THE WASHING MACHINE de Ruggero Deodato (Hongrie-Italie-France-1993) et INVASION NINJA de Yossi Wein (USA-1993): Vertige Progressif de l'Amour

Publié le par Docteur Devo

(photo: "Je suis tombé amoureux d'une magnifique autoroute" par Dr Devo)

 

Chers Chiens, Chers Chats,
 
Plongez dans l'urinoir et trouvez-y de l'or.
Je suis vivant, vous êtes tous morts.
 
On demande souvent à moi et au Marquis, et à d'autres : mais c'est quoi ton secret pour voir tant de séries Z et de films pourris ? Au Marquis, c'est encore pire : pourquoi acheter 15 DVD d'occasion à 1.50 euros, alors que pour ce prix-là, tu pourrais avoir un bon film neuf ? Ce à quoi il faut répondre : LE JOUR D'APRES de Roland Emmerich coûte 25 euros ! Héhéhé, humour !
 
Voici la bonne réponse. La proportion de chefs-d’œuvre que vous allez voir en n’achetant que des films "normaux" en DVD est exactement la même que si vous achetiez le même nombre de films à moins de cinq euros dans les bacs d'occasions. Et tous les quinze films, c'est-à-dire tous les 30-35 euros, vous allez avoir un film sublime entre les mains. Et même, un jour ou l'autre, et régulièrement, vous aurez un  chef-d’œuvre entre les mains. Bah ! En plus, cadeau bonux, le nombre de séries Z dans ces bacs à pas cher est impressionnante. Et la série Z elle-même, intrinsèquement, contient ses propres surprises, souvent assez belles.
 
Nouvelle soirée chez le Marquis, hier. Nous choisissons un premier film, acheté à 2.50 euros : NINJA INVASION de Yossi Wein, chez l'éditeur Prism Leisure dont nous parlions hier. Comme d'habitude, l'édition est une merveille. L'affiche ne correspond en rien au film gravé. On y voit un tigre, des ninjas japonais, des arbres. Bon, ça ne se passe pas au Japon, et pas de tigre, désolé. L'acheteur qui voulait un néo-Bruce Lee est déçu. On retourne, et sur le quatrième de couverture, ce sont des photos d'un autre film, asiatique celui-là. Le résumé raconte l'histoire d'un film qui rappelle vaguement l'intrigue de NINJA INVASION, mais d'assez loin et avec moult péripéties qu'on ne verra jamais, comme l'intervention du Pentagone ou de la CIA, etc. Ça se passe quelque part en Afrique, c'est chic, près d'un fleuve où une équipe de scientifiques fait des relevés. Une équipe d'occidentaux malpolis débarque, dont un en limousine. Puis le camp est envahi de ninjas qui tuent tous les scientifiques, sauf Karen Hill, une jolie blonde. Ils la capturent. Son ravisseur est un riche industriel, allié à un directeur d'hôtel peu scrupuleux. Ils savent que la jeune femme travaillait là pour savoir pourquoi les eaux du fleuve sont si acides. Ils lui proposent de travailler pour eux et de finir ces recherches. Karen, qui a assisté au massacre de tous ses collègues, refuse. Ils décident alors de la séquestrer dans une chambre de l'hôtel jusqu'à ce qu'elle craque, méthode un peu étrange, mais bon. Aux USA, chez nous, Ross Kettle (un petit jeune, ancien de SANTA BARBARA, le célèbre soap), le mari de Karen, travaille pour la même entreprise scientifique que sa femme. Il apprend les incidents qui ont mené à son kidnapping. Ross, si j'ai bien compris, il est prof de yoga et de méditation. Prof de Yoga en entreprise (scientifique en plus), je trouve ça étrange, mais bon, pourquoi pas. Il décide d'aller en Afrique chercher sa femme, et pour ce faire, il se fait aider par Norman Coombes, un de ses potes blacks, tout comme lui spécialiste en arts martiaux. La traque commence.
Bon, ben c'est pas fameux. En fait, la fille est cachée dans l'hôtel où son mari est descendu ! Il va faire toute la région à petite vitesse pour la retrouver. À chaque fois, on a droit à une pénible séquence de dix minutes où le héros et son sidekick vont casser la gueule à trois ninjas, et même des fois quatre, qui gardent un camp ou je ne sais quoi. Les ninjas sont joués par des figurants fatigués et neurasthéniques. Ils s'embêtent et nous aussi, et ils offrent le moins de résistance possible. Le film pourrait facilement durer 20 minutes, soit un bon court-métrage, mais non, Ross Kettle fait tout son possible pour que ça dure, encore et encore ; notamment en parlant le plus souvent possible de Nostradamus (qui avait prévu une hécatombe dans la région, appelez l'ambulance), en engueulant tous les indigènes, et en s'engueulant avec son copain black. Et c'est à qui est le plus pénible, en fait. C'est laborieux au possible, et en plus, les deux potes engueulent tout le monde et s'engueulent entre eux. C’est assez hallucinant de voir les 10 premières scènes du film se terminer par un "il est pas sympa, ce type", "ce gars m'a l'air antipathique", ou "ce serveur nous cache quelque chose", etc. Bref, c'est toute l'Afrique qui a fait le coup. Les combats sont épouvantablement lents, presque drôles. Seul moment d'anthologie : Ross Kettle va dans la base ennemie et se retrouve entouré de ninjas... en patins à roulettes ! Ils commencent une chorégraphie (véridique !) puis se battent ! Débile.
 
Après ce film, le Marquis et moi-même hésitons entre nous pendre ou regarder un autre film. Bah, on va prendre un café pour réfléchir. Je décide d'enfoncer le clou en regardant une autre série Z, mais d'horreur cette fois : THE WASHING MACHINE, dont l'horrible jaquette me dit que si le film est nul, au moins ce sera marrant. En plus, c'est l'occasion de voir un film du réalisateur de film d'horreur culte italien Ruggero Deodato, réalisateur célèbre pour son CANNIBAL HOLOCAUST qui fit parler de lui à l'époque, et dont, pensais-je, je n'avais vu aucun film. En fait, il n'en est rien. J'ai vu quand j'étais petit LES BARBARIANS, splendouillet pompage à 3 francs six sous de CONAN LE BARBARE, ou plutôt, comme on dit plus poliment, joyeuse déclinaison sur le thème de l'heroic fantasy, avec deux bodybuilders jumeaux et hilarants dans les rôles-titres. Un bon souvenir et un film complètement ringard. Le Marquis, lui, connaît mieux le réalisateur cultissime, dont il estime que la carrière ne vaut pas grand-chose. Quitte à voir du Z, me dis-je, autant que ça serve à parfaire ma culture et à connaître un cinéaste qui a, bizarrement, sa petite réputation. Le choc a été terrible, et à la hauteur inverse de mes espérances. On peut le dire tout de go. THE WASHING MACHINE (titre italien VORTICE MORTALE) est un film splendide !
 
La Hongrie dans les années 1990. Le film s’ouvre sur une étrange séquence. Une femme, Vida (la polonaise Katarzyna Figura) rentre chez elle, suivie de près par son amant (Yorgo Voyagis, technicien chez Jeunet et Caro !), plus vieux. Une dispute éclate au sujet d’un médaillon offert par Monsieur, sur lequel n’est pas gravé le nom de Vida, mais celui de « Sissy ». Maria soupçonne que l’homme la trompe et veut le quitter. Elle dit qu’elle le déteste, mais l’homme s’accroche. Ils entrent tous deux dans l’appartement. Malgré son sentiment de répulsion, on sent bien que Vida est complètement attirée par son amant. Elle veut s’en débarrasser mais n’y arrive pas. Le couple finit par faire l’amour, étrangement dans l‘entrebâillement  d’une porte de frigidaire ouvert (!!). Un mot pour décrire Vida : habillée de manière vulgaire, comme une prostituée de bas étage, c’est une femme très ronde aux formes plus que généreuses, mélange de colère et de vulgarité. Ce qui n’exclut pas l’intelligence, d’ailleurs ! Tandis que le couple fait l’amour, une jeune femme descend l’escalier qui mène à la cuisine, s’assoie, regarde le couple et soulève sa robe dans une pause provocante. Et elle regarde Vida droit dans les yeux. Et Vida la regarde en retour, tout en faisant l’amour. Cette deuxième femme, c’est la ténébreuse et énigmatique Ludmilla. Tandis que le couple fait l’amour, elle sort à brûle-pourpoint un triangle (l’instrument de musique) qu’elle fait carillonner !
Ellipse. Ludmilla dort. Par un petit plan discret, on sait qu’elle rêve (plan splendide). Elle descend de nuit dans la cuisine et découvre avec horreur que dans le tambour de la machine à laver qui se trouve là, il y a les morceaux découpés du cadavre d’un homme : l’amant de Vida !
Le lendemain, la police débarque. Ne trouvant pas le corps de l’amant dans la machine, comme l’a pourtant vu Ludmilla la nuit précédente, l’inspecteur (le Français Philippe Caroit, habitué des séries et téléfilms de TF1, et ici excellentissime) met la vision d’horreur sur le compte de l’alcoolisme de Ludmilla. Il apprend que Vida est la sœur de Ludmilla, et fait connaissance avec leur troisième sœur, l’étrange et belle Maria (Ilaria Borrelli).  Une étrange enquête commence où les trois sœurs s’accuseront mutuellement de ce meurtre sans cadavre, inventant chacune des versions des faits complètement absurdes ou des mobiles moins crédibles les uns que les autres. L’inspecteur perd peu à peu pied, troublé par l’effroyable rentre-dedans que lui font chacune des trois sœurs, et perdant progressivement le contrôle face à cette vérité qui se dérobe à mesure qu’il s’approche d’elle...
 
Quelle pauvreté et quelle misère, ce résumé, il est vrai dur à écrire, au vu de ce film aussi original que réussi. On peut dire, pour donner une idée, que le film dans son essence se rapproche fortement du fameux giallo italien, le genre popularisé par Mario Bava et Dario Argento. Mais là aussi, il convient de mettre des pincettes. Pour ceux qui ne connaissent pas le giallo, formidable genre, disons que l’on peut le résumer à des films dont on ne peut pas dire avec certitude si ce sont des thrillers ou des films fantastiques. Selon les films, l’une ou l’autre tonalité sera plus présente. On peut trouver des giallos qui sont des thrillers, mais dont le déroulé narratif et esthétique est construit ou développé dans des codes qui les rapprochent du fantastique. Ceci dit, le comparatif s’arrête là. Même si Deodato emprunte quelques mouvements de caméra ou des poses qui font furieusement penser à Argento, il s’en affranchit très vite pour détourner ces codes, dans un autre but artistique.
C’est également Claudio Simonetti, du groupe GOBLIN, qui a signé la musique. Les Goblin ont été les compositeurs des films d’Argento, musiques particulières et étranges s’il en est. Ici, Simonetti crée un thème principal très proche de ce qu’il faisait pour Argento « période baroque », à la limite de l’auto-pastiche mais assez beau. Le reste de la BO oscille entre discrétion sympathique et vulgarité ostentatoire, ce qui n’est pas un mauvais choix pour ce film, comme nous le verrons.
 
On l’aura compris, THE WASHING MACHINE n’est pas un thriller classique, car dès la scène de départ, on peut supposer que la logique ne sera pas forcément au rendez-vous, mais fera plutôt place à l’incongru, comme le montre la scène du triangle que je vous ai décrite, ou encore la scène où Ludmilla va voir l’inspecteur pour lui expliquer pour la douzième fois sa théorie sur « l’assassinat ». Elle récite son dialogue avec deux cymbales d’orchestre dans les mains, ponctuant de rythmes la conversation de manière complètement absurde. L’inspecteur est perdu : sa fascination floue mais certaine pour les trois sœurs augmente au fur et à mesure, et dans le même mouvement, il s’éloigne toujours plus de sa femme qui, elle, progressivement, disparaît du film. En fait, le film ne va faire qu’une chose : raconter, re-raconter et raconter encore les événements de cette nuit-là, récits qui varient à mesure que mue l’inimitié et/ou le sentiment de fascination/répulsion entre les trois sœurs, qui semblent balader le pauvre enquêteur, le manipuler, et faire muter la vérité dans un incroyable maelström de sensations impressionnistes au sein duquel il est difficile de séparer le bon grain de l’ivraie, tant chaque hypothèse (hypothèses influencées par des indices de plus en plus absurdes) semble apporter des contradictions fondamentales à ce que l’on sait déjà de cette fameuse nuit, seul moment où le spectateur a pu voir les faits sans être parasité par le récit des trois sœurs, mais moment de rêve de l’une d’entre elles, ce qui complique les choses.
À chaque récit et à chaque découverte, Deodato met en scène un flash-back. Et à chaque fois, ce flash-back est extraordinaire. Je n’ai jamais vu ça au cinéma ! Chaque flash-back est à la fois un récit des faits passés (à travers le miroir déformant de la subjectivité, jusque là, tout est normal !), et en même temps, ces flash-back sont... Tenez-vous bien... Tenez-vous mieux... Chacun des ces flash-back sont aussi des rêves prémonitoires, des anticipations de choses qui vont VRAIMENT se dérouler plus tard ! Quelle idée sublime, quelle maestria ! Maintenant, je pense que vous avez saisi la vraie tonalité de ce film.
Toute la mise en scène suit ce principe de subjectivité contradictoire. Toutes les scènes, même les plus anodines, vont se répéter plus tard dans le récit, en mutant en quelque sorte, ce qui fait que le film est construit sur un chapelet réduit de situations qui, à chaque fois qu’elles sont répétées, mutent en quelque sorte, construisant au fur et à mesure un chapelet de variation, une construction en spirale hypnotique, belle et troublante.
On finit nous aussi par se perdre avec délice et angoisse dans ce labyrinthe (dont les murs bougent dès qu’on avance !) où se mêlent l’enquête bien sûr, mais aussi la passion, l’érotisme (ultra-soft jusqu’à en être presque vulgaire de stylisation, mais toujours troublant), et la quête de l’amour, sans doute, troublé par le désir, embué par la subjectivité et la manipulation.
 
La mise en scène suit. Tourné en 1.85, le film alterne de beaux mouvements de caméra, toujours un peu foireux ou empruntés, mais beaux, définitivement beaux (!!?!), avec des plans souvent rapprochés flirtant avec l’indigence ou la vulgarité (ici au sens de « matériaux non-nobles »). Le repérage est merveilleux, et nous ballade dans des décors à la fois imposants, modernes, et surannés (un autre paradoxe), exploitant à fond l’étrange beauté de la Hongrie où le film est tourné. La direction artistique est à l’avenant, c’est-à-dire d’un soin maniaque et d’une grande créativité. De fait, le travail sur les objets (téléphones à cadran ou au contraire modernes, par exemple), les décors et, encore plus, les costumes, est proprement hallucinant, d’autant plus que toute cette direction artistique est utilisée non pas comme décorum mais au contraire, comme autant d’éléments de mise en scène, à l’importance quasi-cruciale. [On notera par exemple, l’extrême précision avec laquelle Deodato utilise les vêtements de couleur rouge tout au long du film. Notamment dans cette scène, où Ludmilla découvre que le hublot de la machine à laver est suintant de sang. Elle ouvre la machine et un peu de sang se déverse. Elle enlève son T-shirt et éponge le sang, hors cadre, puis remonte le T-shirt dans le plan : il ne semble pas imbibé mais carrément teint en rouge ! Cet élément est alors fantastique, et dévie la scène de son aspect thriller pour la mettre sur un autre rail plus subjectif.]
Le moindre geste (comme cette main qui déborde étrangement dans le cadre et qu’on retrouve dans la scène du musée et dans la scène finale), le moindre décor (la boîte à strip-tease qui est reprise et dégénérée plus loin dans la scène de l’opéra), et le moindre indice seront repris plusieurs fois, et à chaque fois déviés de leur nuance de départ. En bref, tout dans le film concourt à cette impression hypnotique et changeante  qui perd nos sens, notre cœur et notre cerveau.
La photographie, signée Sergio d’Offizi, est magnifique, voire renversante. Le montage est superbe, à l’image de cette scène dans le musée où Maria séduit et caresse l’inspecteur en faisant visiter le musée à des élèves aveugles, en silence pour ne pas se faire repérer, mais en se déshabillant (ils ne peuvent pas se faire épier, ils sont seuls dans le musée et les élèves sont aveugles !). Dans cette scène belle et drôle, Deodato n'utilise que de sales petits plans rapprochés d’une vulgarité (au sens de « non-noble », encore une fois !) certaine, mais que le montage cut et simple, sans grands mouvements de caméra, transforme en un joyau absolu.
Les scènes sublimes se succèdent, toujours entre magnificence complète et vulgarité apparente, introduisant en même temps suspense, trouble fantastique et... un humour léger mais absurde, constant et non-sensique, absolument délicieux, et n’ayons pas peur des mots, même beau ! En ce sens, et aussi dans la façon de déployer la narration, on est très proche, d’une étrange manière, de l’univers d’Alain Robbe-Grillet. Et d’ailleurs, beaucoup d’éléments rapprochent l’écrivain réalisateur de Deodato : la narration, ou plutôt la dis-narration, l’introduction toujours impromptue de l’élément fantastique, l’érotisme naïf, limite bébête, soft, extravagant, surfant sur des clichés détournés mais toujours troublants... et érotiques (si j’ose dire ! D’ailleurs, finalement, l’inspecteur découvre (!!) qu’il a un placard secret rempli de lingerie SM), le décorum d’une Europe de l’Est fantasmée (ici avec des bouts d’Italie dedans), les personnages dédoublés, la quête d’un désir toujours plus proche et toujours inaccessible, et... le même humour ! Voilà qui est étrange dans les mains d’un cinéaste qui semble être souvent, si j’en crois le Marquis, un tâcheron culte mais maladroit. Qui aurait cru qu’on retrouverait une filiation Robbe-Grilletienne ( l’écrivain au moins, et quelquefois le cinéaste, dans les dialogues) chez le réalisateur de CANNIBAL HOLOCAUST ?
 
Il y a plein de choses sublimes, et constamment. Je brûle de vous en parler, mais je tiens bon... [je pense en particulier à cette scène de sexe sur Mozart, qui répond aux innombrables scènes de strip-tease sur fond de techno dans la première partie du film ! Mozart et la Techno. Faire sortir la beauté et la fulgurance des matériaux les plus vulgaires, encore et toujours. En plus, dans cette scène, il y a une utilisation de miroir SUBLIME !]. Arrêtons là !
Un mot enfin, sur le casting. À l’image du film, il a été composé sur la brèche, c’est-à-dire en prenant le risque de se casser la gueule à chaque moment, ce qu’il évite grâce à ces comédiens, tous excellents, et tous avec un jeu très ouvert presque grotesque. L’équilibre entre les trois sœurs notamment est quasiment, osons le mot, génial ! Tous jouent avec une précision absolument chirurgicale dans les situations les plus triviales ou absurdes. C’est magnifique.
On parlait récemment dans un article  et dans ses commentaires de l’incroyable standardisation, et surtout de l’incroyable appauvrissement des acteurs, plus encore des actrices, depuis les années 90. Toutes maintenant ont l’air de sortir de Berverly Hills (le quartier). Ici, ce casting retrouve miraculeusement la beauté et la délicieuse étrangeté des films des années 80. Le visage des actrices est incroyablement charismatique et mystérieux, apportant un flot de nuances. Des visages hors du commun, oniriques presque, et très éloignés des poupées bimbos d’aujourd’hui, qui ne font que ressembler à des filles de magazines. Choisis ton camp, camarade !
 
Régulièrement, en fouillant dans le bas de DVD d’occasion de série z ou b, remplis de films improbables, on tombe sur ce genre de perles magnifiques, oubliées de tous. Et là, avec THE WASHING MACHINE, la surprise prend des allures de miracle. C’est un film absolument magnifique et indispensable, dont on se demande par quel miracle (en fait, je sais pourquoi), il n’est pas sorti en salles. En tout cas, c’est clairement le deuxième choc de l’année en DVD après le sublime UZUMAKI. J'ajouterai enfin que, malgré le petit budget du film, THE WASHING MACHINE semble avoir été réalisé dans le luxe le plus classieux.
 
THE WASHING MACHINE se trouve facilement dans les trocantes, et si ma mémoire est bonne, on le trouve même neuf pour deux ou trois euros (peut-être même moins) sur cdiscount.com. C’est la seule copie au monde disponible en DVD, et malheureusement, il n’y a pas de VO. Ceci dit, étonnamment (ça arrive une fois tous les dix ans) le doublage est vraiment très bon et semble avoir été fait par des comédiens qui comprennent  les nuances pourtant subtiles du film. Que cela ne vous fasse pas reculer, donc.
 
Passionnément Vôtre,
 
Dr Devo.
 
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Publié dans Corpus Analogia

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Commenter cet article

Norman Bates 09/05/2007 11:53

Pas du tout d'accord, Cannibal Holocaust c'est quand même un bon gros nanard. Aucune recherche esthétique dans la mise en scéne, pas un poil de subjectivité et propos débile, je vois pas trop l'interêt !

nico 08/05/2007 23:48

Deodato est un génie. Même si comme nombre de ses confrères ritals, il a oeuvré dans le nanar (Les barbarians, les predateurs du futur), certains de ses séries B sont assez mémorables.EN plus de ce Washing machine, je tiens à attirer ton attention sur Le dernier monde cannibale, Amazonia et surtout Cannibal Holocaust. Ce film, à part, est monstrueux. Structuré de manière excellente, scénarisé avec intelligence, le film vaut bien plus que la polémique de l'époque de sa sortie.Ce n'est pas pour rien que les auteurs de Blair Witch ont tout pompé dessus (regarde le film, tu comprendras). Un classique de l'angoisse au même titre que massacre à la tronçonneuse, c'est pour dire.

leonart 30/07/2005 00:57

Ben écoutes, je suis impressionné par la longueur de tes écrits, je ne sais pas s'il y a un contact à créer ou des choses à faire.. viens voir quand...
http://designerdictature.free.fr

Le Marquis 03/06/2005 01:40

Merci bien !

le shériff 02/06/2005 22:41

c'est bien simple, le Marquis n'a pas besoin de tapisserie, la tranche des boitiers compose une mosaique bigarrée ; visiblement, les achats vont s'intensifier, félicitation.