WOLF CREEK, de Greg McLean (Australie-2006) : Born To Be Dead

Publié le par Dr Devo

[Photo : "Vente aux enchères à la criée au Marché du Film Indépendant de Saint-Thégonnec"
par Dr Devo et Bernard RAPP
 d'après (possiblement, mais la vérification est en cours)
une photo du film LE VIOL DU VAMPIRE de Jean Rollin]


Chers Focaliens,

Il y a de l'ambiance en ce moment sur Matière Focale : ça débat, ça s'agite, ça poste des commentaires à qui mieux-mieux... Entre les articles sur ARRIVERDERCI AMORE, CIAO, LE TESTAMENT DU DOCTEUR CORDELIER ou la superbe défense de INNOCENCE par le Marquis, voilà une chouette semaine bien remplie comme on les aime !

On prend le temps cependant de ne pas laisser les salles obscures vides, et on va jeter un œil sur le fameux WOLF CREEK, film fantastique (de genre, quoi !) précédé d'une excellente réputation, et que je n'ai pas pu voir mercredi parce que j'avais oublié ma carte illimitée Pathugmont dans mon blouson, à la maison ! C'est malin ! [Remarque, ça m'a permis de voir le film de Renoir !]

Décidément, on mange un bon paquet de films fantastique, ces derniers temps. C'est un peu la mode, et surtout, les distributeurs et les grands studios ont bien compris leur intérêt : un petit film d'horreur, ça peut rapporter énormément, et en plus, ça ne coûte pas si cher à l'achat quand c'est indépendant. Et quand les droits sont acquis, en général, la réputation du film est déjà faite en festivals et sur Internet, où les aficionados commentent sans fin le film dans les forums dédiés. Et puis, de toute façon, il faut toujours de petits films "chair à canon", c'est-à-dire des petits machins pour occuper l'espace entre deux gros ou moyens films plus importants. Le cinéma de genre et d'horreur provoque ces temps-ci de tels "buzzs", comme ils disent, que c'est vraiment le moment de tenter. Il n'y a qu'à sortir et ça tombe tout seul, surtout si votre film a l'image d'un film indépendant. [Je note que les petits boudins fantastico-horrifiques des grands studios, pendant ce temps-là, prennent quelques gamelles !]

Alors, c'est de nos jours en Australie. Sur la côte d'une station balnéaire. John Jarrat, un jeune homme de 20/25 ans, passe de belles vacances. Il a proposé à deux anglaises (Cassandra Magrath et Kestie Morassi) de faire un tour dans l'intérieur des terres, pendant quelques jours. En effet, en plein milieu du désert australien, il y a le joli site de Wolf Creek, un énorme et stupéfiant cratère (la trace d'une énorme météorite s'étant écrasée là à l'aube des temps). Il propose donc d'emmener les deux filles, qui acceptent, et achète une voiture d'occasion pour faire le voyage, et c'est parti. Le voyage est long, mais nos trois jeunes arrivent au cratère de Wolf Creek. Après l'avoir visité, ils s'aperçoivent que la voiture ne marche plus, que les montres se sont arrêtées et qu'ils vont devoir passer la nuit là, en plein milieu du désert australien, où l'on ne peut voir âme qui vive à des dizaines de kilomètres à la ronde... Tu la sens, l'odeur de massacre qui monte ?

Et oui, WOLF CREEK est australien, c'est un premier film, et qui plus est, c'est un "film de survie" (allez, on va commencer notre croisade pour le bon-parler de chez nous dans le vocabulaire de cinéma...). Le film de survie, pour ceux qui n'en ont jamais vu, c'est très simple : quelques héros normaux, sans compétences particulières, un univers hostile et inconnu, un massacre qui approche. Simple. Ça se décline dans tous les sens : avec couteau, avec ou sans scènes de tortures, fantastique, "réaliste", etc.
Ici, on pourrait parler de "gas-station film" (pardon, "film de station service"), tant cet endroit et cette inclinaison sont devenus un passage obligé. Citons quelques exemples : CABIN FEVER, REEKER récemment, LA COLLINE A DES YEUX, TOURIST TRAP (sublime film qui n'est pas du tout récent, mais que j'avais envie de citer), la pub pour les Espaces Culturels Leclerc, etc. Ces derniers temps, on en a passé, du temps dans la station-service.
Le film est donc un premier long-métrage. Mais c'est aussi un film "vieille école" qui prône ouvertement son admiration pour les grands classiques du fantastique des années 70 (
MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE par exemple). Ça se voit dans la photographie notamment.

Bref, si vous aimez les premiers films indépendants de survie et de station-service vieille école australiens, alors c'est clair, WOLF CREEK est pour vous le film de l'année ! Approchons-nous.
Greg McLean a choisi une option un peu différente. Exceptée une scène de fête en introduction, le réalisateur a choisi le minimalisme, comme certains de ses concurrents, mais poussé à l'extrême. WOLF CREEK peut être résumé en deux phrases, même si je l'ai décrit de manière différente. Comme DUEL,
MASSACRE... ou HALLOWEEN, le scénario tient presque sur un timbre-poste, ce qui, et ces films nous le prouvent, n'est pas du tout rédhibitoire. McLean pousse le bouchon encore un peu plus loin, dans le sens où les personnages sont au nombre de quatre et basta, pendant 90% du film. Plus étonnant, il joue sur un rythme lent, langoureux, propre à développer une ambiance âpre, malsaine et sauvage. Pas de séquences speedées tous les quarts d’heure, McLean jouant au contraire sur un temps qui n'en finit pas, sur une sensation d'échappée impossible et d'arrêt du temps. Tout semble stoppé. Ça change un peu.

Malheureusement, un peu seulement. Qu'un film soit lent n'est pas un problème en soi, et on peut même dire que cette option n'est pas assez souvent utilisée au cinéma. Lenteur n'est pas synonyme d'ennui ou d'absence de rythme. C’est une nuance, voilà tout.
Ceci dit, on est bien embêté devant WOLF CREEK. [Je place cette phrase débile à peu près dans tous mes 20/30 articles, en changeant le nom du film !] L'introduction prend son temps. Malgré le fait que le réalisateur ne présente pas le background de ses personnages (tant mieux), le temps de partir et de faire le voyage jusqu'à l'action est assez long, et occupe même une bonne partie du métrage. Ce après quoi, le film peut enfin se dérouler. Voilà pour le parti-pris.

Hélas, trois fois hélas, quelques vers dévorent la pomme de l'intérieur, et ce dès le départ. Apparemment, le film est tourné en vidéo. Si quelques plans utilisent volontairement le côté artificiel du support et montrent clairement les artefacts numériques de l'image, le reste ressemble plutôt de la vidéo qui essaie de se faire passer pour du 35mm, option quasiment jamais payante en terme de plaisir cinématographique. [Surtout qu'on peut faire de la très belle photographie en vidéo : FESTEN par exemple (quand on veut exploiter le côté low-fi) ou DANCER IN THE DARK quand on veut faire du riche et du léché.] Ceci dit, McLean surfe carrément sur la vague en essayant de construire une photo volontairement délavée : jaunasse épuisée dans les scènes de jour, et bleu-vert après 10 lavages sans adoucissant pour les plans de nuit. On reconnaît là la petite mode du moment : retrouver les couleurs des films des années 70, ce que faisait déjà
THE DEVIL'S REJECTS très récemment.
Malheureusement, disais-je, au final, cette photo, certes rêche, est surtout d'une grande laideur et sans véritable nuance. Là encore, aucune expressivité (ou si peu), et surtout aucune malice ne se dégage de ce travail photographique bien banal. Et comme ce n'est pas très beau, voilà qui devient fortement fâcheux quand ce n'est ni malin ni malicieux. Donc, la photo, on s'en passera.
Dès les premières minutes, on comprend également que le format 1.85 ne va pas nous réserver énormément de surprises non plus. Au contraire, le cadre est très laid, ne se contente de faire que de la monstration (le film étant ostensiblement une captation du scénario) et n'organise ni ne délimite rien. On suit simplement ce qui est signifiant dans l'action. On se retrouve avec pleins de petits plans panouillés où l'opérateur, souvent surpris, recadre à vue des acteurs qui se déplacent... Mon dieu, que cela est suiviste. Le cadre est donc intrinsèquement plus laid que la photo, car il ne fait aucun effort. C'est anonyme, ça n'est jamais beau ni surprenant, et ça suit la continuité dialoguée... ce qui est d'ailleurs un problème de montage ! Mon beau soucis, comme disait l'autre. Euh... Non. Pas forcément. Ici, ne cherchons pas midi à 14h, celui qui parle est dans le plan. Point Barre. Le reste n'est que descriptif. Comme souvent, le plan se délimite par rapport à lui-même, et ne vient jamais jouer dans une structure plus grande que lui (la scène !). Là encore, il s'agit de suivre le scénario. Jamais deux plans qui se suivent n'entérineront une nuance particulière, jamais deux plans collés l'un à l'autre ne seront signifiants (si l’on excepte les ennuyeux champs/contrechamps). Pour paraphraser le poète-cinéaste, c'est du 1=1 ! Montage, connaît pas, donc. De ce fait, et comme il n'y a pas de cadre non plus, adieu échelle de plans (on est quasiment constamment en plans rapprochés ; et encore, étant de le désert, McLean balance des plans d'ensemble d'une laideur, d'une répétition et d'un sens du cliché marqués), adieu les axes. Et globalement, adieu le rythme. Le film se déroule tranquillement. Les voitures accélèrent ça et là, mais jamais la mise en scène. Faire un film lent n'est pas un problème. Mais faire un film sans rythme, si. [Un prof de musique de ma jeunesse me disait qu'une nuance n'avait de sens que par rapport à une autre. Un "double forte" n'a pas de valeurs en décibel. Dans une sonate de Chopin, il aura un effet désastreux et cataclysmique, mais dans un opéra de Wagner, il équivaudra à un "mezzo forte" chez un autre. Un tout petit mezzo forte dans une pièce qui se joue principalement piano ou pianissimo aura l'effet d'une bombe équivalente à celle que produit toute une section de cuivres en quadruple forte chez Wagner ou Strauss ! La nuance, c'est faire du relief. Que les différences de volume se jouent sur une échelle réduite ou énorme, ça, c'est un choix artistique. Mais les nuances, prenez des notes,  c'est une histoire de relief...]
Alors oui, moi je suis preneur a priori. Vive les petits budgets, vive le système D, et vive l'épure, vive les contraintes ! Oui, oui et oui ! Mais par pitié, est-ce qu'on pourrait avoir un peu de cinéma avec ? Parce que là... Les bras m'en tombent. McLean n'a rien à dire. Rien. Il a eu le fantasme de faire un film "old school" (oops...) et c'est tout. Son point de vue ? Son parti-pris de mise en scène ? Sa personnalité ? RIEN.

[Et encore, je ne vous parle pas des plans les plus ignobles, comme la fuite en 4x4 ! Quelle Horreur ! L’utilisation usée jusqu’à la corde de la caméra Mini-DV familiale. Les coupes dans le plan pour reprendre le même plan dans une différente prise et surtout à une autre échelle (bonjour la saute !). Et, clou du spectacle, un tranchage, et même deux, à la machette, très mal amenés. Je remarque aussi (mais ici,  c’est pire), comme dans ILS et dans beaucoup de films à suspense contemporains, que le son est absolument illustratif (enfin, ici, dans WOLF CREEK) et sert de guide-ligne (dans les deux cas) sans jamais qu’il ne propose de motifs troubles ou abstraits, ou même signifiants. La plupart des effets sonores et musicaux guident le sentiment du spectateur dans un sens univoque. Malheureusement, pour faire un plan troublant ou effrayant, il faut plus que le souligner par une musique, procédé complètement hollywoodien. Dans WOLF CREEK, la musique n’est pas orchestrale comme dans les grands studios, mais c’est une sorte de pompage pompier dans le style Arvo Part, très en vogue dans le moment, et qui se déroule au kilomètre. Une musique d’ascenseur (sauce horreur) en quelque sorte. En tout cas, l’utilisation de la musique dans WOLF CREEK et les films d’horreur récents est à peu près la même que celle des mélos ou des films policiers des Majors. Elle désamorce tout effet de surprise car trop annonciatrice, et surtout elle dit au spectateur quand il faut avoir peur, quand il faut pleurer ! Un comble, quand même, pour un film d'horreur.]

[Je ferais remarquer d'ailleurs que faire un film fantastique ou d'horreur "low-fi" n'est pas du tout un défi. C'est même carrément la mode. Rien de plus facile pour se faire produire. Je crois qu'un film indépendant est plus difficile à transformer en succès commercial s'il s'agit d'une comédie dramatique par exemple.]

À quoi rêvent les cinéastes indépendants ? À faire un film "qui fasse cinéma", qui ressemble à du cinéma. McLean a réussi, son film cartonne partout et a écumé tous les festivals indépendants de la terre. Le milieu des amateurs du fantastique est encore une fois tombé dans le panneau, en validant largement à l'avance un film qu'ils n'avaient pas encore vu, sur le simple fait de "la rumeur", souvent portée d'ailleurs par les gens de la profession. Mais, chut...
Bref, loin de vouloir s'exprimer de façon personnelle, les réalisateurs de fantastique ont une toute autre ambition : se faire une place, et bien plus encore, livrer un film "correct". Mission réussie pour McLean, qui réussit à faire un film qui ressemble déjà aux centaines d'autres de ses concurrents. Les indépendants cherchent l'anonymat ! Surtout ne pas s'exprimer de manière originale ! Car, comprenez vous, la mode est au "retour aux sources" dans le cinéma d'horreur. Ah, dans les années 70, on savait faire peur avec peu de moyens. La photo était brûlée dans MASSACRE..., je peux faire pareil. Ils cherchent tous le "ton Barton Fink" comme disait le producteur dans le film éponyme. Et ils le trouvent. Loin d'être un cinéma revendicatif sur la FORME et énervé sur le fond comme les Carpenter, Romero et consorts à l'époque, les jeunes réalisateurs sont prisonniers de leurs références, et incapables d'analyser pourquoi ces ancêtres ont agi comme ça l'époque (nos jeunes réalisateurs ayant vécu ces films fondateurs comme des classiques, alors qu'au contraire, ils étaient avant-gardistes). Comme disait Jerry Casale du groupe Devo : "N'essayez pas d'être les Sex Pistols des années 2000, ou les Rolling Stones de l'âge électronique. Essayez de faire quelque chose de nouveau".
La jeune garde ne crée rien, cherche à se placer "dans la lignée de...",  à nourrir le système, et c’est tout. Il faudrait quand même que quelqu'un leur dise qu'à l'époque, MASSACRE..., HALLOWEEN ou ERASERHEAD étaient des films qui n'avaient AUCUN équivalent : ça ne ressemblait à rien !
Et puis, je me demande également si nos jeunes ont vu des films récents, comme DETOUR MORTEL ou THE DESCENT ? [Y compris d’ailleurs dans l’utilisation et la création des personnages, sans parler de la mise en scène, très belle dans les deux cas. Le réalisateur de THE DESCENT a clairement le chic pour créer ses héros. C’est du carré, mais tout en nuances, le casting est choisi avec un soin maniaque, et mieux encore, bien que les personnages soit définis, et avec quelle précision, en trois coups de cuillère à pot, voilà qui n’empêche pas la nuance, bien au contraire. Bref, en plus d’utiliser des archétypes finement ciselés, le gars sait parfaitement s’en servir pour nourrir son film et sa mise en scène. On est bien loin du compte dans WOLF CREEK, à l’image de son méchant, déjà vu 100 fois et sans saveur, et pire, sans la moindre ambiguïté. Côté victimes, c'est la même chose : ils sont tous interchangeables !]

En tout cas, ce retour aux années 70, on n’en est qu'au début, et on va en manger ! La référence aux basiques, à la vieille école, servira de prétexte au manque de moyens et surtout de talents. L'effet spécial sera décrié jusqu'à la prochaine mode. Les majors se frottent les mains devant les volontaires enthousiastes cherchant à devenir yes-men. Les festivals "indépendants" jouent complètement leur rôle d'entremetteuses qui vendent leurs "enfants" au cinéma A.

On dit que Carpenter, Lynch ou Cronenberg ont investi le système pour mieux le pervertir ! Mouais... C'est qu'ils ont construit leur réputation sur des films entièrement indépendants (et pas distribués par des majors) et que, lorsqu'ils ont travaillé dans des structures plus grandes, ils avaient déjà vendu et réalisé leurs chefs-d'œuvre punks. Ils n'ont pas investi le cinéma A. Ils ont réalisé dans leur cuisine des films sublimes et audacieux qui, après un temps assez long, ont été considérés comme importants, et seulement ensuite les studios sont venus les chercher. Jamais ils n'ont cherché à se faire une carte de visite ou un CV.
[Combien de temps entre la réalisation dans sa cuisine de ERASERHEAD et la distribution du film par Mel Brooks : 6 ou 7 ans ! Et encore, Lynch peut embrasser les chaussures de Brooks ! C’est une chance inouïe.]

Ces gens-là étaient des punks !

Stoïquement Vôtre,

Dr Devo.

PS : La prochaine fois, je peux avoir un peu de cinéma avec mon film ? En tout cas, ne vous laissez pas abuser par les photos du films : elles ne sont en général pas dans le format, et de toute façon, jamais conformes au grain et à l'étalonnage du film en salles !


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Publié dans Corpus Filmi

Commenter cet article

Ick 29/08/2006 22:17

bonjour
John Jarratt ne joue pas le rôle qu'il lui est attribué dans cette critique.
Sinon je pense qu'il serait mieux d'utiliser les noms des personnages de l'histoire (avec le nom des acteurs entre parenthèses) pour raconter l'histoire.
au revoir

mariaque 29/08/2006 19:31

... et point de gas station dans Cabin Fever ?!Tout au plus une épicerie du bout du monde remplissant un office quasi égal... mais sans essence, aïe !

mariaque 23/08/2006 22:25

Je ne serais pas aussi dur que vous, concernant ce (petit mais vachard) film.Circonscrire le champ du gas-station movie en revanche est assez réjouissant, et votre analyse du cadre et du filmage défendable (même si je ne partage pas votre impression générale) et joliment défendue.En attendant votre avis sur les prochains clins d'oeil aux 70's, vous trouverez les mien sur eightdayzaweek.blogspot.com

Bertrand 14/08/2006 02:55

Juste pour confirmer, c'est bien de Le viol du vampire que provient la photo.

Guillaume Massart 13/08/2006 16:09

Voilà, assez d'accord avec tout ça. Je voulais écrire un long truc en sortant du film et puis, avec le recul, Wolf Creek est tellement banal que ça n'en vaut pas la peine. Et je découvre aujourd'hui que vous l'avez fait à ma place, donc tant mieux.
Disons qu'étrangement, la première partie, évidemment un poil longue, ne m'a pas complètement déplu. Quleque chose passe, qui tient dans l'attente du moment où ça va basculer. Et justement, le fait de repousser le point de bascule au maximum, et donc de dépasser l'attente, voire de l'annuler, pourrait être une belle idée. D'autant qu'il est chouette, le retournement...
Mais il n'est hélas pas suivi de grand chose: soufflé dégonflé, on passe du "réalisme" au grand-guignol avec grand mal et force incohérences (ouais, j'ai que cinq minutes mais je mate une petite vidéo) et clichés (c'est fou le nombre de bagnoles qui ne démarrent pas en Asutralie...). Et une fin super-bâclée (bouffée par l'atroce syndrôme du "basé sur une histoire vraie").
Bref, du méchant decrescendo, pas atrocement emballé, mais qui ne tient vraiment pas ses promesses. Toutefois j'insiste: j'adore LA scène du basculement, où on se demande si nous aussi on serait allés voir d'où viennent les cris ou si on aurait fui... déjà vu dans Hostel, certes, mais j'ai trouvé ça mieux vu, plus pertinent ici.
Après tout, ça laisse au réal une grande marge de manoeuvre pour la suite. On sait jamais. (à la décharge du film: il date de 2004 et précède donc la vague horrifique que vous listez ci-avant, à juste titre)
Ma lassitude à vot'dame.
ps: la photo n'est pas "très laide", je vous trouve dur. Très banale, effectivement, comme vous le dites ensuite, est plus juste.