service des plus pauvres (mouais), une bonne série Z, ce sont aussi des acteurs formidables. C’est en fait un état d’esprit ! Clayton Prince y va à fond les gamelles : mâchoires serrées (jaw acting), poings serrés, mouvement de tête circulaire (comme un Willis black), ça joue drôlement ! Un jeu de soap opera quasiment (pas FRIENDS... plutôt SANTA BARBARA !). À lui tout seul, c’est un délice. Il est bien entouré. Le mafieux ressemble à un boucher-charcutier, et les figurants intelligents semblent, eux,  avoir été recrutés dans la rue. Bien. Puis, Clayton lâche sa bombe atomique : Yuki Matsuzaki ! Retenez ce nom, braves gens, car vous ne reverrez plus jamais ce mec. Par contre, vous ne l’oublierez jamais non plus. [Après avoir noté la phrase précédente, je jette un coup d’œil sur Imdb par acquis de conscience ! Et là, stupeur ! Matsuzaki a déjà joué dans des gros films... Enfin, LE DERNIER SAMOURAÏ en fait ! Plus étonnant, et très bonne nouvelle : on va le revoir, puisqu’il jouera dans RED SUN BLACK SAND, le prochain projet pharaonique de... Clint Eastwood !]
Eastwood ? C’est une formidable nouvelle ! On va voir ce type dans un film normal et friqué ! Et art et essai en plus ! Imaginez Jordy chanter avec l’orchestre philharmonique de Vienne ! Ça va être délicieux ! Car ce type n’est pas un acteur, c’est une arme de destruction massive. Physiquement, il ressemble à Fu Manchu, ou à n’importe quelle caricature asiatique des années 30, avec nattes intégrées et petits yeux fourbes et plissés de rigueur. Peut-être parle-t-il anglais couramment. Pas grave, le gars va dire ses dialogues dans la pire imitation de l’accent japonais que j’aie jamais entendue (encore mieux que Michel Leeb, qui, à côté, ressemble à un acteur de Bresson !). Achetez le DVD rien que pour lui. C’est éternel, c’est très beau, c’est du sur-fin. Ce type dynamite tout, et arrête le film à chacune de ses apparitions. Certes, la facture Z de l’ensemble nous prédisposait à l’improbable, mais à lui seul, Matsuzaki relève le niveau de manière fantastique, et donne, involontairement et par rebond de la cohérence à l’ensemble. De toute façon, voir un acteur jouer sous l'influence de drogues, c’est toujours payant !
Propos débiles, sujet improbable, acteurs sous perfusions, décors minables, lumières calamiteuses, mais de gros efforts pour rendre la narration classique (en 3 actes, s’il vous plait !), cascades ressemblant à de poussives danses de salon, situations abracadabrantesques (le mafieux qui descend un type en plein boulevard et en plein jour, Matsuzaki qui peint tranquillement un message en lettres de sang sur un miroir comme si c’était le plafond de la chapelle Sixtine...), mise en scène splendouillette (notamment des zooms dans l’image, c’est-à-dire un grossissement informatique d’un détail avec changement de grain à l’appui, toujours payant là aussi ; mais également répétitions trois fois du même plan lors du fameux foot-kick, une figure imposé dans la série Z martiale), etc. C’est du tout bon. Matsuzaki par là-dessus, c’est le paradis. Mais...
Pendant le générique de début, le Marquis appuie sur pause et annonce solennellement : "Ce film a reçu le Prix Marquis de la Prise de Son 2006". Et là, c’est l’extase, la jouissance absolue. D’autant plus qu’on ne peut pas accuser la VF, puisque nous voyons la chose dans la langue de Shakespeare ! Comment expliquer ça ?
En fait, la prise de son est calamiteuse comme jamais. Et d’une. Et surtout, elle révèle des qualités d’enregistrement très diverses. Des fois, le son est net, des fois c’est bouffé de basses, des fois c’est pourri d’aigus, quelquefois en son naturel, quelquefois des bruitages sont piqués à d’autres films, etc. Du son off, du son on, du son hors-cadre, du son direct... Il y a tout ce qu’on peut faire avec un magnéto ! C’est déjà intéressant, et ça fait même un sacré jeu de leviers, un nombre de combinaisons de mise en scène assez riches, surtout que, de nos jours, le son est très aussi peu travaillé que l’image, voire moins quelquefois. Prince, cependant, ne s’arrête pas là. Il pousse l’expérience jusqu’à jouer avec le souffle des enregistrements sonores ! C’est-à-dire que des fois, on a un petit ronflement, des fois, énormément, et même quelquefois il y en a tellement qu’on n’entend plus le dialogue. On entend même souvent le bruit de la caméra en train de tourner. Bref, il y a de la texture, et la plus industrielle (au sens musical du terme) en plus ! C’est merveilleux, et dans un film de Greenaway, on en pleurerait de joie. Dans un même plan, dans une même prise, le son peut varier du tout au tout, le souffle d’une première phrase s’arrêtant brusquement et laissant la place à une prise nickel à la phrase suivante. Ou alors, un personnage qui parle dans une prise de son nickel mais qui dialogue avec un autre qui semble enregistré dans une tempête de blizzard ! Tous les points de montage sonores sont détectables ! Mmmmmmm ! Que c’est bon ! De nouveaux horizons semblent s’ouvrir au cinéma. Si le film est Z, en général, du point du son et tout à fait involontairement, BLACK NINJA est une perle indus’ ! Et rien que pour ça, qu’on se le dise, ça vaut largement les deux euros de l’achat du film en DVD !
Acoustiquement Vôtre,
Dr Devo
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Publié dans Corpus Analogia

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Dr Devo 25/07/2006 14:29

J'en ai même loupé plusieurs! Mais, chut, le répétez pas!
Ceci dit, j'ai quand même vu BLACK NINJA!

Dr Devo

MAYDRICK 25/07/2006 01:25

Il y a encore des Kubrick qu'on peut ne pas avoir vu ? Cela est donc possible ??? Il n'y en a que 13 pourtant. Quoique c'est bien vous le plus heureux. Quand je pense que moi je n'aurais plus jamais l'occasion de découvrir un film de Kubrick...
Cordialement. A très bientôt, Dr. Devo.

Le Marquis 23/07/2006 03:06

La réponse à cette question se trouve dans ses grandes lignes dans le tout premier article de la série des Abécédaires, ici :
http://www.matierefocale.com/article-1792976.html
J'ajoute que les deux-tiers de mes films m'ont coûté moins de quatre euros pièce, sans que ce ne soit que de mauvais films ou de mauvaises éditions (Coffret Jacques Tourneur neuf à quatre euros dernièrement). Ce qui implique tout de même de repérer les points de vente, d'occasion principalement, et de les visiter au moins une fois par semaine, tout en vérifiant quand même les tarifs pratiqués : une occasion peut sembler séduisante alors qu'on trouve le film à bien meilleur marché sur les sites spécialisés type CDiscount. Mais de la même façon, il faut aussi se méfier de ces sites - voir les abus des utilisateurs sur Price Minister, qui accollent le terme de "collector" à tout et à n'importe quoi pour pouvoir le mettre en vente à des prix totalement délirants (PORCO ROSSO à 130 euros par exemple !), quand ils ne mentent pas carrément lorsqu'ils créent la fiche d'un produit en lui inventant un prix de vente neuf très personnel (exemple récent, et corrigé à ma demande d'ailleurs : le coffret de la saison 1 du Muppet Show en VOST, vendu sur la base d'un prix neuf tout rond de 100 euros alors qu'il est disponible sur Amazon à 29 euros). Bref, il faut savoir explorer, tenter des découvertes, et donc privilégier aussi souvent que possible le prix plutôt que le choix d'un titre précis, et surtout, savoir attendre et ne pas acheter neuf et à sa sortie un film qui sera bradé pour des clopinettes six mois plus tard. Pour le reste, c'est de la prospection pure et simple, à laquelle peut s'adjoindre l'acquisition de certains coffrets très bon marché (50 films - rares - pour 29 euros récemment). Patience, curiosité et pondération. Vous pouvez disposer petit scarabé !

Isaac Allendo 22/07/2006 22:48

Une question m'anime depuis quelques semaines.
Marquis, comment on réunit une telle collection de dvd sans se ruiner ?
C'est quand même assez phénoménal !
Il faut lire "Se constituer une jolie dvdthèque pour les nuls" ?

Le Marquis 22/07/2006 15:01

Tiens, peut-être voulez-vous éviter de gâcher de bonnes surprises, mais il y a plusieurs points non évoqués dans cet article qui me semblent pourtant faire le coeur du métrage : tout d'abord le thème musical de Black Ninja, que l'on risque fort de fredonner au boulot si on ne prend pas des cachets; et deux des meilleures séquences du film - la punition du violeur (ou une certaine vision de la Justice qui laisse bien rêveur) et le châtiment réservé au vilain maffieux, scène au cours de laquelle le son joue une fois de plus un rôle déterminant, mais, disons, sur un autre registre...
Le film est en tout cas devenu un classique de ma collection, régulièrement réclamé par mes hôtes - ce qui veut dire que je l'ai déjà vu cinq fois !!! Si l'envie vous prend de vous le procurer, retournez les fonds de bacs des trocantes en cherchant le DVD "SAKURA KILLERS", car BLACK NINJA en est le bonus (!) et n'est indiqué que par un discret encadré... sur fond jaune, naturellement.