MIND GAME de Masaaki Yuasa (Japon-2004): La mémoire n'attend pas!

Publié le par L'Ultime saut Quantique








[Photo: "Les Preuves" par Mek-Ouyes.]







Vite fait sur le gaz, sans changer de main, nous restons dans l’animation pour clôturer cette semaine forte en émotion du KKKK (ce qui veut dire que LJ Ghost, critique en ces lieux, a choisi les films que les critiques focaliens verraient cette semaine). Et c’est une nouvelle fois au Japon que ça se passe avec MIND GAME qui, vous le verrez, porte plutôt bien son titre…

Nishi est un dessinateur de manga un peu paumé et sans grande renommé. Un jour, il retrouve son amour d’enfance, Myon, qui depuis a vu sa paire de loche s’accroitre de façon indécente (si j’en parle mesdemoiselles et messieurs c’est que ce détail est d’une importance capitale pour la compréhension de l’histoire… évidement). Il va tenter de la reconquérir mais le problème, c’est qu’elle est maquée la Lolo Girl, elle poussera d’ailleurs même le vice jusqu'à présenter son p’tit copain au pauvre Nishi. Enfin, dans le fond, rassurez=vous, elle l’aime bien le Nishi, peut-être même qu’elle lui laissera une petite chance… Who knows ? Alors les voilà à partager un petit repas, des petites choses, dans le bar où travaille les parents de Lolo Girl. On se taquine gentiment jusqu’au moment où deux Yakuzas Boy viennent foutre leur merde ! Et là BANG… Un des protagonistes va connaitre une fin tragique… Mais c’était sans compter sur l’intervention d’une entité X, Y ou Z qui va lui redonner vie… Pratique, la petite bande peut s’échapper du joug des Yakuzas et… et … et c’est là que ça part en vrille et que, par conséquent, je ne vous en dirai pas plus ! Tout ce que je peux vous dire c’est qu’il y’a un changement de ton assez radical… pour re-glisser ensuite tout doucement vers on ne sait trop quoi !



Sans atteindre, je présume, la complexité narrative de TACHGUISHI RETSUDEN dont le Docteur vous parlait il y a peu, MIND GAME suit également un chemin assez sinueux. En fait, le métrage commence par un très beau montage nous jetant à la figure des bribes de vie des différents personnages du film, le tout accompagné d’une musiquette pour le moins planante et envoutante, puis CUT, on retrouve la trame que je vous ai énoncé plus haut. A plusieurs moments dans le film nous retrouverons ce genre de séquences énigmatiques, oniriques voir complètement psychédéliques que l’on peut supposer être des bribes de souvenirs… Et s’est justement de ça dont il va être question dans le film (en partie), à savoir retrouver les petites madeleines enfouies… Et reconstruire quelque-chose à partir de ces souvenirs. On n’est pas loin de thématiques à la Resnais autour de la mémoire avec un JE T’AIME, JE T’AIME par exemple… Même si il va s’en dire, c’est trèèèèès différent.



Autant la trame demeure complexe, autant l’esthétique du film l’est aussi pour le plaisir des petits et des grands aussi. D’une part l’animation en dessin est assez cradasse, on est plus proche d’une esthétique à la AMER BETON (film d'animation japonnais de Michael Arias) où même, du côté anglo-saxon, Bill Plymton, et loin du formatage industriel Disneyen (A ce propos regardez ce petit document déniché par Bertrand de Multa Paucis, c’est très instructif et drôle… ou pas !)



Donc là, n’en déplaisent aux amateurs de Mickey Barbouze, c’est quand-même autre chose, ça vit, et on est d’avantage dans une forme d’expression artistique que dans la capacité de faire s’exprimer des animaux comme des humains.



Au dessin s’ajoutent d’autres formes d’animations telles que la peinture ou l’image de synthèse. Certains gros plans de visage sont même des prises de vues réelles (retravaillées ensuite au crayon et autres artifices) qui tranchent de façon assez surprenante avec le reste. Là aussi, nous avons à faire à une esthétique baroque des plus sympathiques! Toute cette esthétique confère au film un caractère assez bourratif mais plutôt intéressant et justifié au vue de la thématique abordé (Mind Game). Au final c’est ma foi plutôt beau même !




Bon alors dans la grande tradition du manga japonais l’ensemble du métrage est complètement surexcité, ça va à 200 à l’heure, ça crie pour n’importe quoi et ça tire des tronches de dix pieds de long toutes les deux secondes (en particulier le personnage de Nishi) autant d’aspects qui auront pu, par moment, user le spectateur délicat que je suis. Aussi, certaines scènes (notamment dans le ventre mou du film, comprendront ceux qui le verrons) paraissent un peu vaines et répétitives n’apportant pas grand-chose et semblant un peu là pour combler les manques… Il n’en reste pas moins une très belle proposition qui joue pleinement des spécificités de l’animation, utilisée ici comme un véritable outil de mise en scène. Un film qui est passé quasi inaperçu lors de sa sortie, et qu’il est bon de découvrir !        


L'Ultime Saut Quantique.







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Publié dans Corpus Analogia

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