MIAMI VICE, de Michael Mann (USA-2006) : On T'a Reconnu, Michel Sardou !

Publié le par Dr Devo

(Photo : "It's no wonder your girlfriend is very angry !" par Dr devo et Proctoman)

 

Chers Focaliens,

Le docteur était de sortie hier soir, invité par la grâce de sa carte illimitée Pathugmont à l'avant-première (deux jours avant, pas de quoi pavoiser !) de MIAMI VICE, où il côtoya une salle assez bondée et où il invita un spectateur au hasard ! L'invitation était pour deux personnes, et Mme Devo n'ayant pu m'accompagner, je jugeais alors qu'il aurait été fort dommage de ne pas faire profiter quelqu'un de cette place ! [D'ailleurs, ça n'a pas été facile de trouver quelqu'un ! Les gens sont méfiants !]

Ah, MIAMI VICE, les années 80, le pétage de thunes, les couleurs chamarrées, toute une ambiance ! Michael Mann revient d'ailleurs là à ces premières amours, ou du moins à ses premiers contrats, ayant déjà réalisé des épisodes à l'époque. Même si COLLATERAL, son dernier film, ne m'avait pas complètement emballé, c'est toujours un plaisir de retrouver Mann. Une carrière assez intéressante que celle du bonhomme, émaillée de projets intéressants (LA FORTERESSE NOIRE) et de franches réussites (RÉVÉLATIONS, film sublime de A à Z). Michael Mann est un supra-styliste. Cinéaste certes doué, on reconnaît sa patte à douze kilomètres à la ronde, tant son envie iconoclaste de léchouillage de l'image et de la mise en scène est ostentatoire. Joli scope, lumières néons, douze mille reflets dans un même plan, couleurs chirurgicales et lyrisme. Mann, bien que réalisateur de séries A désormais, est finalement un type qui n'en fait qu'à sa tête, et qui possède un sacré style, bien particulier. Par dessus tout, c'est un gros, très gros gourmand. Ses films débordent en général de mignardises diverses. Et aussi bien la série, très vulgosse (ça donne presque envie d'en revoir un : avec le décalage temporel, ça doit être délicieux !), ne m'a jamais intéressé, aussi bien on va avec plaisir jeter un œil au film. Car voir un Michael Mann est toujours une expérience délicieuse et artistiquement jouissive.

On prend les mêmes silhouettes et on recommence. Colin Farrell, hé-hé, Colin Farrell, hahaha, travaille pour la brigade des stups de Miami avec son pote Jamie Foxx. Un duo de choc, épaulé par une équipe de fidèles co-équipiers. Alors qu'ils bossent sur le cas d'un mafieux bizarre (Isaach de Bankolé, dites donc !), les deux flics très potes assistent quasiment à la mort d'un de leur indic. Ils comprennent alors qu'il a été trahi, d'une part, et que sa couverture a été dévoilée par un des services officiels qui garantissaient sa sécurité. Oui, mais qui : le FBI de Miami ? Le FBI de Washington ? Les Stups ? La Douane ? Afin d'en avoir le cœur net, une grosse huile du FBI local propose à nos deux héros d'infiltrer un réseau sud-américain de trafic de substances qui brasse des quantités de produits absolument hallucinantes. Foxx et Farrell se font donc embaucher par un dangereux parrain de la drogue en tant que convoyeurs. Ça marche plutôt bien, mais Farrell, ha-ha, Farrell couche tout de suite avec le bras droit du parrain, une jolie cubaine aux traits asiatiques ! Le cœur s'emmêle en même temps que les corps (prends des notes !), et le business, au fur et à mesure, se complique. Foxx et Farrell vont devoir affronter un sacré coup fourré, car John Ortiz, bras gauche du parrain employeur, contrairement à ses collègues, sent bien qu'il y a Ang Lee sous France Roche avec ces "convoyeurs". Ça va chauffer pour les petites fesses de Foxx et Farrell !

Ça commence par un sublimissime plan : une danseuse de boîte de nuit dont la silhouette se découpe sous l'image géante d'un vidéo projecteur qui diffuse des images de synthèse colorées absolument tape-à-l’œil, plan amené brusquement et qui est envahi d'entrée de jeu par de la musique très houaliguène de la bande-annonce à fond les ballons ! Punaise, me dis-je, accroche ta ceinture, c'est du gros ! Bon, malheureusement, le plan coupe un peu rapidement, mais on semble deviner Mann qui, ironiquement, note sur un coin de la salle de montage : "bon, le balançage de la musique imposée : c'est fait !". Chic, me dis-je, il va se débarrasser des contraintes de studio en les appuyant et les démultipliant tellement que ça finira par devenir beau ; et après, il va lâcher les chiens ! Chose que la pseudo scène de sexe avec Jamie Foxx qui s’ensuit semble confirmer, avec la tentation évidente de l'éjaculation précoce (très drôle) mais malheureusement dans le dialogue (aussi). En tout cas, une chose est sûre, dans les scènes de sexe, on minimisera la chose et on fera le contraire des autres. Non que cette scène soit particulièrement réussie, mais au moins, elle se démarque (un tout petit peu). [Plus tard, la scène de sexe de Colin Farrell, hey hey, Colin Farrell, sera beaucoup plus splendouillette et kitsch, notamment par ce détail : il lui fait tellement bien le sexe qu'elle verse un larme (ou alors elle pressent la tragédie qui arrive ?). Fallait oser ! De toute façon mettre une scène de sexe avec Farrell, faut oser, n'est-il pas ?]

Premier constat, on est clairement dans l'ère COLLATERAL. Même filmage de la vidéo à gros grain à 97% (et 3% de plans en vidéo très léchouillée, trop précise, qui me plait encore plus ; pareil que dans COLLATERAL, en somme). Scope bien sûr, éclairages néons en veux-tu, je t'en donne, et éclairage de ville jaune-orange. Ce sont les tonalités de COLLATERAL, peu ou prou, ici dans le décorum assez splendouillet, encore, du Miami des gros trafics (grosses bagnoles, gros hors-bord à cadrans lumineux, fringues en lin de chez Smalto, Rolex, phrasé minimum à distorsions syntaxico-lexicales maximum, presque "t'as craché dans mon Yop, mon frère" mais tendance Cuba très libre, ce qui évite, à peine, le hip-hopisme de l'époque ambiante).

Le film se déroule. C'est bien. On regarde le machin. Bon. Une seule chose intéresse Mann, faire des jolis plans, mettre la caméra sur l'épaule et roule poupoule. L'histoire, on doit pouvoir dire qu'il s'en balance. Le son paraît un peu plus faible que d'habitude, dans le sens où, par exemple, la juxtaposition ou la mise en exergue de certains plans par des décrochages artificiels de la B.O. au profit de "musique off" pourrait-on dire, est un peu moins lyrique que d'habitude, un peu plus coulé, moins contrasté, et c'est dommage. Bon, il change la musique sur un plan intermédiaire, alors qu'on est en pleine boîte de nuit, avant de remettre la musique de la dite boîte (son ON, donc) dès que le plan est fini. C’est déjà ça. Mais bon... Chez Mann, on déjà vu encore plus malpoli et compliqué... Toujours est-il qu'il y a un peu de jeu qui, en général, vient souligner les articulations manichéennes de la narration. C'est un style rentre-dedans et accessible, à la limite de la caricature, mais ça peut avoir du caractère, et de toute façon, le sur-lignage un peu vulgaire, ostentatoire, mais aussi artificiel et personnel, ce n'est pas moi qui vais cracher dessus, surtout que Mann est toujours plus prompt à jouer sur une mise en scène faite de ruptures incessantes qu’à construire au contraire une mise en scène "qui coule". C’est pour ça aussi qu'on l'aime bien. [Les éléments qu'ils utilisent (bouts d'images, décadrages, bouts de sons recollés) sont de l'ordre de la saillie, de l'interruption, mais appartiennent à une logique lyrique et coulée de la scène globale. Ça aussi, c'est un peu, d'habitude, la façon de faire de Mann.] Le camembert, de toute façon, c'est comme l'amour, c'est bon quand c'est bien fait [Ah, moi, je le préfère plâtreux… NdC]. Cinéma, même combat. [Haaaaaa....]

Le petit machin se déroule tranquillement. Mann est assez content. Il semble un peu distant par rapport aux enjeux et aux poncifs du genre (bézouillage de la méchante par le gentil, kidnapping de la girlfriend, grosses plages de dialogues avec les têtes mafieuses sur fond de confiance (ou non), menaces démentes ("it means Crazy Pig !"), visite interminable du Buena Vista machin chose dans l'interminable passage cubain, etc.). Pendant ce temps-là, alors qu'on essaie de suivre l'histoire, Mann fait des plans avec des avions, avec des hors-bords intérieur cuir, avec des voitures (mais pas autant que je pensais), etc. Si vous aimez les moyens de locomotion luxueux et aux formes oblongues, et si vous aimez, en plus, les chambres de passage aux tons pastels, ce film est pour vous, comme on dit chez les confrères. Mann fait joujou, suivant ainsi, les mains dans les poches, la feuille de route : de la thune, de la thune, de la thune. Tellement de thune que l'espace et les êtres se dématérialisent et semblent flotter dans le vide, comme un cosmonaute de 2001 que l'ordinateur central laisse dériver dans le cosmos. Mann n'est pas dupe, il sait qu'il vide des espaces avec des fantômes dedans, comme ne va pas manquer de le préciser la revue POSITIF. C'est effectivement très clair.

De ce point de vue, le projet MIAMI VICE est d'une très grande clarté, diaboliquement franc du collier et représentatif. La série était, même à l'époque, très vulgaire, un peu en carton pâte (malgré beaucoup de décors réels dans mon souvenir) et complètement kitsch. Ici, c'est un peu les mêmes prérogatives sauf que... c'est un gros film, et donc un film sérieux. On engage un type avec de la personnalité pour le réaliser, et il ne se prive pas pour en faire un grand film froid, presque mutique. [Tous les acteurs semblent parler un autre langage que l'anglais. On se dit au début que ce sont les étrangers qui déforment la langue et la diction, mais en fait, même les "miamiens" de souche dérèglent le son du langage. Là aussi, logique fantomatique.] Il y a donc entre la série et le film, entre les années 80 et les années 200, un décalage, une transposition pas si infidèle, et même représentative car elle entérine aussi la transposition de la série télé en grosse série A bourrée de dollars. Il faut livrer un produit "sérieux". Mann sait le faire. MIAMI VICE le film est un film fait par et pour des adultes. Ce n’est pas de la gaudriole. Et cet écart, cette transposition, retrace bizarrement un vrai parcours de fidélité. Le cinéma est devenu ça ! Paradoxalement, on ne se sépare pas du ridicule, de l'exagération d'origine, mais on la "re-designe" dans les aspirations, notamment économiques, de l'époque. MIAMI VICE montre clairement le lien indéfectible du cinéma A avec son inspiration de basse extraction. Le film de Mann est sérieux comme un pape, mais garde toute l'essence fabriquée, de carton pâte, en trompe-l'œil, de l'original. Le vulgaire de grande consommation est devenu un produit de luxe. Constat froid, triste à pleurer, mais ici, constat franc.

Cette étrange ambiance est bien sûr accentuée par les acteurs, finalement bien choisis. Jamie Foxx est transparent. Comme ses collègues, il fronce le regard dès que le film donne une information importante pour le déroulé narratif. Quelquefois même, encore plus fort, il fronce du regard en regardant un méchant qui lui aussi fronce de retour en contrechamp. T’as vu ce que j'ai vu ou entendu ? Oui, j'ai vu, répond l'autre. Incarnés, désincarnés, les personnages eux-mêmes semblent avoir conscience du plan de narration, et eux-mêmes sortent de leur réserve de personnages, sortent de leur inconscience de personnage, comme s'ils réalisaient qu'ils étaient plongés dans une fiction à gros rouages, et réalisent que tiens, là, on est train de changer de braquet, ou là, tiens, on est en train de passer au troisième acte. De plus, l'utilité supplémentaire de ces fronçages est de bien faire comprendre aux spectateurs, sans le dire mais en insistant à mort, qu'il y a transition ou information importante. C'est le stabylo atomique qui est en marche, mais cette fois, les acteurs-personnages participent ! Étonnant.
À part ces marques de narration, les acteurs sont froids. Les seconds rôles sont complètement dans la chorégraphie de l'ensemble et ne sortent jamais du second plan, même quand ils mènent le dialogue (scène hallucinante de ouate que celle où les seconds rôles essaient de convaincre le contact mafieux d'introduire Foxx et Farrell dans le business de la drogue !). Foxx ne fait rien, une statue. Farrell pareil, mais pas tout à fait. C’est lui qui met en avant le sentiment (contredit par le non-rythme du montage, très artificiel et très raté) qu'on est en train de regarder un documentaire sur le tournage du film. Absent, fatigué, lessivé, Farrell est. Il est. Dans un halo invisible, sinon pour nos tripes, on sent bien que le gars ne maîtrise que peu de choses. Il se dit, et c'est assez évident, assez fort, qu'il est en train de faire une construction en allumettes avec des gants de boxe, et qu'on a dû mettre un machin dans son verre de Canada Dry. Chose rigolote, Farrell joue ici un flic anti-drogue ! C’est drôle, non ? Si ! Un flic anti-drogue ! Regardez le.... Ha ! Vous voyez ! On se comprend.
Globalement, les acteurs hantent le film comme des enfants engagés très sérieusement dans un jeu de gendarmes-voleurs pour lequel ils sont payés des millions, et qui, de fait, subissent une énorme pression. C'est très troublant et assez malsain. Un sentiment de tristesse flotte dans l'air.

Mann, lui, au final, livre un film qui, paradoxalement, est froid, découpé en blocs petits et souvent elliptiques, mais qui suivent un scénario à la ligne rouge bien marquée. Le montage n'impose finalement aucun rythme. Tout se succède sans vraiment de conséquences, et les plans se multiplient sans fin. Quelques mignardises ici et là, mais sans plus. La longueur est rédhibitoire et les passages cubains et haïtiens sont d'une lourdeur exceptionnelle. L’ensemble est une bouillabaisse étouffe-chrétienne, et les jolies choses ça et là (le plus beau plan : un garde du corps russe dans la limo avec derrière lui un moniteur qui montre des enfants pauvres qui trient du polystyrène, dehors) sont peut-être là, ou peut-être les a-t-on imaginées, mais noyées dans la masse peu signifiante et à la dérive, seulement rythmée par les allers, les retours, les allers et les retours en hors-bords dans le désert maritime uniforme. C'est la ouate ! Le film, en dépit de cet assez pitoyable sentiment de tristesse, n'exprime rien. On finit par scruter dans l'image les traits de couleur qui bariolent le plan, à ne plus comprendre ce que l'image représente, la tête prise dans une spirale (involontairement) cubiste. Lessivé par l'absence de rythme, par l'absence cruelle même d'un quelconque surgissement, à quelque niveau que ce soit, on ressort de la séance lessivé, repassé, zombiesque, comme au sortir d'une parenthèse désenchantée. Et finalement, on n’est toujours pas sûr le lendemain d'avoir vu le film.

Si je réfléchis bien, je dirais que ce MIAMI VICE, clairement donc dans la veine COLLATERAL, est bien moins réussi. C'est dire. Et qu'on a hâte de retrouver le Michael Mann de RÉVÉLATIONS, par exemple.
 
Naturellement Vôtre,

Dr Devo.
 
PS : On finit par regretter, depuis ALI, Tangerine Dream...
 

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Publié dans Corpus Filmi

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Guile21 01/03/2007 01:44

Excellente critique, même si je ne partage pas votre avis. Je vous l'avoue j'ai été bien plus emballé que vous à la vision de ce petit polar sympathique. D'abord, je peux expliquer facilement nos desacords par le fait que je n'ai vu aucun film de Mann jusqu'ici (à ma conaissance). C'est donc sur la reputation du monsieur, plus que sur ce que j'ai pu en voir, que je me suis laissé tenté (sortie en DVD ya pas longtemps). Et n'ayant pas vu Collateral ni Heat (mais que je me promet en secret de me visionner un jour de pluie), ce film ne peux donc souffrir de la seule comparaison avec la serie initiale.

Certe le scénario est simpliste au possible (ayant lu le résumé au dos du DVD à ma femme pour lui donner envie, elle m'a jeté un regard froid de desinteresement pur... evidement), mais le traitement m'a réellement beaucoup plu. Le montage est en arythmie totale, mais tout semble contrôlé, ce n'est pas si desagréable, aprés avoir passé le cap de la séquence d'introduction.

Et le cadrage, quel delice. Oui la camera est sur épaule et bouge, semble flotter le plus souvent du temps. Et la symetrie semble être démodée. Le decadrage est roi et offre de trés jolis moments. Personnellement je retiens le plan en vue subjective, au debut, où l'indic regarde les deux agents et, soudain, la camera decadre, doucement, et s'en va regarder la route. Neurasthenique au possible. On sait déjà que le gars va se jetter sur le camion (delicatesse de ne montrer qu'une trace de sang sur l'asphalte). Ou pendant la scène d'amour de mopnsieur Farrel où, l'espace d'une seconde, on ne voit plus Farrel dans le cadre, coupé par le bord droit ne laissant apparraitre que le visage de Gong Li. C'est elle qui le maitrise (ou tente de le maitriser), et par là, je pense que la larme represente plus un pressentiment de l'avenir qu'une jouissance hors du commun (mais je me trompe surement... c'est trop drôle pour être faux).

Et cette impression de froideur, de desincarnation, flottement fantômatique de la camera et des acteurs (combiens de plan de Farrel regardant au loin, pensant à autre chose, le son s'attenutant ? Moi ça m'a touché), c'est pour moi ce qui a fait le sel de ce film, là où je m'attendait à un actionner de base (genre Bad Boys 2 sans bouffonades). Le film transpire le serieux, tout y est grave et va bien au-delà d'une quelconque personalité : il faut voir cette scène hallucinante où un agent s'étant fait tirer dans les jambes se fait un garot avec sa ceinture et retourne au combat en restant au sol... on est l'outil de quelque chose d'important, pas le temps pour pleurnicher. Le gars menace de faire sauter un explosif, on lui tire dans la gorge de manière sèche et brutale (mais en ayant bien pris soin de prévenir le spectateur que "si, en tirant dans la gorge, c'est possible de sauver la fille"... dommage, là on aurait presque pu s'en passer). Pas non plus un film de mecs testosteronnés, les femmes on un beau rôle, et pas que de potiche.

Et le fin du fin pour moi, c'est ces moments magiques où les dialogues ne sont plus importants, où on arrêtte de blablatter, où quand on parle, on ne sait plus trés bien ce que l'on dit signifie, par economie. C'est loin d'être un film silencieux (ce n'est pas ce que je veux dire), mais s'il avait été tourné toute en economie de paroles (à la façon d'un kitano de la belle epoque) là on aurait touché quelquechose de magique.

Finalement, le film se regarde comme un matin de geule de bois. Il recupère les codes et passages obligés de l'actionneur bourrin et lui insuffle une tristesse, un pessimisme et une froideur glaçante dans les moments creux (à quelques ecxeptions prés). Le film n'est pas un chef d'oeuvre, mais commme le fait la camera tout du long, il faut regarder là où c'est le moins interessant pour trouver un peu d'âme.

Et aprés tout ça, j'aurai effectivement préféré que l'amie deJamie Foxx meure... le plan final de Colin Farrel rentrant à l'hopital aurait eu plus d'interêt à mon avis...

Bernard RAPP 26/08/2006 19:19

Mais ses mains sont ces trous par où passe le vent.

invisible mann 26/08/2006 14:47

Le chti bonhomme en mousse version new age FM, vous n'y pensez pas... de l'humour, voyons... Lisa Gerard de Suresnes ? Impossible. Michael Mann can dance ! Plus sérieusement, il me faut remonter à la première partie de Brice de Nice pour me souvenir d'un tel mépris du public. Mann a beau faire des pieds et des mains (et c'est souvent pas mal du tout, là n'est pas le problème), on ne ressent rien. Gong Li ne serait-elle pas alors l'alter ego du spectateur dans la fameuse scène de la larme ? Et si elle pleurait, non de joie mais de tristesse, parce que le gars, au lieu de lui faire l'amour, il fait rien qu'à se masturber en elle ?

Bernard RAPP 26/08/2006 08:52

Donc, le concept musique total - accompagnant l'idée louque, ç'aurait été une reprise New Age FM du "Petit Bonhomme en Mousse" par Lisa Gerard de Suresnes ?

Dr Devo 26/08/2006 08:33

Oui! Lea reprise de Phil Collins! J'avais complétement oublié! Dés que je suis sortie de la salle je me suis dit: "Coco, ça faut pas que t'oublie, c'est le truc le plus important  du film"! Et aprés j'ai oublié!Ha, les journalistes qui prennent des notes en salle, ils ont pas ce probléme!Dr Devo