SHORTBUS de John Cameron Mitchell (USA-2006): Tous Unis contre la Vie-Chair!

Publié le par Dr Devo

[Photo extraite du film SOCIETY de Brian Yuzna]

 

AVANT-PROPOS
Toujours peu de participants à notre sublimissime concours de "brioches" et de Aillequoux ! Allez, je relève le défi ! Je mets, en plus des revues, un DVD en jeu ! Surprise, bien sûr. Pour ceux qui ne sont pas au courant,
cliquez ici (concours expliqué dans la deuxième partie de l'article !). Bonne Chance !
 
Chers Focaliens,


Ah oui, c'est vrai maintenant que j'y pense, j'avais complètement oublié de parler de SHORTBUS de John Cameron Mitchell, encensé par tous comme rarement, mais ces choses-là ne se disent pas. Si c'est le cas, on dit que tu te vantes. Si tu n'es pas d'accord, on dit que c'est chic de « conchier ». Je cite. Merci les gars, en tout cas, c'est une sorte d'antipub. Pour Kermit, vous nous trouvez durs (ce n'est pas moi qui ai écrit l'article), mais avez-vous l'émission MUPPET TV ? Sommes nous perdants quoi qu'il arrive ? Nous décidons que non ! [Oui, le simple fait de porter sur Disney un regard critique semble relever à leurs yeux du snobisme et de la mauvaise foi… Ça m’amuse. NdC]
 

SHORTBUS donc... Un couple de gays, dans la trentaine of course, décide de consulter une sexologue. Le plus timide des deux a proposé à l'autre d'élargir le couple aux expériences sexuelles de groupe, ou du moins à la participation occasionnelle d'un troisième larron. Ils veulent avant toute décision en parler avec un sexotherapeute (mange, Google, mange), et avoir son aval [Hem. NdC]. La consultation avec la sexologue se passe très bien. Plutôt finaude, elle s'entretient avec chacun des deux compagnons séparément. Mais en fin de séance, c'est l'incident : elle finit par gifler un des deux gars. Un lourd silence s'ensuit... Dans ce moment d'égarement et de stupéfaction, la femme avoue qu'elle n'a jamais connu l'orgasme. Voilà qui peut surprendre chez une sexologue, se dit le couple, qui décide de lui proposer de venir au Shortbus, espèce de salon échangiste ou club des expériences sexuelles en tout genre, gays et/ou hétérosexuelles... Ils découvrent là une étonnant galerie de personnages, et un lieu étonnant où tout est permis. Pour tous les personnages, une longue quête commence...

On l'aura compris, on parle ici de sexe, de sexe et de sexe. Si SHORTBUS trouva un écho remarquable à Cannes lors de sa présentation dans les sections parallèles à la compétition officielle, c'est par sa façon d'aborder le sexe : de manière frontale et pornographique (ben si, au sens strict), c'est-à-dire avec scènes de sexe non simulées. Un regard adulte, mûr, grave, drôle, loin de l'hollywoodisme qui prévaut, loin des codes du genre... De toute façon, il faut toujours à Cannes un petit buzz sexuel – généralement, une bonne fellation suffit... Mais arrêtons ces sarcasmes ! Nous ne sommes pas comme ça ! [LE DIABLE AU CORPS, version Bellocchio dans les années 80, et bing ! de nouveau, BROWN BUNNY de Vincent Gallo, etc.]
Du sexe frontal, du sexe adulte, et du sexe complet, en entier, toutes les questions, toutes les pratiques, toutes les sexualités. SHORTBUS, à sa manière, serait donc un film à thèse, à sa façon. En tout cas, nous ne pourrons pas aller jusque là, et pour cause...

Si tout le monde est d'accord pour trouver la chose et la démarche absolument non-provocantes (...n'empêche, quel buzz à Cannes ! Ooops, pardon, je deviens cynique...), je dois avouer que l'entame (entame, entame !) du film fut un sacré baroud d'honneur. Notamment grâce à cette "étrange" entrée en matière : un mec qui prend son bain, avec sa caméra vidéo (ohlalala ! Ne faites pas ça chez vous !) Et qui filme son sexe. Cut (ouille !). [Ça fait une semaine que je voulais faire ce jeu de mot. Mes excuses.] On passe au même plan, mais vu dans l'écran de contrôle de la caméra, et là, miracle, le gars se met à pisser ! On a vu plus dérangeant (je pense au magnifique SCHRAMM de l'allemand Jörg Buttgereit, qui du reste n'a absolument rien à voir avec SHORTBUS) ou plus corsé, ou plus crado (Quoique... Si c'était le contraire, comme nous le disait le Marquis dans son analyse brillantissime de PINK FLAMINGOS). Rien d'insupportable. Mais, c'est... Comment dire...
Les scènes qui suivent forment une intro très relevée en quelque sorte, notamment grâce à une scène de masturbation masculine périlleuse et qui, elle, se termine de manière pathétique et enfantine (le héros finit par pleurer de dépit ! Sans blague ? Il y avait là déjà un premier indice). Bref, on se dit que c'est relativement trash et "provocateur" dans le sens strict du terme, c'est-à-dire iconoclaste, avec des choses qui en principe "ne se font pas". On ne montre pas ces choses-là, et pas comme ça, surtout en introduction de film, période où quasiment tous les réalisateurs n'aspirent qu'à une chose : séduire leur public.
SHORTBUS aurait eu donc raison avec son buzz, ce serait un film iconoclaste... BROWN BUNNY... LE DIABLE AU CORPS... Mouais...


Passons et témoignons. SHORTBUS, espèce de films plus ou moins choral (ou qui évoque le film choral, ce qu'il finira par devenir, in fine, par la petite bande), est réalisé par John Cameron Mitchell dont le Marquis, encore lui, nous parlait du premier film HEDWIG AND THE ANGRY INCH, pas tout à fait abouti, mais avec de vrais morceaux de mise en scène dedans [À quelques instants très localisés, le reste étant tout de même très faiblard. NdC]. Ici, changement de programme, avec un budget léger pour tournage pas lourd, semble-t-il, déplacés de caméra in vivo, captation, etc., SHORTBUS privilégie semble-t-il un tournage assez près de ses personnages, et la liberté de tourner comme on veut. On devine le dispositif choisi pas trop lourd. La photo suit dans ce sens, relativement composée mais aussi à l’arrache et à gros grain. Pas très belle en fait, et qui part dans tous les sens, avec quelques pointes assez laides (un effet post-prod de lumière sur un lampadaire sur la scène du banc, et un changement d'étalonnage juste avant, quand la sexologue se perd dans les arbres). La photo donc, dispositif léger ou pas, ce n'est pas beau du tout. Malheureusement, hélas, trois fois hélas, rien d'autre ne suit. Faut-il parler du son ? Quasiment aucun film ne travaille le son de manière autre qu'utilitaire... Ici, c'est encore le cas, si l’on excepte une idée simple (mais de scénario), très bien réalisée, dans la séquence dite du "vibromasseur dans la salle de bain". Ça, c'est très bien, ça dure cinq secondes, mais c'est bien. [Et permettez-moi d'insister, c'est une idée de scénario, très narrative en fait...]. Là où ça fait mal, ça fait mal, comme disait la poète, c'est le reste. Comme dans 98,54% des films des années 2000, bah, on ne s’embête pas, on ne fait que des gros plans et des plans rapprochés. Avec un sens du cadre, comment vous dire...? On a vu plus moche, mais Dieu que ce n'est pas beau ! Quelle banalité ! Quelle naïveté dans ce cadre ! Toute créativité, toute aspérité, toute gratuité sont tuées directement dans l'œuf ! Un personnage parle, il est à l'écran. Quand le plan s'élargit par miracle jusqu'au plan moyen, on ne profite pas de l'opportunité pour essayer de mettre quelque chose en valeur qui ne soit pas dans le dialogue ou dans le scénario encore une fois. Bref, ça ne vit pas, en plus d'être au mieux quelconque, et trop souvent laid, laid, laid et sans personnalité, ce qui est un péché bien plus grave ("mortel !" diraient les jeunes). Pas de cadre, donc, que des plans rapprochés et des gros plans, tu l'auras compris, pertinent lecteur, talentueuse lectrice, déjà c’en est fini du cinéma. Bonjour Travail de Type Narratif ayant pour Caractéristique son Expression sur Support Audiovisuel, comme disait le poète. Bonjour la succession sans rythme et frontale (quasiment que des plans frontaux, donc pas de jeu d'axes) de scènes qui s'enchaînent sans fin et sans rupture. Adieu montage ! Adieu !


Scénario, Prince des Ténèbres est très occupé, lui. C'est lui le maître, bien entendu, et c'est lui le monteur ! Ça fait du boulot à s'occuper. Ainsi, monter des images entre elles est surtout une affaire, non pas de ciseaux et de scotch, furent-ils virtuels, mais de stylo, et de découpage narratif, osons le mot, une affaire littéraire, ou même théâtrale ! Le cinéma, c'est du théâtre, ou de l'opéra (cf. la scène finale, ici, nota-il avec malice), ou de la BD, ou du jazz, ou du roman-photo ou du hard-rock, ou de l'architecture. Sur support audiovisuel. SHORTBUS comme 98,47% de ses co-légionnaires, est autant un livre ou un disque qu'un film, si on réfléchit bien. Une question que j'abordais déjà dans mon brillant article POURQUOI LE CINÉMA ?, et d'ailleurs, soit dit en passant, on voit qu'elle est bien d'actualité... (Je le publierai demain !) Que reste-t-il, donc ? Bah, le scénario ou disons de la pièce ?
 
Pas grand chose, là non plus, à se mettre sous la dent... Dieu que tout cela est attendu ! Dieu que c'est prévisible ! Dieu que nous sommes en territoire connu ! Et bien sûr, là, par contre, ce n'est pas vraiment pardonnable. Non pas que ce soit ici l'histoire la plus indigente qu'on ait vue... On a vu plus mal fichu en effet, mais par contre, que tout cela est lourdaud. Car SHORTBUS, et nous aurions dû commencer par là, n'est rien d'autre qu'un gros mélo. Voilà. C'est tout. Un gros mélo romantique, vaguement porté sur l'humour. Avec sa petite quête, ses tentatives de résolutions, ses embûches, ses quiproquos, etc. On est plus proche (ce qui n'est pas forcément une faute grave d'ailleurs, mais à ce moment-là, il faut assumer) d’une une version "indépendante U.S" d'une comédie romantique à la Julia Roberts que du grand film iconoclaste et underground promis. Si la quête de la sexologue, très naïve dans l'expression de ses symboles, est très lisible et donc un peu tuée dans l'œuf (Les lumières qui disjonctent? Quoi... ? C'est tout ?!? Comment la scène finale peut-elle prendre son ampleur alors qu'on sait tout ce qu'elle contient au bout d'une bobine du film ? Que c'est maladroit dans l'écriture ! Et encore une fois, une idée cohérente sur le papier et qui se révèle désastreuse à l’image et dans le temps du film... Un scénario cohérent ne fait pas un bon film !), celle du vidéaste gay est presque insupportable. C'est d'une gravité qui est de la pertinence (et de la lourdeur) d'une télénovella brésilienne. Je m'explique : on est là dans le très grand naïf, bien en dessous de Julia Roberts d'ailleurs, et plus proche de PLUS BELLE LA VIE (la série de France 3), dont SHORTBUS se rapproche d'ailleurs en bien des points (représentation des minorités, utopie de cohésion sociale, échelle de plans, et donc symbolismes, enjeux !). La métaphore de la pénétration pour le héros gay, mise en parallèle avec la quête de l'orgasme de la sexologue, est tellement attendue, est tellement évidente, et ce dès les premières vingt minutes de film, que tout enjeu est réduit à néant, et plus grave, le film se débarrasse de fait de tout Mystère. De toute poésie. C'est le mélo qui tâche, celui qui fait pleurer Margot, qui l'emporte. Le plus gênant dans l'histoire, bien loin des zizis qui pissent dans la baignoire en gros plan, c'est cette naïveté (au mieux), ou plutôt ce toupet de construire le film sur ces deux seules idées (qui ne sont pas de mise en scène en plus ! Malheureusement...). Sans rien d'autre, sans enjeu supplémentaire, sans d'autres sentiments révélés, sans aucune ambivalence, ce qui est quand même un peu le comble lorsqu'on parle de sexe, le domaine où tellement de couches, ou tellement de niveaux se superposent, justement. Si le film prend le parti-pris, un peu suranné, de gommer le mystère à l'écran et de montrer les chose frontalement (et encore, on verra que ce n'est pas si évident, cf. plus bas), on s'étonne d'autant plus qu'avec une telle volonté de montrer un monde underground,  le film n'en présente pas, lui, de mystère, et préfère jouer la carte de la lisibilité parfaite, et plus grave à mon sens, du plus grand dénominateur commun, du rassemblement le plus large. C'est quand même un peu le comble ! Mais c'est le projet, et il n'est pas caché. À l'image de ce "grand final", parade musicale et mouvement d'utopie concrète, mouvement choral comme je le disais, sous forme de déambulation musicale, de fanfare (damned !), de communion et de retraite aux flambeaux, directement hérité de ce que les années 70 ont de plus attendu et sans doute de pire. De la série des EMMANUELLE à ce SHORTBUS, on se rend bien compte qu'on est dans la même rengaine, ou dans le même schéma (pour utiliser un terme plus neutre) de la représentation de la sexualité. Pas forcément d'ailleurs dans la nécessité ou la monstration de la sexualité de groupe (dit comme ça, j'en frissonne presque !), mais dans l'idéal, dans l'utopie là aussi de ce mouvement libérateur, gros mythe des années 70, complètement entré dans notre univers "bourgeois" (au sens strict). Le sexe est donc une question de Fraternité Standard, de mouvement social, de fusion dans le groupe. Une sorte de mouvement collectif et étymologiquement païen. L'émancipation de l'Individu, sa révélation, son déploiement trouvent leur aboutissement, leur résolution dans le groupe ! C'est très choquant ! [Et je ne parle pas forcément des scènes de partouze. Le groupe est beaucoup plus fort dans la démarche musicale de la fin. L'aboutissement de la sexualité et de l'épanouissement individuel, pour raccourcir un peu, mais c'est ce que le film exprime par naïveté, c'est la fanfare !
Le marching band ! Ou encore le montage alterné, maladie cinématographique très contemporaine qui finit par remplacer le montage lui-même. Le montage alterné musical... Comme la pub pour l'eau minérale : WE WILL ROCK YOU ! Queen, quoi ! Ou le stade de foot (I WILL SURVIVE). L'individu dans la Fraternité Standard et dans le groupe ? Ben non merci, les gars, c'est sans moi ! [Ce qui n'a aucune importance ici, puisqu'on parle de cinéma !] Plus étonnant pour un film si moderne et finalement si proche du roman de gare dans ses métaphores et ses enjeux plus directs (voir ci-dessus), on revient à la forme la plus attendue de cinéma hollywoodien : celle du passage de transition musical où on découvre déjà que les individus sont liés par la musique OFF, la musique du film, ce que Mitchell fait dès la première demi-heure, et que Trey Parker et Matt Stone parodient si bien dans TEAM AMERICA (« This is... MON-TAGE ! »). Tout ça pour ça, tout ça pour revenir au plus commun, au tout venant de l'expression hollywoodienne, là où on nous a "vendu" (voyez la bande-annonce où le réalisateur lui-même vient nous expliquer les enjeux "iconoclastes" de son film !) un grand film novateur, sensible, "subtil" pour reprendre un terme qui revient énormément dans les critiques qui ont encensé SHORTBUS comme un seul homme. Et si au fond c'était ça, ce que cherchaient les cinéastes, les critiques et le milieu du cinéma : que la forme mélodramatique classique apparue avec le parlant devienne la norme de ce qu'on nomme l'art et essai, en opposition au cinéma industriel... C'est complètement le syndrome Sundance. Le terme d'indépendance ne représentant plus qu'une variable budgétaire, le nombre de zéros en quelque sorte.

[Je passe sur les chose plus insupportables par charité chrétienne, et parce que ce ne sont que des conséquences de ce dont je viens de parler : le recadrage systématique des scènes de partouze au Shortbus, qui évite soigneusement le plus possible de montrer des sexes frontalement, justement, au profit de plans plus romantiques (le plan récurrent de la fille à quatre pattes, en train de se faire machiner par Monsieur dans le hors-champs gauche, dont on ne voit ni fesse ni même un sein, mais le tatouage, ce qui rend l'image, l'icône même comme résolument romantique et hollywoodienne : « tu dansais si fort à l'autre bout de la salle » comme disait le poète, girls and boys), la désincarnation de tout ce qui est hors-norme et non-jeune (le vieux ne partouze pas, il fait pleurer et il embrasse ; la grosse n'apparaît que toutes cuisses gélifiantes et gros cul dehors, la plupart du temps sans visage, la lesbienne qui se transforme en garçon ne baise pas, etc.) soigneusement écarté, et l'ignoble utilisation putassière de la musique en général, qui là aussi est loin d'être iconoclaste mais fonctionne comme un tire-émotion facile (et dont le thème principal pille honteusement le style vocal de David « Ziggy » Bowie, ce dont je m'étonne que personne n'ait parlé !). Je remarque aussi que tout ces gens sont des bohèmes-artistes spécialisés dans le concept ! Gag ! Notons aussi l'hôtesse du Shortbus, qui est bien inspirée par un Harvey Fierstein par exemple, sauce jeune et mince... Je passe aussi sur l'interprétation, vraiment aléatoire et très appuyée.]


Le Marquis, en parlant de HEDWIG..., soulignait l'effort de Mitchell de faire [à une ou deux reprises seulement, NdC] de la mise en scène aux accents un peu kenrusselliens ! Il semble que dans SHORTBUS, tout soit parti aux oubliettes, au profit d'une iconographie complètement commerciale et hollywoodienne, réalisant le film assez parfait aux yeux de l'Industrie, car parlant de sexe en étant un mélodrame, soit en faisant fusionner les deux genres les plus rentables. Il est absolument effarant de voir l'unanimité sur ce film. Effrayant même. Mitchell a-t-il vraiment vu des films de Russell ? LA PUTAIN, par exemple ? Lui et les critiques ont-ils oublié ce qu'a représenté Derek Jarman dans le mouvement underground cinématographique ? Ces gens-là ont-il, plus prosaïquement, entendu parler d’Oshima, de Gallo, ou ne serait-ce que de Larry Clark ? Ces gens-là ont-ils vu CAFÉ FLESH ?
Vendre le film sur son aspect iconoclaste, frontal et frondeur est d'une malhonnêteté totale bien entendu, et ne fait que révéler une chose (ce en quoi le film fait preuve de franchise et ne cache pas toutes ses intentions) : le Consensus. Mou.

Beautiful World, comme disait le poète ? But not for me !

Sincèrement Vôtre,

Dr Devo


PS : SHORTBUS, c'est le règne du Collectif, sa transcendance, l'accomplissement de l'Individu et de sa démarche... Pour des raisons cinématographiques qui tiennent au scénario et au montage, et au motus operandi général. Même pas pour des raisons de sexualité, sexualité qui n'est ici qu'une variable, finalement. La grande mode, décidément, est vraiment celle des films politiques (voir les récents article de ce site). SHORTBUS est d'autant plus représentatif qu'il ne s'inscrit pas dans une logique commémorative ou directement "à thèse" (INDIGÈNES, WORLD TRADE CENTER). C'est le règne de l'unanime. La réaction de la presse, absolument surréaliste, est d'autant plus remarquable et accablante. Voilà qui place le film comme une œuvre largement puritaine !
Une remarque que Mr Mort vient de me faire. Il dit que le vocabulaire des années 70 est trompeur. L'amour libre se confond avec l'amour en groupe. Et "amour en groupe" est une formule politiquement correcte, selon Mr Mort, de la notion, accrochez-vous, "d'Amour Collectif", c'est-à-dire de Sexe pour la Collectivité ! C'est rigolo !
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Publié dans Corpus Filmi

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Dr Devo 17/11/2006 11:56

Oui,pour les prochaisn TD apportez vos blouses, va y avoir des eclaboussures malheureusment!

dr Devo.

Isaac Allendo 17/11/2006 11:35

Huhuhu ! Le film porno-mélo d'auteur qui bande mou !Je suis impatient de lire l'article sur "Babel", pas vu une telle purge depuis le mémorable "The Constant Gardener". Pourtant  "21 Grammes" me plaisait plutôt.

Vierasouto 16/11/2006 23:09

Ce film étant le "coup de coeur" du magazine "Elle" de la semaine dernière (lecture qui m'inspire la plus grande méfiance)... qui parle de scènes "un peu chaudes" ... (manquerait plus que "Le Pélerin"...), ça en dit long sur ce qu'on est prêt à supporter pour avoir l'air branché... Je me demande où les gens ont vu que montrer des scènes de sexe non simulées, ça ne choque plus personne, quand le film démarrerait justement avec une sexologue tellement c'est simple et sympa... Ceci dit, je n'avais aucune intention d'aller voir ce film louangé par tous ... ( les mêmes qui ont descendu "Le Dahlia noir".) Ce que vous en dites me rappelle le film "Quand tu seras débloqué, fais-moi signe" rebaptisé "Les Babas cool" (avec la troupe du Splendid) dans une version trash raccoleuse.

Dr Devo 16/11/2006 18:03

Oui, raskolnikov, vous avez raison. j'ai été gentil dans le sens où je n'ai pas relever ce "chantage" purement formel au suicide: chantage artistique bien sûr et commander pour des raisons mélodramatiques sans aucun respect pour quiconque, le spectateur d'abord et l'intrigue ensuite... Là encore le film s'inscrit dans le tou-hollywwod. On en reparlera à rpopos de BABEL!

Martin R., c'est beau.

Dr Devo.

Martin r 16/11/2006 15:31

animal collective