V POUR VENDETTA, de James McTeigue (USA/Allemagne, 2005) : De la terreur efficace à la révolution manquée.

Publié le par Dr Devo

[Photo : "V pour Visiteur", Le Marquis]

(Article initialement paru dans LA REVUE DU CINEMA n°2)

Hollywood cherche depuis quelques années à rentabiliser de multiples franchises, et cherche, il faut bien le dire, à trouver de nouvelles sources pour nourrir sa soif de projets porteurs. Elle se tourne évidemment avec intérêt, succès commerciaux obligent (SPIDERMAN de Sam Raimi, notamment) vers l'adaptation d'un des supports les plus fédérateurs de la culture américaine : le comic.
 
En attendant de réadapter les aventures de personnages ayant déjà eu l'honneur d’une version cinéma (SUPERMAN très bientôt, ou encore X-MEN 3), les frères Wachowski, réalisateurs de la série MATRIX, assez surestimée (dont David Cronenberg pensait, avec malice, qu'elle s'adressait surtout aux enfants de sept ans), mettent ici sur rails l'adaptation de la fameuse graphic novel d’Alan Moore, grand personnage de la BD contemporaine américaine. Les deux frères ont signé ici le scénario et produit la chose, laissant la réalisation à James McTeigue, ancien de l'équipe MATRIX et réalisateur réputé de seconde équipe.
 
Ce n'est pas la première fois qu’Alan Moore est adapté pour le grand écran. C'était déjà le cas de FROM HELL, variation iconoclaste sur Jack L'Éventreur, et dont le film fut dirigé par les frères Hughes cette fois-ci, en 2001. Alan Moore est sorti de l'expérience complètement furieux, quittant la projection-test avant la première bobine et jurant que jamais plus on l'y reprendrait. Mais les lois du commerce sont difficiles à contourner, et si Moore qui avait pris la résolution de ne plus jamais s'acoquiner avec Hollywood, il n'a pas pu empêcher que V POUR VENDETTA soit adapté. Chose rare, il a quand même exigé qu'il ne soit fait mention dans aucun des deux génériques de son nom et de l'origine du projet, c'est-à-dire la bande dessinée. Voilà qui est fort inhabituel.
 
Nous sommes à Londres, dans une petite vingtaine d'années. Suite à une série de catastrophes plus ou moins lourdes, dans tous les domaines (épidémie, guerre civile américaine, déstabilisation de la géopolitique mondiale, bouleversement de l'économie à l'échelle planétaire, augmentation catastrophique de la délinquance, etc.), les anglais ont confié le pouvoir à John Hurt, ancien député qui dirige maintenant le paix d'une main de fer. L'opposition a disparu. C'est un système de marché, certes, mais sévèrement régulé et contrôlé à tous les niveaux. Au fil des ans, toute déviance sociale ou psychologique de n'importe quel type est devenue illégale, et a été petit à petit éradiquée. John Hurt a la mainmise sur le pouvoir, qu'il a concentré au maximum, et contrôle bien sûr l'intégralité du jeu politique et médiatique (les médias indépendants appartiennent au passé). Si le régime, quand même moderne, est complètement autoritaire, les anglais ont paradoxalement "gagné au change" un pays enfin stable et sécurisé.
Natalie Portman est une jeune femme qui travaille comme éternelle assistante en stage photocopie (je caricature à peine) dans une des grandes chaînes de télé du pays. Elle se rend un soir chez un des présentateurs vedettes de la chaîne, mais se fait surprendre par Le Doigt, c'est-à-dire les agents de la police politique qui ont quasiment tous les droits et quadrillent la ville dès la nuit tombée. Alors qu'elle s'attend à se faire arrêter, les hommes du Doigt qui l'ont interpellée s'apprêtent en fait à la violer en toute impunité. Elle est sauvée in extremis par un puissant et mystérieux personnage masqué. Et ce masque ne représente qu'une version stylisée (un sourire ambigu) de Guy Fawkes, personnage britannique ayant réellement existé, célèbre pour avoir organisé en 1605 le fameux gunpowder plot : un attentat souterrain visant à faire exploser le parlement pour protester contre la politique de Jacques Ier, jugée intolérante à ses yeux en matière de religion. (L'attentat échoua, et Fawkes fut condamné à mort l'année suivante !). L'homme masqué, redoutablement puissant, tue sans problème les hommes du Doigt et se présente en citant Shakespeare et en parlant quasiment en vers, comme V. V invite ensuite Natalie Portman à venir sur les toits de la ville pour assister à l'explosion d’un grand bâtiment public, attentat qu'il a lui-même organisé.
Le lendemain, John Hurt est forcément furieux. Il réussit à faire passer l'attentat pour une destruction prévue longtemps à l'avance grâce à son responsable de propagande qui se charge de relayer l'information sur les grands réseaux hertziens. Et il charge surtout Stephen Rea, chef de la police, de retrouver la trace de ce mystérieux vengeur masqué. V, de son côté, ne laisse aucun répit au pouvoir, puisque, dans la même journée, il entre dans une des grandes chaînes télévisées (celle où travaille Natalie Portman) et pirate l'antenne pour dénoncer les abus de pouvoir et donner rendez-vous aux anglais dans un an jour pour jour devant le parlement, afin de le renverser. En s'enfuyant des studios de télé, V manque de se faire arrêter, mais Natalie portman lui donne un coup de main, sans vraiment se rendre compte de la portée de son geste. V est alors obligé de la "séquestrer" dans sa base secrète. En effet, en tant que complice de l'ennemi public N°1, et ayant été clairement identifiée par les caméras de vidéosurveillance, elle devient de fait la personne la plus recherchée d'Angleterre... L'enquête policière (bougrement compliquée) de Stephen Rea commence, et va révéler des éléments plus que troubles...
 
Alan Moore fait partie de ces "écrivains de BD", serait-on tenté de dire, qui considèrent à juste titre leur art comme étant aussi le support d'une expression sombre et tout à fait adulte. Ses pavés, plusieurs centaines de pages, d'où le terme anglais de "roman graphique", sont des œuvres effectivement très ambitieuses. Les enjeux sont sombres et ambigus, la narration est souvent complexe, voire expérimentale, et les aspects les plus iconoclastes foisonnent (comme par exemple des anachronismes graphiques insolites, des buildings modernes notamment, dans FROM HELL, aspects que le film des frères Hughes, aussi sympathique soit-il, a totalement escamotés).
Même si, pour ma part, je trouve effectivement que la série MATRIX n’était vraiment pas bien écrite, ni même intéressante du point de vue de la construction (sans parler du propos qui, contrairement à la réputation de la trilogie, est tout sauf ambigu, et bien sûr sans parler de l'incroyable médiocrité de la réalisation), il faut avouer qu'on ne va pas à reculons vers ce V POUR VENDETTA. Le sujet est splendide, et les œuvres d'Alan Moore sont incroyablement fascinantes et poétiques. Ceci dit, si j'avais lu ses WATCHMEN (que Terry Gilliam a vainement essayé d’adapter pendant des années), je n'ai jamais eu entre les mains le comic V POUR VENDETTA. La critique de ce film sera donc vierge, en quelque sorte, de toute attente.
 
Oui, sans aucun doute, le sujet de V POUR VENDETTA est complètement soufflant d'originalité, et d'une richesse tout bonnement ébouriffante. Fable politique on ne peut plus sombre, elle trouve en effet des échos absolument glaçants dans les enjeux politiques récents des pays démocratiques occidentaux. Le film, pour une bonne part, profite assez largement de cette richesse.
L'intérêt principal du film, et ce qui le rend terriblement crédible, est la situation sous-jacente au contexte général, la généalogie de ce contexte en quelque sorte. Comme je l'ai dit plus haut, la société a eu exactement ce qu'elle a demandé : la sécurité et la stabilité, et le film, comme sans doute la bande-dessinée, met particulièrement bien le doigt dessus. On sent en effet très bien, sans que le processus ne soit raconté ni démontré (il y aura des flash back explicatifs, mais beaucoup moins percutants, on le verra), que la montée du pouvoir pour le député John Hurt s'est faite progressivement, sans provoquer un tollé digne de ce nom, non pas dans une espèce d'indifférence, mais plutôt dans une forme d'acceptation passive d'intérêts bien compris et hautement désirés. Les anglais voulaient ce pouvoir qui leur a été petit à petit proposé ! Pas de coup d'état, pas de manipulation (il y en a eu une, bien sûr, mais elle n'interviendra, et c'est une idée très noire, que dans le plan de V pour faire se soulever le peuple, et donc bien a posteriori). C'est cette base bougrement moderne qui glace le sang d'emblée, et installe le film dans un réel sentiment de tristesse, de peur et d'abnégation assez touchant.
Tout le reste ne fait que découler de cette situation passée, ce qui donne à V une espèce de légitimité bizarroïde, lui qui se réclame du passé et trouve ces racine dans un des événements pionniers et fondateurs de l'histoire de son pays ! Premier bon point en tout cas.
 
La dramaturgie du récit exploite quant à elle de nombreux éléments ambigus qui, mis bout à bout, tissent une toile assez palpitante. V essaie de faire se soulever le peuple, et de dévoiler la mainmise de la Société au détriment de l'Individu, thème forcément poignant, et ici bien relayé par le complot à dévoiler (échelle collective) intimement lié, de manière délicieusement artificielle et presque arbitraire (c'est un compliment !) au parcours de Natalie Portman, pas spécialement révoltée malgré son passé si symboliquement douloureux. Ce parcours sera d'ailleurs le sommet même de l'ambiguïté, dans des termes qui seront ici assez difficiles à évoquer si l’on ne souhaite pas dévoiler les ressorts principaux du film. On dira seulement que les épreuves (la prison notamment, mais aussi la trahison et l'absence de contrôle) font de son cheminement un parcours douloureux, mais qui dans le même temps sème autant le chaos que la renaissance ! Et cela est diaboliquement bien relayé par V lui-même, dont les méthodes sont scotchantes à plus d'un titre. Certes, dans cette océan de tristesse, il est assez jouissif (et anxiogène, paradoxalement) de voir l'ampleur de son plan minutieusement préparé des années à l'avance. Un plan malin, plein d'humour ou d'ironie pourrait-on dire, et dont le déploiement, au niveau de la dramaturgie notamment, est complètement jouissif, malgré sa dangerosité. D'un autre côté, ce V est bien inquiétant. Ses méthodes sont quasiment celles du pouvoir en place. Certes, on se dit que le bonhomme se trouve du côté de la Justice, mais les méthodes sont très ambiguës là encore. V utilise finalement un plan dangereux dont le succès n'est pas assuré d'apporter un changement positif, et pourrait au contraire mettre au pouvoir une force dictatoriale (la sienne) à la place d'une autre (celle de John Hurt). Ce qui rend bien sûr le parcours de Natalie Portman encore plus douloureux et émouvant. Car comment être sûr, si l’on donne les clés du soulèvement et du pouvoir à V, qu'il ira les rendre au Peuple ? On le voit bien, la thématique est très riche. John hurt traite V de terroriste, évidemment, mais peut-être est-il encore plus dans le vrai, potentiellement, qu'il ne le croit.
 
Côté mise en scène, même si on n’atteint pas vraiment des sommets de génie, on est quand même surpris, grosso modo, dans le bon sens. L'introduction, qui commence fort mal (par un flash back sur Guy Fawkes, la figure historique, séquence plutôt laide malgré l'utilisation brusque de la voix-off) se poursuit sous de bons auspices par un montage parallèle tout simple mais fort bien développé, dont on ne sait a priori si c'est une opposition ou une possible réunion, et qui a l'avantage de nous présenter V de manière plutôt inattendue. Bien vu. On se réjouira par la suite que James McTeigue officie avec plus de calme et de maîtrise que ses mentors, les frères Wachowski. Le découpage est plutôt posé et effectif, malgré une échelle de plans encore un peu trop réduite (et qui, dans certains décors récurrents, peut les faire apparaître comme malins, ou au contraire un peu pauvrets, selon la scène). On est dans un style beaucoup plus tempéré, qui sied mieux à cet univers triste et désenchanté, loin donc de l’esbroufe quasiment maladive et bien souvent très laide des films des deux frangins. On obtient alors une facture plus classique, mais que le découpage narratif rend plus dynamique et plus intrigante que prévu. C'est déjà ça. Dans ce genre de grosses productions, souvent incroyablement boursouflées, V POUR VENDETTA surprend déjà un peu par cette langueur développée. Langueur qui n'empêche pas quelques (rares) moments plus lyriques, à l'image de ce plan de V dans l'incendie du laboratoire vu dans le reflet sur la pupille de la doctoresse ! On en vient d'ailleurs à se demander pourquoi il n'y aurait pas plus de belles saillies de la sorte. Le son, lui, est plutôt classique, sans expressivité mais sans fautes de goût, et la photographie est l'élément le plus soigné, même si elle reste trop souvent illustrative. Là où c'est un peu moins bon, c'est peut-être, ça et là, dans le montage, toujours un peu conventionnel, et dans le cadre, pas moche non plus mais un peu en-dessous de la qualité de facture du reste. Les scènes d'action quant à elles (hormis le piratage de la télévision) sont relativement mal montées, ou plutôt ne présentent pas d'intérêt fondamental, même si, ici encore, on est quand même à plusieurs coudées au dessus de MATRIX.
 
Si les acteurs s'en sortent plutôt bien (notamment un John Hurt qui passe du rôle de victime de l'adaptation cinématographique de 1984, le roman de George Orwell, à celui de Big Brother, quasiment, ironie agréable), on sera peut-être un peu plus sévère avec la structure narrative. On se doute que l'adaptation au pied de la lettre de la bande dessinée est chose impossible dans le cadre d'un film commercial et hollywoodien. De toute façon, une adaptation au pied de la lettre est, en matière de cinéma, toujours une erreur fatale, sans exception. Mais le scénario n'est pas exempt de défauts, et ses manques handicapent sérieusement le rythme global du métrage, qui se perd un peu dans une grande masse molle. Ainsi, le flash back "lesbien" semble bien maladroit, il est vrai peu aidé par la mise en scène de ce passage qui aurait dû être plus iconoclaste et plus ironique. Là, ça sent un peu l'illustration naïve. La différence se fait bien sentir. Quand Natalie Portman découvre la trahison dont elle est victime, là par contre, on est assez étonné que sa réflexion et ses hésitations soient résolues quasiment dans le même plan. Quel dommage ! C'est en effet le point nodal de sa relation à V, et l'instant crucial du film. Malgré la belle énergie de Portman dans cette scène, on est un peu déçu tout de même que la chose ne se passe qu'en deux temps trois mouvements, là où le film a fait preuve à de nombreuses reprises de beaucoup plus d'ambiguïté. La scène qui suit celle-ci, à la mise en scène lyrique mais plus attendue, se teinte du coup de gris, là où l'idée, sur le papier, était vraiment magnifique (opposition feu/eau, et surtout résolution et souffrance de la destinée de Portman ; on aurait souhaité par exemple un traitement plus iconoclaste, comme dans la scène avec l’évêque, bien dirigée artistiquement, qui prenait le risque du ridicule et annonçait d'entrée de jeu, par le simple travestissement de Portman, que l'opération serait sans doute un échec, ce qui fait très peur). De manière générale, si on sentait intensément, et de manière un peu sensuelle, la tristesse globale de cette société, si on sentait un certain fatalisme et une certaine solitude, on découvre la suite des événements de manière beaucoup plus passive. Et comme le rythme du film n'est pas forcément son point fort, V POUR VENDETTA perd de son acuité pour devenir un peu mélasse.
 

De manière globale, et pour peu qu'on ait vu le film-annonce, qui malheureusement éventait une belle idée graphique, la dernière partie est assez flemmarde et curieusement, les enjeux s’appauvrissent, malgré l'attente que laissait suggérer l'histoire. Une faute de goût impardonnable dans le final, d'une naïveté racoleuse qui plonge la séquence dans la bêtise la plus profonde (les plans sur la petite fille et les victimes de l'histoire, placés en douce en insert très court, comme avec honte, presque en s'excusant, et pour bien marteler dans notre pauvre petit cerveau de spectateur que la chose tourne au happy end) un dénouement qui détruit tous les efforts du film dans un élan de romantisme benêt et destructeur, et minimise dramatiquement l'impact du métrage en nous rappelant que oui, on l'avait oublié, on est quand même dans un film grand public. Et même si le film est relativement sympathique, sans casser des briques, mais avec certaines choses vraiment réussies, on ne peut que regretter de voir un scénario trop dirigiste qui n'a sans doute pas osé trancher dans le lard, ou du moins retenir les idées les plus abstraites ou les plus dérangeantes. V POUR VENDETTA reste largement visible, et son rythme, pour le meilleur et pour le pire, un peu langoureux et noir, a quand même un charme relatif. On regrette seulement d'avoir cette impression, malgré le soin global, que le réalisateur et les producteurs n'osent pas larguer les amarres et partir pour le grand large. Une frilosité vraiment dommageable, car pour une fois dans un blockbuster, on avait l'impression que le plus dur à faire n'était pas forcément raté. Pour voir un projet commercial mais plus frondeur (et beaucoup plus beau dans ses parties les plus réussies, on préférera largement voir SILENT HILL de Christophe Gans, qui a lui vraiment tenté de faire autre chose. V POUR VENDETTA n'en reste pas moins intéressant. Mais peut-être la lecture de la bande-dessinée originale, sûrement d'une richesse et d'une complexité jouissives, nous ferait-elle revoir ce petit film sympathique à la baisse. À brûle pourpoint, malgré sa timidité, le film se regarde, ne serait-ce que pour son sujet passionnant, même en l'état.

Dr Devo

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Publié dans Corpus Filmi

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Guillaume Massart 29/08/2006 09:58

Grosse déception pour ma part : je comprends qu'alan moore se soit désolidarisé et même fâché tout rouge. Le scénario part dans tous les sens, joue de l'emphase pour ne pas dire grand chose, se paume dans ses lacunes, bavarde sans cesse... Me suis bien fait chier. Même pendant les explosions (parce que ça pète de temps en temps, vu qu'il faut bien péter quelque chose entre deux effets de montage brouillons...) et les scènes d'action assez laides.
Mes avis lapidaires à vot'dame.

Landry 25/08/2006 22:04

A peu de choses près, j'ai pensé la même chose que vous, Docteur Devo. Les Wachowski sont moins prétentieux sur ce coup-là et McTeigue tient assez bien en place, il ne sautille pas dans tous les sens dans l'espoir de se faire remarquer.Je suis à 100% avec les lignes 20 et 21 du dernier paragraphe. J'ai été un peu déçu puisque j'avais déjà lu la graphic novel de Moore et on aurait pu avoir un film plus percutant, à mon avis.