KONTROLL de Nimrod Antal (USA/Hongrie, 2003): Vieux métro que jamais !

Publié le par L'Ultime Saut Quantique







[Photo: "Kein Mitleid für die Mehrheit" par Dr Devo, d'après une photo du chanteur Falco.]




Salut les Keufs et les Meufs dans le RER, aujourd'hui c'est la RAPT qui rince ! Alors qu'est-ce qu'il boit le Jean-Louis ? Une chartroussse... Et qu'est-ce qu'il écoute ? Toute première fois, tout-toute première fois, huuuummmm. C'est bien venu puisque nous allons parler du premier film de Nimrod Antal qui avait signé en 2007 le très recommandable MOTEL, un petit thriller (iiiiouh) horrifique plutôt angoissant et efficace dans son genre et dans sa mise en scène, le tout avec un Luke Wilson toujours impec' et une Kate Beckinsale qui était pour le coup tout à fait acceptable... Bref, à voir. Alors, les premiers films c'est souvent quitte ou doub', comme dirait l'autre. Avec le Nimrod disons que nous sommes un peu dans l'interzone.



Jean-Louis se dirige vers le Juke-Box et change de scud. "Quand t'es dans le métro, depuis trop longtemps, tu te demandes à qui ça sert toutes les règles un peu truquées du jeu qu'on veut te faire jouer les yeux bandés" (J.-P. Capedevielle représente, ouais-ouuuuuuuuais). C'est en tout cas ce que doit se demander Bulcsu - "Rigolez pas, bande de nazes", s'exclame Jean-Louis, "C'est hongrois" - Bulscu, disais-je, est un contrôleur du service métropolitain, un peu beau gosse, un peu rebelle, un peu tourmenté, un peu tout ça quoi, mais pas trop en même temps, c'est subtayle (mouais). Il est entouré d'une bande de seconds rôles pas franchement mauvais, mais pas franchement bons non plus, puisque caractérisés par deux ou trois détails, un point c'est tout. Ce ne sont en fait plus vraiment des acteurs mais des corps mouvants avec quelques excroissances représentant chacune une caractéristique comportementale bien définie. C'est toujours un peu limité et ça manque quand même pas mal de relief à ce niveau-là ! (Je suis peut-être un peu sévère, là... Oh, et puis tant pis). Nos compères, Bulcsu en particulier, auront à faire dans l'enfer du métro avec une équipe de contrôleurs rivale, une mignonette déguisée en ourson rose, une sorte de personnage fantomatique-mortifère, et, bien sûr, les gens qui passent et trépassent, pour certains, dans cet univers souterrain dont on ne sortira (peut-être) jamais. D'ors et déjà, tu sens la symbolique qui monte. Bah ouais, c'est un peu la société dans son presque-ensemble qui est représenté dans ce qui pourrait s'apparenter à un conte des temps modernes. D'ailleurs, nous ne sommes pas blousés sur la marchandise puisque c'est le représentant du réseau métropolitain qui présente le film annonçant la couleur ! (Je n'avais jamais vu pareille chose... Amusant, et étrange !)



En terme de mise en scène, on ne peut certes pas dire que la chose soit bâclée, c'est même plutôt soigné, bien éclairé (l'ambiance glauquasse du métro dans lequel se déroule l'ensemble du métrage y est pour beaucoup), les plans sont aérés et variés en terme d'échelle, et donc on respire en même temps qu'on étouffe (et oui, on reste tout le temps dans le métro vous disais-je !). Là où le bât blesse, ce serait plutôt du côté du montage, fort peu inspiré, dans lequel on alterne entre des séquences plutôt tranquilosses et d'autre plus énervées et branchouilles, où ça court dans tous les sens un peu à la TRAINSPOTTING. You ouh, tu la sens cette liberté, cette fougue, cette jeunesse qui monte ?... Bah non, pas trop mon loulou parce que ça commence un peu à être vu et ratavu tout ça ! Du coup, l'espèce de tension que cherche à faire monter Nimrod à certains moments sombre rapidement dans le manque d'originalité de la situation mais aussi dans le montage. Les phases de ce montage les plus pénibles étant cependant les moments de contrôle où l'on alterne entre les différents contrôleurs peinant à effectuer leur devoirs, c'est laborieux et ennuyeux et ça revient plusieurs fois, toujours dans ce même procédé de narration alternée. Il y a tentatives d'humour dans ces moments-là, mais c'est aussi peu original et un peu rance.



Bilan, pour ce premier film Nimrod se cherche et puise souvent ailleurs que chez lui, c'est mal. Cependant, il s'applique dans sa mise en scène quand même (enfin ce n'est pas non plus l'extase), et ça, c'est bien... Mais sur ce point, aussi, ça cloche un peu. En effet, les jolis cadrages où les beaux moments de mise en scène sont toujours là, à des moments très précis, lors de scènes déterminantes ou alors, bien plus souvent, dans des moments de transition et de flottement. Du coup, ça fait un peu "pièces rapportées" et c'est souvent très attendu et pas très surprenant. Au final, on s'ennuie quand même gentiment parce qu'en fait ce qui se passe, c'est qu'on assiste - comme trop souvent - au déroulé d'un scénario qui cadenasse la mise en scène et nous prive de pas mal d'émotions, notamment celle de "l'enfermement", qui semble être le sujet du film, justement de part cette structure classique et renfermée sur elle-même. Pour son premier film, Nimrod a ainsi privilégié le tout-contrôle plutôt que de laisser quelque peu la chose filer entre ses doigts. Ce n'est pas désastreux, mais dommage quand même...


L'Ultime Saut Quantique.





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Publié dans Corpus Analogia

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