FAST FOOD NATION, de Richard Linklater (Angleterre / USA-2006) : Ass Fool Nation leads to Ass Foot Nation...

Publié le par Dr Devo

[Photo : "Des larmes embuent la lunette de mon fusil de tireur d'élite" par Dr Devo]

 

 

Chers gens,


Péter chez la Comtesse, c'est mal. Regarder des films de Maïwenn ou de Duras, c'est mal. Lire Matière Focale au travail, c'est mal. Placer son fric en Suisse, c'est mal (mais vous ne croyez pas que je vais bosser gratuitement comme critique de cinéma, quand même !). Avoir un gros 4x4, c'est mal, et manger des hamburgers, c'est mal ! Bon, vous voilà prévenus. Ceux qui veulent changer de comportement avant Noël ont encore le temps. Sinon, pas de cadeau ? Ah ben non, offrir des cadeaux, et en remplir son caddy (pas de marque !), ça c'est bien, c'est bon pour l'économie, c'est bon pour la France, surtout que le dernier disque de Françoise Hardy est sorti (c'est dégoûtant de dire des choses pareilles) !
 

Richard Linklater a son petit surpoids de culte, peut-être pas un gros culte, mais un chouette culte, chez les djeunz, surtout ceux qui ont vu BEFORE SUNSET et BEFORE SUNRISE, les machins avec Julie Delpy, formidable créature de l'espace que je salue (tiens, si quelqu'un connaît la Bête, voilà quelqu'un que j'adorerais interviewer pour le site et en faire un gros bon délirant entretien focalien... j'en profite pour lancer un appel à témoin : je n’ai plus de nouvelles de mon ami Tournevis, collaborateur à ce site, et qui n'aime pas du tout la Delpy... Si tu me lis, Tournevis : "Bonjour !"). Je n'ai jamais vu ces deux films, mais bon, je constate qu'aussi bien certains les considèrent comme l'eau désespérément la plus tiède du monde, aussi bien d’autres lui vouent un culte de chose sublime donc, lui pardonnant tout, même les champs/contrechamps qu'on m'a juré être pourtant interminables. Étrange... Tous les films sont bons jusqu'à ce qu'on les voit, c'est le principe de ce site, et certains le restent après, comme dirait le Marquis. Bon. Moi, j'avais vu son précédent film, ou plutôt son film d'après mais sorti avant, à savoir A SCANNER DARKLY d'après Philip K.Dick, assez touchant quand même. Tiens je n’avais pas fait d'article, c'est malin. C'est mal. On en parlera à la sortie DVD, si Warner est d'accord pour m'en envoyer qu'on puisse vous faire gagner !
 

Greg Kinnear, acteur pas mauvais du tout qui fait une excellente (commercialement du moins) deuxième partie de carrière, et dont je recommande particulièrement
AUTOFOCUS, dont le Marquis nous a parlé brillamment (belle note dans mon souvenir), et MYSTERY MEN, très chouette film bricolo de super-héros avec grand casting débilosse, qu'on trouve à cinq francs six sous dans les bacs à soldes dignes de ce pays, le tout sur une musique de Mark Mothersbaugh (LA VIE AQUATIQUE, ou le très bel alboume introuvable THE VISITING KIDS et son génial titre NEPOTISM - "Mon père a produit le film... Ma mère est Présidente !" Que voulez vous de plus ?), Kinnear, disais-je, est super cadre "exécutif" (c'est lui qui l'dit !) dans une grande boîte de fast-food américaine genre MacDonald. Il travaille aux développements de nouveaux produits. C'est son équipe qui a conçu le fameux Big One, hamburger qui affole les compteurs, et qui est un des plus gros succès de la boîte et de l'histoire du fast-food. [Ça tombe bien, c'est la semaine du Fooding ! Alors les li-lis, il est bon le tapas à 10 € ?] Ce Big One est un gros succès. Alors que l'équipe de Kinnear s'apprête à sortir un nouveau produit, son patron l'informe qu'on a retrouvé des traces importantes de matières fécales (et malheureusement, très peu de focales) dans le Big One ! Pour l'instant, l'information est confidentielle, mais il faut savoir ce qui se passe. Kinnear est envoyé au Texas, au Nouveau-Mexique, près de la frontière, à Ploucville, région où se trouve l'usine qui traite la viande qui sert à faire le Big One. L'enquête commence tranquilou tandis que...
Un lecteur japonais de Matière Focale se gratte le nez avec ses gros doigts et provoque la mort d'un papillon en Islande (le bjorkicus lostae). Des migrants mexicains passent la frontière et se retrouvent à bosser dans l'usine qui fait les Big Ones. Une étudiante de 18 ans qui travaille dans le fast-food commence à se poser des questions sur l'environnement, tandis que le Marquis en se grattant la tête fait mourir un vieil acteur français ! YiiiiHahaaaaa ! C'est un film Corral, ou plutôt choral, ou plus ou moins... Ça faisait longtemps qu'on n'en avait pas vu... Une semaine quand même !
 

Amis des Dossiers de l'Écran, bonsoir ? Ah oui, c'est sûr, on n’avait pas encore fait de films sur l'univers impitoyable de la malbouffe. Et là, comme par hasard, c'est... C'est Participant qui produit. Participant, vous les avez déjà vus dans le générique de films comme :
UNE VÉRITE QUI DÉRANGE, GOOD NIGHT AND GOOD LUCK, SYRIANA, et le machin sur la mine et le harcèlement (avec Frances McDormand) que je n'ai pas eu le courage d'aller voir et qui était sorti il y a une dizaine de mois. Ils sont quand même gonflés, les petits gars, de critiquer les hamburgers, alors qu’eux font du fast-food pour le cinéma ! Ooops, pardon, du fooding ! Car ici, on s'adresse à la classe moyenne, celle qui assez d'argent pour mettre huit euros, HUIT EUROS, EIGHT EUROS, 10 fucking dollars, dans ce film sur simple conseil de nos amis les critiques ou sur la simple présomption de pertinence de la part de Gilles Jacob et de ses sbires qui avaient sélectionné le film à Cannes ! Marrant, non ?
La formule est la même à chaque fois : montage corral poudre spécial ("mais il y a du calcaire dans votre système oculaire !?!"), sujet "qui concerne et qui inquiète" ("faites voir... Mais qui vous a recommandé ces DVD ?"), casting de "stars concernées" en un seul mot ("personne, monsieur..."), et grande cause humanitaire dont on viendrait à bout si on se comportait comme des frères du même village ("C'est pas Matière Focale en tout cas !"). Le pétrole et les magouilles au Moyen-Orient (il y a des salauds arabes et des salauds américains ! D’oh ! T'as entendu, Marge...), le maccarthysme ("ils n'arrêtaient pas de nous censurer il y a 30 ans ! Votez démocrate !), adhérez à Greenpeace ou je tue vos enfants (Vous croyez que j'exagère ? Allez voir le film-annonce ici et en rigolant, parce que c’en est presque drôle, rappelez-vous que tous les médias vous ont recommandé le film et que personne n’a osé dire que c'était de la merdre pour hamburger !), etc. Si tu bois du café Clooney et que tu te sens concerné en un seul mot, voilà des films qui font du bien à la Planète, à ton cerveau et à tes voisins. Et c'est bien là l'arnaque : la culpabilisation. Premier niveau : si je ne vois pas le film, je suis mauvais, je ne fais pas l'effort de lutter contre le fléau, je ne pourrai jamais changer le monde. Deuxième niveau : en contribuant au succès du film, je m'assure de son succès auprès de mon voisin qui ne comprend rien à l'écologie ou à la politique et qui, sinon, risque de voter communiste ou front libéral ! Se culpabiliser et culpabiliser le voisin.
Grâce à Matière Focale, on peut se débarrasser de cette culpabilité. Ces films n'ont jamais rien changé. Ces films ont le même principe que les chaînes d'argent, et je trouve que ça devrait être interdit. Il est faux de dire que personne ne voit ces films, c'est le contraire, ce sont des blockbusters de l'art et essai. Si vous croyez encore qu'une œuvre d'art (je plaisante bien sûr) peut encore influencer le CAC40 ou le Dow Jones, changer le cours des rivières, empêcher la fonte des glaces et rendre moins con, je vous conseille d'aller faire un tour, de marcher, prendre l'air dans les rues de votre quartier, là tout de suite, laissez cet article, il ne s'envolera pas. Si vous sortez en oubliant de mettre votre pantalon, vous avez compris la leçon. Pour les autres, revenez chez vous, enlevez votre slip, mettez-le sur le tête comme un chapeau, et remettez votre pantalon (Hmmmmm, mon lectorat nu sous les vêtements... Ça fait rêver...) et allez à la Fnuck, dans n'importe quel rayon... Des œuvres à messages, il y en a des milliers... Achetez le journal et comparez. Voilà, vous avez compris. Ceci dit, je suis sûr que les deux ou trois d'entre vous qui sont allés à la Fnuck n'ont pas mis leur slip sur la tête ! Et pourtant, vous me croyez ? Non... Ou disons que vous êtes prêts à m'entendre ? Bon. Ben au cinéma, les gens ne réagissent pas pareil. Ils veulent payer huit euros pour être sûrs que le film qui traite de la cause qui leur fait peur, ou pensent que culpabiliser vaut le coup ! Amusant non ?
 
Oui, oui, très drôle et même tellement drôle que j'ai envie de me tuer ("I'm so happy, I just wanna die", comme disait le poète). George Clooney est un gars sympa et tellement concerné... Et bien moi, je vous parie qu'aux prochaines présidentielles, il soutient le candidat démocrate et prend sa carte, ou pire, il se présente sénateur... Si vous pensez que c'est déjà ça de pris contre Bush, je dirais que je soupire, et "allez faire un tour dans le bar des sports le plus proche, prenez un demi et observez, mon pauvre garçon !" [Sans compter que ça va arriver, j'en suis sûr, et on verra si Clooney deviendra alors aussi critiqué que... Schwarzenegger par exemple ! Pas sûr !] Pourquoi Brad Pitt produit le dernier Scorsese, ou pourquoi Clooney produit son propre film ? Les idées, bien sûr. Ou les impôts. Comment savoir ?
En tout cas, de ce côté-ci de la lorgnette focalienne, on observe qu'un film sur quatre, en ce moment, en art et essai, est un film à thèse de ce genre, un film Ci-Ci comme je le disais l'autre jour à propos de BABEL (Cinéma-Citoyen). Ça me fait rire quand même... Comme disait Duras, vrai cerveau et gros cœur, "que le monde aille à sa perte, après tout, c'est la seule politique possible". Pour les plus jeunes, j'ajouterai que ça fait déjà 25 ans qu'on fait du film à bonne cause, et que ça n'a jamais rien changé (à part INDIGÈNES, hi-hi... Non, je plaisante !). Bon ben voilà, j'ai fait ce que je devais, j'ai dit ce qu'il fallait, j'ai fait mon devoir non pas de citoyen (parce qu'un type qui crie haut et fort sur i-télé qu'il fait son devoir de citoyen ou qu'il fait des dons de 100,000 dollars à Greenpeace, ça vous semble pas louche à vous ? Humainement, je veux dire...), mais de critique. Moi, je fais mon boulot de critique ! La preuve dans le paragraphe suivant... Fin de l'introduction !
 

Et le cinéma, là dedans ? FAST FOOD NATION m'a à peu près fait l'effet de ce qu'aurait pu être ou de ce que sera ma vie de clochard qui va au cinéma pour être au chaud. Richard Linklater a réussi un film dont on peut dire qu'il a le goût du carton. Ce n'est ni bon ni mauvais (cinéma Ni-Ni ?), ça peut durer 20 minutes ou cinq heures, comment savoir. Rythme tranquille d'une descente en kayak sur une rivière placide, FAST FOOD NATION ne heurte rien, n'achoppe rien, ne donne aucun relief particulier à quoi que ce soit. On regarde les stars et les inconnus défiler sur la piste de danse où tout le monde s'est levé pour un slow, mais pas trop lent. Allez, Michel Delpech pour tout le monde.... Du champ et son jumeau maléfique Contre-Champ, en couloirs interminables, du bon mélo extrait des meilleurs télénovellas (SANTA BARBARA, par exemple) qui remplace une incapacité notoire à rendre humain et cinématographique le pathétique labeur de l'ouvrier mexicain à la chaîne et sur lequel, dès lors, ne peut s'empêcher de déverser la lie de tous les problèmes de l'humanité, c'est-à-dire du harcèlement sexuel, de la drogue, et des bons gros sentiments. Quand je pense que certains sont dégoûtés qu'on puisse écrire un personnage comme celui de Selma dans DANCER IN THE DARK (qui est quand même d'une expression plus loufoque en quelque sorte, ce qui devrait être un indice), et que personne ne trouve rien à redire à l'insupportable bêtise de ces clichés ambulants que sont les personnages mexicains de ce FAST FOOD NATION ! [...dont la sensible héroïne, personnage le plus con finalement, et qui aurait soit tué son mec, soit se serait barrée si le scénario était un peu représentatif de la vie de l'ouvrier ! Et regardez les deux plans dans la ville mexicaine avec ce travelling à la main, complètement pourri et méprisant (on n’allait quand même pas mettre la caméra sur pied), qui représente le mouvement de translation de la voiture électrique de Richard Linklater ou de George Clooney lorsqu'il visite le Mexique, c'est-à-dire portières fermées de l'intérieur et sans sortir du véhicule ! Il manque plus que le gros sergent Garcia, Mano Solo, Speedy Gonzalez et le portrait est complet.] Bref, de mise en scène, il n'y en a point. Tout est foiré, même les quelques plans qui auraient pu être un peu graphiques sont morts : les plans sur les champs de vaches (il n'y a pas d'autre mot), surtout celui en hélicoptère qu'il était quand même difficile de rater, la scène du lâcher de vaches nocturnes, et les scènes finales...] Tout est petit, rapproché, sans échelle ni axe, mais avec un montage ou plutôt une cadence rythmique de montage digne du télé achat : pas trop rapide pour qu'on comprenne bien, et pas trop lente pour ne pas s'endormir. Bref, un rythme régulier, sans saveur. Le cinéma c'est l'accident. Merci Linklater de cette démonstration par l'absurde de l'axiome focalien bien connu. On ne s'endort pas, c'est le no man's land temporel, ne vous inquiétez pas, nos hôtesses s'occupent de tout.
Donc, FAST FOOD NATION, même pas une série Z, même pas le plus mauvais film du monde, est gris. Gris, sans odeur. D’ailleurs, c'est un superbe journal. C'est une belle voiture (écologique !). C'est un magnifique fer à repasser vapeur ! C'est un merveilleux guide touristique. C’est un coupe-ongle. C’est une carte mémoire pour appareil photo. C'est du savon. C'est un préservatif. C'est une musique. C'est un ascenseur. C’est un cocktail à Buffalo Grill. C’est un sandwich de chez Subway, le macdo hors de prix des li-lis. C'est un livre. C'est un paquebot. C'est un chant. C'est un concept. C'est de la zoologie. C'est ma coupe de cheveu. [Une anecdote à ce sujet : l'autre jour, je me suis levé en pleine nuit et mes cheveux avaient disparu ! Je vais à la cuisine et je les vois en train de se faire une omelette à deux heures du matin. Je dis : "C'est quoi ce bordel ?". Ils me répondent : "bah, j'avais faim !"] C'est un insecte. C'est de l'astrophysique. C'est un sourire sur le visage de ma petite cousine. C'est un appui-tête, et rassurez-vous, ce n'est pas du cinéma. Ouf !

Par contre, ça défile, les stars : caution artistique (Patricia Arquette en prolo !), copain du réalisateur (Ethan Hawke en frère de la prolo et éveilleur de consciences ! Les Smicards aussi savent réfléchir et faire de la politique ! Merci les (petits) bourgeois pour cette grande leçon d'humilité ! "En même temps, s'il doit y avoir une révolution, c'est vous, le peuple, qui la ferez, nous, on peut pas ! Ça n'arrive que dans les romans de Ballard, ça !"), et la cerise sur le gâteau, la nouvelle Britney, j'ai nommé Avril Lavigne, qui vit dans une de ses 70 villas de Beverly Hills et qui joue ici (ce qui donne à ces petits tétons ce délicieux mouvement érectile) un rôle dont elle ne connaît rien et qu’on appelle par voie de conséquence, un rôle de conne position (ouiiiiiiiiiiii !) : celui d'une étudiante de Ploucville. Étudiante, déjà, c'est fort, elle qui devait être milliardaire en dollars à 16 ans ! Et à Ploucville en plus ! Depuis Kubrick et son 2001, si on réfléchit bien, on n'avait pas fait plus étonnant ! Et quand Madonna viendra nous dire que si on veut faire repartir l'économie, nous les smicards, va falloir se retrousser les manches, vous ferez quoi, les gars ? Avril Lavigne ! Sublime... C'était quand même gros. Et enfin, le film achève son message qui est le suivant (c'est une suite logique, alors accrochez vous !) : "Les hamburgers, il y a de la merdre dedans. Donc, les hamburgers c'est de la merdre. Donc, on bouffe de la merde". Premier point, suivi de... "Tuer une vache dans une usine d'abattage de vaches, c'est violent (elle n'est pas consentante, c'est barbare - on lui retourne la peau comme un lapin, on la découpe à la scie électrique, on l'éviscère avec une machette, et, c'est surprenant, les gens qui font ça ont du sang jusqu'aux chevilles ! C'est étonnant, c'est étrange...). Donc, tuer les animaux, c'est barbare, car ce sont des êtres vivants. Donc, manger la viande, c'est criminel !" Voilà le message du film après cent vingt minutes, voilà la suite logique du film : puisqu'il faut tuer des vaches sans leur faire de piqûre antidouleur, sans leur demander si elles sont d'accord et sans leur réciter une prière ou leur donner l'extrême-onction, bah, c'est inhumain ! Vous les mangeurs de vaches, vous êtes des criminels qui bouffez de la merdre. Vous avez du sang sur les mains. Et moi, avec George, on va dans les restaurants macrobiotique de Beverly Hills et on ne mange que des légumes. On est végétariens parce qu'on aime nos enfants !

On voit qu'une vache et un mexicain n'ont pas le même poids ! Mais reprenons...

"Difficile, après un tel pamphlet, d'avaler la moindre bouchée de hamburger sans arrière-pensée. En cela, Linklater a gagné son pari." (Studio)
"Une analyse pertinente du cynisme alimentaire (...)" (Rolling Stone France)
"Fast food nation est un brûlot sur l'Amérique capitaliste et son rêve illusoire. Une enquête et une fiction inquiétantes." (Le Journal Du Dimanche, très à gauche sur le coup, je trouve...)
"C'est radical, souvent peu ragoûtant et parfois franchement comique." (Le Parisien)
"S’il échoue à installer une véritable tension dramatique, le cinéaste remporte son pari : le film est captivant, et il fait froid dans le dos." (TéléCinéObs, palme de la médiation !)
"On y parle plus qu'on agit, au risque que ce film cruel et salutaire y perde un peu de son rythme." (Hihihihi... Télérama, Aurélien F., consultant en cinéma qui n'a pas treize ans, qui n'est pas drogué ni prostitué !).
"Là où l'accumulation des faits et leur organisation (...) emportent la conviction, la juxtaposition des incidents et des personnages (...) force la crédulité du spectateur, qui voit la narration avancer par à-coups, ralentie (...) par de longues scènes dialoguées." (Le Monde, au garde à vous, ma préférée !)
"La visite choc des abattoirs, elle risque de vite calmer vos fringales de royal cheese" (Cinélive).
"Le film est gentiment caustique, assez drôle parfois, un peu grinçant aux entournures, et tape sur la société de consommation en général, le maître étalon US en particulier, mais pas avec une fermeté exemplaire." (Brazil, pourtant... C'est triste...)
"Agréable surprise que cette adaptation light d'un essai anti-malbouffe aux allures de Charlie et la chocolaterie gore..." (Charlotte "for never" Garson, Cahiers du Cinéma).
"Si, en tant que film, ça ne vaut pas tripette, comme pamphlet prophylactique, il est recommandé à tous les consommateurs." (Les Inrocks ! Hey les pauvres, vous qui mangez n'importe quoi chez Mac, c'est pour vous !")
"Le résultat, sans être déshonorant, manque cruellement sa cible (...) Le conformisme se cache parfois dans les intentions les plus subversives." (Positif, revue des punks !)
"Adolf Hitler était végétarien !" (Mr Mort, Matière Focale)
"Einstein aussi !" (Dr Devo, id.)
["J’ai faim." (Le Marquis)]

Dans ces trois pages d'article, c'est quoi, finalement, l'idée la plus choquante ?


Patiemment Vôtre,


Dr Devo.


PS : Grand concours pour le fun de création de critiques dans les commentaires !
Revoyez TEAM AMERICA sous l’angle des dizaines de films Ci-Ci de ces dernières semaines ! Vous remarquez que dans les pubs (celle avec toute la société qui fait un aqueduc humain, par exemple) ou au cinéma, on n’arrête pas de nous répéter que l’accomplissement humain individuel se fait dans l’effort de groupe ? Sign o’ the Time !
 
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Publié dans Corpus Filmi

Commenter cet article

Mr Mort 06/12/2006 17:04

Dire c'est mal...

Monsieur Cre 06/12/2006 13:47

Piquer des critiques sur Allo*ciné, c'est mal. Se moquer des "journalistes" de Télérama, c'est mal. Lire Millenium People, c'est mal. Parler cinéma, c'est mal. Et très inconvenant, quand on est entre gens concernés. 

Virgile 04/12/2006 12:02

moi la bande annonce m'a fait aller au McDo. J'aurais bien aimé voir le film mais je dois faire gaffe à ma ligne...

Isaac Allendo 02/12/2006 16:40

Marquis, votre anecdote de télédon ça me fait penser à un mythique panneau de prévention routière (la vitesse c'est moche ect...) dans un virage dangereux d'une route de Nancy qui signalait : "18 personnes sont mortes ici l'année derniere, dont 7 gravement".

ValJean 02/12/2006 15:39

Oh oui !Sacrifiez donc, je vous en prie, 24 heures de votre temps pour le plaisir de vos nombreux lecteurs, et décrivez nous de façon subtile et héroïque la dépravation miséricordieuse télévisuelle de cette  solidarité que nous devons pourtant naturellement à nos amis handicapés.Ce serait un exploit.ValJean