[Photo: "David Duchovny nu" par Norman Bates et Mrs Kutcher.]





DEMONS 2 de Lamberto Bava (Italie-1986)


On prend le même pitch et on recommence : une galerie de personnages de tous âges et de toutes catégorie socio professionnelle se retrouvent enfermé dans un immeuble high tech ou se sont infiltrés les démons via une VHS d'un film d'horreur les mettant en scène. Chaque appartement abrite une famille, un couple, des bodybuilders, des jeunes fêtards, des enfants en bas âge et la petite Asia Argento. Dans une joyeuse boucherie tout ce beau monde va plus ou moins y passer dans des douleurs atroces et non sans essayer de se défendre vaillamment...

Lamberto Bava n'a pas la même filmographie que son père, mais j'avoue avoir un petit faible pour le premier DEMONS, foutraque et kitch. Produit par Argento père cette suite est presque une adaptation du premier film tant le scénario est similaire. Il y a de très bonne idées dont un clin d'œil au sublimissime VIDEODROME de Cronenberg via ce démon qui sort d'une télé pour contaminer la réalité et les effets spéciaux de Sergio Stivaletti font toujours leur petit effet, malgré une scène totalement ridicule avec un gamin démon en caoutchouc absolument pas crédible. On retrouve cette bonne humeur cradingue du premier DEMONS avec par exemple cette femme enceinte qui s'acharne à tuer un enfant, ou une équipe de bodybuilder moustachus splendouillets dont les délicieux joggings années 80 sont une source d’émerveillement permanent. A part ca le film n'a pas grand intérêt malheureusement, les acteurs sont épouvantables (on peut regarder par curiosité la première prestation d'Asia Argento au cinéma âgée de 6 ans), et surtout Bava ne se foule pas trop dans le découpage et la mise en scène complètement loupée. Ca se regarde d'un œil amusé, on pense parfois aux Gremlins de Dante, mais l'ennui pointe quand même régulièrement le bout de son nez. D'une manière générale c'est beaucoup moins foufou que le premier film, et le matériau de base, très intéressant sur le papier par ailleurs grâce au background assez Romerien, n'est pas tellement exploité au final. Le film très marqué années 80 et la VF catastrophique finissent de plomber ce tableau déjà pas très réjouissant. A regarder entre amis avec quelques bières...    

 

Norman Bates.

 

 



LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE de Dennis Iliadis (USA-2009)

Là encore, on reprend tel quel le scénario du silent movie de Craven : deux jeunes filles rencontrent trois dangereux fugitifs qui vont les prendre en otage avant de leur faire subir différents sévices et de les tuer. Ils trouveront ensuite refuge chez les parents d’une des jeunes filles qui vont alors se venger.

 

A première vue c’est assez étrange, et le film part plutôt d’un bon pied : là ou l’original ressemblait quasiment à un snuff movie dégueulasse  ici Iliadis mise sur l’esthétisme à outrance ! On dirait une pub pour parfum, c’est aussi léchouillé qu’un Sofia Coppola par exemple. Ca peut être une bonne piste pour faire un remake, et une belle idée. Malheureusement c’est un fiasco total, rien ne fonctionne jamais : la mise en scène et le montage sont d’un ennui monstrueux, il y a bien 90% de gros plans/plans serres, les dialogues sont presque exclusivement des champs/contrechamps, et le scénario ne tient pas vraiment la route. Pour donner un exemple, lors d’une des scènes finales, lorsque le bon père de famille traque le dernier violeur dans sa maison pour lui maraver sa race (une très bonne idée par ailleurs, mais bien mieux exploité par Craven), le montage et la spatialisation sont tellement mal foutus qu’on ne sait même pas si les deux personnages sont au même étage, et donc tout suspense éventuel tourne vite court. Car oui, on s’ennuie ferme et à aucun moment on ne ressent la sauvagerie du père de famille touché dans son honneur. Sauf si la sauvagerie passe par un tunnel de plans serres et de champs/contrechamps, évidemment. Les acteurs ne sont pas terribles non plus : les deux filles sont tellement insupportable qu’on attend avec impatience qu’elles crèvent, mention spéciale pour Laure Manaudou  « le sport c’est la vie ». Les violeurs ne sont pas mieux lotis, Aaron Paul est bien la dernière personne susceptible de me terrifier et son espèce de copine gothique à l’air aussi méchante qu’une groupie de Tokyo Hôtel de 12 ans. Les autres protagonistes tiennent un peu plus la route, mais on est encore loin de l’actors studio. Là ou Craven choquait par l’extrême violence et la quasi pornographie, on voit à peine une paire de sein et quelques coups de couteaux par ci par là. Par contre la fin est assez marrante et bien fichue (le grand travelling), dommage de devoir attendre 1h15 pour ca !

 

Norman Bates.

 

 

 

 

L'ASSASSIN HABITE AU 21 de Henri-Georges Clouzot (France-1942)

 

Un serial killer est dans la ville ! La police (à tous ses niveaux de hiérarchie) est sur les dents, mais ne semble pas trouver quoique ce soit pour résoudre cette enquête. Il faut dire que ce tueur est particulier : il laisse derrière lui, après chacun de ses crimes, une carte de visite sur laquelle est inscrit l'énigmatique nom « Monsieur Durand ». Un jour, le commissaire de police Pierre Fresnay reçoit un tuyau : le meurtrier habite dans la maison de pension Les Mimosas, au 21 de l'avenue Junot. Il va donc falloir découvrir qui, parmi les pensionnaires, est Monsieur Durand. Pierre Fresnay va mener son enquête. Adaptation libre du bouquin de Stanislas-André Steeman (qui a également participé à l'adaptation), le film s'avère particulièrement agréable, et réserve même, ce qui m'a beaucoup étonné, quelques gourmandises disposées ci et là tout à fait goûteuses. L'ASSASSIN..., sous couvert d'être un film policier de plus tendance Agatha Christie s'avère être au final une comédie enlevée, drôle et même assez moderne, notamment avec toutes ces petites allusion à la sexualité qui, je n'y étais pas mais j'imagine, n'étaient pas forcément monnaie courante dans les années quarante. Les dialogues sont très écrits et ça se sent, mais ne sont pas trop appuyés et ne font pas saigner les oreilles (les acteurs y sont pour beaucoup, étant majoritairement très bons) et l'humour passe par ces dialogues (la chanson du soûlard perché sur son lampadaire est quand même très drôle). L'enquête se déroule de manière somme toute classique, entre fausses pistes, fausses idées, interrogatoires musclés, tout ça avec le sourire de Fresnay, qui joue un personnage très anglais (flegme, humour, distance par rapport aux évènements). En plus de cela, Clouzot se permet même un ou deux petits plaisir de mise en scène, comme ce petit bruitage Tati-esque du papier que Fresnay (me semble-t-il) jette dans la poubelle, de ce joli cadrage à la fin de la première séquence, où le pauvre futur assassiné se retrouve la tête littéralement coupée par le cadre et les éléments du décors, ou encore le son de violon que fait la porte qui se ferme au tout début du film, sur une note qui prolonge la musique du générique, alors que celui-ci s'est arrêté quelques secondes avant. Ne vous inquiétez pas, on connaît le meurtrier à la fin. L'ASSASSIN... s'avère un petit policier plutôt réussi, simple et efficace. Ce n'est pas si mal.

 

LJ Ghost.

 

 

 

 

VOICES OF A DISTANT STAR (HOSHI NO KOE) de Makoto Shinkai (Japon-2003)

 

Nous sommes dans le futur. Noboru et Mikako sont deux lycéens, et ils sont amoureux l'un de l'autre, comme c'est mignon. Ils font des projets pour l'avenir, jusqu'à ce que Mikako soit choisie pour participer à la colonisation de l'espace dans de gros robots de combat, qui serviront à repousser les attaques d'extra-terrestres belliqueux repérés non loin de Mars. Les deux tourtereaux gardent cependant le contact grâce aux emails qu'ils s'envoient sur leur téléphone portable. Mais au fur et à mesure du temps, communiquer devient plus compliqué et quand la flotte spatiale arrive vers Pluton, le message de Mikako met plus d'un an à parvenir à Noboru. La flotte n'en finit pas d'avancer toujours plus loin dans l'espace... Pour présenter un peu Makoto Shinkai, on peut dire qu'il est considéré comme le nouveau Hayao Miyazaki (bien que les deux n'aient rien à voir), c'est dire si le garçon est plein de promesses et d'espoirs. Il fait (ou plutôt faisait) ses trucs dans son coin, ses petits films d'animation qui, le succès grandissant, lui ont ouvert les portes de plus gros projets et la possibilité de faire les films qu'il veut (ils sont plutôt réussis d'ailleurs). VOICES... est en quelque sorte le film qui l'a consacré, le plaçant à la tête de la hype ; il faut dire que le garçon a lui-même animé le métrage, et dans sa version primitive, l'a doublé avec l'aide de sa compagne. Et cet artisanat se voit quelque peu dans le character design, naïf et approximatif mais plutôt joli, et qui tranche assez nettement avec les visages « parfaits » que l'on voit d'habitude en animation japonaise. L'idée de base n'est pas mauvaise bien qu'un peu rabattue (peut-on oublier un amour ou faut-il l'attendre quitte à passer à côté de sa vie) mais c'est le traitement qui est intéressant. En incluant des batailles spatiales à gros coups de mechas (ces immenses robots qui se battent contre des méchants, genre Goldorak), Shinkai brouille les pistes et cherche à perdre le spectateur, d'abord dans un torrent d'information : entre les coupures de journaux, le contenu des emails, les paroles de la chanson, les dialogues et l'action elle-même, tout cela en même temps est très confus mais le place par ce procédé directement dans la tête de Mikako, qui doit gérer une tonne d'informations en même temps, tout en ayant constamment Noboru en tête. Ensuite, en lui faisant penser que c'est ce qui l'intéresse, mais pas du tout, c'est une excuse. La particularité du travail de Shinkai est cet attachement à ces petites choses quotidiennes qu'il monte rapidement les unes avec les autres, déversant alors un torrent de mélancolie sur ses personnages et sur les spectateurs. Ca fonctionne ici aussi, Shinkai s'attardant plus sur les décors, les détails, les objets que sur ses personnages (dans un autre film il arrivait à rendre un plateau de McDo émouvant grâce au montage, c'est dire), et il paraît clair que le réalisateur préfèrera toujours montrer un arrêt de bus enneigé plutôt qu'un combat spatial. L'espace n'est qu'un prétexte pour l'éloignement, qui culminera à plus de huit ans d'attente entre l'envoi et la réception du message de Mikako par Noboru, qui doit choisir entre sa vie et le souvenir de cette fille. Sa décision est plus amère qu'on peut le croire. VOICES OF A DISTANT STAR ne dure que 25 minutes, et s'avère être un film attachant sans être exceptionnel, qui donnera surtout envie de voir les futures œuvres du monsieur. Tout ce que je peux vous dire là- dessus, c'est que le long-métrage ne lui va pas très bien, mais je vous laisse éventuellement le découvrir.

 

LJ Ghost.

 

 

 

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Lundi 10 août 2009 1 10 /08 /Août /2009 19:25

Publié dans : Corpus Filmi
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