QUE SAIS-JE ? : Aristopédia Cinématographia

Publié le par Le Marquis

(photo: "Slegehammering the Stars" par Dr Devo et Le Marquis)

Le Marquis répond au questionnaire en chaîne auquel j'ai été moi-même soumis (voir ici). Attention, ça décoiffe.
Dr Devo
 
Chic, j’adore ça les questionnaires, je sens que je vais me divertir…
 
1- Combien de films en salle et / ou en DVD voyez-vous par an ?
 
En DVD, c’est bien simple : au minimum un film par jour. J’aime beaucoup revoir, et j’ai une modeste petite collection de DVD (ceux qui me connaissent sont priés de ne pas ricaner, merci bien).
En salles : une formation absorbante (plus encore que la sphaigne) et exténuante m’a un peu éloigné des salles ces trois dernières années. Je dis bien un peu, parce qu’il a quand même fallu céder aux exigences de ma mère, qui sont les suivantes : obligation de l’emmener voir tout film mettant en scène des morts-vivants. Mais maintenant que je suis tiré d’affaire, je vais pouvoir retrouver mes habitudes de fréquentation, oscillant entre deux à cinq fois par mois, en fonction de la programmation. Je sais déjà que je vais me jeter sur le dernier John Waters dès qu’il aura atteint mes contrées.
 
2- Quel est le dernier film que vous ayez vu au cinéma et / ou en DVD / VHS / TV ?
 
Alors…
Le dernier film vu en salles : RESIDENT EVIL II. Ben oui, évidemment, il y avait des morts-vivants, ce qui n’a pas échappé à l’attention maternelle.
Dernier film vu à la télé : fichtre ! Aucun souvenir… Je n’achète même plus le programme.
Dernier film vu en DVD : ECORCHÉ VIF (SKINNED DEEP) de Gabe Bartalos : c’est totalement indigent et constamment laid visuellement. MAIS. C’est aussi un film indépendant et auto-produit dans la lignée du cinéma de Frank Henenlotter (BASKET CASE, FRANKENHOOKER, ELMER LE REMUE-MENINGES) et de Troma, et en ce sens c’est un des métrages les plus indescriptiblement branques que j’ai visionnés ces derniers temps. Ah ! Ces mecs « bourrés depuis 24 heures » en pleine course sur l’autoroute à bord de leur camionnette. Au volant, un obèse hilare. À ses côtés, un autre obèse, hilare lui aussi. À l’arrière de la camionnette, c’est le bouquet : un groupe de joyeux fêtards, tous plus laids les uns que les autres, hilares cela va de soi, boivent de la bière en matant un film érotique qu’ils projettent depuis la camionnette, à même la route qui défile à toute bringue.
Evidemment, la télé, même avec « deux films sinon rien », n’offre pas une concurrence sérieuse face à un tel programme.
 
3- Quel est le film que vous auriez envie de voir ou de revoir ?
 
Bonne question, réponse difficile.
J’aimerais voir un film de Marie-Claude Treilhou. UN PETIT CAS DE CONSCIENCE par exemple…
Revoir… Il y a tant de films que j’aimerais revoir que j’aurais plus vite fait d’établir la liste des films que je ne veux plus jamais revoir. J’ai aimé revoir la série des VENDREDI 13. Je pourrais revoir DEMONS de Lamberto Bava une fois par jour si j’étais juste un tout petit peu plus psychotique. J’aimerais revoir MIRACLE À L’ITALIENNE, LE CHANT DES SIRENES, SUPERSTITIONS, L’HOMME À DEUX TÊTES, OTHELLO… J’espère ne jamais revoir la série des BRONZÉS, jamais. À vrai dire, j’aimerais ne jamais l’avoir vue.
 
4- Lorsque que vous regardez un film, comment vous comportez-vous ? (Seul ou en bande, nourriture, boisson, position et autres manies diverses...)
 
Convenablement.
Seul au cinéma en général, je préfère. Surtout pour aller voir METROPOLIS – mes amitiés à ceux de mes amis qui se reconnaîtront. Mais, comme beaucoup d’autres, je suis hypersensible aux bruits de préhension-mastication-déglutition, et aux bavardages qui ne s’interrompent que lorsque le film démarre, c’est-à-dire, chez une certaine faune, quand on entend les premiers dialogues et pas avant. Je voudrais que les sièges soient électrifiés et avoir la télécommande.
Chez moi, c’est en fonction. Seul, c’est avec oreiller, couette, sur le divan, avec l’accessoire privilégié : un bon gros chat de gouttière. Le mien adore le début de GENERATION PERDUE, ne me demandez pas pourquoi. Accompagné, je suis royal. Je fournis nourriture, boissons, et même pop-corn si le film s’y prête. Je remarque une chose : j’ai beau proposer un assortiment de films de natures, d’époques et d’origines différentes, mes invités (n’est-ce pas docteur ?) finissent toujours (ou presque) par opter pour le pire film possible : NINJA INVASION, SINBAD avec Lou Ferrigno, FLIC OU ENFER, MONDO CANNIBALE… Bien sûr, vous me direz : « Mais pourquoi achètes-tu ces films dans le premier endroit ??? ». Et là, je peux vous répondre que… C’est quoi, la question suivante ?
 
5- Citez les cinq films (ou les 10 ou les 200) qui vous ont le plus marqué !
 
Mmmm. Vous ne savez pas dans quoi vous m’embarquez… Comme dirait le docteur, à l’instant T (pourquoi ne dit-on pas l’instant I ?), voilà ce que ça donnerait.
 
1- 1984, de Michael Radford : découvert récemment ; j’ai lu le roman d’Orwell il y a deux ans, et le travail d’adaptation m’a paru vraiment remarquable. J’en profite pour saluer, plus modestement, l’adaptation très honorable de LA FERME DES ANIMAUX de John Stephenson.
2- THE ADDICTION d’Abel Ferrara, avec un regard qui louche aussi vers L’ANGE DE LA VENGEANCE.
3- ALICE, de Jan Svankmajer (ceci dit, le Woody Allen n’est pas mal non plus) : je n’oublierai jamais le frisson d’horreur qui a parcouru la salle pleine de petits n’enfants accompagnés lorsque le film a démarré sur cette voix-off, « Vous aller voir ALICE. Un film pour les enfants. Du moins, c’est ce que le titre laissait croire. » Moralités : programmer un film d’animation dans un festival jeune public peut être un exercice périlleux / assister à une telle projection, malgré les perturbations occasionnées (commentaires parentaux outrés, pleurs enfantins, fuites organisées au bout de vingt minutes) peut être très drôle.
4- AMATEUR de Hal Hartley, excellent souvenir, ainsi que THE UNBELIEVABLE TRUTH.
5- ANGOISSE, de Bigas Luna – et encore, je ne l’ai vu qu’en VF recadrée, je n’ose pas imaginer ce que ça peut donner en salles.
6- AVALON, de Mamoru Oshii : son film le plus abouti à mon sens – mais je n’ai pas encore vu INNOCENCE. On aura beau dire, ça a quand même une autre portée que MATRIX.
7- L’AVENTURE DE Mme MUIR, de Joseph Mankiewicz : CHAÎNES CONJUGALES se pose là, lui aussi, mais je me sens tellement bien devant ce film. Superbe musique de Bernard Herrmann.
8- L’AVENTURE INTERIEURE, et MATINEE (PANIC SUR FLORIDA BEACH) de Joe Dante – mais j’avoue aussi un gros faible pour le bancal EXPLORERS.
9- BATMAN RETURNS, de Tim Burton, surtout pour mentionner l’air de rien son court VINCENT, magnifique.
10- BLOOD SIMPLE, FARGO, LE GRAND SAUT : dîtes, les frères Coen, vous nous en refaites un comme ça, bientôt ?
11- BRAZIL, de Terry Gilliam, épuisant mais un peu incontournable – mais je cite aussi le superbe BANDITS BANDITS – et son casting…
12- BREAKING THE WAVES, DOGVILLE, EUROPA. Pour Lars von Trier, je n’arrive jamais à me décider.
13- CATCH 22, de Mike Nichols, qui manifestement ne fera jamais mieux. Difficile de revenir à MASH après avoir vu celui-là.
14- CECIL B.DEMENTED, SERIAL MOTHER, et allez, tout le reste, John Waters me met dans sa poche dès qu’il crie “moteur”.
15- CEMENT GARDEN, d’Andrew Birkin : un film qui est venu me voir sur la pointe des pieds et m’a embrassé sur la bouche. Avant de me mordre, le salaud. C’est vraiment à voir, je veux dire.
16- LA CHAIR DU DIABLE, de Freddie Francis : ne pas en attendre grand-chose, avec ses airs de film de la Hammer de seconde zone, c'est se préparer à une belle baffe dans la figure.
17- CHROMOSOME 3, de David Cronenberg, qui reste celui que je préfère de Cronenberg pour des raisons qui m’échappent – avec VIDEODROME.
18- CITIZEN KANE, d’Orson Welles – et ce n’est pas pour faire chic, ça vient du cœur.
19- LA COMPAGNIE DES LOUPS, de Neil Jordan – dont j’ai déjà parlé.
20- DEAD MAN, GHOST DOG, de Jim Jarmusch : dire qu’il y en a pour trouver ça chiant…
21- DELLAMORTE DELLAMORE, de Michele Soavi : de la personnalité à revendre, mais Soavi a bien du mal à revenir sur nos écrans manifestement.
22- LA DERNIERE VAGUE, PIQUE-NIQUE À HANGING ROCK, de Peter Weir : longtemps avant LE CERCLE DES POUETS DISPARUS, Peter Weir faisait du cinéma, et pas n’importe lequel, putain de merde (pardon).
23- DEUX SŒURS, de Kim Jee-Woon : et son sketche sublime pour le beaucoup moins sublime TROIS HISTOIRES DE L’AU-DELÀ. Vivement le prochain.
24- DONNIE DARKO, de Richard Kelly : C'est vrai que c'était remarquable. Mais il a fait quoi depuis ???
25- DROWNING BY NUMBERS, de Peter Greenaway, sur lequel mon choix s’arrête peut-être parce que c'est le premier film que j'ai vu de lui, et que c'est celui qui m'a fait la plus forte impression.
26- DUST DEVIL, de Richard Stanley – ainsi que HARDWARE. S’il ne s’était pas cassé les dents sur le tournage repris au pied levé de L’ÎLE DU Dr MOREAU, s’il n’était pas devenu bouddhiste, il aurait continué à me faire plaisir…
27- EL, de Luis Buñuel : j’adore Buñuel, c’est toujours vachard de n’en citer qu’un (d’ailleurs vous avez vu, je n’y arrive pas), mais celui-ci m’a vraiment comblé.
28- L’ENFANT MIROIR, de Philip Ridley : un film beau à pleurer. Son film suivant, DARKLY NOON, est également très recommandable. Qu’il soit ainsi relégué aux oubliettes reste bien dur à avaler.
29- ERASERHEAD, MULHOLLAND DRIVE, TWIN PEAKS FIRE WALK WITH ME de David Lynch, évidemment ai-je envie de dire.
30- L’ESPRIT DE LA RUCHE, de Victor Erice : il n’a beau faire qu’un film tous les douze ans, je n’ai encore vu que celui-ci. Très fort.
31- L’EXORCISTE II, de John Boorman – un film que j’aime énormément, et j’en entends si souvent dire du mal…
32- LA FELINE, LA MALEDICTION DES HOMMES-CHATS, respectivement de Jacques Tourneur et Robert Wise – là aussi, j’en ai déjà parlé précédemment.
33- FENETRE SUR COUR, L’OMBRE D’UN DOUTE, SUEURS FROIDES. Mais c’est vraiment le premier mentionné qui me fascine complètement.
34- LA FIANCEE DE FRANKENSTEIN, de James Whale : il a beau essayer de toutes ses forces, ce film n’arrive pas à vieillir.
35- LA FILLE QUI EN SAVAIT TROP, de Mario Bava : un de ses meilleurs films, je confirme…
36- John Carpenter, notamment pour FOG, HALLOWEEN, PRINCE DES TENEBRES, THE THING. FOG est sans doute celui qui me touche le plus.
37- FOU À TUER, de David Schmoeller (également auteur de TOURIST TRAP), qui ne tourne plus malheureusement – encore un qui est resté sur le carreau. C’est subjectif, peut-être, mais FOU À TUER me paraît être le Nirvana de la série B des années 80 (je suis sûr que le docteur sera sensible à ce dernier argument).
38- FRAYEURS de Lucio Fulci – mais mon cœur balance avec son sous-estimé MANHATTAN BABY.
39- LES FRISSONS DE L’ANGOISSE, INFERNO, PHENOMENA, SUSPIRIA, LE SYNDRÔME DE STENDHAL de Dario Argento. INFERNO est celui vers lequel je reviens toujours.
40- LA GARÇONNIERE, de Billy Wilder : parfait, je ne m’en lasse pas.
41- GIORGINO, de Laurent Boutonnat, qui ne méritait pas le mépris avec lequel il a été accueilli à sa sortie en salles.
42- GOTHIC, de Ken Russell, dont il faut aussi recommander LOVE, LES DIABLES, LES JOURS ET LES NUITS DE CHINA BLUE, LE REPAIRE DU VER BLANC.
43- LE GRAND SILENCE, de Sergio Corbucci, dont j’aimerais tant revoir DJANGO.
44- L’HEURE DU LOUP, d’Ingmar Bergman : toute personne admirant le travail de David Lynch se doit d’aller visiter ses sources, et donc de découvrir ce film splendide et terrifiant.
45- L’ÎLE AU TRESOR DES MUPPETS, de Brian Henson : je crains que ce ne soit qu’une roulure, mais mon cœur bat pour Miss Piggy. Je suis un inconditionnel des Muppets, c’est comme ça – et dans celui-ci, Tim Curry est à tomber par terre.
46- L’IMPOSSIBLE Mr BEBE, d’Howard Hawks : fait partie de ces très rares comédies que je peux regarder en boucle.
47- LES INNOCENTS, de Jack Clayton. Terrifiant, envoûtant, rigoureux, abstrait. Tout pour me plaire. S’il fallait réduire ma liste à l’extrême, il ferait certainement toujours partie du lot.
48- L’INVASION DES PROFANATEURS, de Philip Kaufman : une des adaptations du récit de Jack Finney que je préfère. J’ai vu ce film quand j’étais petit, et le plan final m’a littéralement traumatisé. Maintenant, quand j’entends « Amazing Grace », je fais des cauchemars.
49- JOHNNY GOT HIS GUN, de DALTON Trumbo. Tagada, Tagada, voilà les Donalds. Pas le genre de film qu’on a envie de revoir trop souvent, mais l’expérience est payante.
50- JOUR DE COLERE, de Dreyer, m’avait fait une très forte impression, en voilà un que j’aimerais bien revoir…
51- KAÏRO, de Kiyoshi Kurosawa. Curieusement, le film ne m'a pas fait peur du tout. Mais je me suis rarement senti aussi retourné en salles, il m'a fallu du temps pour m'en remettre.
52- KILL BILL, de Quentin Tarantino, avec un gros faible pour JACKIE BROWN.
53- Km, de Jean-Christophe Sanchez : en étendard, avec derrière lui une flopée de courts-métrages (DRAHOMIRA INK, MA GRAND-MERE AUTO-CONSUMEE, CARREMENT AUTRE CHOSE, NYLON 6x6…), aucune compromission, un univers entier, submergeant, exigeant, accidenté, inconfortable, drôle, et des films qui passent déjà chez vous, chaque jour, mais vous ne le savez pas encore, parce qu’ils passent derrière vos murs et que vous n’écoutez pas assez fort. Pas encore. J’espère voir un autre long, et d’autres courts. J’espère surtout que l’expérience ne s’arrêtera pas en si bon chemin, même si le chemin est détourné et difficile. Mettez les doigts dans les prises électriques, vous aussi. Si le doigt ne rentre pas, prenez une fourchette.
54- KRYSAR, LE JOUEUR DE FLÛTE DE HAMELIN, de Jiri Barta : j’ai vécu exactement la même expérience en salles que pour ALICE de Svankmajer cité plus haut. Ne passez pas à côté en croyant snober un film pour gosses (surtout vu la façon qu’il a de leur foutre la pétoche de leur vie), c’est un film unique et vraiment dérangeant.
55- LEOLO, de Jean-Claude Lauzon : Lauzon est mort il y a quelques temps dans l’indifférence générale. LEOLO est un film indescriptible et incroyablement « plein ».
56- LONG WEEK-END, de Colin Eggleston : je donnerais tout pour le revoir, celui-là. Encore un film (et un cinéaste, lui aussi décédé) sombrant dans l’oubli pendant que la télé nous rediffuse ad nauseam LE VIEUX FUSIL (qui ne fait pas partie de ma liste). Oublier une oeuvrette insipide comme DREAM LOVER de Pakula, c’est dans l’ordre des choses, mais quand c’est une telle perle qui devient introuvable, ça a quelque chose d’insupportable.
57- LORENZO, de George Miller, très, très beau film. Et très grand cinéaste.
58- LUCIA Y EL SEXO, de Julio Medem – pour n’en citer qu’un. Je donne 10 Almodovars contre un seul Julio Medem.
59- MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE, de Tobe Hooper : drôle, douloureux et suggestif jusqu’à l’expérimental.
60- MEMENTO MORI, de Kim Tae-Yong et Min Kyu-Dong, très beau film.
61- MERCI LA VIE, de Bertrand Blier : définitif.
62- METROPOLIS, de Fritz Lang : et puis non, tiens, je vais plutôt citer LA FEMME AU PORTRAIT et FURIE.
63- MILLENIUM ACTRESS, de Satoshi Kon : mais pourquoi n’est-il pas sorti en salles ???
64- LES MONSTRES DE L’ESPACE, de Roy Ward Baker. Bon, le titre ne fait pas dans la dentelle (en VO : QUATERMASS AND THE PIT). Mais c’est un film hallucinant, sans doute celui que je préfère de Roy Ward Baker, et de la firme Hammer en général.
65- MOONWALKER.
66- LES NAINS AUSSI ONT COMMENCE PETITS, de Werner Herzog : atroce et profondément hilarant, un petit chef-d’œuvre de rire inconfortable.
67- NAKED, de Mike Leigh : "celui-là oui mais pas les autres!" Oui bon, on se calme, Dr Devo ! Je suis loin d'être un inconditionnel, mais Mike Leigh a aussi réalisé LIFE IS SWEET et le très mésestimé DEUX FILLES D'AUJOURD'HUI. Ceci dit, NAKED reste quand même son meilleur film à mes yeux.
68- NE VOUS RETOURNEZ PAS, de Nicolas Roeg, passionnant, mais j’ai envie de citer en complément WALKABOUT, ENQUÊTE SUR UNE PASSION et EUREKA.
69- LA NUIT DE L’IGUANE, de John Huston : je demande à être enterré dans ce film à ma mort.
70- LA NUIT DES TRAQUEES de Jean Rollin : celui que je préfère avec LA ROSE DE FER.
71- LA NUIT DU CHASSEUR, de Charles Laughton : si vous ne l’avez pas déjà vu, c’est très mal.
72- OZ, UN MONDE EXTRAORDINAIRE, de Walter Murch : oubliez Judy Garland avec ses couettes et son corset qui dissimulait tant bien que mal qu’elle n’était plus une jeune fille (oui, je sais aussi être délicat et raffiné parfois), oubliez ces décors si bariolés qu’on croirait qu’un bisounours géant a mangé un arc-en-ciel qui lui a donné la colique. RETURN TO OZ est un de mes meilleurs souvenirs de cinéma – et j’ai bien failli passer à côté, j’ai dû faire scission avec ma famille partie voir LES GOONIES dans la salle d’à côté.
73- PHANTASM, de Don Coscarelli – dont j’ai déjà parlé précédemment, mais je me répète, c’est un de mes films de chevet.
74- PHANTOM OF THE PARADISE, SŒURS DE SANG, de Brian de Palma : soupira-t-il en pensant à CARRIE, BLOW OUT, OBSESSION…
75- POSSESSION, de Zulawski : qu’est-ce que j’ai aimé POSSESSION… Qu’est-ce que j’ai détesté LA FIDELITE… Qu’est-ce qu’il faudrait que j’en découvre d’autres.
76- LES POUPEES, de Stuart Gordon : petit film, conte de fées mâtiné d’épouvante, ça ne paie pas de mine, mais le film ne m’est jamais complètement sorti de la tête depuis.
77- LES PROIES, de Don Siegel : un des meilleurs films du cinéaste.
78- RAN, d’Akira Kurosawa : pas le plus chaleureux de Kurosawa, c’est clair, mais je trouve ce film fascinant. Attention : noir, c’est noir.
79- REPULSION, ROSEMARY’S BABY, LE LOCATAIRE, de Roman Polanski : ben oui, finalement, c’est beaucoup mieux que PIRATES, forcément. LA NEUVIEME PORTE ne fait pas peine à voir, mais on est bien loin de ces cauchemars fondateurs.
80- LA RESIDENCE, de Narcisso Ibanez Serrador : atmosphère classique d’épouvante à l’ancienne, qui ne nous prépare donc pas à des fulgurances avant-gardistes parfois saisissantes.
81- ROCKY HORROR PICTURE SHOW, de Jim Sharman : j’avais envie de placer une bonne grosse comédie musicale, je n’allais quand même pas parler de BRIGADOON, non ?
82- RUSHMORE, de Wes Anderson : je n'ai pas vu LA VIE AQUATIQUE, et je suis un peu moins emballé par LA FAMILLE TENENBAUM ou par BOTTLE ROCKET. Par contre, RUSHMORE me paraît sensationnel.
83- SANTA SANGRE, d’Alejandro Jodorowsky : Jodo pousse le symbolisme à son paroxysme, tout en rendant un très bel hommage au cinéma d’horreur. Incontournable.
84- SOLARIS de Tarkovski : son seul souvenir me perce le cœur. Magnifique.
85- SOMBRE, de Philippe Grandrieux, qui fait partie des rares cinéastes français récents à m'avoir mis KO.
86- SUPERVIXENS, ULTRAVIXENS, de Russ Meyer. Entre autres.
87- LE TALENTUEUX Mr RIPLEY, TRULY MADLY DEEPLY, et le court-métrage PLAY pour Anthony Minghella, à qui on peut donc aisément pardonner LE PATIENT ANGLAIS.
88- LE TOMBEAU DES LUCIOLES, de Hisao Takahata
89- TROUBLE EVERY DAY, de Claire Denis
90- LES TUEURS DE LA LUNE DE MIEL, de Leonard Kastle
91- UGLY, de Scott Reynolds – aucun de ses films n’est distribué en salles, quelqu’un peut m’expliquer le problème ?
92- UN ANGE A MA TABLE, de Jane Campion : c’est long mais c’est bon !
93- UZUMAKI, de Higuchinsky : avec un nom pareil, on est obligé de faire de très bons films.
94- 28 JOURS PLUS TARD, de Danny Boyle : … pourtant, dirons certains. En ce qui me concerne, je n’ai pas encore vu les autres et je n’en entends pas dire le plus grand bien. Mais 28 DAYS LATER a vraiment fait du bien par où il est passé.
95- VIVRE, de Zhang Yimou : sous ses apparats de chronique familiale mélo formatée pour festivals occidentaux, Zhang Yimou (qui a un peu jeté les armes depuis pour faire du grand spectacle) livre un film au rythme et aux dimensions surprenantes, et utilise le mélo à des fins à la fois abstraites et ironiques. Un film qui plaira forcément à ceux qui ont eu le bon goût de voir en « Madame Bovary » un roman aussi drôle qu’il est noir.
96- VORACE, d’Antonia Bird : la cinéaste, parachutée sur le tournage quelques jours avant le début des prises de vue, ne s’est pas contentée d’assurer l’interim. Loin de là.
97- LE VOYEUR, de Michael Powell : un film superbe qui focalise beaucoup l’attention dans la carrière du cinéaste. Mais ce serait une grave erreur que d’oublier de mentionner ses collaborations avec Emeric Pressburger, en particulier LE NARCISSE NOIR.
98- WALKER, d’Alex Cox : qui a l’avantage sur REPO MAN en ce qui me concerne.
99- THE WICKER MAN, de Robin Hardy : longtemps méconnu et culte, récemment ramené à la vie en vidéo et bientôt l’objet d’un remake qui risque de faire grincer des dents, le film de Robin Hardy est à la hauteur de sa réputation. Largement.
100- LES YEUX SANS VISAGE, de Georges Franju : incontournable.
101- ZOMBIE, de George Romero : je suis obligé de mentionner celui-ci, qui m'a vraiment renversé quand j'étais petit et que je revois sans me lasser depuis. Et Romero va nous sortir le quatrième volet des morts-vivants cet été, quel bonheur en perspective... En plus ça sera une occasion de sortir ma mère.
 
Et bien oui, 101. Il y a un intrus, l’aurez-vous identifié ? Le plus beau dans tout ça, c’est que je possède 90% des films mentionnés sur cette page : on est peu de chose. C’était bien agréable de le faire, ce petit questionnaire, ça m’a divertit. Vous pouvez disposer.
 
Le Marquis

Publié dans Ethicus Universalis

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Le Marquis 23/12/2006 00:14

Je ne suis pas un grand inconditionnel de Billy Wilder. Après avoir découvert LA GARCONNIERE - tout seul dans mon coin - j'avais attendu énormément d'IRMA LA DOUCE, qui m'avait franchement déçu. Mais j'aime vraiment son SHERLOCK HOLMES, ou encore le très beau SUNSET BOULEVARD.Mais LA GARCONNIERE m'a profondément marqué et m'emporte à chaque fois que je le revois, c'est-à-dire deux à trois fois par an. Je reste toujours estomaqué par la façon dont ce film glisse l'air de rien dans ce qui aurait pu n'être qu'un marivaudage décoratif une telle violence, une amertume aussi intense. De même que je suis toujours aussi bluffé par le tact et la conviction avec lesquels le film trouve une conclusion sentimentale, heureuse, mais qui sonne pourtant juste... et est amorcée par ce qu'on croit être un suicide. Contrairement à la plupart des films jouant sur le même terrain de la comédie dramatique, Wilder a véritablement su faire se confronter les deux versants, drame et comédie, non pas dans une alternance factice avec des hauts et des bas téléphonés (type 4 MARIAGES ET 1 ENTERREMENT pour n'en citer qu'un parmi des millions d'autres), mais dans une ambiguité permanente, et parfois vertigineuse (séquence au cours de laquelle l'action se partage entre deux pièces conjointes, Jack Lemmon circulant alors entre les deux genres). Si je devais réduire cette liste à dix titres, LA GARCONNIERE en ferait toujours partie, ne serait-ce que parce que, d'une étrange façon, c'est un film envers lequel je me sens redevable.

Guillaume Massart 22/12/2006 09:07

Ah tiens oui, j'avais zappé Moonwalker ;)
En fait, Wilder, souvent, m'ennuie. Et si j'ai un rapport haineux avec La Garçonnière, c'est sans doute dû à une indigestion d'ordre estudiantin (qu'est-ce qu'on a pu me saouler avec ce film, qu'à la base, déjà, j'aimais peu).

Le Marquis 22/12/2006 00:08

Mais si tu préfères MOONWALKER...

Le Marquis 22/12/2006 00:07

Un de mes films préférés.

Guillaume Massart 22/12/2006 00:01

L'intrus, ne serait-ce pas la chiantissime Garçonnière?