KOH-LANTA, saison 6, épisode 1 : le mystère des chaussettes paranogéniques...

Publié le par Le Shériff

 


(Photo : "Naughty Bits" par Dr Devo)



AVANT-PROPOS
Comme chaque année, et aussi surprenant que cela puisse paraître, nous allons largement ouvrir nos pages à la dernière grande émission politique et religieuse de la Télévision : KOH-LANTA.
Chaque semaine, nous ferons un rapport subjectif mais détaillé de l'émission. Certains seront surpris de trouver de telles choses ici. Pour que les choses soient bien claires, nous détestons tous la Télé-Réalité, très sincèrement. Par contre, KOH-LANTA est pour nous une source inépuisable de questionnement moral, de portrait de la France en marche, etc. Regarder KOH-LANTA, c'est voir du DOGVILLE ou du MANDERLAY en "direct".
 Par son approche documentaire (peut-être la seule valable) et par la puissance des situations évoquées, l'émission nous paraît être sans équivalent.

Pour en parler, on accueille notre spécialiste : Le Shériff.
Amusez-vous bien.

Dr Devo.




Des dizaines de noms au générique, un réalisateur (FRANCOIS ROBIN) secondé par une demi-douzaine d'assistants, une bande-son réglée au dixième de seconde, pas de doute, l'été sera chaud. Sous la canicule, la couette ou près de la cheminée, la Une nous propose un nouvel opus, du plus grand des feuilletons de nos étés : KOH-LANTA est de retour, Allelujah ! Une année de silence, les aisselles de la belle CLEMENCE en pointillé, quelques après-midi de F1 par-ci par-là, seules quelques séquelles éparses ont jalonné sans grande cohérence ce trop long hiver. Le sieur Proctoman, rappelez-vous, avait flairé le nom de la dernière survivante, nous attendons donc sa prophétie. Les plus curieux ont bien appris que ce serait aux VANUATU, qu'il y aurait un realcyclone, et que DENIS BROGNIART a même emmené toute sa famille sur place. Mais qu'en est-il de la plainte déposée contre la prod' pour mise à mort illicite des bénitiers, fameux coquillages à la chair goûteuse ? Oui, l'émission est attendue au tournant par ses opposants, comme par ses inconditionnels. Je ne vais pas utiliser le terme d'aficionados, ces sauvages tuent des taureaux ! Ami focalien, amie focalienne, tu peux être surpris(e) par l'existence d'un article sur une telle émission, télévisée qui plus est. Sache que le Docteur t'autorise une petite descente dans l'enfer vert de la Real tv, prends ça comme une simple cure homéopathique.

Prégénérique, lumière style USHUAIA, en moins clinquant. Un chapelet d'îles Mélanésiennes. Evocation et survol du volcan MARAO, le vrai maître des lieux. Les Dieux ont déserté, semble-t-il, la contrée. La voix off, DENIS BROGNIART, le grand-prêtre : "Nous sommes sur les terres d'un peuple rude et courageux qui a longtemps terrifié les navigateurs" ; la situation est posée par le Conteur longiligne, 16 métropolitains intrus vont devoir se frotter à la vie sur les îles, au bout de quarante jours, un seul sortira du désert. La musique semi-ethnique, qui nous revient de très loin, gagne en puissance, oui, nos cœurs peuvent entrer en communion. Présentation des seize, en quelques secondes ; nous aurons bien le temps de nous familiariser avec eux ! Beaucoup de citadins et montagnards dans le casting, pas de Camarguais ou de Marais-Poitevin, sans doute trop favorisés par atavisme.

Les aventuriers se transmutent en naufragés lorsqu'ils dégringolent du modeste cargo rouillé qui les a menés à quelques encablures de la grand'île. L'équipage local sous-payé, qu'on imagine pirates lors des temps de disette, regarde se matérialiser sous ses yeux un équipement de survie dont il ne pourra jamais bénéficier : deux belles embarcations auto-gonflées destinées à symboliser le passage du monde quotidien aux péripéties. Sauts de l'ange pour se jeter à l'eau, voilà c'est fait, le Destin est en marche. Il ne se lasse jamais, celui-là.

Les intrus accostent après que le doyen JEAN-CLAUDE, Antillais senseï karateka, ait été sauvé de la noyade. Accueillis par les moustiques dans la mangrove, les naufragés pataugent et atteignent, maculés de boue dermoprotectrice, cette apparition d'un mètre-quatre-vingt-quatorze qui les divise en deux groupes (manque un éclair ici, à mon avis) :
Les seniors, les MOSSO, les Rouges VS les juniors, les TANA, les Jaunes. On reprend le schéma de la saison dernière, pourquoi pas ; il semblerait que les épreuves aient davantage évolué.
Le groupe divisé et affaibli, la première épreuve de confort se présente aussitôt. Les équipes doivent passer des obstacles, se hisser sur une corde à nœuds et s'y maintenir cinq secondes. J'attends avec impatience une hypothétique novellisation en Bd, pour voir comment les scénaristes pourraient mettre en lien toutes les péripéties ! Perches en bois, cordages, fanions, eau saumâtre, inégalé ! CATHERINE a du mal en apnée ; personne ne se moque. Elle vient de Marseille, soutient l'O.M (splendouillet plan dans les tribunes), elle est heureuse car elle a tout ce qu'elle veut dans la vie. Le compte à rebours est lancé, tictac, le vernis va bientôt craquer, ma cocotte ! RAHAN, son pagne et son collier. Pas besoin de crocos ou de tyrannosaure, on y croit plus qu'aux tigres de Vendée. Les cris des naufragés alternent avec la voix off qui se complaît en explications et observations, ludiquement pertinentes et dramatiquement amusantes. Le texte est travaillé, c'est visible ; et c'est d'autant plus réussi que le montage est couplé à la voix. C'est de l'art, y'a bon ! Les moments de "silence" sont dédiés à la musique (percus, cordes et synthé), classiquement dramatique, sans excès, elle reste légèrement en retrait au final. Voilà pour l'épreuve.
Trop difficile, elle est transformée après cinq tentatives en épreuve de course, entre deux champions. ALAIN, pompier volontaire "droit dans ses bottes", meunier dans la Marne, taciturne et patient, un mec bien quoi ! Tictactictac… Grands cris juvéniles, bousculade et gerbes d'eau, les Tana, représentés par FRANCOIS-DAVID (allez, FD…) l'emportent et empochent trois allumettes.
Après 25 mn, pirogue au sec sur l'île dévolue à chacune des équipes. Successions de séquences alternées, la narration n'est pas linéaire, ni chronologique (ça sert de regarder les maillots des filles). J'en retiens que les MOSSO ont repéré MAMA, mystique sociable aux chaussettes paranogéniques (qui donc avouera avoir délibérément "saboté" ses chaussettes lors de la nuit ?) ; c'est le seul point de tension révélé, pour l'instant. "MAMA a paniqué", déclare NATHALIE. Un Conseil se prépare toujours le plus tôt possible.

Chez les TANA, FD reporte le feu au lendemain, GAELLE, contremaître, suit son avis. SEBASTIEN, chef d'entreprise haut-normand, réserve sa sagacité pour les confessions "reality", histoire de ne pas trop se décaler du groupe. Celui-ci souffre de son inorganisation et de son indécision. Le fil rouge entre ces séquences est le Bernard-Lhermitte, mollusque decapode dont les pinces n'épargnent ni les Jaunes, ni les autres.
Le deuxième jour, épreuve d'immunité, pour désigner l'équipe qui devra se présenter au Conseil, et donc devra éliminer un de ses membres. Beau parallèle littéraire off entre le cycle éruption-fertilité et l'élimination-immunité. Après repérage du parcours, les Mosso décident une lenteur tactique qui leur permet une accélération finale décisive. Victoire un peu étrange, on leur permet de passer par le tunnel des adversaires !
Au troisième jour, le Conseil se tient dans un lieu historique, où s'est scellée, il y a trois cents ans, l'unité des peuples Mélanésiens. Sans doute contre les envahisseurs Européens. Maintenant qu'ils sont sages, on va vous en montrer quelques-uns, patientez un peu.
Questions choisies pour mettre mal à l'aise, confessions arrachées, la "question" est une boucherie. NICO "maximaculpa" s'en veut d'avoir perdu. Les votes au flambeau : c'est la jolie KARINE qui part, trop douce et sensible selon certains. Annonce du prochain épisode, Lord JIM approche, 80km de diamètre, il vient récupérer vos âmes. "Tous aux abris !" Splendide. Superbe séquence pré-apocalyptique, j'ai la chance d'en posséder un enregistrement, je ne m'en lasse pas. Je crois que l'épisode 2 sera un grand grand moment.
Par expérience, je sais que le survivant n'est pas dans la liste citée plus haut. Je parie sur EMILIE. Et toi ?

Le shériff.

Publié dans Lucarnus Magica

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Commenter cet article

jeff 28/08/2006 10:33

Pour la première fois j'ai découvert un exemple de tricherie sur Koh-Lantah 6, de la part de la production: A la fin du conseil des 2 ambassadrices, elles sont indécises. Denis Brognart les presse de mettre un nom sur un papier, sinon il va le faire lui-même. On voit ensuite que Nathalie craque, que les filles se résignent à mettre un nom, puis on voit une main avec une manche bleue qui écrit le nom d'Estelle. Or, qui a une chemise bleue? Denis Brognart! Mais ce n'est pas ce qu'on voit juste après, car on voit une des filles écrire le nom (je ne me rappelle plus laquelle, gaelle je crois). A méditer.... 

Emma Darcy 28/07/2006 03:22

Oui, j'ai remarqué. Je pense que Koh-Lanta fait maintenant partie intégrante de la formation de cadre supérieur.

Dr Devo 28/07/2006 00:23

Marquis a raison, c'est completement delicieux!

L'année dernière, chaque favori que je choississais se faisait sortir au bout de l'émission. Ca a quand même durer au moins avc 6 candidats et donc 6 émissions à tel point que Marquis, Sheriff et les autres amis ne voulaient plus que j'annonce mon favori.

Il fut difficile de choisir un favori (personne dont on suit avec une attention supreme le comportement et dont on suppose qu'il est le meilleur dans le bon comme dans le pire) dans cette premiere emission car le montage a insisté beaucoup plus sur les juniors.

J'ai choisi le type qui une entreprise de car-wash et qui critique tout à l'écart du groupe! Une belle tête de vainqueur, un contexte familial hallucinant et pervers, je crois qu'on tien là un sacré loulou! Ceci dit la barre est haute chez les jeunes. Car à un prés, je crois qu'on a affaire à une sublime brochette! Ca promet!

D'habitude je choisis plutot les plus vertueux (rares en nombre) mais là je choisis un méchant. Et miracle il a survécu à la première emission. La maledition Devo serait-elle levée?

Dr Devo.

OS: j'ai bien aimé l'entrée en matière de Mama sur le cargo (de jour!) qui s'est prise les pieds dans le cordage! Je pense que c'est une tueuse et qu'elle va êter déliceusement infecte.
Avez vous remarqué la sur-représentationde chef d'entreprise cette année?

le Shériff 27/07/2006 22:27

vil flatteur... Je rappelle à tous qu'il faut risquer un pronostic motivé !

Le Marquis 27/07/2006 15:47

Vous devriez écrire plus souvent pour le blog, Shériff, c'est vraiment très bon.