LE SECRET DE LA PYRAMIDE de Barry Levinson (USA, 1985) : Holmes, les années collège

Publié le par Le Marquis

(photo: "Also Spacht Horst" par Le Marquis)

 

Nostalgie, quand tu nous tiens… En plus d’être un divertissement de qualité, LE SECRET DE LA PYRAMIDE est aussi un film mémorable et infiniment attachant. Le scénario imagine une aventure d’un Sherlock Holmes adolescent, amoureux de la fille du proviseur du collège où il est scolarisé à Londres, rencontrant pour la première fois son comparse Watson dans l’enceinte de l’école.


Un sujet foireux, hérétique pour les admirateurs de Conan Doyle, une véritable perche tendue vers le ridicule. C’est là tout le sel de ce film, qui parvient à donner vie à des personnages fort bien esquissés et à les orienter vers une aventure inattendue et très intéressante. Il ne faut pas chercher ici de volonté de crédibilité. C’est un récit en forme d’hypothèse, un parti pris à accepter sans sourciller, et sans éplucher les questions de cohérence par rapport aux classiques littéraires auxquels il se réfère sans s’engoncer dans une transposition respectueuse et appliquée. D’ailleurs, si le personnage de Sherlock Holmes paraît ici bien éloigné de celui dépeint par l’auteur des romans – et même s’il est clair qu’il n’a jamais usé ses fonds de culotte au collège avec Watson dans les œuvres littéraires – la conclusion, assez cruelle, constitue un judicieux trait d’union avec le Sherlock Holmes adulte de Conan Doyle. Et c’est tout de même un sacré tour de force que de maintenir une plausibilité dans un récit confrontant Holmes à une secte égyptienne pratiquant
le sacrifice et provocant des hallucinations meurtrières et vengeresses au cœur du Londres de l’Angleterre victorienne. La pilule passe (et elle est savoureuse) grâce à l’originalité et la qualité du script, grâce également à l’excellent travail fourni par des acteurs comme Freddie Jones ou l’inquiétant Anthony Higgins (MEURTRES DANS UN JARDIN ANGLAIS), mais aussi celui des jeunes acteurs : Nicholas Rowe campe un Sherlock convaincant face à un Watson surprenant (interprété par le fils de Brian Cox !) – et il y a la toute belle Sophie Ward, aperçue dans LE CERCLE INFERNAL,
RETURN TO OZ et WAXWORK II.

La mise en scène, principalement fonctionnelle et efficace, ne casse pas trois pattes, mais réserve des séquences d’hallucinations visuellement formidables, dont plusieurs sont devenues assez cultes pour être parodiées dans les SIMPSON (Watson agressé par des pâtisseries). Le film est visuellement assez beau, et tire le travail de reconstitution vers un style hérité de la Hammer. Plusieurs scènes d’hallucinations, de même que les séquences de sacrifices (au cours desquelles des jeunes filles sont momifiées vivantes, pas vraiment quelconque pour une production Spielberg) – ce n’est définitivement pas l’atmosphère «Club des Cinq » - et la tonalité amère du dénouement, confèrent en outre au film des aspects étonnamment sombres et effrayants pour une production a priori destinée au jeune public – faut-il voir une coïncidence dans les nombreux noms en commun dans le générique du superbe RETURN TO OZ de Walter Murch ? Dans le flot de ce type de productions, en général bien manichéennes, simplistes et bêtes à manger du foin, les films de ce style, trop rares, n’ont pas trop de mal à sortir du lot, à défaut de rencontrer un succès fracassant. Un petit classique qu’il est réconfortant d’avoir sous la main, pour la simple et bonne raison que le film n’a pas pris une ride, se suit avec un réel intérêt et bénéficie autant d’excellents effets spéciaux que d’un scénario solide et relativement nuancé.

Le Marquis.

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Publié dans Corpus Analogia

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Bj 24/06/2006 23:22

moi qui cherchais des infos sur le film "dear wendy" et sa B.O,voilà que je tombe sur un article concernant LE film de mon enfance: "le mystere de la pyramide "...génial comme tant d'autres (les goonies,l'histoire sans fin,Sorcieres,L'Indien dans le placard ...)
j'aime,j'aime,j'aime!

Tiens en y repensant je m'demande quel était le nom du chien déjà...mm
ah ben c'est malin de pas avoir mentionné son nom tiens!
bravo!
mm j'crois que j'vais devoir sortir ma vieille cassette VHS du placard pour revoir ce film

Le Marquis 22/06/2005 01:05

Tu peux le revoir, je suis sûr que ça fera une très bonne madeleine...

Isaac Allendo 22/06/2005 00:04

Je l'ai vu étant gosse ça c'est certain. Mais c'est bien la seule chose dont je me souviens avec précision à propos de ce film...

Le Marquis 21/06/2005 19:00

Ah tiens, c'est curieux, je ne me souviens pas de Carmina Burana dans le film, pourtant je l'ai revu récemment... Bof, ce sera une occasion de le revoir !

Idéa 21/06/2005 13:21

Sans oublié un peu de Carmina Burana en fond musical extra.