FITZCARRALDO de Werner Herzog (Allemagne-1982): Herzog: 1 - Grippe A: 0

Publié le par L'Ultime Saut Quantique







[Photo: "Intense Réflexion au C.N.C" par Mek-Ouyes.]







Avertissement : Article à lire à toute vitesse.

 

 

M: Salut les Kid’s, salut Jùan, nous sommes réunis ce soir pour assister à la projection du film FITZCARRALDO, Fitzcarraldo étant le diminutif de Brian Sweeney Fitzgerald qu’interprète Klaus Kinski dans une mise en scène de Werner Herzog…

 

J: Tout à fait Mikélé, et c’est donc la RFA qui est à l’honneur ce soirrrr’ avec Herzog. Rappelez-vous,  nous avions parlé il y a peu de GRIZZLY MAN dont nous avions dit le plus grand bien et ce soirrrr’ nous nous attaquons à un des films phare du réalisateur, n’est ce pas…

 

M: Et voilà que le film démarre et nous sommes parti pour 150 min de métrage. Ça commence fort et on peut d’ores et déjà affirmer que si les Germains n’étaient pas là…

 

J: Tout à fait Mikélé, Herzog enchaîne les plans avec une rigueur toute teutonne et un certain bon goût. Il fait très vite surgir dans son montage la figure excentrique et déluré de son "héros" interprété par Kinski.

 

M: Impressionnant, Kinski/Fitzcarraldo vient de parcourir, dans un exploit hallucinant, 2000 Km à la rame accompagné d’une Claudia Cardinale quand même moins bonne que dans son jeune temps.

 

J: Comme vous y allez Mikélé, parlez pour vous, je parie que bon nombre de lecteurs la trouverons très bien conservée et à raison… Mais dites-moi Mikélé, ça m’a l’air de patater pas mal.

 

M: En effet ça patate, et rien d’étonnant à cela quand on connait le Kinski. Toujours très intéressant à voir car autant sait-il en faire des caisses, sans que ça soit écœurant par ailleurs, autant sait-il se retenir quand c’est nécessaire… Il est bon et c’est la grande classe germanique en action, Jùan…

 

J: Alors Kinski après ses 2000 km à la rame montre ses mains ensanglantées au videur qui le laisse finalement entrer dans la salle d’opéra pour lequel il a parcouru l’amazone. Et c’est le moment je crois Mikélé d’en dévoiler un peu plus sur ce métrage pour nos chers lecteurs qui n’ont pas de retour vidéo, ni de retour son, n’est-ce pas…

 

M: Alors oui Fitzcarraldo est un fanatique d’opéra et son rêve serai d’en bâtir un au beau milieu de la forêt amazonienne, n’est ce pas… Pari fou et infaisable s’il en est. Mais tout cela bien sûr représente un coût certain que Fitzy ne peut se permettre puisqu’il a récemment fait faillite…

 

J: Je poursuis. Il cherche donc à se faire un max de blé auprès des nababs de l’industrie du caoutchouc en Amérique du Sud et décide finalement d’aller exploiter un terrain inatteignable et hostile puisqu’il regorge de "culs-nus" réducteurs de tête.

 

M: Tout à fait,  des indiens surnommé ainsi par les  "blancs" en effet… Alors ne nous trompons pas sur la marchandise, tout auteur qu’il est ( Herzog réalise et signe le très bon scénario du film) on ne se touche pas le kiki et on ne fait pas de chichis auteurisants. FITZCARRALDO est un pur film d’aventure avec tous les ingrédients que cela comporte…

 

J: Alors donnez nous un peu l’eau à la bouche…

 

M: FITZCARRALDO a ça d’intéressant qu’il est assez imprévisible, à l’image du personnage et prend des directions que l’on n’attend pas forcément, n’est ce pas.

 

 

J: Alors l’opéra est au cœur du film…

 

M: On peut le dire oui, et à défaut d’en bâtir les murs (qui ne verrons, vous le comprendrez très vite, jamais le jour) on pourrait dire néanmoins que Fitzy est en train d’écrire un grand opéra tragique dont il est le héros…

 

J: Alors je ne suis pas un fin connaisseur d’opéra, mais la chose s’apprécie nettement ici et tout particulièrement le fait de télescoper cet univers lyrique et fantaisiste avec la réalité sauvage des indiens d’Amazone…

 

M: En effet, le film repose beaucoup sur cette association entre la civilisation indienne et la passion de Fitzcarraldo, et c’est ce qui donnera lieu aux séquences les plus belles et les plus tendues du film… Notamment lorsque l’enregistrement craquelant de la partition d’opéra répond aux tambours battants des indiens… C’est très beau et fait sans maniérisme !

 

J: Traitement intéressant des indiens aussi qui ne sont ni les bon sauvages ni de poisseux cannibales holocaustiens… Ils sont très longtemps en hors-champs comme une menace grandissante (dans ces moments, le son joue d'ailleurs beaucoup et la tension est grande) et quand ils apparaissent enfin nous sommes dans un entre-deux où tout est possible et où ils se révèlent aussi imprévisible que Fitzcarraldo.

 

M: On peut dire quelques mots de Popol Vuh…

 

J: Et bien oui, le groupe signe je dirai la troisième partition musicale, qu’on qualifiera de New-Age si vous le voulez bien, en décalage avec l’opéra et les percussions des indiens, qui donne au film son ambiance apaisante malgré le fort tôt de stress qui règne dans cette expédition quasiment voué à l’échec depuis le départ. Au final le rythme du film est assez lent mais pas ennuyeux pour autant, là on peut remercier les talents du monteur.

 

M: Le film se termine… Peut-on dire après ces 150 minutes de métrage que le contrat cinématographique est rempli ?

 

J: Et bien Mikélé je pense que Herzog s’en est une nouvelle fois très bien sorti, on ne s’est pas fait chier malgré la durée du film, donc oui le contrat cinématographique est largement rempli et nous pouvons inviter les lecteurs à s’en délecter. A vous les studios.

 

Et bien merci, c’était Jùan et Mikélé en direct de la projection du film Fitzcarraldo de Werner Herzog au Stade de France. Bonsoir. 


L'Ultime Saut Quantique.







Publié dans Corpus Analogia

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