[Photo : "Soutien Scolastique N°2, ou Ton Nom de Beverly Hills sur la Plage de Plouhinec Déserte"

par Dr Devo, d'après une photo de la comédienne Carrie Stevens.] 

 

 

Oh oui, oh oui, oh oui !


Dans la jolie interview de Bruno Dumont par le docteur (pour la REVUE DU CINÉMA, hors-série spécial cinéma français entièrement réalisé par Matière Focale, et qu'on trouve peut-être encore en kiosques), le réalisateur de FLANDRES considère le cinéma comme lieu de la sidération et de la transcendance. Et de rajouter tout de suite que les liens qui se créent entre le film, partiellement compréhensible puisque qu'il s'exprime par une série de partis-pris illogiques (en dehors du procédé artistique) et qu'il se base sur des mouvements d'ellipses (le montage), les liens, dis-je, entre ce film et le spectateur, c'est ce qu'on appelle la culture, notion enfin débarrassée de son pendant encyclopédiste, car dans cette définition, au final, le spectateur, toi ou moi, sommes nus "aux yeux du seigneur" comme disait le poète, et plus encore devant le film.


Les petits gamins me jettent des pierres dans la rue. [Rassurez-vous, je les gifle illico, et je porte plainte au commissariat le plus proche.] Leurs parents crachent sur ma voiture sur le parking du Leclerc quand je vais faire mes courses. Et un mouvement de boycott s'est organisé dans les deux ou trois cinémas que je fréquente : je suis donc toujours seul sur ma rangée pendant un film ! Et certains me traitent de "Grande Faucheuse!" Ils ne pourraient pas me faire plus plaisir ! Oui, c'est vrai, c'est moi le Faucheur tranquille de la Cinémort... La Virginia Madsen au masculin des salles obscures qui pose la main sur l'épaule des films pour les euthanasier... [Vous avez vu le machin de Robert Altman ? Ça vaut quand même pas un épisode de COURS APRÈS MOI SHÉRIF...] Belle saison donc en 2006, grosse livraison de faisans. Je commençais en janvier dernier par l'immondissant ESPRIT DE FAMILLE (avec un titre comme ça, j'aurais dû me méfier), grosse choucroute de Noël dégoûtante, et je finis sur un autre cas intéressant avec THE FOUNTAIN de Darren Aronofsky. Du pire anonyme à ce qui se veut de plus original et hors-norme en quelque sorte. Dans la micro-bulle du cinéma hollywoodien (qui n'est pas, en taille, New York mais bien Landerneau), des espèces d'alpha et d'oméga.

Aronosky, finalement, c'est Chien-Malade, c'est SIXIÈME SENS, et on dirait même plus, en Europe, on dirait même, et ce n'est pas moi qui le dit, notez bien, c'est Chien-Malade, mais dans la division art-et-essai. En fait, ça s'est joué à peu, et c'est toujours comme ça, dans la vie. THE FOUNTAIN est clairement un film de série A. Ouais. Mais d'auteur. Ouais. LA JEUNE FILLE DE L'EAU est aussi un film d'auteur, mais d'obédience commerciale. Pendant le mercato, ces deux-là pourraient échanger leur place. Ça se joue à peu. Mais on sent comme "une subtile odeur dans l'air" comme disait le poète anglais, une odeur de cinéma d'h/auteur, comme dit l'autre, une odeur d'originalité, et n'ayons pas peur des mots, d'indépendance chez Aronofsky. Ça se joue à peu, c'est dû à l'âge sans doute. Dira-t-on encore cela lorsque que notre Darren chéri aura réalisé 6 films ? Sans doute pas.

THE FOUNTAIN, c'est la grande symphonie du Destin. Finalement, c'est du Lelouch à l'américaine, et donc complètement différent de Lelouch. [C'est un compliment au départ, car, sans rire, Lelouch est le seul grand metteur en scène que la France mérite, avec le(s) Straub et Blier à la rigueur...] THE FOUNTAIN a au moins quelque chose pour lui. La mort nous programme sans doute sur son grand ordinateur, mais en tout cas, c'est pas une raison pour nous vomir dans les yeux (c'est ça, le cinémort, finalement, du vomi dans les yeux) ton message universaliste tout pourri comme quoi on est tous connectés et tous frères. Ce n'est pas, comme disait élégamment le Marquis (anecdote rapportée par le Patron), "quand je tire sur un poil de mon cul en Basse-Bretagne, un réalisateur de SHORT CUT meurt en Alabama", autrement dit la théorie du "papillon qui rote" (...en Indonésie, et provoque la rédaction d'une encyclopédie sur les avions de chasse de la première guerre mondiale en Suisse allemanique). THE FOUNTAIN, mon dieu merci, ça n'est pas ça. La fraternité obligée et l'odéal (nouveau mot que je viens d'inventer, mélange des mots "idéal" et "l'Oréal") standard, rien à foutre. THE FOUNTAIN est un gros film égoïste où la Terre peut crever la gueule ouverte, et c'est plus mon problème. C'est la tendance 2007 (moi aussi, je lis dans les(des) astres !).  Moi, mon chien et ma copine d'abord, le faible et l'opprimé, on verra après s'il reste de la place une fois que j'aurai chargé le couple de bébés-phoques. Par voie de conséquence, THE FOUNTAIN se passe dans une cuisine, quasiment comme unique décor. Une cuisine peinte en bleu, quand même. THE FOUNTAIN comme son nom l'indique, c'est un film de salle de bain.
[Ce dernier trait rapproche-t-il le film des "films de chambre français" ? C'est une hypothèse, et je ne saurais dire. Je vous laisse juge...]

L'autre jour, notre patron le docteur m'a convaincu de regarder l'excellente, je dois le dire, l'excellente émission VISU grâce à une des photos utilisées dans son article. Allez voir, jetez un œil en cliquant ici. Il s'agit de la cinquième photo, celle avec la marmotte. Le docteur m'a dit, avec son sens parfois fulgurant de l'analyse : "c'est le cri de souffrance et d'interrogation mystique de la créature, celui qu'elle jette au yeux de son créateur justement..." Le cri de l'homme qui souffre, l'indécrottable scandale de la souffrance... Et de la mort ! Cette seule photo (il faut le faire quand même, en un seul plan, et sur une diapo de marmotte en plus !) extraite du court de Forgeard exprime tout, et encore bien mieux, à la puissance mille, ce qu'a voulu faire Aronofsky à travers THE FOUNTAIN, projet qui lui a pris quand même six ans ! Forgeard, ça a dû lui prendre 5 minutes, et dans son film, ça dure deux secondes, mais tout est dit. Comme quoi, la valeur "travail" n'en est pas une, comme disait la poète.

Le scandale de la créature qui souff...

Non, la poète, ce n’est pas Desireless, même si c'est assez logique que son nom apparaisse dans cet article comme on le verra plus bas. C'est Duras. Pas loin...

Le scandale de la créature qui souffre. Voilà le sujet. Sur le papier. Oui, mais alors, ma souffrance à moi, et celle de mon "doudou d'amour" comme on dit sur les blogs (lol lol gr8t ! ptdr !). THE FOUNTAIN se pose là en LOVE STORY (cette bouse !) existentielle. Pas d'universalisme, pas de fraternité Benneton, mais toi et moi et ton cancer, et hop, on essaie de demander à Dieu (à savoir, ici, le Cosmos ; Dieu c'est un peu démodé finalement) un passe-droit : on voudrait s'aimer éternellement. Capice ? J'ai une belle gueule, je pourrais être blond et aimer les vêtements marrons, je suis Nobel de physique, de médecine, et de théâtre, je gagne de la thune à plus savoir qu'en faire, j'ai un i-pod, je rédige un blog, je suis plus sensible et plus intelligent que 99,58% de la population , je suis sans doute le plus achevé et fulgurant des Humains, alors oui, mon petit bonhomme, oui mon Dieu, mon Créateur, tu pourrais pas nous faire disparaître ce vilain cancer, nous trouver une logement HLM en centre-ville, et tant qu'à faire, nous donner l'Immortalité, pour moi et ma zessgon, hein ? Vous voyez, je n'ai pas menti, puisque que la quête est romantique (hélas, car je préfère les quêtes sentimentales plus riches et plus adultes). Alors oui, THE FOUNTAIN est forcément anti-universaliste bon teint, il est égoïste. Ça change, c'est plus franc.

Le mieux dans THE FOUNTAIN, c'est le début. Ça vaut pas une seconde du très beau film THE RELIC de Peter Hyams (métrage qui s'éteint photographiquement sur 90 minutes, une idée fascinante, et le pari réussi d'un film qui commence éclairé et se termine dans le noir total... Hyams fait sa photo lui-même aussi, ça aide...). Mais quand même, même si les tous premiers plans (le manuscrit, la relique, et Hugh Jackman) font craindre le pire, la séquence qui suit et son piège à conquistador (tu m'a conquis, je t'adore ! Ça ne me rajeunit pas tout ça !), est quasiment tourné dans le noir, avec quelques vagues reflets ! C’est assez couillu. Pas superbement élégant et pas écrasant de beauté (bizarrement...), mais il y a là quelque chose de bien. On ne voit rien, on devine, ce qui est rare au cinéma, surtout populaire. Et d'une. Et puis Aronofsky ne s'arrête pas là, il met en place sa charte "réalisante" (comme une charte de mise en scène, le film étant quand même, pour le assez bon et pour le pire, une affaire de look, hélas...), notamment à travers des jeux de fausses perspectives ou de perspectives absurdes qui nous font confondre le profond et le plat, le devant et le dessus. C’est la plus belle idée du film, et c'est là qu'elle marche le mieux. Ça commence donc bien.

Très vite, pourtant, ce sont les adieux à Cythère. Tout d'abord, la mise en scène.
Non, non, et non, c'est pas possib', c'est pas envisageab', on ne peut pas faire un film avec 90% de gros plans. Sur ce point simple, quoi qu'il arrive, Aronofsky plante son film. Et encore, me suis-je dit pendant la séance, la direction artistique est tellement zarbi et surlookée qu'il met pas mal de plans plus larges pour montrer qu'il a bossé et qu'il a voulu développer un univers graphique particulier. Cet effort est littéralement ruiné par l'incessante utilisation du gros plan, et, et c'est là sans doute le plus gros péché du film (avec le Verbe), la démission du réalisateur face à la dictature du champ/contrechamp ! Car c'est ça qu'il veut, le Darren, il veut exploser le champ/contrechamp, et il a un sujet et un parti pris qui le lui permettent... Mais non... Rien à faire... Original peut-être, mais iconoclaste sûrement pas, Anorofsky préfère sauver son petit fond de commerce. Les dialogues de ce film ultra-bavard qui voudrait au contraire le plein d'épure se déroulent en d'interminables tunnels qui coupent tout le lyrisme que le réalisateur essaie d'instaurer par ailleurs. À quoi ça sert de faire autant d'efforts sur le "design" du film (le mot est lancé !), pour se planter sur ce qu'il y a de plus simple ? Premier point.
Je passe sur le cadrage tout à fait anonyme et convenu... Un source de plaisir en moins... Un bon petit 1.37 des familles pourrait guérir un grand nombre de cinéastes américains un peu perdus, moi, je vous le dis... Et pendant que j'y suis : celui qui a emprunté la profondeur de champ est prié de la rendre au bureau de MF, qui transmettra, merci. [On n’en a qu'une, alors on y tient, vous comprenez...]

Deuxième péché qui barre tout espoir d’éternité, justement, le Verbe. Trois époques, trois récits mêlés, la belle histoire ! Et bien, ça ne fonctionne pas. Là aussi, c’est une erreur minime aux conséquences gravissimes : c’est le dialogue, oui, oui et oui, en vérité je vous le dis, c’est le dialogue qui guide le film, et mieux, c’est le dialogue qui fait le montage. Le film et sa narration n’ont qu’une importance secondaire, le film est plutôt la "mise en musique" d’une dizaine de dialogues répétés à diverses époques, dans divers contextes, et rejoignant le temps et les existences répétées dans la Grande Mayonnaise du Cosmos ! Pour ceux qui se demandaient ce qu’était le Cosmos/Dieu, la réponse est enfin là : Dieu est un scénariste, et sans doute un fumeur d'aspartame. Et il porte un haut de forme. Loin de la spirale enchevêtrée, de la mosaïque dis-narrative promise, le film, extrêmement rationnel au fond, est complètement linéaire : c’est une chanson qui se construit sur la répétition de quelques refrains-maîtres qui vont décider tout seuls, comme des marteaux sans maître, des décrochages temporels, des ellipses, des répétitions, etc. Et le transitionnisme, maladie ici sublime, point nodal drôle du film, de manière involontaire (quelquefois, on se dit qu'il ne s’en est simplement pas rendu compte... Ça donne deux ou trois choses splendouillettes, le film ayant plus de transitions que de scènes ou presque, et même un ou deux moments involontairement surréalistes, mais qui ont leur charme... C'est la charrue avant les bœufs quoi qu'il en soit...). Aronofsky est contraint d’obéir à la machine qu’il a inventée, et du coup se tord en quatre pour que le film marche esthétiquement. De fait, il devient un illustrateur. Ce qui fera rire les plus cyniques : THE FOUNTAIN se construit sur deux ou trois idées (l’opposition jaune/blanc, les trois points et le triangle, l’à-plat du tunnel cosmique et son renversement vertical, annoncé dans la scène du piège dont je parlais, grâce à la confusion dessus/de face, l’égalité macro/micro et c’est quasiment tout), idées répétées jusqu’à plus soif…

Voilà où sont les points désespérément faibles de THE FOUNTAIN. Le reste n’a que peu d’importance. Peu importe si Hugh Jackman (bientôt le nouveau Gérard De Niro je pense...) n’a pas beaucoup de relief et joue toujours pareil, sur un mode dichotomique on/off, peu importe que le personnage de Rachel Weisz soit complètement allégorique et désincarné, peu importe que certaines prises soient vraiment désastreuses (le malaise de Weisz, le pétage de plomb de Jackman à l’hôpital…), peu importe que l’enjeu sentimental soit absent (le film est trop mécanique), et que le romantisme en mode automatique empêche la moindre émotion, la moindre sensation pour au contraire fouler des sentiers balisés… [De ce point de vue, THE FOUNTAIN est quasiment un téléfilm ou une série télé.] On pourra aussi reprocher la direction artistique globale, très fantasy finalement, et cette espèce de syncrétisme années 70 / années 2000. Quant au fond lui-même, c’est celui d’un point de vue new-age, complètement païen du coup et tristement évolutionniste (du couple maya/christianisme comme époque de ténèbres, au néo-bouddhisme surpuissant et créateur de l’Univers, en passant par la Science ici décrite comme une religion d’inspiration divine / cosmique ! Faut oser quand même ! C’est affreusement petit-bourgeois !).

THE FOUNTAIN finit par crisper par son absence de fondamentaux. Maladresse ou calcul ? On serait tenté de dire calcul, un peu quand même. Le film, par son absence de rythme hallucinante (normal, vu que c’est le dialogue qui fait le montage ! On ne peut pas espérer de miracle !) surprend. Un film lent ne veut pas dire un film sans rythme, attention ! Mais là, on ne reconnaît pas du tout le réalisateur de REQUIEM FOR A DREAM, film tout à fait réussi, et qui justement arrivait à trouver un lyrisme puissant, qui se construisait sur la richesse d’une mise en scène aux multiples leviers (l’échelle de plans notamment) et dont le moteur n’était pas le dialogue ou l’histoire, mais d’abord et avant tout la fulgurance de la mise en scène (qui bien sûr finissait par nourrir un contenu intéressant). Où est passé le son par exemple, dans THE FOUNTAIN, son qui était une des armes majeures de REQUIEM... ? On se pince quand on entend dans le film un effet qui fait « Fizzzzz » quand une boule lumineuse passe dans le champ. [De la même manière que, dans un slasher, on entend un gros bruit de lame de couteau quand l’ombre du tueur passe dans le plan ! Ou qu’on entend un maelström de voix sous-mixées dans un film de fantômes asiatiques à la moindre apparition d’effets numériques de synthèse ! Que c’est naïf ! Et attendu !] On est bien loin des jolies modifications du moteur de REQUIEM…, on est bien loin du temps où les mains étaient dans le cambouis. THE FOUNTAIN se voulait original, et sur le papier, on reconnaît complètement cette volonté. Pour un distributeur lambda, c’est sans doute le film expérimental du siècle ! Mais pour le focalien, quelle bouillabaisse ! THE FOUNTAIN est un parfait ensemble dialectique où toutes les thématiques se rejoignent et se complètent, ou chaque élément a son double signifiant, et où chaque parcelle d’information a son utilité. Et, gag de l'année 2006 : le film a trois actes ! Le comble ! En cela, le film est complètement hollywoodien, ou plutôt américain. C’est sans doute un très bon scénario sur le plan technique. Outre les thèmes abordés (bien naïfs, sans enjeux), plutôt discutables, mais c’est pas grave, c’est la linéarité du projet qui surprend et déçoit. Et son absence de fulgurance justement. Un design, une direction artistique ne suffisent pas à faire un film qui fonctionne. Aronosky n’ose pas faire un grand poème visuel qui le rapprocherait plus de Greenaway ou de Gilliam justement [THE FOUNTAIN est l’exact opposé de TIDELAND, finalement], hésite à plonger dans une abstraction narrative, ou tout simplement un Mystère. Son film est finalement tout sauf poétique, c’est bien la peine. C'est bien une sphère, une surface polie qui tourne sur elle-même en plein mouvement perpétuel, bravo. Par contre, pour le cinéma et la poésie, on repassera. En voulant contenter tout et son contraire, Aronosky tombe au fond de la piscine avec son pull marine tout élimé au coude [Il n’a pas voulu le recoudre ? NdC], et ce en voulant quitter le plongeoir, finalement, parce que c’est haut, ça fout le vertige. Sur le chemin de retour vers la terre ferme, il glisse et tombe dans l’eau comme dans un vidéogag. Du coup, il perd sur les deux tableaux, et dans son entre-deux, dans son alpha et son oméga vains, Aronosky n’évite pas le ridicule. Plutôt que le bouddhisme de pacotille surpuissant, il lui faudra plutôt méditer ce bon vieux axiome monothéiste bien de chez nous : "Dieu vomit les Tièdes !". THE FOUNTAIN est sans doute, c’est le pire, un objet parfait, verrouillé de l’intérieur, cohérent au possible. C’est sans doute une réussite. Artistiquement, c’est un échec cuisant. Ce n'est jamais qu'un bluastro de plus en fait... [pour la notion de "bluastro", cliquez ici !]

On en serait presque à souhaiter qu’Aronofsky se prenne une veste et refasse tout de suite un film dans la foulée, de manière plus légère, plus punk, et tout bêtement cinématographique.

Combien cet ouvre-boîte de designer, Maryse ? 
 
Mr Mort.
 

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Samedi 30 décembre 2006 6 30 /12 /Déc /2006 15:09

Publié dans : Cinémort
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Commentaires

Bizarrement, je ne suis pas d'accord.
Requiem For A Dream est d'une absurdité, inutilité. Tu te piques? On te coupes le bras. Merci, c'est tout, au revoir.
Une autre? Tu sniffes? Finis avec un gode dans le cul.

Oui, mais non. Requiem, c'est le film parfait pour l'adolescent qui trouve que ouais la société, c'est pourri, de toute façon elle corromp les gens.

The Fountain, par contre, j'ai aimé. Mais plus parce que l'image n'est finalement qu'une illustration (et là, je rejoins Mr Mort) de la somptueuse B.O.

Enfin, avis personnel, je ne suis pas cinéphile. J'essaie en me cultivant sur MF...
Commentaire n°1 posté par ApeX le 30/12/2006 à 17h56
dites monsieur Mort, vous croyez pas que c'est justement le temps de gestation qui a provoqué ce verouillage du film? parce que Aro a justement eu trop de temps pour le peaufiner... d'ailleurs à ce propos, il faut rappeler que c'est en grande partie la faute de Brad Pitt, si le film a trainé, voire était mort dans l'oeuf... dommage, j'essayerais d'aller voir quand même.

concernant Requiem for a dream, je viens justement de le déconseiller à mon amoureux, trop sensible, moi même je suis ressortie du film avec un malaise noué dans le ventre... cela dit, je pense qu'il faudrait presque le montrer aux d'jeun's dans les lycées, qui pensent que la drogue, c'est pas grave...
Commentaire n°2 posté par An'Yes le 30/12/2006 à 19h15
J'ai pas vu le film donc pas lu la chronique du plus cadavérique et aiguisé d'entre nous mais il me semble que le Aronmachin c'était un réalisateur de clip avant ?
Donc l'illustration de la musique, ça se tiendrait parfaitement avec le pedigree du bonhomme ce que tu dis Apex.
Commentaire n°3 posté par Isaac Allendo le 30/12/2006 à 20h20
D'un autre côté, An'Yes, je n'aurais pas vu Pitt et Blanchett là dedans. Je ne sais pas pourquoi. Mais je ne le sens pas.
Maintenant, c'est du pur domaine de la spéculation, nous ne saurons jamais.

Pour Isaac, si c'est le cas, oui, ça collerait bien.
Commentaire n°4 posté par ApeX le 31/12/2006 à 09h45
THE FOUTAIN a un parti-pris musical, c'est sûr. Mais, cette musique me parait vraiment insupportable (Ha le Kronos Quartet!), et surtout monocorde au possible et très classique (notamment dans les inévitables variations de thème principal! Ca fait tellement cinéma!). D'une. Ensuite, même d'une manière musicale, le film n'atteint jamais l'expression, ou de la personalité. je en reproche pas au film d'être musical, je lui reproche de faillir dans sa mise en scène, même d'un point de vue musical. Le film n'a aucun rythme, aucun relief. c'est plat.
Voilà qui est plus clair.
Commentaire n°5 posté par Mr Mort le 31/12/2006 à 10h08
J'ai personnellement bp aimé "The Foutain" et j'avais adoré "Requiem for a dream", donc, dans mon cas, il n'y a pas incompatibilité ; mais je comprends que cette sorte de naïveté, voire de balourdise, dans une déclaration d'amour d'un homme à la femme qu'il aime (récit semi-autobiographique, DA vient de se marier avec Rachel Weisz quand il réalise "The Foutain") paraisse un peu nunuche à qui n'y est pas perméable sur le moment. La façon dont il filme une RW angélisée est très émouvante. Je crois qu'il faut jouer accepter de jouer le jeu et se laisser immerger dans le monde qu'il nous propose, on sent confusément dès le début du film qu'il vaut mieux abandonner l'esprit critique et rester au premier degré (degré émerveillement quasi enfantin) pour profiter de la magie du film... Bonne année 2007 à toute l'équipe MF, Pace e salute!
Commentaire n°6 posté par Vierasouto le 01/01/2007 à 02h02
avant d'être un film pour ados, requiem for a dream est un livre  pour adultes -
Commentaire n°7 posté par jojo le 01/01/2007 à 03h35
Oui, Last Exit To Brooklyn, Selby Jr à son apogée.
Moyenne adaptation justement.
Commentaire n°8 posté par ApeX le 01/01/2007 à 18h02
Il me semble qu'Aronofsky n'a jamais été un réalisateur de clips...Je pense le dire avec certitude.  Par contre, oui, c'est évident, il a été fortement marqué par le clip.
"The Fountain" m'a plutôt fait passer un bon moment (et m'a même fait rire invonlontairement parfois) mais c'est vrai que je m'attendais à beaucoup mieux. Je suis parfaitement d'accord avec cette belle critique : où est le rythme ? Même la fin que DA a sûrement voulue percutante et ensorcelante fait l'effet d'un pétard mouillé, et c'est assez triste finalement. On sent qu'il a tout mis dans cette fin, qu'il était certain de son talent-total, et hop, c'est raté. C'est en partie la faute je pense aux fans bornés de RFAD (et à la critique) qui a souvent parlé de génie (idem pour Richard Kelly !), de nouveau Kubrick (probablement exagéré, et surtout absurde car qu'est ce que Kubrick?), et de nouveau 2001 pour "The Fountain", des années avant même qu'il sorte ! La grosse tête !
Là ça va lui faire l'effet d'une douche froide et il va pouvoir repartir sur de bons rails. J'espère...
Commentaire n°9 posté par Megalomanu le 02/01/2007 à 14h02

Il me semble aussi qu'Aronofsky ne vient pas du clip. Pas vu THE FOUNTAIN, j'ai beaucoup de films en retard (notamment LE DAHLIA NOIR), à la lecture de cette excellente critique (chapeau bas, Mr Mort), je pense que le film passera à l'as. Ceci dit, j'avais beaucoup aimé ses deux premiers films.


Tout ça pour rajouter qu'entre le projet avec Pitt/Blanchett, et le film actuel, Aronofsky a sorti une version en bande dessinée de son scénar chez Vertigo (le label adulte de DC Comics), illustré par le très bon Kent Williams.


 

Commentaire n°10 posté par Monsieur Cre le 03/01/2007 à 13h43
Vu "The Fountain" hier soir, un peu par hasard et par dépit––nous avons manqué la séance d'un autre film––avec comme préjugé que ce film allait être chelou. Mais bien ou pas, aucune idée...

J'en suis ressortie parfaitement impassible, pas vraiment déçue, mais avec une envie terrible de me foutre de la gueule de ce pauvre film, tiré par les cheveux de tous les côtés, lourd, grossier, lent, répétitif, insistant et vide. J'adhère avec une étonnante justesse à la critique de Mr Mort.

Parail pour ce qui est de ses remarques au sujet de "Requiem For A Dream". J'accorde à ApeX une certaine inutilité dans le propos, mais, quoique n'étant pas non plus cinéphile pour un sou, je me dois ici de plagier un peu le Dr Devo et ses acolytes et de dire que "si l'on parle de cinéma" (et pas de morale ou de réalité ou de je ne sais quoi d'autre), RFAD est quand même pas mal mieux ficelé que l'autre...
Commentaire n°11 posté par Slečna Meruňka le 03/01/2007 à 14h54
Si l'on parle de cinéma, alors on ne parle pas de The Fountain : c'est plutot la catégorie trombinoscope et meme parfois strombinoscope plutot qu'autre chose ! Autant de gros plan dans un film, faut pas exagerer, c'est irregardable !
Commentaire n°12 posté par Norman bates le 04/01/2007 à 17h02
D'accord avec le Norman et Mr Mort! L'échelle de plans, bon sang, l'échelle de plans!
Dr Devo
Commentaire n°13 posté par Dr Devo le 05/01/2007 à 00h37
j'ai assez de peine de découvrir a quel point vous avez pu etre dépassé par la puissance et la porté universelle que peux avoir ce film.
Peut etre que vs vs attendiez a un simuli de requiem ?
Peut-etre qu'aucun d'entre vous n'a jamais rencontré l'Amour ? ou bien peut etre que vous n'avez tt simplement rien compris et que vous avouez ici votre impuissance !?
jvais pas perdre tro tro dtemps sur ce site... may be later, si vous devenez un peu plus résonnable...


ps: jte remercierai jamais assez Darren
Commentaire n°14 posté par nemesis le 06/01/2007 à 14h12
Enorme !
Commentaire n°15 posté par Isaac Allendo le 06/01/2007 à 14h27
AR-GU-MEN-TEZ, bon sang de bonsoir !!! Il n'y a pas de sentences ici, juste des points de vue !!! Misère, que c'est ridicule...
Commentaire n°16 posté par Le Marquis le 06/01/2007 à 14h46
En tout cas vous n'avez jamais du rencontrer l'amour du cinéma. Pour ce qui est de comprendre, il faut d'abord s'exprimer, et quand tous les codes du cinéma sont bafoués comme cela, c'est impossible (je parle du langage cinématographique, pas du scénario, sans aucun interet)
Commentaire n°17 posté par Norman bates le 06/01/2007 à 19h07
Norman, vous avez raison, mais je pense qu'en vous parler de codes ( ce qui voudrait dire "us et coutumes" et donc habitudes) vous voulez dire en fait grammaire, n'est-il pas?
Commentaire n°18 posté par Mr Mort le 06/01/2007 à 19h11
Nemesis, je viens en ami de la planète Amur, conduisez nous à vostre chef, que nous échangions des bijoux fantaisie en signe de paix et de partage.

Ton speech avec des gouttes de larmes dans lesquelles l'eau se dilue a un air de déjà vu. Souvenez vous de Francis Lalanne à "Avis de recherche" et son fameux "Vouuuuus ! Ronds de cuiiiir ! La musique vous savez même pas la lire, alors que nous on l'écrit ! Jean-Féliiiiix ! Les partoches !" (fin de citation).
Commentaire n°19 posté par Bernard RAPP le 06/01/2007 à 20h05
Tout a fait Mr Mort, j'ai mal choisi mes mots !
Commentaire n°20 posté par Norman bates le 07/01/2007 à 11h49
ouais non, j'ai rien à dire, c'était juste pour le mauvais jeu de mots. scouze mi.
Commentaire n°21 posté par Femme Fountain le 07/01/2007 à 12h20
C\\\'est fou, et dire que j\\\'ai passé mon nouvel an à Plouhinec...
Commentaire n°22 posté par Mr Blouch le 10/01/2007 à 12h40
t'es complètement fou...
Commentaire n°23 posté par ddl le 14/01/2007 à 08h22
Désolé B-Gaz, je choisis de ne pas publier ton commentaire. Les désaccords passionnés sont les bienvenus, quand ils sont argumentés c'est encore mieux d'ailleurs. Mais les insultes gratuites n'intéressent absolument personne. Merci quand même.
Commentaire n°24 posté par Le Marquis le 16/02/2007 à 23h49
Voilà une remarque très agréable. On (enfin je) suis censé le prendre comment, cher Jour de Colère?
je ne sais pas du tout qoi vous dire, en fait. Lisez notre critique de BOULEVARD DE LA MORT. Ca n'a pas de rapport, mais ça déclenchera peut-être un déclic.
Cordialement,
Dr Devo.
Commentaire n°25 posté par Dr Devo le 04/08/2007 à 02h24

Bon... deja The Fountain c'est simplement un film psychologique sur la souffrance et la perte du proche. et celui qui n'as pas compris que le passé se passe dans le livre ecrit par la nana, et que le futur se passe tout simplement dans la tete du mec. c'est un boulet!


 


Apres Requiem for a dream, c'est une morale sur la drogue et ses mefaits, et une satyre sur la société et les jeunes de cette société.


et celui qui n'as pas compris ca, c'est un con, ou une grosse conne si c'est une femme!! voila!

Commentaire n°26 posté par Dies Irae le 04/08/2007 à 01h05
Une bien méchante critique qui sent le professeur de collège! Ce film est loin d'être un grand film, mais il parle au vecu, personnellement beaucoup d'image m'ont touchées... Le cinema c'est un peu comme la cuisine... certains trouveront un plat trop salé d'autres non... trop de gros plans, pas assez.... j'aimerai voir un film fait d'un unique gros plan (mais tres court)... parler de grammaire c'est nul, ou alors alons expliquer aux realisteurs la ou les regles qui font qu'un film est reussit "attention pas trop de ceci, pas trop de cela.... voila restont bien comprehensible, bien agreable, bien attendu". Non pas que je defende les gros plans mais c'est loin d'etre irregradable, un film irregardable fait fuir dans les 10 minutes normalement. Et si on l'a pas regardé on ne peu pas critiquer... (critiquer un film que l'on a pas vu c'est mal!)
Et pour Requiem et le message sur la drogue c'est nimporte quoi, la drogue fait parti du decor c'est tout, c'est pas le thème du film, a reregarder pour ceux qui ont bloqué sur la drogue.
The foutain est un film agréable si on le regarde sans se prendre la tete et mon avis fait office de norme! merci ;)
Commentaire n°27 posté par Adoucylogène le 24/01/2008 à 01h16
Chèr(e) Adoucylogène,

Oui je suis d'accord, la métaphore avec la cuisine peut-être pertinente, car le Goût est le juge suprême finalement. Que des images du film vous touchent, j'en suis, et croyez-moi c'est sincère, complétement ravi et même heureux! 

je parle de grammaire mais il faudrait parler de syntaxe! La grammaire et/ou la syntaxe sont simplement une norme. Qu'on s'en eloigne ou qu'on la respefte n'a pas bcp d'importance. c'est simplement un choix. De la même manière, vous comprendrez que un plan ou une scène me touvhe si elle est belle. Cette succesion de plans serrés dans THE FOUTAIN par endroit me gêne et me semble esthétiquement tres decevante. V'est à peu prés le contraire de REQUIEM FOR A DREAM du même realisateur et qui était au ciontraire très riche du point de vue de l'échelle de plans.
Quand je fais reference à cette syntaxe c'est pour expliquer pourquoi, à cause de mes goûts esthétiques, je n'aime pas une mise en scène faite ainsi. je pense que se priver de l'échelle de plans en faisant que des plans rapprochés ou gros consiste à se priver d'une richesse d'expression. Et je trouve que TH EFOUNTAIn se faisant se prive d'une grande part d'expression et d'émotion... et de creativité esthétique, bref de tout ce qui fait qu'un film est personnel ou au contraire anonyme.THE FOUTAIN est un peu douloureux à regarder pour moi à cause de cette pauvreté d'echelle de plans qui le prive d'une marge de manoeuvre extreme. De là à dire que je n'ai pas vu le film, par contre, je ne suis pas d'accord! J'ai vu le film. J'ai une vision du film, une sensibilité par rapport au film, c'est tout, et je ne vois pas ce que ceci a de violent ou d'intolerable. En tout cas, cher(e) Adoucylogène, croyez bien que mon avis est le plus sincère et le plus sensuel possible.

Vous dîtes par contre que votre avis fait office de norme??? Là par contre, je ne sais même pas quoi vous répondre. >Je ne me bats pas sur ce terrain là, comme vous le découvrirez peut-être en parcourant ce site. Cette déclaration elle-même me laisse perplexe et tendrait à me rendre triste, sans aucune rancune d'ailleurs. J'aurais sans doute beaucoup de choses à dire sur votre déclaration, mais par où commencer? J'espère sincérement et en toute amitié cordiale que vous découvrirez par vous-même ce que cette phrase peut avoir de terrible.

Amicalement,

Dr Devo.

Commentaire n°28 posté par Dr Devo le 24/01/2008 à 02h58
Je vais me permettre un complement d'information, deja au sujet de la" norme", c'etait de l'humour, je n'ai pas cru bon de le preciser par un smiley tellement cette idée est fasciste. Je ne crois pas aux normes donc encore moin à "ma" norme!

Et je n'ai pas dit que vous n'aviez pas regardé le film mais il me semble avoir lu des commentaires qui le (the fountain) qualifiait d'irregardable, donc je joue un peu avec le sens des mot en disant qu'un film irregardable ne se regarde pas plus de 10 minutes en generales, sauf bien entendu si l'on a pour but de donner une critique du film, bien evidement je pense que vous l'avez regardé en entier. Mais il m'est arrivé de ne pas pouvoir voir un film plus de 5 minutes, je ne me souviens pas du titre, juste que c'etait un film asiatique et ke les plan s'enchainaient a la vitesse de la lumiere, il y avais presque autant de plans que d'images a la seconde... voila je jouais un peu avec la force du mot "irregardable"! (c'etait aussi de l'humour).
Pour la syntaxe, ou la grammaire je suis daccord sur la forme, mais le fond reviens un peu à l'idée de "norme" qui vous a choqué. un peu li'dée de l'anneau, l'objet: vais en faire quelques chose ou ce quelque chose va t-il faire de moi sa chose .... apres se rebeller contre la syntaxe ce n'est pas toujours reussit, REQUIEM etant un film bien plus aboutis artistiquement que THE FOUTAIN, meme si j'ai été egoistement touché par le sujet "commun" de THE FOUTAIN. Je n'ai pas voulu defendre The fountain ou m'attaquer a sa critique, juste defendre les sentiments agreable que j'ai au visionage de ce film; ce n'est pas critique du tout, c'est une demarche egoiste, mais si j'etais critique et sans parti pris je n'aurai rien à dire.

Voila j'ai decouvert votre site hier soir, je n'ai pas encore eu le temps de bien le visiter mais ça ne saurait tarder et si jamais des pointes d'orgueil ou de nepotisme vis a vis de mes idées vous choquent dans mes propos futur, du genre "ma norme" il faudra le prendre comme de l'humour. Loin de moi l'idée que ma façon de penser est la bonne, c'est juste la mienne.
Commentaire n°29 posté par adoucylogène le 24/01/2008 à 15h27

Voilà qui est dit, Adoucylogène! J'espère que vous prendrez du plaisr à vous ballader sur Matière Focale!

 

Dr Devo

Commentaire n°30 posté par Dr Devo le 24/01/2008 à 19h50

Il y a dans la formulation que vous faîtes de votre rejet du film (je pense à l'auteur de l'article et aux commentaires de Dr. Devo) quelque chose qui me dérange beaucoup, et pourtant j'ai l'habitude depuis des années (littéralement) d'adhérer à votre point de vue sur le cinéma. Partir du postulat que la forme prime sur le fond, et que le cinéma c'est des ciseaux et de la colle, c'est quelque chose qui nous (gens de goût, n'est-ce pas ?) mettra toujours d'accord et aura tendance à unir notre opinion des films (c'est une constatation il me semble, qui annonce assez simplement mon inquiétude).

Résumer la mise en scène et les défauts de ce film à sa proportion de gros plans, revient à mes yeux à résumer un tableau de Picasso pour en dire du mal en parlant d'abondance excessive de bleu. Les gens de goût se rejoindront certes pour louer la richesse incroyable des nuances de ce dégradé de rouge en arrière plan de ce chef d'oeuvre de -insérez un grand peintre de la renaissance-. Il a fallu des millénaires d'évolution de la peinture pour que l'homme accepte l'idée d'une peinture monochromatique, et des choses abstraites en général. On pense avec mépris aux critiques des siècles passés, ceux qui disent que Picasso sait pas dessiner, ceux qui ont rejeté l'impressionnisme. On ne peut pas rejeter le bon vieux « qu'est-ce que l'art ?», ou « qu'est-ce que le cinéma ? » aussi vite. Le temps unifie la valeur des artistes, il ne reste du Xve siècle que de « grands peintres ». Si 150 ans plus tard 99,995% des gens sont d'accord pour qualifier les détracteurs de l'impressionnisme d'idiots, que doit-on penser de la critique de cinéma, et de notre pertinence d'une façon générale ? On peut certes faire la feinte d'affirmer que les détracteurs du cubisme et de l'art abstrait ont « tout autant raison que les autres », avec l'hypocrisie élégante qui caractérise les gentlemen qui constituent les lecteurs de ce site.

Dr. Devo a introduit (dans mon esprit, en réalité il a probablement poursuivi quelque chose) une sorte de dogmatisme absolu, presque une charte selon laquelle les films sont appréciés. C'est une chose magnifique, parce qu'il y a derrière ça une rigueur intellectuelle, une honnêteté et une cohérence totales (dans ses articles en tout cas). Cela ne nous amène pas aussi facilement au point suivant.

J'imagine rédiger cette charte en plaçant en article 1 : « A/ Un film doit en premier lieu contenir une variété d'échelles de plan. Toute oeuvre réunissant une quantité excessive de plans comparables sera qualifiée d'inférieure. B/ On parle surtout des gros plans ». Je pense que Dr. Devo désapprouverait cette démarche, et en tout cas nous rappellerait avec toute sa sagesse que si tel article doit être introduit à La Constitution Universelle du Cinéma il ne peut pas en être l'article 1. L'article 1 parlerait d'émotion, de ciseaux et de colle.

Il y a à mon sens dans cet article (qui appartient à une catégorie d'articles très précise et fournie, évidemment) quelque chose de très artificiel et en dehors du sujet, dans cette façon d'articuler les choses comme ça en parlant de gros plans à propos de ce film. Vous faîtes en gros à ce film les mêmes reproches que vous feriez à Intouchables et autre téléfilm lambda. C'est assez évidemment très malhonnête, mais surtout ce n'est pas très intéressant parce que c'est un point de vue totalement désincarné, froid, générique. Certes une partie du film mérite ce traitement, car il y a des aspects très téléfilmesques dans The Foutain. Mais il se passe d'autres choses dans ce film. Il est possible de percevoir l'ensemble sous un angle totalement différent, ce film a quelque chose de particulièrement généreux pour qui veut l'accepter, et il est possible que le commentaire de l'échelle de plans soit tout aussi pertinent que le détracteur de Picasso qui n'aime pas le bleu. Je sais que personne n'a jamais prétendu ici à détenir la moindre vérité, et que l'auteur s'il lisait tout ça serait prêt à afficher une modestie et un recul qui me feraient passer pour un idiot. Mais dans la construction de cet article, il y a ce côté « et là, c'est le drame », comme si ces gros plans détruisaient dès le départ toute émotion et invalideraient la moindre qualité qu'on pourrait lui trouver. Je pense que j'ai pas besoin de m'étendre sur les faiblesses de cette approche.

J'ai aucune idée de la note que je donnerais à ce film, je lui reconnais beaucoup de défauts et de faiblesses, je ne suis pas là pour le défendre.

Je suis là pour défendre pour défendre la pertinence de mon point de vue sur le film alors même que je n'ai jamais été choqué par la pauvreté de l'échelle de plans. Le cinéma se passe dans notre esprit, chaque scène, chaque personnage n'existe qu'à travers notre expérience et l'interprétation de sens que les limites de notre intelligence nous offrent. Il y a le critère du beau, du moche (gros plans = moche). Est-ce qu'on peut vraiment articuler une réflexion critique d'art selon le postulat qu'une technique particulière produit le « moche » ? Et surtout, doit-on entretenir ce genre de principe ? Doit-on entretenir ces listes de critères ? Oui la mise en scène prime sur le scénario, mais ce n'est pas un principe, ce n'est pas une règle, c'est une observation. Là où je pense l'esprit critique peut s'égarer et pervertir sa perception, c'est en essayant de définir ce qu'est la mise en scène, et ce qui fait la « bonne » mise en scène. En ayant ce genre d'idée, on laisse l'émotion pourrir, le cinéma n'est plus qu'un jeu, une suite de 0 et de 1, où le Critique jouerait le rôle d'un juge de patinage artistique, la tête dans ses notes, comptabilisant les fautes. Parler de cinéma sans parler d'émotion, de plaisir simplement, sans chercher ce lien qui nous unit à chaque film, quel qu'il soit, sans parler de soi, c'est mentir ou ignorer l'essentiel. Bien sur qu'on doit théoriser l'art, c'est très amusant à faire et ça permet de donner un peu de relief à ce sentiment profond que le cinéma joue un rôle essentiel dans notre développement en tant que gens. Mais avant ça, avant tout le reste, un film c'est deux heures plus ou moins significatives de notre existence.

Tout ça pour dire que le cinéma est plaisir, que détester un film n'a aucun sens (c'est une autre histoire mais au point où j'en suis je peux bien écrire n'importe quoi), que le Beau a un peu trop tendance à être défini par le ministère de la culture, et que Dr. Devo nous manque beaucoup. Où es-tu ? Je pense que la « communauté » de matière focale (si telle chose existe ? Peut-être que je suis totalement fou et dernier lecteur de ce blog) mérite que tu lui expliques pourquoi tu n'interviens presque plus, ce qui t'arrive, tout ça. Je suppose que je pourrais venir à Lilles pour te le demander mais un article ce serait bien.

Commentaire n°31 posté par Max le 10/10/2013 à 00h30

J'avais écrit ça à côté, le site m'a trahi en détruisant les paragraphes, désolé (à l'éventuel errant dans 10 ans qui tomberait là-dessus). 

Commentaire n°32 posté par Max le 10/10/2013 à 00h33

Je sais que j'ai caricaturé la critique de Mr. Mort. Je voulais essentiellement m'indigner de la posture de juge de patinage artistique (qui dépasse bien sur totalement l'obsession des gros plans), La posture classique du critique de cinéma qui non seulement a déjà une bonne partie de son article écrit avant même d'avoir vu quoi que ce soit, mais qui en plus pendant la séance devant le film, écrit intérieurement le reste. Spectateur de soi-même en tant que spectateur, il se parle au lieu d'écouter, cherche les choses qui vont dans le sens de l'opinion qu'il aimerait avoir. Tentation de l'hyperbole, abandon de la sincérité au profit du style. 

 

La critique de cinéma est probablement pourrie à la racine lorsqu'elle est faite sur commande. Pour ça que je suis partisan d'un mouvement de critique intégralement positives, qui cherchent l'intérêt et la joie dans chaque film systématiquement (à des exceptions faîtes sur le plan moral/politique éventuellement).

Il y a beaucoup trop de choses contenues dans un film (surtout de cette ambition évidemment) pour oublier totalement d'en chercher la beauté. 

Commentaire n°33 posté par max le 10/10/2013 à 01h27

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