LITTLE MISS SUNSHINE, de Valerie Faris et Jonathan Dayton (USA-2006) : Danse de Mort, pensées magiques et cercles de Celsa...

Publié le par Mr Mort

Photo : "Paranoiac critic of uncommon wisdom
(je suis plus punk que vous tous réunis) "
par Dr Devo.



Bon, rincez vous l'œil, et bien, parce que ça n'arrivera pas deux fois : le docteur ayant décidé qu'il était au bord d'envoyer tout balader (donc le site, les revues, les invitation à droite et à gauche, etc.), ou en tout cas, vu qu'il feint que ce soit le cas, je viens ici passer quelques messages personnels de sa part, entre autres.
Pour ceux qui ont un site, si vous voulez que les lecteurs de Matière Focale lisent un de vos articles, s'il vous plaît, ne les recopiez pas en entier ou au 3/4 dans les commentaires ! Faites un lien, ou mieux, faites un trackback, opération simple qui est justement faite pour ça. Ceux qui veulent proposer des articles, par ailleurs, peuvent le faire, on appelle ça la rubrique "courrier des lecteurs". Il suffit d'envoyer ça au Docteur.

Deuxièmement, voici un message personnel pour Invisible, qui comprendra. "Nouvelle brioche dans le four, la pâte ne demande qu'à lever, voici.
I AIN'T GO (NO WORKING NO MORE). Un jeune réalisateur dont le nouveau projet de film est rejeté par la commission d'avance sur recettes du CNC (c'est déjà le 20e projet proposé) décide de tout abandonner et de se mettre à la recherche de l'actrice Mary Lynn Rajskub. Arrivé sur le sol américain, il loue une voiture pour traverser le pays, car c'est moins cher. Il se fait accoster par un nain qui travaille dans le vidéo-art et qui part se recueillir sur la tombe de Hervé Villechaize, dans un cimetière au Nord-Hollywood. Malgré cette encombrante compagnie, notre héros continue son chemin. Les deux compagnons de route finissent par tomber sur la serveuse d'un petit restaurant, qui ignore qu'elle est le sosie presque parfait de l'actrice Tilda Swinton. Elle hésite à faire elle aussi le voyage..."
Bon, oui, ben comprend qui peut alors ! Et le prochain morceau est dédié à Tata Jeannette pour son trente-troisième anniversaire de mariage !

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Bon. Passons aux choses sérieuses...

Cinémort, te voilà partout. Un coup crispante, un coup salvatrice, bien souvent on ne sait plus où donner de la tête. On a même l'impression que certains films, comme récemment TAXIDERMIE, chose hongroise, sont totalement tendance raccord avec Cinémort, mais non, méfions-nous des imitations. Dire avec force qu'on en est, et en même temps vouloir à tout prix qu'on t'aime, voilà qui n'est pas du tout Cinémort.

A contrario, LITTLE MISS SUNSHINE de Jonathan Dayton et Valerie Faris vaut le détour de rien, en quelque sorte. Petite volonté toujours un peu ignoble d'être aimé là aussi ; mais ici, c'est le faisant qui gagne, noble animal.
Alors que Greg Kinear, tout à fait capable, semble encore payer le tribut à l'Hemingwayisme qui frappe les USA en tous temps et en tous lieux (à savoir, le destin glorieux d'un américain est toujours la preuve qu'il a raté, car il n'y a pas de second acte dans la vie d'un américain, mais en même temps, on aimerait bien..., etc., etc. Vous voyez le genre ?), les autres se vautrent dans le sous-scénario. Pas de mise en scène, rassurons-nous. Pas de lumière et quasiment pas de montage. Scénario très prévisible, etc. Bref. Pourtant, le film est tout à fait formidable, sans atteindre le beau niveau de IN HER SHOES, bien sûr. Pourquoi ?

Petit Hun (ça faisait longtemps !), la présence de Steve Carell, du fameux 40 ANS, TOUJOURS PUCEAU, d'abord croquignolet et même dans l'ultra-splendouille en pédésexuel raté (la barbe, on n'y croit pas, et ses amants encore moins). Ensuite, il va mieux, sans faire d'étincelles.
Non le principal intérêt, c'est la présence de Toni Collette, grande actrice, immense dans tout, même les petits étrons comme ici. Magnifique, même habillée en sac. Resplendissante et radieuse malgré la coupe de cheveux ratée ici. Et malgré le douteux aréopage qui l'entoure (Alan Arkin pas mal, mais grand-père sniffou, ça fait beaucoup, non ?). De loin la plus belle femme du monde.

Deuxième intérêt, la petite fille : Abigail Breslin. Virez toutes ses scènes, sauf sa première crise de larmes. Là où le film est jusqu'ici complètement convenu, tout d'un coup, un vrai truc se passe, en plan séquence et sans qu'on sente pourtant la captation laborieuse. C'est un vrai moment expérimental. [On ne sent pas la captation, car le plan est privé du contrechamp où l’on voit l'horreur ignoble de ce qu’a dit le réalisateur à la petite actrice, et ça ne devait pas être joli-joli...] Puis, le film redevient ternasse. Sauf l'utilisation du carnet, dans l'hôpital. Puis plus rien. Sauf que pour le bouquet final, bien trop prévisible et sans âme, les deux réalisateurs font quelque chose de sublime : du montage ! Et quel parti-pris ! Tout à coup, sans rien dire (et en montant très mal), ils font sans doute ce qui est, pour cette année, le plus audacieux choix de montage du siècle pour un film populaire américain : ils décident de laisser la chanson (SUPERFREAK en plus, que c'est vulgaire ! S'ils avaient eu des sous, c'était Tom Jones) en entier. Cinq minutes entières, une éternité ! Ça n'en finit plus. Les personnages, comme les acteurs, ne savent plus quoi faire. Sauf la petite fille. Tout ça, c'est pour elle, preuve que le scénariste l'aime. Les réalisateurs, eux, ne détournent pas le regard. 300 secondes de solitude, et surtout d'arrêt du film. La seule faute de goût du film est donc de ne pas remontrer la scène pendant le générique. On sort en ayant bien compris qu'en deux scènes, la petite fille avait été en état de grâce. Et dans la rue, en allumant une cigarette à l'eucalyptus (c'est tellement tendance), on se disait que oui, mais oui, la grâce, forcément, comment ne l'avais-je pas vu : la gamine portait les lunettes de Nana Mouskouri !

Le cinéma, la cinémort, ça tient à peu. Le nez au milieu de la figure. La grâce pareil... Maintenant, choisis ton camp. "L'artiste a le droit d'être un salaud, mais le spectateur, sûrement pas". Décidément, un film n'est ni un objet, ni un brevet d'invention. Le cosmos tient dans une paire de lunettes. Il faudra relire les polémiques de ces derniers jours à cette lumière. Et les prochaines !

En attendant, choisis ton camp !
 
Mr Mort
 
 
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Publié dans Cinémort

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Isaac Allendo 09/09/2006 20:43

Tiens je vais écrire un message au courier des lecteurs, je suis sûr qu'il a besoin de relations intimes !