NEXT DOOR de Paul Sletaune (Norvège-2005): Lost Norway

Publié le par Norman Bates









[Photo: "Appel aux larmes" par Norman Bates d'après la série SKINS.]






A la rédac on a un conseiller charger de veiller à la provenance des films choisis : si on parle trop de films américains il nous fouette, si on tente de snober les films français même punition : c'est pourquoi pour rentrer dans les Michèle quotas et pouvoir travailler dans des conditions sereines je regarde régulièrement au delà des fleuves et des océans ce que le monde produit discrètement. Ici je vais parler d'un film norvégien (pourquoi pas ?) diffusé sur Arte lors de sa sortie, puis plus de nouvelles jusqu'à aujourd'hui ou il sort en DVD avec une jaquette bien racoleuse. Je refuse d'en conclure quoi que ce soit sur les motivations des distributeurs, à chaque fois que je me frotte au néant je fais une dépression.

 

Un appartement un peu sordide, une rupture amoureuse, John (la classe !) est un peu paumé. Il se retrouve seul et son ex a peur de lui. Il fait alors la connaissance de ses deux voisines, pas très farouches et très sexy, avec qui il va avoir une étrange relation basée sur le sexe et la violence. Petit à petit l’appartement s’agrandit, des détails transpirent entre les logements. Ou est la limite entre les deux appartements, qui sont ces gens qui peuplent son existence, John ne sait plus vraiment. Petit à petit, les deux appartements vont fusionner, son ex va tenir les mêmes discours que ses voisines, et son banquier lui refusera un prêt. A quel moment tout à basculé ?

 

Le magasine Variety présente ce film comme étant un hommage à Polansky mâtiné de David Lynch. Fichtre. C'est vrai que le scénario à base de locataires étranges et d'hallucinations obscures peut faire penser à l'un et à l'autre. Sauf que le scénario d'un film, surtout chez Lynch, est assez anecdotique. C'est avant tout par une mise en scène forte, et par un jeu sur les mécanismes mêmes du cinéma que Lynch à fait des films sublimes. Ici, on est bien loin de cela.

 

En premier lieu le scénario est excessivement mal écrit. Des la première bobine on sait ou veut en venir le réalisateur, et plus ou moins comment il va faire. En fait il a essayé de diluer son twist dans tout le film au lieu de la balancer à la fin comme un vulgaire tâcheron hollywoodien. Du coup, on sait très vite ou on met les pieds, et l'ennui va pointer son nez fissa. Tout le contraire de Lynch, dont on ne sait jamais de quoi va être fait le plan suivant. C’est d’autant plus dommage que les thèmes abordés sont vraiment intéressants : transformer l’espace géographique en espace mental, psychologique, avec tous les recoins et les rencontres que cela comporte : la violence, la haine, l’amour, le sexe, etc… En fait on se dit qu’en supprimant l’espèce de faux twist, en n’expliquant pas au spectateur ce qu’il voit toute les 10 mn, on aurait pu avoir un grand film.

 

Encore pire la mise en scène n'avance rien. C'est très plat, et il n'y a que peu de perspectives dans cet immeuble étrange. Il y a bien un jeu sur l'espace lors de l'exploration de la maison des voisines, et il y a quelques petites gourmandises amusantes mais ce sera bref. La scène très BASIC INSTINCT entre la jolie suédoise et le héros n'est pas très jolie, et plutôt montée très basiquement. La performance vient surtout des acteurs, qui s'en donnent à cœur joie. En fait, la photo, le montage et le cadrage ne sont pas très expressif. Soigné, mais pas très expressif. Il y a une certaine froideur, une solitude qui transparait, mais qui n'est pas vraiment traitée : on passe très vite sur le personnage principal, il est tout le temps confronté à quelque chose. Même quand il seul, le montage alterné fait émerger des flash bacs ou des hallucinations. Jamais le film de part son scénario comme sa mise en scène n'arrive à construire quelque chose sur ce personnage.  Le point de vue qui émerge donc est juste celui du spectateur lambda, ce qui fait au final un peu penser à un film de maladie : regardez cette misère et pleurez. Regardez le se perdre, regardez ces labyrinthes qui au fond ne sont que ces propres chimères. C'est assez pathétique. De plus les cadres ne sont pas tellement originaux : beaucoup de gros plans encore une fois, et un espace très mal maitrisé. Un petit mot sur le son : il est parfois assez beau (voir plus bas) mais la musique semble complètement pompée sur le score magistral de PSYCHOSE par Bernard Herrmann, ou en tout cas ca m'y a fait beaucoup penser.

 

Le film est très court (1h10), mais assez ennuyeux de part justement cette absence totale de surprise qui est le principal souci du film. Dès lors qu'on a compris le modus opérande, chaque plan mystérieux à la base perd tout intérêt, car on sait déjà ce qu'il implique. Pour donner un exemple dès le début on voit la jupe déchirée de la voisine : alors même qu'on ne la connait pas, qu'on ne connait personne de l'immeuble, il y a un plan rapproché sur cette jupe déchirée.  D'emblée on se doute que ce n'est pas qu'une simple voisine, etc... Ce genre de maladresse se répète assez souvent. Pourquoi le réalisateur avance t'il systématiquement tout ses pions avec un tour d'avance ? On voit très clairement la stratégie et on s'amuse beaucoup moins. Dès lors on ne fait qu'attendre le dénouement dont on sait quasiment de quoi il retourne : tous les indices laissés par les scénaristes sont suffisamment énaurmes pour qu'on ait vraiment l'impression que le spectateur soir pris pour un imbécile.

 

Si au final le tout n'a pas un intérêt affriolant, il y a quand même quelques beaux morceaux qui pris séparément laissent une impression de paranoïa assez intrigante : les couloirs infinis de l'appartement laisse place à de très belles scènes ou le son est très bien fait. On croise dans ces tentaculaires corridors un Michael Niqvist (le héros de l'horrible MILLENIUM) assez terrifiant, et on sent à ces instants l'oppression de John, sa totale déperdition face à la société. Ces passages kafkaïens sont malheureusement assez rares, mais ils ont le mérite de relancer l'attention en deuxième partie de film.

 

Ce n’est encore pas aujourd'hui que la Norvège va gagner des lettres de noblesse en cinéma, les maladresses de ce NEXT DOOR handicapent beaucoup l'enfant. Reste quelques passages intrigants, et on ne peut que saluer la faible durée du film ainsi que la beauté des actrices, qui rendent quand même bien service à l'œuvre. En plus le réalisateur à le bon goût de montrer des seins, le capital sympathie du film s'en sort grandi.

 

Norman Bates.

 

 

 

 

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Publié dans Corpus Filmi

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Dr Devo 18/08/2009 19:23

Ohalalala, que de souvenirs! jai vu ce film en compagnie du marquis et j'avais totalement occulté. je me souviens en tout cas de queque chose d'assez conforme à ce que Norman a dit: deux ou trois belles choses, un trèèèès beau sujet, mais rien qui ne decolle veritablement...Par contre, je ne me souviens pas du tout, mai alors paaaaas du tout, ce que pensait le marquis de la chose.... S'il passe par là...DR Devo.

Norman Bates 17/08/2009 19:52

Qu'est ce que vous voulez cher Sigismund, c'est ce qu'on appelle se fondre dans son personnage.

sigismund 17/08/2009 17:25

....ahahahahahahahahahahahahaha

sigismund 17/08/2009 17:24

...les anglais disent : ' you made my day'

sigismund 17/08/2009 14:29

brillant article encore une fois.... ' à part la musique qui m'a fait penser à celle de 'Psychose'...ahahahahahahah...n'êtes-vous pas sûr de l'entendre un peu ou bon vous semble cette musique ? ahahahahahaha