DERIVE MORTELLE de Hans Horn (Allemagne-2006): L'Amer qu'on voit pointer, le long des pitchs clairs...

Publié le par L'Ultime Saut Quantique







[Photo: "Wasington" par Dr Devo.]





Studio d’enregistrement de Matière Focale – 12h67 (QH)

A peine ai-je le temps de repoudrer mon vortex qu’un gentil technicien me fait signe. "Prêt Mr Quantique, dans 5, 4, 3, 2, 1… Antenne". La musique du générique crache ses dernières notes et c’est à moi.

USQ : "Salut les Kid’s, heureux de vous retrouvez pour un nouveau numéro la Focale Académie. Démarrons sans plus attendre cette nouvelle semaine de folie en accueillant notre nouveau candidat ! Un tonnerre d’applaudissements pour Hans!"

(Le technicien vous tend un panneau APPLAUDISSEMENT, cependant vous n’êtes pas obligé de vous y soumettre).

Hans entre en scène sans me serrer la main ni me saluer puisque nous nous étions déjà présenté vers 11h42 (QH).

USQ : (Au public) "C’est l’été, Koh Lantha c’est déjà terminé mais vous êtes tous encore bien chaud, le film de Hans devrait en toute logique vous intéresser". (Je me tourne vers Hans qui été en train de se sniffer le caramel du Flamby qu’une de nos délicate hôtesse lui avait apporté) 

USQ : "Avant de commencer Hans, souhaiteriez-vous répondre à cette question ?"

HANS : "Ja ja ja, mein freund."

(Chez vous un indice s’affiche peu avant 12h67(QH))

USQ : "Je suis un Cap situé à l’extrémité de …"

HANS : "...Horn!"

USQ : "Le Cap Horn bien entendu, magnifique, et j’en déduis que vous aimez la mer, l’océan, l’eau…"

HANS : "C’est peu dire ! En effet j’adore ça et c’est justement l’une des pierres angulaire de mon film".

(Mr Quantique se délecte d’un bon Emburgé… mais non, "Hamburger" s’exclame une foule joyeuse d’enfants, mais il faut bien dire que tout cela le laisse bouche bée.)

USQ : "Angulaire dites-vous ?"

HANS : "C’est cela."

USQ : "Et bien nous verrons cela, mais dans un premier temps, rappelons aux lecteurs le principe de la Focale Académie : Un grand nombre de candidats se présente avec le pitch de leur film, après quoi Kinobot 3000, notre robot Critic, réalise une sélection dans la plus pur tradition totalitaire car son choix est arbitraire. Les films sont ensuite tournés et montés et si la chose est à la hauteur du Pitch, Matière Focale décerne au film et à son équipe le Flamby d’Or à déguster immédiatement".

Gilles la voix off : "Avec DERIVE MORTELLE, les membres du Jury ne pouvaient être qu’alléchés par le Pitch. Une bande de trentenaire partent festoyer à bord d’un Yacht loin, loin, loin dans l’océan. Sans crier gare, les voilà pris de quelques menues bouffées de chaleurs. Ni une, ni deux, plouf, plouf, pince-mi, pince-moi et les autres aussi, plongent en cœur, ou presque. Oui mais voilà, au moment de remonter, les trentenaires s’aperçoivent qu’il n’y a aucune échelle de déplié et le Yacht est suffisamment imposant pour empêcher quelconque abordage via l’eau!  "Z’ont pas l’air cons maintenant !", comme dirai l’autre. Evidement tout ça est très intéressant. Des personnages livrés à un état critique, avec juste à quelques centimètres leur issue de secours. Imaginez un peu le potentiel de la chose! Nous avons donc à faire avec un huit-clos marin et ça, ça fait zizir".

DERIVE MORTELLE démarre plutôt sympathiquement. On a droit à un tout petit écran au centre du Big Black Screen qui nous délivre un film de vacances tourné en vidéo toute crado. Quatre jeun’s se la donnent grave quelque part en Amérique du Sud, tout est beau, l’avenir est devant eux jusqu’a ce que le cameraman fasse une chute. Le gars semble un peu amoché mais il se relève, nous n’entendons plus ce que les autres disent, la bande s’enraye… Un carton affiche "Based On True Events" et ensuite e5 ans plus tarde, on suit alors, au format Scope, une caisse qui file à "140 sur les trottoirs (art-art-art)" avec de la musique wok und wall.

Ça se poursuit gentiment On retrouve nos 4 jeun’s qui ont maintenant 30 ans et qui se retrouvent justement pour fêter l’anniversaire de l’un d’eux, oui sauf qu’ils ne sont plus quatre, mais 7. Il y a eu séparation, la vie à fait son chemin et une des filles s’est maqué avec un gars qui lui a fait un enfant (une petit Juju encore au berceau) et un autre se tape une fille fraichement ramassé. Bon donc ça fait longtemps que ce petit monde ne s’est pas revu et l’ambiance est gentiment décontracté et poli sans trop forcer non plus. On est loin de la fofolitude de la séquence d’avant. Alors tu sens cette tension qui monte, ce scénario qui pousse, la psychologie des personnages qui s’installe.


Après ça se gâte un petit peu et encore une fois c’est le sacro-saint scénario qui vient jouer des noises à Mlle Mise-en-scène. Et oui, si le pitch est très bon, le scénario écrase beaucoup de choses. L’image vous paraitra fort simplette mais traduit bien ce que l’on peut ressentir face à un tel objet… Horn, comme si il s’agrippait à une bouée de sauvetage, va sans cesse se raccrocher au scénario pour faire avancer son film en axant son travail sur les personnages et les dialogues. Le résultat n’est pas désastreux loin de là, d’autant que les acteurs sont plutôt bons, mais le hic c’est que le stress que nous devrions ressentir face à une telle situation ne passe pas ou difficilement. On reste dans l’intention : "Je vais vous faire peur en mettant des gens dans une position délicate" sauf qu’ils sont les seuls à ressentir la chose et nous, nous sommes mis un peu à l’écart. Tout cela est manifeste dans la mise en scène qui multiplie les séquences de dialogues en gros plan, et au final le huit clos pourrait se produire n’importe où ailleurs, cela aurait le même effet. Ce que je veux dire c’est que Horn ne joue pas suffisamment avec la singularité de son espace, et là où les choses pourraient être terrifiantes, elles laissent juste passer un petit suspens convenu (certes efficace par moment, mais pas très singulier dans le genre). Ne soyons pas chien et admettons tout de même que Horn tente d’aérer les choses par moments en offrant des séquences plus inspirés, moins plan/plan… mais c’est toujours dans le cas de séquences-clés ultra stabilotées, du coup les choses s’articule assez mal dans la globalité, ce qui est assez dommage.

Reste tout de même un divertissement relativement consommable pour vos nuits d’été, l’ensemble se laisse regarder et recèle tout de même de quelques petites gourmandises, notamment ce début qui laisse planer une atmosphère incertaine bien venue. Aussi Horn s’entiche de tous les passages obligé du genre (comme les téléphones portables, si si !) mais les détourne de façon plutôt intéressante et inattendue sans tomber dans les clichés habituels ce qui est plutôt appréciable. A ce titre l’utilisation de la petite Juju est assez judicieuse, car elle est pour le coup présente comme un élément de mise en scène venant faire monter la tension et le suspens, et non comme un élément de pathos écœurant comme c’est trop souvent le cas avec les enfants.

Avis aux amateurs, le Flamby d’Or restera au frais pour le moment !


L'Ultime Saut Quantique.





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Publié dans Corpus Analogia

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sigismund 03/08/2009 14:56

warfwarfwarfwarf.merci Mr Q.... j'en discutais justement avec le Docteur et j'ai bien envie de relever le défi car j'adore les Flambis. Et les dorés, aussi.