LES AVENTURES GALANTES DE ZORRO de William Russel (Espagne-Mexique-Italie-France-Belgique 1972) : le cinéma de Ahhh à Zzzzzz !

Publié le par Docteur Devo

(photo : "Perfect World" par Dr Devo d'après une photo du film LES AVENTURES GALANTES DE ZORRO)

 

Chères Mesdames, Chers Messieurs,
 
Que faire ce dimanche après le vote ? Que faire le dimanche ? Que faire ? Quoi ?
 
Pour tous ceux que la vie intrigue, mais qui n'ont pas encore renoncé à se l'expliquer, on ne saurait que trop conseiller la chose suivante : aller dans une brocante ou une trocante, inspecter le rayon des vieilles VHS et des DVD bon marché, et acheter LES AVENTURES GALANTES DE ZORRO de William Russel, film hispano-mexicano-franco-italo-belge de 1972, dont Georges Sadoul notait dans son célèbrissime DICTIONNAIRE DU CINEMA : "Pas question que je gâche une seule ligne d'encre sur ce film, d'ailleurs il n'existe pas, car j'en ai décidé ainsi". L'Histoire du Cinéma, malheureusement et une fois de plus, a suivi le conseil de ce bon vieux Georges, et a mis à la trappe de l'Oubli le film de William Russel, et une fois que cela fut fait, lança quelques grenades dessus pour être bien sûr qu'il serait mort et qu'on n'en parlerait plus jamais. Mais quelques années plus tard, il y a ce beau site, Matière Focale, justicier même pas masqué de tous les cinémas (il y a un mois, article sur LE MIROIR de Tarkovski, un peu avant article sur CHRONIQUE D’ANNA MAGDALENA BACH de Jean-Marie Straub, et hier, article sur LE COUTEAU SOUS LA GORGE, incunable film avec Brigitte Lahaie). Ici, on répare toutes les injustices du Temps et tous les bobos de l'Histoire. Les gros et les petits. Quel autre site peut vous proposer une critique exhaustive des ces AVENTURES GALANTES DE ZORRO, et consacrer un article à Renoir ? Matière Focale ! Il n'y a qu'un site qui fait ça au monde, et c'est ici, et tout ça, c'est pour vous et rien que pour vous que je le fais. Vous et rien d'autre. Le seul "journaliste" de cinéma qui prend soin de vous, c'est moi (et mes collaborateurs : le Marquis et Tournevis).
 
Je parlais donc hier du COUTEAU SOUS LA GORGE  de Claude Mulot (joli nom), avec Brigitte Lahaie qu'on adore. Je vous disais que j'avais vu le film avec le Marquis, au profit de quelques jours de vacances dans le pays qui est le mien, quelque part à l'Ouest de l'Europe. Dans la même soirée, nous enchaînâmes avec ces improbables AVENTURES GALANTES DE ZORRO dont la relativement classieuse jaquette ne promettait que le meilleur par ce joli sous-slogan (vous savez, le sous-slogan, c'est la petite phrase sous le titre pour vendre le film ; un jour, on consacrera un article aux sous-slogans (ou "accroches"), car c'est un monde fascinant) : "Avec Jean-Michel Dhermay et des tas de jolies filles !" Voilà une splendouillette et absurde accroche. Pendant que je fumais classieusement une cigarette menthol extra-longue importée d'Angleterre, avec une lenteur posée pour ne rien laisser soupçonner au Marquis, affichant ainsi une apparente décontraction toute flegmatique, dans mon cerveau, c'était la grosse panique, me disant, ha ! oui, Jean-Michel Dhermay, oui, bien sûr, voyons...  je l'ai sûrement déjà vu dans... ha ! zut ! ça m’échappe, etc. Ben oui, Jean-Michel Dhermay, quel argument de vente ! Il est presque absolument inconnu. Acteur du célèbre LACHEZ LES CHIENNES ! (les mails d'insultes sont à envoyer à : DrDevo at matierefocale.com) de Bernard Launois (1972, la même année que ce ...ZORRO), de PIGALLE – CARREFOUR DES ILLUSIONS  de Pierre Chevalier l'année suivante, et du célèbre et véridique SERRE-MOI CONTRE TOI J'AI BESOIN DE TENDRESSE de Jean Lévitte (Oh non ! Formidable !), film également connu en France sous le titre sublimissime, complètement véridique et absolument ininventable : AVEC QUOI SOULEVES-TU L'EDREDON ? Il termine sa carrière avec le rare LA PENSION DES SURDOUES de Pierre Chevalier en 1980. Une carrière assez courte mais très riche : 19 films entre 1972 et 1980. Mais attention, ne vous moquez pas du bonhomme. On l'a vu aussi dans LA BANDE A BONNOT en 1969, aux côtés de Jacques Brel et d’Annie Girardot, dans le très sérieux L'ÉTRANGLEUR de Paul Vecchiali, et surtout dans LE CHARME DISCRET DE LA BOURGEOISIE et LE FANTÔME DE LA LIBERTE, les deux chefs-d’œuvre de Luis Buñuel !!
Alors, on se moque moins, hein ? C'est facile de se gausser, hein ? Enfin, on l'aura compris, l'accroche sur la jaquette des AVENTURES GALANTES DE ZORRO n'a qu'un seul but : rameuter en masse les fans hardcore du génial Buñuel ! Je trouvais le slogan débile et racoleur, mais en fait, c'est un slogan art et essai ! Pour tous ceux qui ne sont pas spécialistes du cinéma érotique franco-italien des années 1972-1980, et ceux qui ne connaissent pas par cœur le nom des tous les acteurs qui apparaissent dans les génériques des films de Buñuel, ce qui est mon cas, dans les deux cas, "avec Jean-Michel Dhermay et plein de jolies filles" est le slogan le plus absurde jamais apposé à un produit qu'on essaie de vendre !
 
Quelques minutes après avoir vu la jaquette de ce film, le Marquis me montrait celle d'un autre DVD acheté au prix de 1,50 euros, dont l'accroche disait : "Quand l'angoisse finit, la terreur commence !" C'est pas mal non plus. Mais revenons à nos moutons...
 
Il est assez difficile de résumer LES AVENTURES GALANTES DE ZORRO, surtout près de 36 heures après son visionnage, mais je vais quand même essayer. Comme tout bon Zorro qui se respecte, la historia se passa en California. [Une parenthèse (ce sont des crochets, chef. NdC) pour dire que ceux qui m'ont déjà entendu parler de ma théorie "chez nous en Amérique" ne vont pas être décus. J'y reviens.] Nous sommes au XIXème siècle. A la derecha puedemos ver une jeune fille. Elle s'appelle Virginie. Jeune et jolie fille de bonne famille, elle va se marier avec le Gouverneur peut-être, je ne sais plus trop... Est-ce que c'est dit ? Bref, elle va se marier, et donc arrive en Californie, si bien chantée jadis par le poète, en calèche, accompagnée par sa gouvernante, une dame d'une cinquantaine d'années qui la chaperonne et qui a un prénom complètement absurde dont je serais bien incapable de me rappeler. Sur le chemin, la calèche est arrêtée par des bandits de grand chemin. Ça commence à sentir le roussi, et la longue marche à pieds à cinquante degrés à l'ombre dans les déserts californiens où il fait très froid la nuit, quand tout à coup, venu de nulle part, un fringuant cavalier surgit en plein jour. Il est masqué, il a un superbe cheval noir comme son costume, et en moins de temps qu'il n'en faut pour explorer la filmographie d'un Jean-Michel Dhermay sur Imdb.com, le bel inconnu met en déroute ces affreux mexicains avides de biens matériels. Virginie, qui a reçu une éducation impeccable et pleine de la candeur qui sied à son âge, dit à l'inconnu masqué que, merci beaucoup de nous avoir sauvées, voici mon collier de diams’ qui vous paiera de vos efforts, et que si vous voulez, il y a sur le toit de la diligence une mallette pleine de bijoux, c'est bon mangez-en et servez-vous. Bon prince, le mystérieux justicier, dont le sourire affiché est d'une vitalité qui fait plaisir à voir, décline la proposition et dit :"Ne vous inquiétez pas, ma chère Demoiselle, ma récompense, je l'ai déjà eue, et au centuple", et il la regarde droit dans les yeux. Il repart sur son beau destrier. La classe. Selon toute vraisemblance, c'est le célèbre Zorro.
Scène suivante. Une vieille dame grosse et laide, et visiblement ne possédant pas toute ses facultés, déambule en disant (quasiment à la caméra) : "Vous n'avez pas vu mon Zorro ? Je cherche Zorro !".
Scène suivante. Virginie arrive chez le Gouverneur, son hôte. On s'échange des politesses, venez, je vais vous montrer vos appartements, etc.
Scène suivante. Virginie, au petit matin, va se balader dans les magnifiques alentours de la résidence du gouverneur, pour une petite promenade matutinale de bon aloi. Elle trompe malicieusement la vigilance de sa chaperonne, et au détour d'un arbre apparaît Zorro, toujours fringuant, et visiblement les deux avaient rendez-vous. S’ensuit un petit dialogue splendouillet et sans intérêt, si ce n'est qu'on apprend que les deux tourtereaux se voient déjà depuis plusieurs jours ("Vous n'êtes pas venu hier", dit-elle), ce qui est absolument étonnant, car la scène d'avant, elle arrivait tout juste en Californie ! Ben ouais, c'est comme ça, c'est de l'ellipse et c'est de la brutale ! Ce sera ici la première "dis-cohérence" d'un film absolument improbable, dont la narration échappe à toute logique et toute description.
Vous pouvez oublier Virginie, on ne la verra plus du tout du film (sauf une apparition à la fin), malgré le fait qu'on a passé dix bonnes minutes à introduire son personnage. [Façon de parler. NdC]Au suivant !
Une vieille dame grosse et laide, et visiblement ne possédant pas toute ses facultés, déambule en disant (quasiment à la caméra) : "Vous n'avez pas vu Zorro ? Je cherche mon Zorro !".
C'est dans une auberge, genre la Cantina del Boracho, ou l'auberge della cappela negra. Une serveuse sublime (voir photo) sert à boire à des soldats du gouverneur, en goguette. Ils boivent énormément et de temps en temps maltraitent, en rigolant bruyamment, un natif d'origine mexicaine. La serveuse s'approche et les soldats imbibés lui réclament une chanson. Qu'à cela ne tienne, la serveuse, qui sait ce qu'elle veut, se met à chanter, et c'est le début d'un curieux montage parallèle. Car dans une chambre, à l'étage, qui est là ? Zorro ! Et il est très occupé à honorer une dame brune, de cette manière splendouillette et érotico-soft propre aux productions françaises ou italiennes de l'époque. Déshabillage, embrassage et surtout caressage, les deux amants, nus (enfin surtout Madame, car on va s'apercevoir que Zorro, ou l'acteur qui joue Zorro, a bien du mal à faire glisser son pantalon noir super serré, et au final, il ne dévoilera qu'une demi-fesse, le pantalon restant désespérément indécoinçable). Et ça s'embrasse, et ça rigole, et ça fait des ha ! et des ho !  Mais on appelle Madame pour servir en bas, et elle doit partir. Ça n'entame pas le sourire de Zorro, qui a une drôle de tête sans son masque (en fait c'est Jean-Michel Dhermay, le Troy McClure français). Madame sort et va servir quelques cervoises bien tièdes à des soldats qui ont de plus en plus de mal à faire honneur au langage articulé qui les distinguent du petit gorillon des pampas, le singe le plus répandu dans la région. Pendant ce temps-là, Zorro sourit, seul dans sa chambre à l'étage. C'est à ce moment là que passe la femme de chambre, visiblement d'origine philippine. Zorro a remis son pantalon, mais il est quand même torse nu, ce qui fait rougir la servante. Mais leur timidité ne dure qu'un temps, et Cupidon sait rapprocher le cœur des timides. Zorro décide d'honorer la bonne sur le champ, tandis que cette dernière, bonne âme, n'en demandait pas temps et cède facilement sous les caresses de son amant expert. Caresses, baisers, déshabillage, mains timides qui de temps en temps effleurent une paire de fesses, et des ha ! et des ho ! encore, one more time.
Ça barde pendant ce temps au rez-de-chaussée de l'auberge. Les soldats sont ronds comme des queues de pelles, et des paysans muchachos du cru ont le malheur de se plaindre aux soldats, incarnations musclées de la politique extra-dure du Gouverneur. Une bataille commence dans l'auberge, mais après que la belle servante ait chanté sa belle chanson d'amour, en entier et avec mariachis, bataille dans laquelle le "peone" leader de la mutinerie sera sévèrement ridiculisé.
De son côté, à l'étage, la petite servante donne tout son amour, et bien volontiers, à Zorro assis sur un fauteuil-Emmanuelle. "Ho", soupire-t-elle. Zorro sans son masque a décidément une drôle de tête. Il est joué par le célèbre acteur buñuelien Jean-Michel Dhermay. C'est classe.
En bas, les petits paysans natifs à la peau bronzée par le travail au soleil sont en train de prendre une sévère raclée. Ça barde. Les mariachis craignent pour leurs instruments et rangent leur guitare dans les étuis.
Au 1er, Zorro remet sa chemise. La petite servante affiche un sourire béat, un peu comme si elle avait appris que demain, on passait à l'heure d'hiver et qu'on gagnait une heure de sommeil. "Ce petit repos de l'âme n'a pas de prix", dit-elle, ou du moins pense-t-elle assez ostensiblement. Zorro, lui, pense à raison, au plus profond de lui-même, qu'il ne va sans doute pas devoir payer sa nuit d'hôtel, et que dans 15 minutes, on l'attend sur le plateau du CHARME DISCRET DE LA BOURGEOISIE, il est temps qu'il se dépêche.
En bas, dans la salle de l'auberge, les moqueries et les coups pleuvent comme la misère sur le pauvre monde. L'alcool, s'il décuple les coups des soldats, n'est d'aucune aide au dos des pauvres paysans qui sont en train de se manger une raclée sévère. Les jeux de mots des soldats sont de plus en plus lamentables, et ça sent le bouquet final pour les paysans. Hola ! Que tal ? Una cerveza por favor ! Chiquitita, tell me what’s wrong ! C'est à ce moment là que ZORRO surgit de nulle part et d'une porte, et arrive au rez-de-chaussée de l'auberge, ça va barder. Une bataille assez logique s'ensuit, dans laquelle le vengeur masqué, armé d'un fouet et d'une épée, venge l'honneur de l'agriculteur local. En deux temps trois mouvements, c'est plié, Zorro met en déroute les soldats et a même le temps de leur faire la leçon.
 Scène suivante. Une vieille dame grosse et laide, et visiblement ne possédant pas toute ses facultés, déambule en disant (quasiment à la caméra) : "Vous n'avez pas vu mon Zorro ? Je cherche Zorro !".
Etc, etc, etc. Pendant 85 minutes.
 
Ce beau film de William Russel enchaîne les scènes de films de Zorro et les scènes érotico-super-soft-mais-à-oilpé quand même, dans une joyeuse farandole dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle fait plaisir à voir. Le parti pris du film est donc ambitieux. D'abord, faire du softcore avec Zorro donc, et de deux, rendre pourtant compte de la terrible oppression du gouvernement U.S sur les populations natives et pauvres. Dans une sorte d'utopie politique et poétique, comme dirait Georges Sadoul qui, dans son fameusement célèbre DICTIONNAIRE DU CINEMA, disait de Jean-Michel Dhermay (acteur ayant donc joué dans des films de Buñuel, voire d'autres films non-mexicains) : "Ce type n'existe pas ! D’ailleurs, ses films n'existent pas et le cinéma non plus ! Laissez-moi tranquille et ramenez-moi dans ma chambre", comme disait Sadoul donc, LES AVENTURES GALANTES DE ZORRO mêle le récit politique et la romance dans une même utopie qui verrait non seulement le héros hollywoodien entièrement au service des pauvres et du peuple, certes, comme dans la version de Disney, mais où le peuple aussi participerait à sa libération en aidant Zorro, et en préparant des actions avec lui. C'est beau, des hommes qui s'entraident. Les femmes, elles, récompensent Zorro.
 
Bon, il faut amener quelques précisions. Ce film est donc réalisé par William Russel, cinéaste qui n'a aucune parenté avec Ken Russell, le fabuleux cinéaste anglais du film LES DIABLES (un des plus beaux films du monde), et pour cause : William Russel n'existe pas. C'est un honteux pseudo derrière lequel se cachent Gilbert Roussel et le cinéaste italien Bruno Mattei, l'homme aux mille pseudos qui, depuis 1970, a réalisé 47 films, tous plus fauchés les uns que les autres, dont le cultissime LES RATS DE MANHATTAN, film dans lequel Manhattan est envahie par des rats voraces, et dans lequel on doit voir, au grand maximum, euh... une dizaine de rats dans tout le métrage ! Je n'ai toujours pas vu ce film ! C’est pas juste.
Par contre, de Bruno Mattei, j'ai vu VIRUS CANNIBALE (réalisé sous le pseudo Vincent Dawn, c'est plus chic), où l’on combat les zombies mutants nucléaires en s'habillant en tutu vert (véridique). [Le film est d'ailleurs, et très curieusement, très bien cadré !] Vu aussi le célèbre ROBOWAR, avec l'improbable Reb Brown dans le rôle principal, acteur sublime qui aurait aussi fait malheur dans le domaine de la Boucherie-Charcuterie. Le film est un croisement osé entre PREDATOR, ROBOCOP et VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER. Le design du cyborg est magnifique, et richement doté (il porte un casque de moto dont la visière se ferme toute seule !). C'est tourné aux Philippines en plus ! Que demande le peuple ?
LES AVENTURES GALANTES DE ZORRO est une coproduction franco-belge dont il va falloir que je vous explique le principe. En fait, le film utilise les images d'un film de Zorro déjà existant et complètement inconnu, dont je n'ai pu retrouver la trace nulle part. Ce film-matrice est sans nul doute un film espagnol ou mexicain au technicolor fané. Le but du jeu a été, pour Mattei, de tourner des scènes érotiques encore une fois très softs, et de les inclure tant bien que mal dans le métrage original pour faire un nouveau film. Les scènes tournées par Mattei sont cadrées épouvantablement (c'est très drôle), et ont une couleur absolument fadasse, sûrement du 16mm, qui contraste nettement avec le technicolor rachitique et hispanisant de départ. Le tout atteint des niveaux d'absurdisme délirant, Mattei ayant dû sabrer comme un sagouin dans le film original pour obtenir un film de moins de 90 minutes. On s'aperçoit très vite que le Zorro original ne ressemble pas du tout au Zorro de Mattei, que les deux acteurs ne se ressemblent pas du tout. L'histoire est bien sûr, du coup, totalement incohérente. Non seulement Zorro défend le peuple, mais en plus les femmes de paysans se prêtent facilement à l'insatiable appétit amoureux du justicier !
Toutes les 10 minutes, une grosse bonne femme cherche Zorro (voir plus haut), comme une sorte de running gag, parfois dans des séquences complètement incongrues. Pourquoi cherche-t-elle Zorro ? On ne sait pas. Elle finit par le trouver. Elle arrive devant Zorro et demande :"Vous n'auriez pas vu Zorro ?". Ce à quoi Zorro répond : "Ha ! c'est moi !" Et c'est tout ! [Sans parler de la réplique finale : « Zorro tient toujours ce qu’il promet ! » NdC.]
 
La dernière scène est hallucinante. Il s'agit du bal du Gouverneur (on y mange plein de Ferrero), bal masqué où plusieurs invités n'ont rien trouvé de plus intelligent que de se déguiser en Zorro (notamment la serveuse de l'auberge, qu'on n’avait pas revue depuis !). Vous imaginez le Bazar quand Zorro, le vrai, se pointe lui aussi. Surtout que, parallèlement, pendant la bataille qui s'ensuit, un type très laid mais très malin couche avec des soubrettes et des dames du monde en se faisant passer pour Zorro. Dès qu'elles voient le masque, les femmes succombent, et le bougre en profite bien.
Le montage est splendouillettement incohérent. Le film est également sonorisé de manière sublime. Une éponge lancée dans une bassine d'eau double astucieusement une poursuite à cheval et à 20 personnes dans la rivière. Deux fourchettes frottées l'une contre l'autre vous fourniront un splendide son de duel à l'épée (ce qui est très drôle car le budget fourchettes du film devait être très modeste : du coup, que Zorro se batte en duel ou contre trente soldats, c'est toujours le son des deux mêmes fourchettes).
Un dernier pont. Je remarque que, dans ce film, Zorro est toujours Zorro et n'est jamais Don Diego de la Vega. Pas de Bernardo, et pas de sergent Garcia !
Bref, ce film absolument improbable est délicieusement Z, et ne peut que ravir le vrai cinéphile. On rit jusqu'à ce qu'on s'arrête, du début jusqu'à la fin, devant tant d'incongruité. On trouve le film d'occasion à 5 euros en DVD. Ne laissez pas passer cette chance.
 
Passionnément Vôtre,
 
Dr Devo.
 
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Publié dans Corpus Analogia

Commenter cet article

Gilbert ROUSSEL 22/01/2007 23:08

 Pour plus d'infos et une véritable bio, RV sur le site
http://www.nakipa.com
 
Salut
 
G.R.

Le Marquis 04/05/2006 23:25

Je suis flatté...

edgar peau 04/05/2006 16:24

un dvd, qui surgit hors de l'anucourt-vêtues les naines au siropson titre il le signe à la pointe de son vit,d'un M qui veut dire marquis.

Le Marquis 04/05/2006 16:16

Je n'y croyais pas, mais ma demande a bien été prise en compte : Imdb a bien voulu rectifier les crédits du film, désormais officiellement signé Gilbert Roussel et non plus Bruno Mattei : je me sens comme Zorro, soudain...

gilbert ROUSSEL 24/04/2006 15:30

Juste ciel! Je reviens sur votre site, car, je dois l'avouer, je ne passe pas mon temps à chercher sur le web, les commentaires sur "ma vie - mon oeuvre"!!!! Je ne savais pas que j'avais autant d'admirateurs. Pardon, donc de ne revenir que maintenant. Merci pour vos commentaires.
Pourquoi pas faire quelque chose ensemble. J'ai cliqué sur la pin up, sur le biniou, mais ça ne devais pas bien fonctionner et je ne suis pas un expert dans la manipulation de ces machines.  Je recommence pour donner au Dr DEVO (qui es tu docteur?) mon Email. Nous pourrons évoquer nos guerres, le Golden Saloon, la campagne d'Italie l'époque chez Combret, etc......
 
A bientôt, et merci encore
 
Gilbert ROUSEL