[Photo : " 'Cause I got to have Fate" par Dr Devo]

 

 

Chers Gens,


Qu'est-ce qui fait pleurer les Blondes ?
 

Un hamburger qui arrive sur un plateau en camera subjective, sur fond de musique légère. Des photos de l'époque coloniale sous fond de musique berbère. Un meurtre tortueux avec musique hurlante de suspense. Une famille des années 40 sur les routes boueuses de la campagne de la France profonde, sur fond de musique yiddish. Une musique de sonnerie aux morts, à la trompette, sur des images de New York vide au petit matin...
Voilà comment ça démarre un film, dans le moment. Ici, ce n’est pas tout à fait le cas.

Le vide intersidéral, les étoiles. Deux chants se mélangent, venant de chansons différentes, les deux avec un accompagnement discret. Les deux chants ne collent pas, les accords frottent. Une complainte artificielle et concrète avec d'un côté des paroles chabadabadas (beurk) et de l'autre un chant quasiment religieux, le tout se terminant par une planète en fusion de laquelle émerge le titre du film (le Verbe). Un contre-pied avec de l'image et du son, quoi !
 
Ouf ? Ouf !
 
Pole sud. Sur la banquise, des pingouins par milliers. C'est une société bien organisée. Une fois que les couples se sont formés (ils se choisissent par leur chant), les mâles couvent les œufs dans la nuit arctique et dans le froid, tandis que les femelles vont aller pêcher le poisson pour la saison à venir. Mumble est un petit pingouin, issu de l'accouplement de Nicole Kidman et Hugh Jackman. Pendant la couvaison collective, le père du petit laisse rouler son œuf dans le froid et dans la neige. Lorsque le petit voit le jour, in extremis, il semble bien chétif ! Mumble découvre à ses dépends le fonctionnement de la société des pingouins : une communauté étatique dont les leaders sont aussi les gourous (responsables religieux). C'est une communauté qui a dû se serrer les coudes pour survivre, et le rythme de vie est construit sur le collectif. Le peuple est soudé autour de ses chefs, et chaque être est remplaçable. Pour Mumble, la vie commence mal. Il est en effet privé de vie collective parce qu'il ne sait pas chanter et que de ce fait, il loupe son éducation. Un autre spectre avance sur lui en même temps que l'âge : comme il ne peut pas chanter, il sera sans doute exclu du système de procréation, et donc du sexe et donc de l'amour. Et c'est plus grave qu'on pourrait le penser, car exclu ainsi du cycle de la vie, Mumble ne vivra jamais pleinement avec sa communauté. Mais le petit gars a de l'énergie et de la naïveté à revendre, et s'il ne sait pas chanter, il fait un truc bizarre : des claquettes ! Mumble est-il un naïf, vraiment, un croyant, un idiot ? En fréquentant des pingouins d'une autre banquise, il découvre un espèce de gourou, Lovelace, responsable religieux de sa propre communauté qu'il conduit sur un ton bien différent. Et Lovelace raconte une chose à tomber par terre : il a rencontré les aliens !
 
Une fois de plus, le Marquis avait raison. Il y a une semaine, je me baladais dans la cabine de projection d'un cinéma ami, alors que passait HAPPY FEET en avant-première. Je jette un œil pendant 2 minutes, et là, c'est l'horreur : un pingouin en image de synthèse qui danse et chante KISS, ici non pas dans une reprise de Prince (ce qui aurait déjà suffit à me faire vomir), mais une reprise de la reprise de Tom Jones de la chanson de Prince ! Voyez (l'hénaurme) nuance ! J'ai horreur du cinéma d'animation (je dis ça pour énerver le Marquis, car j'aime certains films d'animation, en fait). Je trouve le cinéma pour enfants en dessous de tout, répétitif, copieur, encore plus terne que le cinéma adulte, et encore plus commercial. Et je trouve les films en 3D très laids, tous. [Je n'ai pas vu, malheureusement, LES INDESTRUCTIBLES qui avait l'air esthétiquement moins cloche...] Et surtout, il suffit de faire un tour dans le juke-box, à droite de cet écran, et de jouer la chanson KAVALIERE du groupe Die Todliche Doris (tout en bas), ou un morceau du DSO, pour se rendre compte qu'en Enfer, selon moi, on doit écouter du Elton John, du George Michael, du R'n'B, du Queen, du Sting, de la variété internationale, et en boucle s'il vous plaît !
Donc, je vois ces quelques images de HAPPY FEET (et l'ignoblissime bande-annonce, ignoblissime mais maligne !), et j'ai failli vomir : des pingouins débiles et parlant comme des mongols, qui chantent du George Michael en dansant, en faisant des claquettes, et en images de synthèse ! Voilà qui était plus que je ne pouvais en supporter, et devant un spectacle d'une telle pornographie, parce que je suis quelqu'un de très sensible et que ces quelques mètres de pellicule me donnaient la chair de poule, à cause de cela, dis-je, je détournais pudiquement les yeux.
Le Marquis fut sévère lors qu'il apprit l'anecdote, mais il m'a remis dans le droit chemin. La moindre des choses pour moi, qui adore George Miller, grand réalisateur dont j'ai vu 80% des films et que j'ai tous adorés, la moindre des choses, surtout dans ces temps de disette, c'est d'aller y jeter un œil. Un réalisateur ne peut pas faire des choses sublimes tout le temps et pondre une grosse merdre du jour au lendemain. Ou du moins, la moindre des choses est d'aller vérifier. Je suis donc aller voir HAPPY FEET !

Le film démarre, première image. La superposition d'une musique concrète (au sens de musique contemporaine) sur un cosmos, puis sur la lave en fusion d'où surgit un nom (le titre du film). Ça dure huit secondes, et là je me suis dit : "Coco, tu les sens les synthétiseurs qui montent ?". Quelque chose de pas normal est train de se passer, et déjà vous pouvez sortir le kleenex !
 
HAPPY FEET est un film pour les enfants en images de synthèse qui raconte l'histoire d'une communauté païenne pingouine qui n'arrête pas de chanter les chansons de variétoche les plus immondes (il y a même du Claude François, c'est dire !). Et en fait, les choses sont compliquées. Si le film s'ouvre directement en chanson (la parade nuptiale de la première séquence), le système est différent de ce que laissaient supposer les extraits qu'on peut voir ici et là. Le film ne fait pas de la comédie musicale en balançant des chansons ignobles en guise de dialogues. En fait, les personnages s'expriment en chansons (souvent) mais uniquement par bribes, en chantant une phrase de ceci puis une phrase de cela. La musique de HAPPY FEET devient alors une espèce de collage concret, flirtant par moment avec quelques absurdités tonales. La musique est toujours en mouvement, superpose quelquefois des choses incompatibles, un ensemble insaisissable. C’est bien joué. Au lieu de stopper le film, le système de chanson permet au contraire de jouer sur beaucoup de nuances narratives, et surtout déconstruit nos attentes et la narration telle qu'elle semblait se profiler. Parallèlement, malin comme un singe, Miller lance de multiples pistes et souffle le chaud et le froid en des temps records. À la gnangnanterie cacophonique de la séquence d'ouverture succède une séquence de couvaison d'œuf bien plus sombre et qui annonce la couleur : dans la communauté de milliers de créatures pingouinées, dans l'épreuve du froid et de la nuit (la vie, quoi !), une seule âme chante son désespoir, et engage de fait l'existence future. La faute est déjà là : sortir du rang. Le tout découpé au cordeau, et dans des nuances étonnantes du point de vue des couleurs (pour des images de synthèse). Dans la scène suivante, on a tout compris grâce à l’enchaînement de trois ou quatre plans. Mumble, le petit héros, est déjà mort avant d'être né ! Le film nous impose le deuil dès la deuxième scène (les parents dans la salle tremblent et se demandent si, ho-ho, ils n'auraient pas dû attendre la sortie du Besson la semaine prochaine !). La vie s’ouvre sur la mort. Évidemment, Mumble arrive à naître, et là, regardez bien le découpage et admirez la technique discrète (la mise en scène, je veux dire !) presque à votre insu... L’œuf dans lequel se trouve Mumble roule sur la banquise et arrive en haut d’une corniche en quelques secondes, près de chuter, en plan rapproché. L’œuf disparaît en tombant. On change de plan, on décale l’axe, on fait un plan de demi-ensemble, et hop, on s’aperçoit que la corniche de glace n’est haute que de quelques centimètres. Loin d’en avoir fait un suspense héroïque, Miller place son découpage, mine de rien, dans une atmosphère globale de comédie, en même temps quoi, juste pour nous rappeler que le danger est là. La clé et la méthode sont données : déconstruction musicale, précision des fondamentaux de la mise en scène et cohabitation de la comédie et d’éléments dramatiques, toujours mêlés.

Et le tout se développe sur des belles idées graphiques, notamment sur une "photographie" assez belle pour de la synthèse, et même magnifique dès que la photo s’assombrit ne serait-ce qu’un peu. De la mise en scène, des trouvailles poétiques nombreuses, une narration bizarrement multiple (très bonne arrivée de Lovelace dans l’image par le son ; chose toute conne, toute simple, mais qui la rend, cette narration, drôlement malicieuse et rappelle qu’on est en train de voir quelque chose de construit et d’artificiel ; voilà qui place le récit dans le Conte, de manière étonnante). [La narration est multiple et détruit l’aspect linéaire de son développement, comme le montre très bien le développement chaotique de la dernière partie du film]. Le Sacré, le Métaphysique, la Comédie et le Drame sont toujours là, innervent le film. Comme esthétiquement ça suit, cette première demi-heure est scotchante. Ça a du souffle, rien ne se dévoile naïvement (ce qui est d’autant plus étonnant qu’un des sujets du film est la naïveté à l’épreuve du monde). Bravo, bravo.

Et puis, au bout de 30 minutes, ça semble ralentir. L’intrigue se fait plus classique. L’émotion qui jaillissait lorsque, dans un détail, on sentait dans notre cœur d’artichaut et de spectateur que la Société opprimait l’Individu, disparaît au profit d’une présentation de la communauté pingouine plus proche de l’idée qu’on se fait d’un machin audiovisuel pour enfants. "Bon, ben il aura fait le foufou pendant une bonne demi heure, le Miller, et là il va remplir le cahier des charges", me disais-je. Dommage ! Pour une fois que je retrouvais un peu de subtilité, de l’émotion et une idée par plan ! Les thématiques reprennent donc le dessus pendant ¾ d’heure plus balisées. Et c’est marrant d’ailleurs, car pendant ce temps, la musique est plus simplette, et les personnages s’approchent de façon plus ouverte de la "qualité" du style "musicals" de Broadway (chose que je déteste !). Les chansons ne sont plus morcelées et même atomisées dans leur plus simple particule pour les détourner de leur sens final, mais au contraire, les extraits sont de plus en plus longs et tendent à restituer l'intégralité des textes originaux. C’est dans cette partie que Miller en profite pour placer les personnages plus balisés de son film, ou les plus "humanisés", ceux qui recouvrent des caractères humains dans lesquels "peut s’identifier le spectateur, l’enfant et l’enfant-spectateur", chose que je déteste également. Donc, allons-y, déballons les archétypes, et là, ça calme : la petite Gloria se transforme en petite pétasse caricaturale, le gros copain, les pingouins chicanos qui chantent du Ricky Martin/ Latino R’n’B, recrudescence de ce R’n’B en général, pingouins "blackisés", etc. Ça commence à sentir l’écriture hip-hop et IFOP ! Ça sent le panel ! Bah, me dis-je, c’est moins intéressant, mais c’est mis en scène, au moins. On sent qu’il y a un réalisateur derrière et non pas une équipe de story-boarders, c’est déjà ça, c'est déjà un exploit. En soit, c’est déjà mieux qu’un TOY STORY 2, qu’un ÂGE DE GLACE 12 ou d’un immonde SHREK.
Et puis, à la fin de cette deuxième partie, je me dis : "on est dans la communauté, c’est normal qu’on essaie de l’intégrer. C’est pas finaud-finaud, mais il essaye… Certes, tu aimais mieux la première demi-heure parce que ça parlait de l’individu ! Ça te touchait plus." Pas le temps de réfléchir plus avant que le vent commence à tourner. Et là, je découvre, tout en sortant un autre Kleenex, que Miller tient encore les rênes, et que s’il a relâché la bride pour faire passer le cahier des charges, il n’a pas fait que cela, il posé des jalons. Tu la sens, l’émotion qui revient ? Et là, accrochez les ceintures…

Dernière partie et dernières 30/40 minutes. Je ne vais rien vous en dire, je vais m’arrêter là et vous laisser découvrir la chose. On revient en tout cas à l’inventivité de la première partie. La musique redevient concrète et atomisée. La mise en scène, déjà habile, devient bouleversante. La poésie la plus noire, la plus inventive et la plus cruelle se déverse par kilotonnes. C’est plusieurs idées par plan. Graphiquement, c’est inouï, quasiment jamais vu. La mise en scène, le découpage, le montage d’une intuition remarquable, le cadre… C’est un festival. Pour la première fois, un film de synthèse ne ressemble à rien sinon à lui-même, et explose la concurrence. Miller enchaîne les trouvailles les plus lyriques : abstractisation des décors (les plans douches), tentation puis refus, puis cohabitation du photo-réalisme de certains plans avec l’impressionnisme turnerien de certains autres qui, d’ailleurs, n’empêcheront pas la froideur de la synthèse pour elle-même (magnifique idée des reflets dans le plexiglas, car à la fois cinématographique, scénaristique et théorique), multiplication des qualités et des supports, jeux sur la perspective, et ignoble précision du propos ! Cette dernière partie en terres étrangères est hallucinante. Miller se rapproche alors d’une forme qui n’appartient qu’à lui et qu’on retrouvait en toute beauté dans LORENZO : un sensible qui n’a de cohérence que par elle-même et surtout qui pousse le film vers l’abstraction et le lyrisme les plus débridés. On pourrait penser à un petit-fils de Ken Russell si on ne connaissait pas déjà l'animal Miller. 
Le propos devient déchirant. Miller n’avait rien abandonné. HAPPY FEET est un film sur la création et la naissance. L’arrivée dans la vie n’est pas un chant mais un cri, cri diaboliquement apparenté à celui de la créature qui crie face à son Créateur (Dieu, pas Papa/Maman), créature qui hurle au cosmos sa mort à venir. HAPPY FEET est un film mystique qui fait plus qu’opposer individu et société (ou disons, qui ne s'arrête pas à ça), mais oppose aussi "le paganisme/la Religion" (l’épouvantable scène du paradis normé, et l’ignoblissime plan des poissons qui tombent magiquement en contre-plongée de la corniche, plan qui donne envie de hurler dans la salle, et qui est le plus déchirant vu cette année avec la suspension mystico-montée d’Adélaïde Leroux dans FLANDRES,  film sur lequel je vais revenir bientôt) contre le trio  "transe mystique / angoisse métaphysique / foi", qui oppose le défilé mélodique des paroles contre l’abstraction viscérale du rythme (ici relié à l’opposition société/individu ! Fallait oser !). Miller ose tout, casse son jouet de multiples fois pour se remettre aussitôt à la tâche. Les cadences créatrices s’accélèrent. Mumble n’en finira plus de mourir, une fois, deux fois, trois fois, une infinité de fois, sur les plans physique ET cérébral. Les suicides sont multiples, les agonies n’en finissent plus. Le retour au bercail existe comme un happy-end où Miller achève sa plus belle prouesse : donner la mort plusieurs fois à son personnage (et ce n’est pas une vue de l’esprit, comme mon interprétation de LA GUERRE DES MONDES par exemple, là c’est du concret), la répéter absurdement jusqu’à qu’elle atteigne presque la notion de sacrifice (et celle d’accomplissement ! Ça aussi, faut oser !), et glisser la happy end in fine. Quoique… C’est là l’exploit : Miller glisse ce happy-end et même là, il l’intègre à son projet, le tord, le fait fondre et le recompose (avec humour : à l’instar du bruit de l’électroencéphalogramme ou du rythme cardiaque plat au moment où le héros se réalise le plus et finit par transcender sa Communauté !). Même cela aura son utilité, même cela sera une geste poétique, même cela devra être dépassé. [Le film s’achève sur une partie plus plan-plan, mais qui a deux avantages par rapport aux films à thèse récents : ça dure trente secondes, et pas 90 minutes, et d’une, et pendant qu’il fait ça, Miller refait les magnifiques superpositions (en synthèse en plus !) qu’il faisait déjà dans les scènes fantastiques de LORENZO !] Miller a tout conçu, tout prévu, mais en laissant, contrairement à d’autres (Nolan, Scorsese, par exemple), l’intuition et la fulgurance l’emporter. Chaque plan dégage son abstraction poétique [même la chute du photographe sur la banquise, les pingouins dansant pour faire les pitres, ce qui est quand même déchirant au vu de l’enjeu (la survie quand même…)]. À défaut de rencontrer Dieu, Mumble aura essayé de faire (re)tourner la société qui l’a vu naître dans le Religieux, les aura fait sortir du paganisme le plus avilissant. La communauté n’en sera peut-être pas plus heureuse, bien au contraire. Mais il n’existe de conscience que malheureuse. Il y a une échéance poétique, mystique (au sens premier) et humaniste dans le parcours mortel. Et loin de faire un film moralisateur, optimiste ou pessimiste, Miller aura accouché d’un objet étrange et lyrique, dont les enjeux abstraits mais précis tendent vers un humanisme (au sens classique) dur, pas aimable, mais incarné. Une confrontation à l’Autre (mais qui ?) est douloureuse, drôle et poétique. Mumble essaie d’être juste et vivant. Plus que le monothéisme, il (re ?)découvre la Foi. Ça ne changera peut-être pas grand-chose, mais tout de même… Poésie über alles ! HAPPY FEET est un très grand film. Et un des seuls surprenants cette année.

Are we not men ?
Calmement Vôtre,

Dr Devo

PS : La reprise de Prince en version rythmique est une idée très généreuse et touchante, à l’abri du reste du film, calmos, à la fraîche, dans une grotte. Il n’est pas dupe, le Miller, et dans cette scène, il arrive en s’isolant à rendre parfaitement juste la scène que 100 ans de cinéma ont rendue gnangnan à force de la galvauder…
Petit hommage à DARK CRYSTAL dans la silhouette du chef-gourou des pingouins. DARK CRYSTAL étant un des rares films décents pour enfants...
Dépêchez-vous d'aller voir le film, tant qu'il est projeté dans une grande salle, c'est-à-dire si possible avant mercredi et l'arrivée des Minitrucs de Besson...
J'ai essayé d'être le plus précis possible sans rien dévoiler. Je préfère cette option.
En suicidant le héros plusieurs fois (et en introduisant clairement sa mort sur le terrain symbolique et infernal, cf. les plans de mirage avec la famille), Miller laisse clairement un statut hypothétique et en devenir à la dernière séquence, et même à la conclusion "écologique" qui suit. Dire que ce film est une fable écologique, c'est de nouveau instrumentaliser le cinéma (et donc le film), et en refuser la fulgurance rationnelle et sensuelle (HAPPY FEET est les deux). C'est comme comparer (comme je le fait souvent par provocation sur ce site) le film LORENZO (film sur le raisonnement scientifique) avec un film de maladie. De plus, de la même manière que la découverte du drame qui bousille les vies de Nick Nolte et Susan Sarandon dans LORENZO dure cinq minutes là où tous les cinéastes l'auraient fait durer au bas mot 60 ou 90 ou 120 minutes, HAPPY FEET place sa parabole "écologique" en 90 secondes ! La classe ! [Ainsi, l'écologie est une chose rationnelle, un choix individuel et non pas un slogan ou un ordre ! Ce placement en fin de métrage renvoie de manière subtile l'idée sur le plan des possibilités, et donc des choses hypothétiques, ce qui, enfin, est la meilleure chose qu'on puisse faire avec ce concept qu'est l'écologie.
Malgré cet article, ne pas perdre de vue que ce film est vraiment d'un lyrisme et d'une poésie noire à couper le souffle. Toutes ces idées abstraites coulent naturellement et innervent facilement le film.
 
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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 14:51

Publié dans : Corpus Filmi
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