Chroniques de l’Abécédaire, épisode 9, seconde partie : La perverse Susan donne des leçons de pornographie aux barbares en sursis, qui n'ont plus rien à perdre que leur chevalerie.

Publié le par Le Marquis

[Photo : Brooke Bullock (ou est-ce Sandra Adams ?) - Le Marquis]

Forcément, comme je le disais en conclusion de la première partie de cet article, il est difficile d’enchaîner après un film comme INNOCENCE, et le film qui suit, les films qui suivent, risquent fort de pâtir de la comparaison. Poursuivons néanmoins : chaque film visionné me rapproche d’une prochaine merveille, et c’est dans cet esprit optimiste que je poursuis rédaction et visionnage, avec un décalage qui tend peu à peu à se réduire – avec un peu de chance, je serai à nouveau synchrone en septembre prochain !
 
J comme… JEUX PERVERS, de Max Makowski (USA, 2002)
Vous connaissez peut-être le jeu de société « Taboo » – consistant principalement à poser des questions orientées et embarrassantes à tour de rôles et entre amis. Oui, c’est passionnant, presque autant que les Hippo-Gloutons. Mais saviez-vous que le jeu a généré ce film, TABOO en version originale, où une bande de jeunes tendance friquée (comme dans PETIT MASSACRE ENTRE AMIS) fait une partie lors d’une petite fête dans le manoir familial de l’un d’entre eux. Des cartes anonymes sont distribuées sur lesquelles chacun doit se prononcer sur un tabou donné (homosexualité, échangisme, viol, prostitution, onanisme, inceste, amour sincère, etc.) ; la partie fait sourire mais aussi grincer des dents. Un an plus tard, lors d’une nouvelle réunion du groupe d’amis, un colis leur parvient avec des cartes plus laconiques (homosexuel, violeur, prostituée etc.) : l’un d’entre eux l’a certainement envoyé, mais lequel ? Il devient de plus en plus urgent de le découvrir, car un meurtrier se cache parmi eux.
C’est donc ce slasher aux petits pieds qui succède à INNOCENCE, et sa belle constance dans la médiocrité en fait le film-tampon idéal : prévisible jusqu’à la dernière minute, incohérent jusqu’à la bêtise (le groupe voit ses membres mourir un à un, mais attend la fin de l’orage pour aller à la police), JEUX PERVERS est en réalité d’une politesse et d’une platitude très vite fatigantes. On ne croit pas une seule minute à ce « groupe d’amis » composé de gens qui se détestent tous les uns les autres et sont campés par une énième brochette d’acteurs de second plan ou de série TV (dont Nick Stahl et Eddie Kaye Thomas), tous mauvais sans exception, mais il est concevable qu’aucun d’entre eux n’ait vraiment cru à un scénario aussi stupide, où les meurtres s’avèrent n’être qu’une grosse blague conçue par les jeunes pour se venger de l’un d’entre eux, sauf que finalement, il se met à y avoir de vrais meurtres, que c’est original et astucieux. Film poussif, insipide et sans le moindre intérêt.
 
K comme… KNIGHTS, LES CHEVALIERS DU FUTUR, d’Albert Pyun (USA, 1993)
Ah ! Albert Pyun ! Ce vieux routard hawaïen de la série B, ancien stagiaire d’Akira Kurosawa au penchant très prononcé pour les histoires de cyborgs, n’a pas disparu avec les années 80, et quelque part, ça fait plaisir. Pourquoi ? Peut-être parce que ses films, aussi simplistes et limités soient-ils, sont toujours réalisés à l’ancienne, à grands renforts de cascades et de maquillages, de décors naturels et d’effets spéciaux réalisés sur le plateau, à une époque où ses comparses ont déjà jeté l’éponge, truffant leurs métrages d’effets en images de synthèse comme des forcenés, peu regardants sur la qualité de la synthèse en question, souvent en-deçà du niveau d’une animation de jeu vidéo, mais qu’importe : c’est la mode, et l’important c’est qu’il y en ait un max, avec si possible quelques cascades câblées.
Rien de tout ça dans ce KNIGHTS on ne peut plus représentatif du cinéma d’Albert Pyun : c’est une histoire de cyborgs, dirigés par Job le Manufacturier (l’inénarrable Lance Henriksen), dominant la planète après un quelconque holocauste, contre lesquels va se rebeller la musculeuse Nea, belle tête blonde collée sur un corps de Big Jim pas très ragoûtant mais hautement performant, épaulée, il faut le préciser, par un des tout premiers cyborgs, Gabriel (Kris Kristofferson !), programmé pour les éliminer et ainsi sauver l’humanité.
C’est un peu idiot et très sommaire, mais au rayon divertissement, ça fait très bien l’affaire. Le directeur de la photographie nous convie à un véritable festival du filtre avec ses textures chatoyantes et vivement colorées. Les acteurs en roue libre confèrent au film un ton décalé et passablement hilarant : entre Gabriel, qui possède cette étrange faculté de changer totalement de physionomie dès qu’il combat style art martial (Kris étant un peu fatigué, on le remplace alors par un cascadeur parfaitement distinct), et Job qui se fait rouler des pelles langoureuses par son perroquet (Lance Henriksen prend manifestement un malin plaisir à baver autant que possible dès qu’il sent venir un gros plan), la sculpturale Kathy Long semble se sentir portée et embrasse son rôle avec une conviction qui ne laisse guère de place au talent, mais fait plaisir à voir. Des raccords de montage vertigineux et quelques répliques improbables (« Oh, non, je prends feu maintenant, il manquait plus que ça ! », s’exclame le premier cyborg éliminé par Gabriel) complètent agréablement une plaisante petite série B dont les références bibliques s’arrêtent au choix des prénoms, qui se termine en queue de poisson lorsque Job s’enfuit en deltaplane avec le petit frère de Nea en s’écriant : « Si tu veux revoir ton frère vivant, rendez-vous à Cyborg City ! », car les cyborgs occupent une place si chère dans le cœur d’Albert qu’il a souvent du mal à considérer ses histoires autrement que sous la forme de trilogies, pas toujours achevées mais trilogies quand même : nous nous pencherons prochainement sur le second volet de sa trilogie NEMESIS, parce qu’un cyborg en passant, ça ne fait jamais de mal. En attendant de découvrir le dernier film en date de Pyun, INFECTION, tourné en un seul plan-séquence et en temps réel !
 
L comme… LA LEÇON DE PIANO, de Jane Campion (Australie / Nouvelle-Zélande / France, 1993)
Reprenons notre sérieux, un peu de tenue que Diable, nous parlons maintenant d’une Palme d’Or, obtenue ex aequo avec le très beau mais moins consensuel ADIEU MA CONCUBINE (à quand un palmarès à la Jacques Martin – tous les films ont gagné !). Je vous fais d’ailleurs remarquer que, curieusement, les deux films palmés présentaient tous les deux une séquence montrant l’amputation du doigt du personnage principal.
À vrai dire, et même s’il n’égale pas UN ANGE À MA TABLE, qui reste à mes yeux le meilleur travail de Jane Campion, LA LEÇON DE PIANO est lui aussi un assez beau film, malgré ou grâce à son lyrisme très appuyé, souligné – parfois lourdement – par la musique de Michael Nyman, oscillant entre réelle inspiration et élans larmoyants style « Mort de la Schtroumfette ». Le film parvient à rendre fascinante cette forme d’autisme confortable, installé, complaisamment nourri dans une relation mère-fille qui va peu à peu, non pas se détériorer, mais se rééquilibrer dans la tourmente de l’adultère proposé par Harvey Keitel, qui s’abstient finalement de se masturber à la BAD LIEUTENANT pendant que Holly Hunter joue du piano, et accepté par celle-ci d’abord parce qu’elle veut récupérer l’instrument autour duquel elle a construit sa bulle, ensuite parce qu’elle s’éveille à une sensualité qui la terrifiait. Très belle idée que de développer discrètement une thématique du voyeurisme, celui de la fille d’Holly Hunter, Anna Paquin (pas toujours très juste), qui trompe son ennui en martyrisant un chien pendant que sa mère découvre l’amour, celui plus tard du mari cocu (Sam Neill) – avec ce plan extraordinaire du chien qui vient lui lécher la main pendant qu’il regarde sa femme le tromper ; une thématique bien sûr renforcée par la représentation théâtrale de « Barbe-Bleue ». C’est dans la mise en scène de l’érotisme et de la frustration que le film trouve ses plus belles qualités. L’écriture parfois un rien schématique est correctement contrebalancée par une mise en scène riche à l’imagerie parfois spectaculaire (l’image singulière du piano abandonné sur la plage ne doit pas occulter un goût prononcé pour les plans étranges et presque fantastiques, ceux qui ponctuent les ballades d’Anna Paquin notamment), et surtout par l’humour sous-jacent de Jane Campion. Intéressant.
 
M comme… MAD JAKE, de Tucker Johnston (USA, 1990)
Édition on ne peut plus économique pour cette petite série B : VF bien sûr, copie piteuse naturellement, pas de menu ni de chapitrage, le film se lance dès qu’il est inséré dans le lecteur et s’achève avant la fin du générique par un arrêt de la lecture du disque. Quant au film, également titré BLOOD SALVAGE, c’est une nouvelle histoire de rednecks dégénérés issue de la vague post-MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE, qui a connu ses petites réussites (NUITS DE CAUCHEMAR, MOTHER’S DAY) et ses navets (CANNIBAL CAMPOUT). MAD JAKE bénéficie des aspects toujours sympathiques de ce type de sujet et tente d’y adjoindre des éléments bizarres : la famille de ploucs tueurs est ici menée par un garagiste chirurgien à ses heures, qui prélève des organes chez ses victimes qu’il revend à un médecin peu scrupuleux (le vieux Ray Walston) avant de transformer ses proies en sortes de sculptures mi-hommes mi-voitures, tout en les maintenant artificiellement en vie bien sûr – occasion de livrer une série de maquillages (dont un inattendu Elvis Presley) qui avaient fait beaucoup parler du film avant sa sortie, mais sont curieusement très mal et très peu montrés dans le film, par ailleurs très mal réalisé (cascades pitoyables). Ce garagiste tombe sous le charme d’une jeune fille croisée à un concours de Miss en fauteuil roulant (!) et s’empresse donc de la kidnapper avec le reste de sa famille (le papa étant interprété par John Saxon).
L’héroïne a beau être en fauteuil roulant, elle n’en est pas moins détestable et très antipathique, bien qu’il soit très difficile de savoir si c’est intentionnel ou pas. MAD JAKE pioche ses idées à droite et à gauche, empruntant le saurien du CROCODILE DE LA MORT, la complicité du patelin qui évoque fortement LES VOITURES QUI ONT MANGÉ PARIS, etc., mais ses quelques rares idées originales sur le papier échouent totalement leur passage à l’écran. Soutenu par une musique insupportablement nulle, le film s’efforce de taper dans le registre de l’humour noir et du sordide pseudo-distancié (fanatisme religieux du garagiste et de ses créations qu’il surnomme les convertis), mais il ne parvient jamais à instaurer un rythme, une efficacité à son film laborieux et quelconque, qui ne dépasse à aucun moment le niveau de simple curiosité pour cinéphile hautement désœuvré.
 
N comme… LES NOUVEAUX BARBARES, d’Enzo G. Castellari (Italie / USA, 1982)
Quittons les Etats-Unis. Traversons l’Atlantique et pénétrons dans l’Europe par le détroit de Gibraltar pour aller chatouiller le G de Enzo Castellari dans la botte italienne. Jusqu’à ces dernières années, Castellari était, dans ma propre cinéphilie, resté dans l’ombre des autres cinéastes italien de la tranche « inférieure », ceux qui n’ont pas la réputation d’un Bava, d’un Fulci ou d’un Argento mais sont pourtant capables, à leurs meilleures heures, de livrer de forts beaux films de genre ; des cinéastes comme Sergio Corbucci (dont j’adore DJANGO et LE GRAND SILENCE au point de les préférer aux westerns de Sergio Leone), Antonio Margheriti (je n’ai hélas encore jamais vu son très réputé DANSE MACABRE, mais j’aime énormément ses FANTÔMES DE HURLEVENT), Riccardo Freda (grand souvenir du SPECTRE DU PROFESSEUR HITCHCOCK), voire même Lamberto Bava (dont DÉMONS me semble être un modèle de série B), Ruggero Deodato (au moins auteur d’un film formidable, THE WASHING MACHINE) ou Bruno Mattei (dont le très Z VIRUS CANNIBALE est à hurler de rire). De Castellari, je connaissais surtout LES GUERRIERS DU BRONX, sous-MAD MAX un peu mollasson mais amusant visionné en présence du Dr Devo, et un SINBAD redoutablement mauvais incarné par Lou Ferrigno. On creuse patiemment dans la filmographie du bonhomme, somme toute sympathique, avec ces NOUVEAUX BARBARES coulés dans le même moule que les guerriers du Bronx, en attendant que LES GUERRIERS DU BRONX II, LA MORT AU LARGE et KEOMA trouvent prochainement leur place dans cet Abécédaire.
Tourné la même année que LES GUERRIERS DU BRONX à une époque où le cinéma de genre italien commençait à s’essouffler et à s’enliser dans le Bis et les pompages en série des succès du moment, LES NOUVEAUX BARBARES s’ouvre sur un générique nous montrant une explosion nucléaire dévastant une maquette qui n’avait pas dit ouf. Bien que pure déclinaison du MAD MAX de George Miller, le film ne crache pas sur quelques emprunts à John Carpenter, sa musique évoquant irrésistiblement celle de NEW YORK 1997. Le monde a donc basculé dans le chaos, et les Templars, sorte de motards du futur, ont pris le pouvoir, décimant les survivants considérés comme des êtres inférieurs. Un héros récalcitrant va venir faire un peu de ménage et défendre l’opprimé.
Rien à dire du scénario, bout à bout de poncifs sans originalité : tout est dans le décorum et dans la façon de faire. De ce point de vue, le film est assez plaisant. Bruitages totalement absurdes, effets spéciaux délicieusement datés, look puissamment folklorique des Templars et tunning kitschissime entre la Batmobile et le jouet Kinder, sans parler de ses armures transparentes vraiment cocasses et qui valent bien le coup d’œil, la direction artistique très typée fait beaucoup pour le charme rétro, et pour le comique involontaire. Quant à la mise en scène de Castellari, entre expérimentations de montage parfois saugrenues et superbe photographie (très beau cinémascope), elle inscrit prévisiblement le film dans le registre du Bis soigné qui ne fait pas trop mal aux yeux cinématographiquement parlant (la direction artistique s’en charge), mais n’empêche tout de même pas le film, par ailleurs correct divertissement, d’être parfois un peu longuet. L’ennui ponctuel ne détournera cependant pas les amateurs du cinéma fantastique italien, le cocktail de plans ultra composés cadrant des éclats de violence quasi parodique et des costumes improbables se fait aujourd’hui trop rare pour être snobé.
 
P comme… LE PORNOGRAPHE, de Bertrand Bonello (France / Canada, 2001)
Je pourrais vous faire croire que c’est l’excellence d’INNOCENCE qui m’a encouragé à revenir à la production francophone, mais ce serait un gros mensonge, puisque la liste des films est toujours programmée longtemps à l’avance. Mais le hasard fait tout de même bien les choses, dans la mesure où, avec le film de Lucile Hadzihalilovic et le sympathique ET LA TENDRESSE ? BORDEL !…, LE PORNOGRAPHE tend à relever un peu le niveau.
Le film évoque le retour aux affaires d’un ancien pornographe (Jean-Pierre Léaud), qui accepte d’entreprendre le tournage d’un nouveau film, un peu contraint et forcé par des dettes. Ce qui ne l’empêche pas de persévérer dans la voie à prétentions artistiques qui avait à l’époque mis un terme à sa carrière. Un film étrange et assez attachant, qui joue du contraste à la fois drôle et amer entre les postures de metteur en scène de Léaud (qui rêve de conclure son film par un accouchement et par l’image d’un nouveau-né) et les regards perplexes que son entourage lui jette – avant que le producteur ne reprenne les choses en main pour tourner du porno sommaire. Cet aspect du récit n’est cependant pas forcément prédominant, le film développant également quelques personnages secondaires (dont le fils de Léaud, choqué par la profession de son père, militant qui lance avec un petit groupe une grève du silence dérisoire et non dénuée d’humour dans son traitement – ils regardent en groupe des films muets), et surtout creusant la personnalité fantasque et vaguement mélancolique du personnage de Léaud, qui quitte sa compagne sans savoir pourquoi, entreprend de construire seul une maison sur un terrain cédé par un proche, accepte à contrecœur une interview sur sa carrière et fantasme sur le film qu’il ne fera jamais.
La mise en scène de Bonello est soignée, très composée, avec une majorité de plans fixes nourrissant un rythme lent et très distancié, un humour pince-sans-rire parfaitement servi par Jean-Pierre Léaud, très bon bien qu’il soit souvent à deux doigts de paralyser le film, souvent focalisé sur sa performance, de façon parfois un peu exclusive. Le film tient sur un fil, et flirte constamment avec l’ennui, mais à chaque fois qu’il m’a semblé me détacher du projet, une idée séduisante, un plan intrigant sont venu relancer l’intérêt d’un film elliptique, original et intelligent, le premier qui plus est à m’avoir vraiment intéressé à son acteur principal, jusqu’alors perçu avec méfiance – sans doute à cause du lien au cinéma de Truffaut, qui ne m’a jamais plu. Ce n’est pas une merveille, mais, c’est indéniable, il y a là beaucoup de personnalité, et ça donne envie de voir d’autres titres de Bonello.
 
R comme… RIEN À PERDRE, de Steve Oedekerk (USA, 1997)
De Steve Oedekerk, nous avions beaucoup aimé ici le film KUNG POW (ENTER THE FIST), parodie hilarante (et techniquement surprenante) du cinéma d’arts martiaux, découvert un peu par hazard, le prix modique du DVD permettant de surmonter l’aversion suscitée par une jaquette hideuse. Une chance pour l’acteur-scénariste-réalisateur, puisque sa filmographie n’est pas composée que de merveilles, loin de là ; toujours est-il qu’il en a gardé à mes yeux un petit potentiel sympathique, suffisamment en tout cas pour jeter un œil à ce RIEN À PERDRE. (Attention, les amateurs de VOST ne maîtrisant pas la langue de Shakespeare noteront bien que le DVD disponible ne comporte pas de sous-titres français.)
Bon, le film montre d’emblée ses limites et son appartenance à la comédie américaine classico-classique, basée sur un sujet pas très original mais assez entraînant – Tim Robbins est braqué dans sa voiture alors qu’il vient de découvrir que sa femme le trompe, il pète les plombs et c’est lui qui kidnappe son agresseur, Martin Lawrence. Le riche blanc et le pauvre noir vont peu à peu s’entendre dans un projet de cambriolage du bureau du patron de Tim Robbins. Vous l’aurez compris, les acteurs sont une fois de plus le moteur du projet, le scénario ne brillera pas par son originalité, la mise en scène va s’installer dans un confort esthétiquement neutre et sans réel intérêt, tout juste soutenu par un rythme enlevé.
Le résultat est inégal. D’un côté, on peut apprécier la façon dont Oedekerk torpille et distord les clichés raciaux sur lesquels son film semblait au départ devoir s’engager sur un mode plus conformiste, et, il faut l’avouer, il met parfois dans le mille. Son film bénéficie en outre d’une violence sous-jacente qui n’est pas sans évoquer parfois, sur un mode mineur, le ton d’ARIZONA JUNIOR des frères Coen, et développe, en plus de quelques séquences très réussies (dont un braquage maladroit évalué par la victime elle-même), l’idée bizarre de faire se croiser le chemin du duo avec celui de deux malfaiteurs de même profil, un grand blanc et un petit noir. D’un autre côté, en plus de la fadeur de sa mise en scène, le film souffre régulièrement de fautes de goût (bande son parfois pénible) et, incontournablement (mais ça ne devrait plus être le cas), d’une morale bien formatée, bien conformiste, dans sa dernière ligne droite, ce dont on se serait bien passé. Vaut-il le détour ? C’est à vous de voir, mais je souligne que la brève apparition de Steve Oedekerk en gardien de nuit est un des passages les plus drôles du film, et qu’elle mérite bien un petit coup d’œil distrait, même si, manifestement, le réalisateur est capable de faire beaucoup mieux.
 
S comme… SUSAN A UN PLAN, de John Landis (USA, 1998)
Existe-t-il un cinéaste plus inégal que John Landis sur cette planète ? A-t-il du talent ? Comment ça, on s’en fout ? Je me souviens pour ma part d’une critique du film INNOCENT BLOOD par les Cahiers du Cinéma, surestimant et sur-interprétant en partie ce film bancal dont le versant « de guingois » était l’aspect le plus attachant. Reste que, même si sa mise en scène me laisse sceptique à peu près une fois sur deux, je prends toujours un certain plaisir à regarder ses films – tout particulièrement LE LOUP-GAROU DE LONDRES (que je préfère d’un poil au HURLEMENTS de Joe Dante, puisqu’il semble y avoir là deux écoles, voilà ma position !) et UN FAUTEUIL POUR DEUX, porté il est vrai par la performance de Jamie Lee Curtis. J’aimerais revoir un de ces quatre BLUES BROTHERS, même si c’est sa suite (que je n’ai jamais vue) qui se profile à l’horizon lointain de l’Abécédaire – je n’en attends strictement rien, ce qui est encore le meilleur moyen d’être agréablement surpris.
Bon point pour l’éditeur Action et Communication, capable du meilleur comme du pire, et qui fournit ici une belle copie en VOST, c’est toujours ça de pris. Le film est une sorte de comédie policière construite autour du personnage de Susan (excellente Nastassja Kinski), organisant le meurtre de son ex-mari pour toucher le pactole, et se distingue très vite par un mélange assez percutant d’érotisme et de violence d’une belle absence de retenue. Le film est très bien photographié par Ken Kelsch (collaborateur régulier d’Abel Ferrara) et bénéficie d’un fort joli casting aux choix improbables mais efficaces – Adrian Paul en ex-mari, Lara Flynn Boyle en idiote congénitale, ou encore Dan Aykroyd en tueur à gages incontrôlable.
Moins inoffensif que la plupart des comédies de John Landis, SUSAN A UN PLAN est une vraie comédie noire, à l’humour acerbe et parfois très cruel. On y retrouve sans surprise le manque de maîtrise de Landis, qui ose un rythme un peu fou et de très fréquentes ruptures de ton, particulièrement abruptes (recyclant d’ailleurs de façon inattendue et très spectaculaire les rêves de morts-vivants du LOUP-GAROU DE LONDRES) ; des séquences anodines peuvent subitement dégénérer dans des éclats de violence ou des excès de bizarrerie qui font toute la saveur du métrage, constamment dynamisé, voire dynamité, ce qui le rend parfois très déstabilisant ; elles font aussi toutes ses limites, la fin abrupte, notamment, soulignant douloureusement les défauts de structure d’un film à la fois audacieux et peu maîtrisé. Un ratage passionnant ? Je ne sais pas… Je suis personnellement si fatigué par l’avalanche de scripts à tiroirs qui affichent leur complexité en étendard, tout en ne prenant pas le moindre risque dans leur gestion du montage ou de la narration, que ce n’importe quoi désarçonnant et profondément instable en finit par avoir d’autant plus de charme à mes yeux.
 
T comme… TO BE OR NOT TO BE, d’Ernst Lubitsch (USA, 1942)
Lubitsch ! Je connais peu son cinéma; je n’avais vu avant TO BE OR NOT TO BE que le film LA HUITIÈME FEMME DE BARBE BLEUE, et au risque de faire hurler les puristes, je n’y avais pas trouvé grand intérêt, n’y voyant qu’un aimable vaudeville badin, un rien désuet et plutôt terne – et n’y voyez pas une allergie de principe aux comédies américaines des années 30/40, puisqu’à l’époque, j’avais adoré L’IMPOSSIBLE MONSIEUR BÉBÉ de Howard Hawks. Difficile d’enchaîner sur une nouvelle expérience avec un cinéaste m’ayant fait si piètre impression, mais il en faut toujours plus pour me décourager.
Et c’est une bonne chose car, sans pour autant me faire grimper aux rideaux, TO BE OR NOT TO BE m’a pour le coup paru très réussi et vraiment drôle. Tourné en 1941, cette comédie se déroulant à Varsovie sous l’occupation nazie a dû attendre quelques mois que les Etats-Unis rentrent dans le conflit pour être distribué, suite à la polémique du DICTATEUR de Charlie Chaplin, suivant l’idée encore aujourd’hui très ancrée selon laquelle il existe une ligne éthique séparant ce dont on peut rire et ce dont on se doit de parler avec la plus austère des commisérations – car faire de l’humour, c’est forcément se moquer, bien entendu. Ce qui n’a pas empêché le film d’être (et d’être encore) critiqué par certains pour sa légèreté. Cette controverse a bien vieilli, le film n’étant corrosif (et il l’est) que dans le cadre d’une production hollywoodienne, et dans un contexte où les Etats-Unis ignoraient en grande partie la réalité de la situation en Europe. À l’écran, l’occupant nazi est tourné en dérision dans des séquences parfois hilarantes (l’enfant et le jouet tank), mais la menace reste conventionnelle et peu percutante – quelques ruines, des arrestations, des officiers nazis quasi clownesques.
Ce qui n’empêche pas le film de traiter avec une belle vivacité et une certaine intelligence son intrigue d’espionnage, et bien sûr le cœur de son sujet, l’implication d’une troupe de comédiens célèbres tentant de neutraliser un espion. Et c’est là que le film trouve ses plus belles qualités, dans cette balance humoristique entre les enjeux dramatiques et l’ego surdimensionné des acteurs, toujours sur le point de les mettre en péril. Le film démarre sur les chapeaux de roue, et fait preuve d'une véritable énergie burlesque de sa première partie (qui frôle presque le style de Tex Avery, avec sa voix-off fiévreuse et son montage très nerveux), même s’il connaît parfois quelques tassements par la suite (je n’accroche pas beaucoup aux apartés vaudevillesques autour de la liaison entre Carole Lombard – morte dans un accident d’avion à la fin du tournage – et Robert Stack). C’est une excellente comédie, ce qui me réconcilie avec Lubitsch, sur lequel je reviendrai à l’occasion.
 
U comme… THE UNBORN, de Rodman Flender (USA, 1991)
Réputé pour la qualité effective de ses mises en scène et pour le flair dont il a toujours fait preuve pour dénicher de nouveaux talents, Roger Corman producteur aura accessoirement fait œuvre de recyclage intensif, en alignant les plagiats oscillant entre la série B estimable (PIRANHAS) et le navet plaisant (RAPTOR).
Avec THE UNBORN, on retrouve un démarcage tardif de l’intéressante série LE MONSTRE EST VIVANT de Larry Cohen, à ceci près que la mutation des bébés n’est plus le fruit de la pollution mais de manipulations génétiques. Pour le reste, les enjeux et la structure du récit sont sensiblement identiques, ce qui n’empêche pas le film de fonctionner correctement et de développer par moments un réel malaise, renforcé par quelques idées assez dérangeantes – femme enceinte paniquée se poignardant le ventre, bébé avorté clandestinement qui retrouve le chemin de la maison familiale après avoir été jeté dans une poubelle.
Si le film n’a pas la finesse d’écriture des films de Larry Cohen, il n’en est pas moins assez inventif, glissant ça et là des idées surprenantes (les incubateurs du scientifique dirigeant la clinique permettraient à l’humanité de se passer des femmes !), et sa mise en scène, plus frontale et parfois très graphique, est souvent plus percutante, le film bénéficiant d’une réalisation soignée et parfois inspirée, ce qu’annonce un très beau générique d’ouverture ; il est d’ailleurs dommage que le film ne soit disponible qu’en VF, d’autant plus que le doublage, pas fameux, gâche totalement le travail sur le son d’une séquence en particulier (celle de l’écoute d’une cassette audio). Autre atout majeur, la présence dans le rôle principal de Brooke Adams (DEAD ZONE, GAS FOOD LODGING), excellente comédienne, qui se fait rare hélas, et qui devait d’ailleurs mettre en scène la suite de THE UNBORN (THE UNBORN II ou NÉ POUR TUER selon les éditions, toutes en VF, suite elle-même très malsaine mais plus maladroite dans ses effets, et d’un comique pas toujours volontaire), avant de se fâcher avec Roger Corman, qui ne voulait pas faire le même film qu’elle. Bref, sans faire dans la dentelle, THE UNBORN est une bonne série B, avec de très bons moments (ah ! la séquence érotique dans le rocking-chair !), c’est un film pas trop idiot, très sombre et franchement agréable.
 
V comme… 28 JOURS, EN SURSIS, de Betty Thomas (USA, 2000)
Je sais, je sais, c’est un peu mon péché mignon, j’ai cette tendance à toujours faire un crochet pour jeter un œil sur les films de Sandra Bullock, ce qui, soyons honnêtes, ne m’arrive tout de même pas trop souvent, et je l’assume parfaitement, d’autant plus que ce penchant n’est pas totalement aveugle. C’est quand même bien ce qui m’a amené à visionner ce 28 JOURS, EN SURSIS qu’il ne faudrait pas confondre avec l’excellent 28 JOURS PLUS TARD de Danny Boyle, l’un comme l’autre n’ayant du reste strictement rien à voir avec le cycle menstruel.
Et il faut vraiment avoir une certaine indulgence envers Sandra pour se plonger dans cette comédie dramatique au sujet redoutable et au traitement à l’avenant. Le sujet se pose là : Sandra joue une jeune femme que son alcoolisme contraint à passer un mois en centre de désintoxication. Dans le cadre d’une bonne grosse série A avec casting trois étoiles (dont Viggo Mortensen en alcoolique secrètement épris du sitcom « Santa Cruz »), ce genre de films donne rarement de bons résultats, façon polie de dire qu’on est en général confronté à une infecte flaque de sentimentalisme moralisateur en diable. Et sans surprises, 28 JOURS, EN SURSIS est un film infect. L’équilibre entre la comédie et le drame, qui peut donner des merveilles lorsqu’un scénariste de talent se joue des transitions et de la co-habitation des deux tonalités (voir l’extraordinaire LA GARÇONNIÈRE de Billy Wilder), est bizarrement maltraité dans la plupart des cas par une alternance foncièrement mécanique où les scènes de comédie (ici une pièce de théâtre organisée par Sandra pour fêter le départ d’un autre pensionnaire) s’ensuivent de soudains psychodrames (suicide de sa compagne de chambrée), avec l’impression d’entendre littéralement le déclic scénaristique du basculement on/off – impensable en effet de faire rire de choses graves, ou de distiller de la mélancolie dans un épisode fantasque, c’est soit l’un, soit l’autre, « comme dans la vie » voudrait nous faire gober Betty Thomas : des fois c’est drôle, des fois c’est triste.
Et si les passages de comédie peuvent parfois fonctionner aimablement (surtout si l’on fait preuve, comme c’est mon cas, d’une certaine indulgence pour l’actrice principale), les séquences dramatiques sont d’une lourdeur démonstrative tout simplement écœurante, dont l’hypocrisie finit largement par l’emporter sur la tonalité de la dernière demi-heure. La réalisatrice s’essaie à entrecouper son récit de scènes où les membres de la communauté (le mot finit par être lâché) témoignent face caméra de leur souffrance et de leurs difficultés ; ça, c’est le Message, les sacs à vin vont s’identifier et les sobres vont compatir comme des bêtes. Ben voyons. Face à une vision aussi imbécile de l’alcoolisme (qui suscite des comportements très rigolos mais socialement inconvenants), on grince déjà pas mal des dents, mais la confiserie qui va suivre finit vraiment par donner l’envie de vider une bouteille. Belle illustration du manque d’honnêteté du projet, alors que la sirupeuse chanson « Lean on me », sorte d’hymne du centre de désintoxication, est épinglée par le personnage de Sandra B. comme un torrent de niaiserie mortifère, c’est pourtant bien celle qui sera choisie par la cinéaste pour accompagner le générique de fin, interprétée qui plus est par le sémillant Tom Jones, dont la capacité naturelle à transformer ce qu’il touche en sommet de vulgarité peut ulcérer (Dr Devo) ou réjouir (moi-même, sous mon jour le plus pervers). Mais avec un pareil amas de poncifs antipathiques, je jette l’éponge, j’ai mes limites, merci !
 
W comme… WALKER TEXAS RANGER, de Virgil W. Vogel (USA, 1993)
Histoire de finir cette sélection dans le désastre le plus complet, je vous propose cet épisode spécial de la redoutable série de Chuck Norris, offerte sur un plateau par l’éditeur Prism Leisure, qui a bien failli être absent de cette sélection et se fait appeler ici « Supra Vision ». « La justice, c’est lui ! », nous annonce fièrement la jaquette, avant de nous révéler la nature des ennemis auxquels le ranger Walker va être confronté : « Cruels, sur-équipés, ne reculant devant rien et surtout pas la violence, ils ont projeté des actions aussi explosives que meurtrières ! » Alléchant, non ? En réalité, le récit oppose notre héros à une bande de braqueurs de banques utilisant des cendriers en forme de mouches qui explosent à point nommé ; mais le ranger Walker est si formidable qu’il trouve tout de même le temps, entre deux règlements de comptes, de participer à des rodéos caritatifs pour venir en aide aux enfants sans abris. Quel homme, quand même…
Comme ce téléfilm est en fait le pilote de la première saison, on a droit à la mise en place de cet univers d'une richesse mesurable qui doit certainement satisfaire les fidèles de la série TV, s’il en existe : ainsi, le fidèle adjoint de Walker est assassiné, ce qui nous vaut de la part de Chuck Norris un regard-caméra empli de douleur, témoignage graphique de sa grande consternation ; il va donc falloir lui en trouver un nouveau, ce qui sera chose faite bien avant le générique de fin. Par ailleurs, on apprend d'emblée quelques informations précieuses (si, si) sur le passé du ranger, via le personnage du chef indien qui l’a élevé après la mort de ses parents : par exemple un flash back sur la mort des dits parents, qui crée un soudain parallèle avec le personnage de Batman, quel bonheur.
C’est amusant, me diriez-vous, mais ça l’est nettement moins lorsque l’on passe 90 longues minutes devant… Réalisé par un membre de la confrérie des plans basculés, le film se traîne dans un démarcage soporifique de western, et le temps passe lentement. Jusqu’à la fin du film, on se surprend à contempler les reflets sur l’écran, à penser à la liste des courses, et seule la VF vient relever l’intérêt de temps à autres, par ses élans de sagesse (« Leur devise, c’est : Une émeute Un ranger ? Je dirais plutôt : Un souvenir du Texas, Un ranger ! ») et par sa syntaxe très personnelle (« Maintenant, assez rigolé : on va voir à la vitesse où tu vas dégager ! »). Bref, encore une expérience de la durée pure.
[Partenaires... Photo du film TOP DOG, qui me fait très envie.]
 
Et c’est sur ces deux piètres métrages que s’achève mollement la seconde partie d’une sélection dominée sans surprise par INNOCENCE. À l’exception notable du très beau CHÂTEAU DANS LE CIEL, rien de véritablement incontournable pour cette fois-ci, même si le cinéphile curieux peut aller revoir ses classiques anciens (Lubitsch) ou récents (Campion) sans trop perdre son temps, découvrir un John Landis moyen mais bizarre ou se rincer l’œil avec l’estimable LE PORNOGRAPHE. Rayon Z, avec peut-être LES NOUVEAUX BARBARES, seule LA FURIE DES VAMPIRES me semble valoir la séance, et j’en profite d’ailleurs pour signaler la parution récente en DVD d’une copie du film en VOST qui ne peut pas faire de mal. Et la suite, bordel ! Elle est en cours de rédaction : à bientôt !
 
Le Marquis
 
INNOCENCE
LE CHÂTEAU DANS LE CIEL
TO BE OR NOT TO BE
LA LEÇON DE PIANO
LE PORNOGRAPHE
SUSAN A UN PLAN
À LA POURSUITE DU DIAMANT VERT
THE UNBORN
ET LA TENDRESSE ? BORDEL !…
RIEN À PERDRE
LES NOUVEAUX BARBARES
KNIGHTS
LA FURIE DES VAMPIRES
28 JOURS, EN SURSIS
Dr JEKYLL ET Mr HYDE
HALLOWEEN 5
MAD JAKE
JEUX PERVERS
LE GRAND TOURNOI
LA BELLE AU BOIS DORMANT
WALKER, TEXAS RANGER
 
Bande annonce de l’épisode 10 : conséquences d’une contrefaçon monétaire, hard-rockeuses dans une cage électrifiée, un meurtrier à la rescousse de l’humanité, un tigre dans un couvent de junkies, un inceste sadique, un môme américain abducté, un môme tibétain kidnappé, un amnésique SDF, une succube sévissant exclusivement chez les afro-américains, un flic fasciste du futur, un tueur à gages en pleine rédemption, un triangle amoureux et encore incestueux, décidément, un dresseur de chiens, une walkyrie musculeuse, l’être le plus ignoble du monde, des vampires câblés qui jouent à Matrix, une adorable grand-mère qui tricote de la chair humaine, un duo comique à la caserne, un tank incontrôlable, une femme sauvage avec des serpents en guise de cheveux.
 
Pour accéder à la première partie de cet article, cliquez ici !
 

Retrouvez d'autres articles sur d'autres films, en accédant à l'Index des Films Abordés : cliquez ici !

[Photo : d'après INNOCENCE, qu'il vous faut avoir vu. Le Marquis]

Commenter cet article

Dr Devo 06/11/2006 01:13

Que rajouter?
La technique est rompue. On pose une bombinette. Le maître de maison offre des ferreros et repond avec amabilité en expliquant pourquoi il n'est pas d'accord et ce malgré, assez souvent, l'absence d'argument. Bon. La persone est outrée et enfonce le clou en posant une mine anti-personnelle dont il est absolument vitale quelle ne reponde en rien à ce quà dit l'hôte. Ainsi l'hote, encore patient reprend tout, et repond au deuxième commentaire de l'attaquant quia donc, en fait, en refusant de repondre à son tour, à la première reponse, commencé tout seul une nouvelle discution (qu'il feindra par la suite comme étant une!). Il envoie un nouveau "skud" comme dirait rash-L qui une fois de plus demarre une autre conversation et ne rebondit pas sur les remarques du maitre de maison qui commence à ête fatogué âr qu'il met à chaque fois 20 minutes à repondre, et que le chenapan lui, il repond en deux phrases.  Puis quatrième vague, et là le malotru commence à montrer les dents. Je rapelle alos les consignes de la Maison Focale: respect, champagne, patins... Ce à quoi on repondra par une nouvelle offensive ne reprnant jamais les remarques precedentes et toujours d'une extrême violence.
Au final il y a eu cinq echanges et l'attaquant n'a jamsi ne serait-ce que repris un élément dsan les reponses que moi ou le marquis ou un lecteur lui fait.  A chaque fois une nouvelle discution commande et c'est lui, le terry-jamie qui les distribue... Alors à la fin, juste avant de lui supprimer ces commentaires aggressifs, sentant qu'il est au bord, il remet la pression et commence à reprendre nos propos (chose qu'il avait refusé de faire jusque là) pour montrer notre mauvaise fois. En bref, il inverse le fond et la forme. C'est un retheur. Il change à chqaue fois la locomotive de place et la met sur de nouveaux rails. comme je suis le deuxieme sujet du dialogue, si je continue je ne ferais que repondre, et lui n'en prendra pas compte, ignorant tous les elements de chacune de mes reponses ce qui est fort discourtois. On efface alors ses commentaitres qui génent tout le monde, et font ressembler cet endroit très fréquentable en un combat de gladiateurs! Et là, ils ressort un argument que tous les Terry de la terre (au moins ceux qu sont passés par ici) finissent par balancer: "vous êtes des fascistes" souvent mais pas tout le temps accompagné d'un "sous  des abords de super-democrates" , ce à quoi on ajoutera de temps en temps "de gauche", ce qu'a fait Terry! C'est à chaque fois la même histoire. La sortie "fasciste" porte même le nom d'un sociologue américain dont le nom m'échappe (le point de MachinBidule) et qui a bien montré les deux étapes precedents les allegations de fascisme dansles tchats et forums sur le net et comment cette allégation entérrinait la fin d'une non-conversation.
Terry, nous somems peut-être à tes yeux des sales fascistes d'extrême-gauche ou d'extrême droite, ou du centre! Ceci n'a aucune importance en fait. Nous savons que nous ne le somems pas, moi et mes camrades collaborateurs et de fait, nous n'avons rien à prouver, ni patte blanche à montrer. Je remarque que tes remarques tu les faits sous le sceaux de l'anonymat, là aussi trait récurrent de ce genre d'affaire. Je me souviens d la vive polémique qui avait traversé ce site à l'occasion de la sortie du MILLION DOLLAR BABY de Eastwood, film dont je disais qu'il était CINEMATOGRAPHIQUEMENT un peu réactionnaire! (ce qui d'ailleurs ets le cas de la plupart des films). Le tollé a été général et ça a été une belle empoignade! Une lectrice n'était pas du tout d'accord. Malgré le fait qu'elle n'était pas crtique pour deux sous, même du dimanche, elle a courageusement accepté denous envoyé sa critique que nous avons publié intégralement. Tu remarquera ici  qu'il y a une rubrique courrier des lecteurs. Voici ce que je propose. Si tu le souhaites, Terry, envoie un texte argumentés bien sûr, quie xplique pourquoi Truffaut te parait être un cinéaste tout à fait majeur. on le publiera. tu peux faire la longueur que tu veux. Mais attention, ton article ne parlera que de Truffaut, ok? On ne revient pas alors sur la polémique qui agite ces commentaires. J'espère que l'exercice te araitra amusant. Mais peut-être tu jugeras cela salissant et indigne. Ou alors un perte de temps (ce que je peux comprendre). En tout cas la balle est dans ton camp.
Ou alors plus rapide et plus simple, à une autre occasion, viens balancer des commentaires, mais sur le mode argumentatif et tu verras ça passera comme une letre à la poste! (Ca me fait rire parce que Tournevis qui ecrit sur ce site est un grand admirateur de Truffaut! Il est bien le seul ou presque d'ailleurs, et pourtant ça ne dérange personne et sur bien des films nous avons des choses en commun lui et moi, et au final plus d choses qui nous rapprochent que le contraire! Par contre, je regrettte n'avoir pas pris le temps d'expliquer ici combien je trouve le travail de Lelouch bien plus intéressant que celuide  Truffaut, même si le Lelouch a aussi signé des bouses inomables à mes yeux!).
Une dernière remarque pur les autres. le mot a été lâché assez tôt! Le problème est la méconnaissance de la Littérature ou/et du Littéraire! Nous y voilà! ce qui m'étonne toujours c'est de constater comme les défenseurs de la littéarture au cinéma et irriguant le cinéma sont "touchy touchy" (un peu chatouilleux) quand onose écrire le contraire alors qu'ils sont très largement majoritaires, et que les cinéphiles/cinéastes littérateurs sont largement à la tête des affaires en France! Il suffit de suivre un staeg d'analyse fimique dans un ciné-club ou de voir une table-ronde pour voir qu'on largement discuter en détaild ecinéma en ne s'appuyant que sur la littérature oumieux en ne s'appuyant  jamais sur un seul exemple qu'on trouverait dans la mise en scène des films abordés! On se contente en génral de relevait la eprtinence des métaphores verbales ou thématiques, des "réseaux léxicaux", du film! [Ce qui soutiendrait la thèse qu'un film cohérent est un bon film, ce qui est bougrement discutable). Enfin rappelons à ceux qui attraperait des boutons à la lecture de ce site que notre but n'est absolument pasla conquêt du monde et l'asservissement des masses enfin dédiées à nous géniales idées (quoique...), et que au lieu de jouer avec sa santé ou se provoquer des ulcères, mieux vat encore éviter, si jamais c'est tellement insuppportable, la lecture du site. Ca me fendrait le coeur de penser que ma reflexion soit la nouvelle peste du XXIéme mais bon, je sirvivrais je ferais mon deuil, et puis la vie reprendra son cours.
Comme disait Johnny, tout cela je le fais par amour... pour vous! (Allez, hop, un peu de trottoir!)
Bisous à tous en tout cas. Barbus les bisous, bien sûr.
 
Dr Devo.

Le Marquis 05/11/2006 16:55

Ah, tiens, rebelote. Vous avez remarqué, parfois, il faut tirer la chasse plusieurs fois quand ça flotte.

Le Marquis 05/11/2006 15:44

Suppression d'un nouveau commentaire du fan de Truffaut, qui se dit victime du fascisme et soulagé que je ne sois pas au pouvoir - sinon, ce serait Fahrenheit (et non pas "Farenheit", terrynounichet). C'est curieux, je croyais les admirateurs de Truffaut plus raffinés, je me fais même traiter de "gnome sinistre" ! On devine la bave aux lèvres enragées, prend garde minou, je vais finir par laisser un commentaire en place, si tu tiens à ce point à te couvrir de ridicule.
Quant à me justifier sur la décision de supprimer tes interventions, ne compte pas sur moi, les raisons en ont d'ailleurs clairement été données ci-dessus, et puis, tu sais, tant qu'il y aura des gnomes...

Le Marquis 05/11/2006 14:26

Supression de trois commentaires du petit Terry originellement situés entre les commentaires 36 et 37. Terry est très en colère, et le montre en nous balançant (deux fois de suite ?) une définition piochée dans le dictionnaire - il devrait donc s'en servir pour corriger son orthographe. Mais attention ! Terry reviendra, car il a dit-il 1000 adresses IP, alors tremblez souriceaux, tremblez - en plus, si ça se trouve, son grand frère est plus fort que le mien, brrrr !
Dr Orloff, c'est vrai que Truffaut a défendu la mise en scène contre le scénario et la "qualité française" sur laquelle il ironisait aux Cahiers ; mais je trouve que son discours est un peu resté lettre morte, et que ses films ont fini par ressembler comme deux gouttes d'eau à ce qu'il dénonçait. Je perçois les intentions dans ce que j'ai vu de lui, mais sa réalisation me paraît vraiment faible, dans le meilleur des cas. Mais bon, je ne vais pas m'enliser dans une logorrhée (mmm, pratique, ce nouveau mot, scrunch-scrunch), je vous souhaite à tous un bon dix-manches.

Bernard RAPP 05/11/2006 13:42

Docteur, comme le disent Docteur et Marquis, on peut tout dire à partir du moment où on met les patins, ce que vous faites. Et puis que l'on aime ou que l'on aime pas celui-ci ou celui-là, n'est pas le problème. Le problème c'est de savoir ou du moins de sentir pourquoi. Vous argumentez, c'est super.

En définitive il y a plusieurs (innombrables) façons d'aimer tel ou tel. Donc on ne partage pas forcément cet amour là, si les raisons, les motifs sont antagonistes. Il peut sans doute parfois se faire que l'on ait plus à partager avec quelqu'un de l'avis contraire, dont l'argumentaire concerne des préoccuoations du même ordre, même si ses conclusions divergent radicalement.

C'est l'effet dit Bordeaux-Chesnel