A NIGHT TO DISMEMBER, de Doris Wishman (USA-1983) : Pour en Finir une Bonne Foi(s) pour Toutes avec la Politique des Auteurs

Publié le par Dr Devo


(Photo : "Do You Think You Are ?" par Dr Devo)


Chères Focaliennes, Chers Focaliens,
 
Le cinéma, ça tient à quoi ? À peu, à très peu... On peut bricoler dans son coin un film fantastique quasiment tourné en décors réels, sans rien y rajouter sinon trois acteurs, et ça marche du tonnerre, comme chez Cassavetes. On peut faire des grosses productions boursouflées et obtenir quelque chose de tout à fait convenable, comme SIN CITY par exemple. Il suffit d'oublier un détail dans une grosse machinerie ("Ooops, l'échelle de plans !") et tout tombe par terre malgré les trois ou quatre cents spécialistes impliqués dans la fabrication du film. [Il paraît que pour le slasher débilosse mais fortuné URBAN LEGEND 2, dont tout le suspense tient sur le retournement final, la production (réalisateur, producteurs, acteurs, distributeurs, scénaristes, consultants divers...) ne s'est rendue compte que le scénario était tout bonnement surréaliste et strictement impossible que quelques semaines après la sortie du film en salles !] Ça tient donc à peu.
 
Il y a des moments divins dans la vie d'un cinéphile. Des moments qui constituent une frontière, avec un avant et un après très nets. Plus rien en sera jamais comme avant. Belle phrase. Ça n'arrive pas tous les jours. Ce qui n'empêche pas d'être fabuleusement ému régulièrement. Mais cette impression de pas en avant devant un film, c'est autre chose et ça dépasse le fait qu'un film soit sublime ou non. Il y a une catégorie de films, catégorie très subjective (quoique... pas plus que le reste après tout) qui transcende tout. La crème de la crème, la liqueur exquise des Dieux. Pour le dire simplement, il y a des films qui sont tellement sublimes qu'ils semblent n'avoir été faits que pour vous, et parfois même, par vous ! Ça, les amis, croyez-moi, c'est le point G du cinéma !
 
Doris Wishman, dont le nom ne dira quelque chose qu'à une poignée d'aficionados (personnellement, je ne la connaissais pas) est une pionnière en son genre. Elle fut la prêtresse du cinéma de sexploitation américain, souvent (et sans doute abusivement, si j'en crois les témoignages et même si les deux ont des points communs) considérée comme une Russ Meyer au féminin. [Rappelons aux plus jeunes d'entre nous, Russ Meyer est un des plus grands cinéastes que nous ayons eu la chance d'avoir, chez nous, en Amérique !] Plutôt que de dire des bêtises, je vous conseille de lire le très drôle et très complet article de notre ami, sur son site Série Bis. Là, vous trouverez tous les "énormes" détails sur Wishman !
 
L'histoire nous est racontée par un inspecteur de police (je crois). Il s'agit de la famille Kent, qui vit dans une ville tranquille des USA dans les années 70 ou 80. Le père Kent est content. Il a réussi à élever ses deux filles tout à fait correctement, et les voilà jeunes femmes désormais. Justement, un soir, la première, dont je me rappelle pas le nom mais que nous appellerons Laurie, se fait assassiner (alors qu'elle prenait un bain, comme par hasard) par sa propre sœur Jenny. Après ce geste macabre, Jenny trébuche et s'empale accidentellement sur la hache qu'elle vient d'utiliser pour mettre fin aux jours de sa sœur ! Sur ce, le mari de Laurie, qui était en voyage pour la journée, travail oblige, découvre les deux cadavres et, affolé, appelle la police, où il tombe sur notre narrateur-inspecteur. Quand ce dernier arrive sur place, il découvre que le mari s'est pendu ! [C'est plus compliqué que ça, et sur ce point, le récit se contredit, mais c'est dur à expliquer !] C'était un 15 octobre ! Pauvre famille Kent.
Restons dans la famille. Le père de Laurie et Jenny a un frère qui, lui aussi, a deux superbes filles. Il s'agit de Sally et Vicky. Ce n’est pas non plus la joie chez ces deux cousines (par rapport aux deux mortes du premier paragraphe. Suivez un peu !). Il y a quelques années (sublime séquence de flash-back), Vicky a été enfermée dans un centre psychiatrique après avoir tué deux jeunes hommes qui couraient dans les espaces verts alentours. C'était un quinze octobre. Et la voilà qui, des années après, ressort, une fois sa peine purgée. Encore très faible, Vicky découvre comment les choses ont évolué autour d'elle. Sa sœur Sally et son frère sont opposés à sa remise en liberté ! Voilà qui promet une chaude ambiance à la maison, d'autant plus que Sally a profité de l'enfermement de Vicky pour sortir avec Billy, son petit ami ! La cata !
Un grand sentiment de solitude s'abat sur Vicky. Encore fragile, elle ne sait comment réagir dans un monde aussi hostile... Jusqu'au jour où elle croit encore entendre des voix qui la poussent à la violence... Incapable de savoir si elle est redevenue folle ou non, Vicky va voir son oncle (le père de Laurie et Jenny, capice ?) la seule personne qu'elle estime et en qui elle ait confiance. Mais ce dernier refuse de la voir... Sally et Billy, de leur côté, font tout pour que Vicky retourne en hôpital psychiatrique. Tandis que Vicky s'enfonce dans la confusion mentale, les meurtres reprennent de plus belle !
 
Voilà grossièrement résumées les cinq premières minutes de A NIGHT TO DISMEMBER. Et jamais film n'aura aussi bien porté son nom. Là où le film se fait lors du visionnage évidence et beautés divines, il confronte le témoin que je suis à un problème qui tient quasiment du cas d’école. Comment vous faire entendre, dans tous les sens du terme, ne serait-ce que le début d’un embryon de sensation, même par procuration ?
 
La reprise.
 
Ce qui est bien dans ce film, c’est que la scène suivante est totalement possible. Un homme discute avec une femme, à l’intérieur d’une maison. Champ sur la femme, il fait jour, le soleil frappe à travers les carreaux. Contrechamp sur l’homme : il fait nuit ! Retour sur la femme : il fait effectivement nuit et ce n’est plus la même actrice. Voilà A NIGHT TO DISMEMBER. Maintenant, l’erreur serait d’imaginer un film truffé d’erreurs de script ou de raccords. Ce n’est pas le cas. L’erreur serait d’imaginer, comme on le dit souvent, Doris Wishman en lointaine cousine d’Ed Wood, le ringardissime (voire nullissime) dont on dit que ses films (dont certains sont très mauvais, il faut bien le dire, et sont dénués d’un quelconque intérêt) sont les plus mauvais du monde… Et puis un jour, on tombe sur un GLEN OR GLENDA complètement expérimental certes, mais superbe et qui se tient de bout en bout, sans l’ombre d’un second degré. Malheureusement, je n’ai pas vu d’autres films de Doris Wishman. Ils sont, de l’avis de tous, assez nanaresques. Ceci dit, ici, point de cela. Il convient de prendre A NIGHT TO DISMEMBER avec un absolu sérieux. Certes, il est permis de rire devant les raccourcis géniaux et les ellipses quantiques qui ne cessent de défiler sous nos yeux, mais c’est parce que le film est ludique, et que de fait, si on le compare à la façon (médiocre, car c’est un art qui n’a quasiment pas évolué) de faire du Cinéma qu’ont les autres (et comme disait la poète « Je ne suis pas les Autres… »), le métrage devient bien sûr très malpoli, inversé serait-on tenté de dire. On rirait alors comme nous rîmes il y a peu en regardant le superbe et très inédit, si j’ose, LONESOME COWBOYS, vague cousin du film de Wishman, mais "enfant de l’évidence" comme dirait un autre poète, enfant du même sang. Car il y avait aussi de ça, et que de ça même, dans le western inversé (dans tous les sens du terme !) de Warhol. [On reparlera de ce film très bientôt.]
 
Intervient ici la question du volontaire. Oui, mais on s’en fout ! L’imagination et le travail sont les deux valeurs qui semblent fonder ou non l’intérêt d’une œuvre d’art. Duras nous a pourtant répété que non, c'est une affaire d'Intuition et de Fulgurance. Alors bien sûr, les fervents défenseurs intégristes de la politique des auteurs (où les analystes considèrent que la carrière globale des réalisateurs est plus importante que le film lui-même, vaste fumisterie), ça les intéresse, vous comprenez, cette histoire de volontarisme, et c’est pour ça, pour se rassurer, comme si d’ailleurs l’Histoire et l’histoire apportaient les preuves d’une quelconque valeur artistique, qu'ils convoquent la notion qui induit, bien sûr, une autre vue de l'esprit : la Beauté Universelle, mythe récurrent ! [On sait depuis de nombreuses recherches focaliennes que la Beauté Absolue et Objective n'existe pas, et que de plus, s'il fallait tendre vers quelque chose de semblable le critère ne serait pas forcément géographie ET temporel ! Passons.] Ça leur permet de donner une valeur objective et quantifiable au film, comme au patinage qu'on dit "artistique" justement. Il n’est alors pas illogique de donner une note ! Trois axels, un double salto, 6.8 ! Or il n’en est rien. Sur les sites Internet, on trouve des critiques de A NIGHT TO DISMEMBER… Et pas qu’un peu. Dont celles des admirateurs, ou plutôt des aficionados de Wishman. Et tous de considérer le film comme la poilade surréaliste du siècle. Le nec plus n’importe quoi. L’imbattable. Tous !
 
Entre ici, Doris Wishman, et que tout le reste te soit pardonné. Comment est-il possible, par quelle malédiction suprême, ce film ne fut jamais cité nulle part, et personne qui ne le prenne au sérieux, c'est-à-dire comme un projet totalement abouti !
Voici l’histoire. En 1979, Wishman tourne un film. Le labo chargé de développer les bobines en perd 60% ! 60% du film ont disparu ! Quatre ans plus tard, en utilisant des stock-shots de ses autres tournages et en retournant certaines scènes, Wishman réussit à boucler A NIGHT TO DISMEMBER. Quatre ans après ! Imaginez ça, au calme, assis sur votre chaise pendant cinq secondes, et dans le silence le plus complet. 4 ans. Comment ne pas considérer dès lors ce film comme une œuvre à part entière ? Comment ne pas prendre en compte l’abnégation sublime de Doris Wishman, qui tenait tellement à ce film qu’elle ne l’a jamais laissé tomber ! Quelle passion ! Alors oui, même aux yeux des amateurs hardcore de la politique des auteurs, oui, même pour eux, A NIGTH TO DISMEMBER ne peut pas être considéré par dessus la jambe. [Ce paragraphe est surtout destiné aux lecteurs de Mad Movies, magazine qui justement est aussi intégriste sur ces questions de politique des auteurs que nos amis des Cahiers ou de Positif ! Comme quoi les extrêmes se rejoignent.] Arrêtons le second degré cinq minutes, par pitié. Et voyons le film pour ce qu’il est : une chose sublimissime, où certains raccords vous plongeront dans le vertige absolu du plus beau des grand-8 poétiques, où un collage, où une ellipse, qu’elle soit dans l’image ou dans le son (ici industriel jusqu’à la moelle) vous arrachera des larmes d’émotion. Car la voilà, au fond, la vérité : A NIGHT TO DISMEMBER se regarde avec un kleenex, avec une boîte de kleenex même. La structure est la plus grande source de sensualité et de poésie. Ce film est beau. Et quand c’est beau, on pleure. [Pas quand c’est émouvant, c’est différent. Cf. le plan large sur Shirley McLaine dans IN HER SHOES, qui valait bien un an de cinéma art et essai français.]
 
Allez, pour vous donner une idée, dévoilons trois beaux principes du film.
 
Tout d’abord, le film est tourné à l’italienne. C’est une des raisons pour lesquelles le son du film est merveilleux. En effet, tous les dialogues et les bruitages (quand il y en a) sont post-synchronisés. Et comme il n’y pas énormément de moyens, c’est souvent l’inspecteur-narrateur qui fait toutes les voix. On voit alors tel personnage, homme ou femme, parler à l’image, et l’inspecteur qui dit la réplique en même temps. Très joli. Mais ce n’est pas systématique. De temps en temps, une actrice vient doubler les personnages féminins. Encore mieux, quelquefois, il y a du son-ON (direct) mais qui n’est pas enregistré de la même manière que le reste, à savoir avec un son plus étouffé, plus sourd, avec beaucoup de souffle. Voilà une superbe façon de mettre des phrases en exergue, qui, du coup, nous paraissent fabuleusement poétiques par l’enregistrement lui-même, qui leur donne alors une portée émotive indéniable (je pense notamment à ce pourtant simple "quelque chose ne va pas avec Vicky" qui m’a ému aux larmes). Ajoutez à cela une musique incessante et orchestrale, probablement piquée à un autre film, musique dramatique qui est interrompue constamment, par elle-même ou par des espèces de passages jazzy-funky de pacotille fabuleux. Les deux registres s’interrompent sans cesse. Ça peut commencer par la musique orchestrale pendant dix secondes, puis cinq secondes jazz, puis trois secondes d’orchestre de nouveau interrompu, mais par lui-même (par un autre morceau, par exemple) quatre secondes plus tard. Wishman sait ce qu’elle fait : elle joue avec les timbres, elle fait varier en direct les niveaux de volume ! Imaginez les millions de possibilités de ce système superbe. Le montage image est déjà très perturbé et complètement cubiste. Mais avec ce son complètement industriel et sériel, le film gagne en abstraction et voit sa poésie exp(l)osée à la puissance deux ! Car l’image et le son se contredisent tout le temps, ou non, instaurent plutôt des rythmes de collage et des ellipses qui ne sont pas raccords entre eux, qui ne jouent pas de simultanéité, mais qui obéissent chacun à une logique indépendante, avec en plus, régulièrement, des moments d’interaction et de contradiction plus ouvertes. Il y a alors une espèce de duel chaotique du son envers l’image et réciproquement. Déjà le thème des hémisphères.
 
Le montage image et la mise en scène globale sont aussi très heurtés, mais ne jouent pas complètement sur le chaos. Il interviennent plutôt sur une logique de destruction partielle, nuance. On se dit rapidement que l’image et le montage narratif en général ne visent pas le collage abstrait, mais qu’ils ne sont pas non plus valides au sens conventionnel du mot montage (raccords, ellipses, etc. n’ont pas la logique des films narratifs traditionnels). En fait, le film est entre les deux. On se dit que c’est trop "mal foutu" en apparence pour être du cinéma classique, et pas assez abstrait pour être quelque chose de totalement non-narratif. L’impression superbe qui s’en dégage est celle, totalement onirique et banale (d’où l’impression souvent dans le film, et c’est une de ses thématiques, de rêve éveillé ou de réalité déformée), d’un film qui semble tomber et tout de suite se rattraper. Comme dans un rêve donc, où l’échappée lyrique, poétique et incontrôlable contredit sans cesse, et est contrariée sans cesse, par le besoin d’un retour à l’ordre logique de la pensée rationnelle. Que peut-il y avoir de plus émouvant que cette logique hybride qui donne naissance à une superbe ode dis-narrative, et qui fait sans doute qu’on n’est jamais sûr de ne pas regarder un documentaire (eh oui !) dont on ignore un peu, ou dont on ne sait pas complètement quel est le sujet. [Comme la conclusion du film l'indique clairement, de manière simple et encore une fois poétique...]
 
Enfin, la mise en scène reprend quelques thèmes rassemblés autour de celui de l’identité. Celui de l’identité de la personne agissante (magnifique cadrage sur les pieds qui semblent être les vrais personnages de l’histoire par moments, thématique introduite par le super dialogue "pourquoi mets-tu les vêtements de ta sœur ?", bien en amont de la résolution du film ! Que c’est beau !). On retrouve également un jeu de perceptions non pas troublées, mais doubles, à la fois réelles et symboliques, dans lequel le film se construit (car le film se construit sur le chaos). On pense bien sûr alors à PERSONA de Bergman et à son jumeau astral TWIN PEAKS, FIRE WALK WITH ME de David Lynch. On pense énormément à ce dernier film, bien sûr. Peut-être à cause de la tristesse outrée du jeu de son actrice (Samantha Fox, présentatrice américaine de télé devenue égérie du film pour adultes, et qui critiqua vivement ensuite l’industrie pornographique – on ne la confondra pas avec la chanteuse homonyme anglaise et protubérante des années 80). Et aussi à cause de certaines scènes à tomber par terre, comme celle de la première hallucination de Vicky (quand elle sort de sa chambre pour arriver dans une pièce qui se plonge dans le noir, thème récurrent qui contaminera les autres personnages), ou encore la fabuleuse séquence de la panne électrique (j’ai rarement vu plus beau) où Vicky et sa sœur se rapprochent en miroir dans un champ/contrechamp impossible, car interrompu par trop de plans d’inserts (Vicky=Sally dès lors ? Ou est-ce Samantha Fox qui regarde son personnage ?). C’est sublime.
 
Un autre exemple vous donnera une idée de la chose. La scène du massacre en voiture. C’est assez lent. La tante sort de la voiture, horrifiée par ce qui est en train d’arriver. Elle commence à courir, mais au bout de deux pas, préfère s’endormir sur le bitume, presque dans un geste de prière ! Cut. Une silhouette en plan subjectif, en contre-plongée et flou, baignée dans une lumière bleue et froide (comme si la balance des blancs était ratée). Cut. La main de la tante sur le bitume. Cut. Retour sur la silhouette de l’assaillante. Cut. Gros plan sur une hache. Cut. Retour sur les doigts de la tante bizarrement posés sur une plaque de métal bleu ! Les doigts viennent d’être coupés par la hache ! Pourquoi cette plaque métallique bleue ? Mais oui, bien sûr, a-t-on à peine le temps de se dire, c’est la couleur du contrechamps sur l’assaillante, mais c’est trop tard, cut, on revient sur l’assaillante qui, une fois le meurtre effectué et les doigts coupés (sur ce plan donc), est enfin identifiable (disparition du flou !). Que c’est beau ! Que c’est abstrait, cette construction en parallèle absurde et cette couleur bleue du meurtre qui voyage d’un plan à l’autre et permet la cohérence de l’ensemble. [Normal dès lors qu’on sache qui est l’agresseur. Les éléments disparates (comment croire à une tentative de meurtre si soudaine ?) sont enfin rassemblés, d’abord par le thème chromatique. Ensuite, le montage lui-même peut valider la scène comme étant logique ou faisant partie d’un même ensemble. C’est magnifique. Sur cette petite scène, là, carrément, il y a plus de cinéma qu’en vingt ans de cinéma européen ! [Si l’on excepte Von Trier, Greenaway ou Russell !]
 
Comme on le voit, les motivations de A NIGHT TO DISMEMBER (titre qui, au-delà du jeu de mot, dit clairement les intentions de montage, et évoque aussi clairement le sujet du film lui-même : comprendre une suite d’éléments hétérogènes dont il est vital qu’on puisse donner un sens, fût-il abstrait) sont clairement poétiques, et le modus operandi est d’une radicalité tout à fait magnifique. Il est impensable que ce film n’ait jamais dépassé son statut d’œuvrette débilo-culte, de grand film foutraque. Comme les réalisateurs les plus prestigieux le savent, un film se construit sur l’accident, sur la déviation irrégulière de la couture. C’est sans doute pour ça que A NIGHT TO DISMEMBER semble nous plonger au cœur même, au cœur le plus sombre, du Cinéma. Nous sommes là exactement dans ce que les américains (donc nous) appellent le HOME OF THE BRAVE.
 
Il est urgent de restaurer l’intégrité critique de ce film.
 
Passionnément Vôtre,
 
Dr Devo
 
PS : Ce qu’on pourrait faire, c’est consacrer une série d’articles sans fin à ce film. Je peux prêter ma copie à ceux qui veulent en faire une critique (positive ou non). Ça pourrait faire un bon feuilleton, ça ! Et les réactions seraient sans doute très différentes d'une critique à l'autre. Allez… Si ça intéresse quelqu’un, contactez-moi (colonne de droite !).
J’ai oublié de vous parler du plus important : la façon dont les gens sont tués dans le film ! Allez, je vous laisse découvrir ça et je ne pipe mot !
Il est clairement évident que le jour où je gagne au loto, ce film est le premier dont je rachète les droits et que je distribue sur notre territoire !
Dans la séquence du meurtre des deux garçons, Wishman introduit clairement l'idée que c'est la répétition qui crée le meurtre, ou tout du moins le macabre. La boucle est mortifère !
Très étonnante scène de sexe, moins bien filmée que le reste, mais dont on pourrait reprendre le principe ailleurs...
 
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Publié dans Pellicula Invisablae

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Le Marquis 25/10/2006 18:11

Petite nature !)

Vierasouto 25/10/2006 17:51

Réponse au Marquis... Parce que je suis comme Marnie, je n'aime pas le rouge...

Le Marquis 25/10/2006 14:18

Pourquoi tu ne peux pas tout regarder ?

Vierasouto 25/10/2006 10:32

Le petit problème que je rencontre avec les films d'horreur... c'est que je ne peux pas tout regarder... (eh oui...) On est loin du "charteur idéal" assis bien au centre du cinéma, ne quittant jamais son fauteuil et interdit de cahier pour prendre des notes!!! (le deuil du cahier, c'est le plus dur...). Bref, après ce préambule encourageant... je pense néanmoins que je vais trouver l'oeuvre en zone 1 et je vais essayer de rédiger une bricole... je vous tiens au courant... A+

Bob 23/10/2006 19:41

Bonjour,
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