Garçons et Filles,

 

 

 

La période de Noël, c'est le repas trop lourd chez Mamie, après lequel on rentre chez soi, en voiture, en regardant tout barbouillé, la tête contre la vitre, les paysages qui défilent au dehors. Et sans neige en plus.

 

Mais, ce n'est pas que ça. En vacances pendant quelques jours dans les territoires les plus occidentaux de notre pays, c'est aussi pour moi l'occasion d'aller voir mon collègue Le Marquis, un homme d'un goût sûr et raffiné, qui à l'occasion de mes visites n'hésite pas à sortir les dernières trouvailles (ou expériences) de sa cave à films.

 

C'est par un de ces films que j'inaugure cette rubrique "Corpus Analogia" dans laquelle, je m'efforcerai de parler des films vus ou revus en dvd ou en cassette VHS. C'est à dire tout sauf les films vus en salle. Le programme va être chargé de bonnes et mauvaises choses, et je vous assure que le menu que nous a concocté le Marquis pour Noël est des plus copieux (avec quelques films que seul ce site peut perdre du temps à évoquer).

 

"Long Time Dead" est un film anglais très récent qui a la malchance de sortir de ce côté-ci de la Manche directement en vidéo. L'introduction démarre en 1979 au Maroc où un groupe de hippies fait une partie de ouija (des lettres sur une table avec un verre. On met tous le doigt sur le verre, celui-ci bouge et les esprits nous parlent. Du spiritisme en quelque sorte, comme dirait le Marquis). Ouija sanglant qui se terminera comme une sorte de match retour de la virée de Charles Manson à la villa Polanski. Mais tout ça, c'est bien loin, et on est jeune et on fait la fête. On picole un peu, on fait tourner les tables, et le ouija libère un affreux démon (un djinn, ce qui nous donnera une très belle scène de dictionnaire d'ailleurs, à la recherche d'une définition. Grande spécialité du cinéma américano-anglais qui donne souvent des scènes hilarantes, comme la version latine de Bruce Willis dans le "Sixième sens", très grande scène rendue culte aussi parce qu'on y voit Willis avec un dictionnaire). 

 

C'est pas malin les jeunes, ne font rien que prendre de l'ecstasy et libérer les Djinns. Notre petite bande n'a plus qu'à se tenir, car ils vont mourir un par un, victimes de la terrible vengeance du démon hippie. 

 

Je n'ai jamais rien eu contre les scénarios en forme de timbre-poste, bien sûr, car comme tout gentleman-cinématographeur qui se respecte, je sais que le cinéma, c'est pas des histoires, c'est de la mise en scène. Même si j'ai l’air de m'amuser avec l'histoire minimaliste de Long Time Dead. Reste que, à l'arrivée, on se trouve avec ce film, devant un objet techniquement sérieux (cadres et décors gentiment soignés, effort sur la photographie) qui marque toute la volonté de bien faire de son auteur. Les 20 premières minutes ressemblent à un remake de ce très bon petit thriller avec Sarah Polley, "Go". C'est la partie la plus mauvaise du film, et ensuite le rythme de croisière est rapidement atteint. Les affaires peuvent commencer. Les portes grincent, les bruits suspects envahissent la maison, les héroïnes entendent les murs prononcer leur nom. Le petit truc en plus consistant à ne rien voir, mais alors rien de la chose qui tue tous ces jeunes. Pas un mec avec un couteau, pas un monstre digital à l'horizon. Une position plutôt courageuse de la part du réalisateur. Mais à part cela, pas grand chose à se mettre sous la dent. Les acteurs essaient de se dépêtrer de l'histoire avec tout le sérieux possible. Ça fronce pas mal des sourcils, en toute bonne volonté. On retrouve d'ailleurs quelqu'un que j'adore : Lukas Haas. C'était le petit garçon du Witness de Peter Weir. Il a grandi depuis et c'est devenu un très bon acteur, bien trop rare, souvent employé en second rôle, et que je ne saurais trop vous conseiller en fils de Barbara Hershey et Bruce Willis (encore lui) dans le film "Breakfast of Champions" de Alan Rudolph. Un grand film d'ailleurs, complètement bouleversant.

 

Bref, Lukas Haas est là, avec sa drôle de caboche et c'est déjà ça. Le film déroule sa pelote sur un rythme régulier. Le film continue. Le film s'arrête. Je m'endors et j'y pense plus.

 

Le Marquis défendit la chose avec acharnement devant mes maigres critiques. Certes, c'est un ouvrage soigné mais absolument commun, et pas original, dont je reconnais volontiers que c'est mieux réalisé que la plupart des slashers, mieux tenu, plus sobre. C'est sans doute un exploit en soi. Il n'en reste pas moins que, sorti de ce contexte, le film est juste moyen et  nous laisse sur notre fin. Surtout à la vue d'une scène très réussie et découpée de manière plutôt originale: la scène ou la fille fume une clope dans les toilettes. On a déjà vu cette situation cent fois, et pourtant on est vraiment surpris par un joli rythme et un drôle de cadrage qui du coup font plutôt peur... et pester un peu aussi: pourquoi ne pas avoir fait tout le film de cette manière?

 

Vous reprendrez bien un loukoum, non?

 

 

 

Dr Devo

 

(Chanson de la semaine : "Example #22" de Laurie Anderson.) 

 

 

 

 

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Mardi 28 décembre 2004 2 28 /12 /Déc /2004 00:00

Publié dans : Corpus Analogia
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