IPCRESS, DANGER IMMEDIAT (THE IPCRESS FILE) de Sidney J. Furie ( UK-1965) : Cinéma, terre d'asile...

Publié le par Dr Devo


[Photo: "L'Instant Décisif Mek-Ouyes (à New-York)" d'après une photo de
Mek-Ouyes.]

 

 

Chers Focaliens,

J'espère que Anne sera bonne avec vous (et pas trop sévère), et que les veaux seront meilleurs. Ainsi soit dit, ça ne coûte rien, telle une tente de chez Decathlon offerte par Decathlon. Le sport commence dans la rue, après tout... Et 2007 sera l'année du sport dans la rue, qu'on se le dise...

[Bientôt les soldes : achetez des baskets...]

Les focaliens déjà équipés, eux, pourront, pour peu qu'ils n'aient pas tout mis dans le budget camping justement, aller faire un tour du côté que je vous dis. Je n'ai jamais vu un film de Sidney J. Furie, qui malgré ses 73 ans continue de tourner comme un malade (une dizaine de films depuis 2000 !), et dont le nom est associé à SUPERMAN IV (1987, soit la date de la fin de l'Histoire, malheureusement, mais fabuleuse période pour les collants en microfibres), à la série AIGLE DE FER (on fait moins le malin là, hein ?) et plus encore à un plus bizarre L'EMPRISE dont le Marquis nous vantait il y a peu la quasi-débilité du sujet mais aussi le soin de la réalisation. [C'était quand même l'histoire d'une femme qui se disait "violée par le diable" ! Moi, quand ça sent un peu le faisan comme ça, j'ai très envie de voir !].

Comment rendre un film beau ? Engager un chef-opérateur qui va vous éclairer le film avec vos pires idées et deux malheureuses lampes torches, et vous faire quelque chose de superbe. Il y en a quelques uns qui peuvent bosser comme ça, et c'est un régal. Car non seulement, ils bossent bien, mais en plus, ils donnent un aspect extrêmement luxueux à votre film fauché. Deuxième solution : embauchez Michael Caine ! Il a le même âge que Furie, il est aussi bosseur, et lui aussi donne une formidable impression de luxe.

Londres, milieu des années 60. Harry Palmer (Michael Caine donc), travaille dans le domaine du contre-espionnage, pour l'armée anglaise. La vie de cet agent secret n'est pas spécialement mouvementée : enquêtes laborieuses, planques interminables, etc. Malgré son côté impassible et calme, Palmer n'en fait qu'à sa tête, et c'est pour ça que son supérieur le nomme dans un autre service de contre-espionnage, mais géré par le Ministère de l'Intérieur cette fois. Nouveau patron et nouveaux collègues pour Palmer ! Et aussi une nouvelle mission, avec plus de terrain ! Un scientifique a été enlevé, alors même que ses connaissances et ses recherches ont un intérêt géostratégique certain pour le Royaume-Uni. Les services de contre-espionnage soupçonnent un autre scientifique de savoir où se cache le premier ! Il faut donc retrouver la trace du second et lui proposer un deal afin de récupérer le Cerveau. Si Palmer, malin comme un singe, trouve rapidement la trace du second scientifique, il découvre aussi une enquête plus compliquée qu'il n'y paraît, où tout le monde semble manipuler tout le monde. Ce n'est pas facile de faire son boulot consciencieusement quand toutes les cartes sont brouillées. Sans le savoir, Palmer va avoir chaud ! Il s'en fout, pour l'instant du moins, car ce qui l'intéresse, c'est de rentrer chez lui, le soir venu, et de cuisiner une bonne blanquette de veau ! [Véridique... !]

Je ne sais pas ce que donne à l'écran cette histoire de Lucifer pervers qui vient mettre son sexe démoniaque dans n'importe quelle ménagère de moins de cinquante ans, mais en ce qui concerne IPCRESS, DANGER IMMÉDIAT, on peut raisonnable en dire que le film étonne ! D'abord, il y a un soin très concret. Les décors ne paient pas de mine : intérieurs discrets et pas spécialement luxueux (j'aime particulièrement les bureaux des services secrets qui consistent en quelques tables et des chaises dans un magasin d'assurances !), extérieurs londoniens plus lyriques mais utilisés ici de façon fantomatique et inquiétante, vidée quasiment de sa population. Les costumes et la direction artistique suivent le même pas : soignés, en quelques touches, peu nombreuses, discrètes et simplement efficaces. Bien. Le tout dans un beau 2.35 (format scope).

[Ici, je fais une parenthèse. Vous avez été plusieurs, depuis plus d'un an, à me faire la remarque, y compris chez les cinéphiles bloggeurs... Alors je me permets... Les termes techniques employés dans Matière Focale sont très simples. Certes. Ceci dit, le milieu cinéphilique a une très mauvais habitude, à l'instar des milieux informatiques d'ailleurs : on adore jargonner et surtout, surtout, on déteste expliquer le jargon aux néophytes et aux débutants. On garde jalousement le secret, on se moque de celui qui ne sait pas en disant que tout le monde sait cela, et même quelquefois, on déforme les définitions, ou on fait semblant de savoir alors qu’on ne sait pas, etc. Voilà une habitude bien fâcheuse ! J'emploie naturellement certains termes, et quelquefois, je reçois un de vos mails où on me demande de préciser telle ou telle expression que bien souvent je pense acquise par tous. Bon. Comme vous le savez, j'ai horreur de l'encyclopédisme, et je considère que ne pas savoir quelque chose ou ne pas avoir vu telle chose n'est absolument pas un péché mortel. Au contraire, je préfère toujours l'indépendance de l'autodidacte à la pression sociale de celui qui sait parce qu'on lui a appris mais qui toise quand on lui demande un renseignement. Bref. Je pense très bientôt faire une petite série d'articles rigolos autour des notions de mise en scène et des termes techniques. Alors, s'il y a des choses que vous avez toujours voulu savoir sur le machintographe sans oser les demander, c'est le moment : envoyez-moi un petit mail, posez votre question. Je ferai ensuite des articles didactiques et j'espère marrants pour expliquer très concrètement tout ça. Ça peut concerner le tournage, les effets spéciaux, le vocabulaire, les formats, le son, les DVD, les termes techniques, "l'analyse" de film (je n'aime pas ce terme ; sachez que l'analyse de films, c'est d'abord une histoire de vocabulaire, et que généralement le spectateur de CAMPING ou de L'HISTOIRE D'ADÈLE H. font de l'analyse de film sans le savoir !), etc. Pour m'écrire, cliquez sur la pin-up au biniou dans la colonne de droite ! Merci de ne pas utiliser les commentaires pour faire ces demandes, afin de laisser la surprise future intacte...]


Du soin donc, c'est certain. Et du ton (c'est bon). Et le ton blanc (understatement), c'est même excellent. Car quelle drôle d’ambiance de narration. Voilà qui démarre de manière curieuse par l'enlèvement du savant N°1 ! Découpage classique mais astucieux, soin évident dans le repérage, l'interprétation et le reste comme je viens de le dire, et petit suspense qui fait son effet, sur des bases classiques mais exploitées avec énergie. On est dans une atmosphère de bon suspense classique ; ce qui se voit notamment dans le découpage des plans dans la voiture, très intéressants car Furie fait ça de manière volontairement brusque et maladroite. On s'en souviendra juste après. J'y viens. En tout cas, on apprend aussi dans cette belle introduction que ça ne se passera pas que dans l'image, mais aussi dans le son. Notamment via un thème musical bizarre mais assez obsessif qui peut fonctionner comme un motif tranquille, mais aussi inquiétant et abstrait. Le savant se fait enlever et là, changement de ton, ou plutôt décalage bizarre et en douceur avec l'arrivée du générique. On assiste alors au lever de Harry Palmer, au petit matin. Ça n'a pas l'air d'être facile : ouverture des rideaux, lavage, habillage, et interminable préparation du café dans l'appartement sobre du détective-espion. Tout cela est d'une trivialité étrange et froide pour nous qui nous attendions à un film d'espionnage, comme promis dans la séquence d'introduction. En deux séquences (intro et générique, donc, suivez un peu...) et en quelques minutes, le ton est donné. IPCRESS, DANGER IMMÉDIAT est un film décalé, à l'image de son héros terriblement anglais, et qui échappe à toute définition : un type qui n'en fait qu'à sa tête, mais pas du tout tête brûlée ou insolent à l'américaine, calme, rigoureux, malin mais pince-sans-rire, rien d'ostensible ni de frimeur. La journée, Palmer va bosser comme contre-espion, et le soir il peut s'adonner à sa passion : la cuisine. C'est tout. Un expert sans le boom-boom-me-voilà d'un Belmondo par exemple. Un type normal, qui finit par être en dehors des schémas de narration, et qui sait combiner (ou plutôt le film sait combiner) l'extraordinarité de sa tâche, ici montrée comme quelque chose de banal et rigoureux, ce qui constitue un paradoxe de ton et de narration tout à fait bienvenu. On reconnaît dans ces traits quelque chose de sublimissime qui fait que, de cœur, je serai toujours anglais, sans être loachien. Cet Harry Palmer n'a rien à voir avec John Steed, son collègue contemporain de la série (sublime et cinématographique) CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR. Steed est d'un abord courtois, souriant et sympathique. C’est un gars drôle, bon vivant et charmeur. Palmer est le contraire en apparence. Mais finalement, lui aussi est drôle, charmeur et excellent professionnel atypique. La différence, c'est le ton. Palmer est un stoïque, un faux froid, là où Steed est directement plus foufou ! Mais au fond, c'est la même chose. D’abord, IPCRESS, DANGER IMMÉDIAT se bat sur les mêmes plats de bandes finalement. Faire de la mise en scène très inventive en jouant avec les fondamentaux (j'y viens), et en donnant un aspect quasiment fantastique à une histoire qui ne l'est pas forcément, et/ou qui est profondément ancrée dans le quotidien et le banal. Deuxièmement, en fait, Steed et Palmer ont deux styles opposés mais sont les mêmes : des héros atypiques, malins, qui ne se font aucune illusion sur la nature humaine et sur la corruption de ce monde, des presque cyniques, de par l'expérience, mais sauvés par l'humour, la poésie, et cette façon de regarder le décor en se décalant par rapport à lui, de biais en somme. Et cette même âpreté ou tristesse. Ce ne sont pas des optimistes béats, mais des pragmatiques sombres, nos deux héros. Et le film IPCRESS..., sans entrer dans de telles considérations, est complètement affilié de manière plastique et dans le ton à CHAPEAU MELON... Faire les choses sérieuses avec désinvolture, les choses désinvoltes avec sérieux, un soin rigoureux dans la fabrication du film, etc. Les deux univers sont forcément jumeaux. CHAPEAU MELON étant le versant vif et séducteur, et IPCRESS étant la façade froide et cérébrale, au contraire. Et c'est un paradoxe. IPCRESS est bouillant, mais fonctionne sur un autre mode, typiquement anglo-saxon : le fameux slowburn ! Ça a l'air d'être froid et c'est chaud. Ça a l'air d'être banal et c'est d'un suspense insoutenable. Ça a l'air d'être quotidien et c'est complètement fantastique en même temps. Ça a l'air d'être lent et c'est haletant au point qu'on trépigne sur son siège. C’est bon, mangez-en !

[En fait, on a l'impression délicieuse, car un peu fausse, un peu spécieuse, que Furie n'en a rien à faire de son histoire d'espionnage. Gardez cela à l'esprit, cher lecteur, et lisez la suite. Il a l'air de s'en balancer de son roman d'espionnage, on se dit, ce type, ce qui l'intéresse c'est la mise en scène pure. Et une fois qu'on nage dans la folie complète (voir ci-dessous), on reçoit l'histoire et la narration en pleine tête, de manière élégante, comme un boomerang lancé qu'on aurait oublié de surveiller, et qui nous cogne la tête alors qu'on s'apprêtait à partir ! La classe !]

Et il y a un autre point commun décisif : le jeu complètement maboule et incessant de la mise en scène. Et avec ce IPCRESS, DANGER IMMÉDIAT, je vais vous demander, pour des raisons de sécurité, d'accrocher vos ceintures. Bienvenue à Maboule-Land ! Sidney J. Furie déploie le grand jeu. Le grand plateau et le grand braquet, serait-on tenté de dire. Comme je l'ai déjà dit, le format, c'est le scope. Ici, c'est très beau. Le cadre est absolument délicieux et fait des miracles sur des décors quelquefois complètement banals ou très durs à mettre en valeur. Les jeux d'axes lui sont complètement inféodés et privilégient les fausses maladresses qui sont de vrais points de vue, à l'image du jeu rigolo et même fendard sur les plongées, contre-plongées et axes droits normaux (très inventifs et relevant avec malice l'opposition quotidien/fantastique). De plus, le film donne une impression très étonnante ; comme si, dans cette gourmandise et donc cette loufoquerie affichée, quelque chose n'allait pas. En fait, on arrive à mettre le doigt dessus (c'était dit dans la voiture, dans la séquence d'intro en fait, mais on le comprend plus tard), et une fois qu'on a deviné de quoi il en retournait, c'est un plaisir inouï et une des expériences les plus frappadingues que vous aurez l'occasion de voir au cinéma ! Vous vous souvenez peut-être de ce que je disais de LA MORT AUX TROUSSES de Hitchcock et son fameux syndrome dit "syndrome 12h43". Et bien c'est un peu quelque chose comme ça dans IPCRESS, DANGER IMMÉDIAT.
Ce qui intéresse Furie en premier lieu, c'est le cadrage, non seulement dans la fonction de délimitation (ce qui doit être ou pas dans la champ), mais aussi comme élément organisant les objets, les personnages et les actions dans le plan, et inutile de vous dire, car vous le savez déjà, chers focaliens, que quand ça marche sur les deux niveaux et pas seulement sur le premier, c'est absolument délicieux ! Mais ce n'est pas tout. Furie ne vole pas son patronyme, tant il prend un soin maniaque, obsessif et malade à retravailler son cadrage au troisième degré grâce au sur-cadrage. Furie réorganise constamment le plan de manière fofolle au possible, et surtout incessante, en faisant des choses tellement improbables et belles que ça en devient délicieux et haletant. Comme par exemple faire des split-screens en direct sur le plateau, ou en sur-cadrant un plan tout en longueur en le coupant en deux de manière longitudinale (on a alors l'impression que le scope fait cinq cent kilomètres de long et un mètre de haut !). Des lignes qui passent dans tout le plan, des caméras basculées, des décors en formes de triangles, de cases, et des axes de prises de vue complètement improbables. C’est la folie complète ! C'est la malice la plus extrême et surtout la plus gourmande, où tout les champs de la mise en scène sont convoqués : objets (et donc direction artistique), profondeur de champ (ça n'arrête pas), mise au point/flous, son on/ son off (car le son peut servir le cadre !), déplacement des acteurs, mouvements de caméras (grossiers ou subtils), photographie (qui peut être aussi une façon d'organiser le cadre), focales, fondus, surimpressions etc. Ça va très loin, au point que l'arrivée du plan suivant, qui sept fois sur dix nous prend à contre-pied, devient en lui-même le principal suspense du film en dehors, presque, de tout contenu narratif. Que c'est beau, que c'est drôle.... Et puis, boom, on comprend, la digue cède alors et on se laisse immerger totalement. On comprend ce qu'est en train de faire Furie. Il cherche ni plus ni moins, courageux homme, à sortir (et là chapeau, car le film est aussi un film commercial et grand public) de la dictature la plus meurtrière de ce pays qu'on appelle le Cinéma : la dictature du Champ/Contrechamp ! Et oui, c'était ça ! En multipliant les folies de cadrages, de sur-cadrages, et de sur-sur-cadrages, Furie veut détruire le contrechamp et imposer un cinéma qui ne soit que composition, montage et mise en scène ! Quelle folie ! Quel goût ! Quelle beauté ! Quelle audace !
[Remarque : le montage est utilisé de manière auxiliaire, ce qui est très intéressant. Il donne au film son tempo. Les coupes sont presque rythmiques et donnent au film un aspect rock, binaire (à deux temps), pas si rapide que ça. De fait, Furie prouve que l'organisation du plan, la vitesse des choses qui s'y passent, le son qui l'accompagne et la façon dont il est composé et organisé sont aussi des facteurs de montage, outre la coupe des image elles-mêmes ! C'est une belle et sacrée leçon, très concrète, très cubiste et très moderne de cinéma... Je vous laisse méditer là-dessus, mais c'est extrêmement important, ce que je viens de noter là...]

Pendant ce temps, oui, oui, IPCRESS, DANGER IMMÉDIAT est aussi un film d'espionnage irrésistible. Ce sont aussi des acteurs à tomber, un scénario aux petits oignons (et assez simple : la cuisine de Palmer comme je l'imagine) et des dialogues drôlissimes taillés au cordeau... Mais je vous laisse découvrir ça, tranquillement dans vote fauteuil. [Je note aussi la belle rupture de la période albanaise, et un des plans de la dernière partie que j'appellerais "plan des lunettes géantes" (où le cadre et le plan deviennent eux-mêmes une paire de lunettes ! Très marrant !]

IPCRESS est un très grand film. Et l'année 2007 commence superbement. On notera enfin que Harry Palmer est le héros de deux suites : une réalisée par Guy Hamilton (zut...), et une autre, UN CERVEAU D’UN MILLIARD DE DOLLARS, réalisée par l'immense Ken Russell lui-même. Inutile de vous dire que je pars tout de suite à la recherche d'une copie de cette suite pour voir comment le maître anglais s'est approprié un univers si propice à sa propre maboulerie cosmique...

Définitivement Vôtre,

Dr Devo.
 
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Publié dans Corpus Analogia

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J. Lepers 06/01/2007 19:58

A la bonne heure, il vous sera beaucoup pardonné. Allez en paix.JL

Le Marquis 06/01/2007 18:13

Oui, mais il avait été posté pendant que j'envoyais mon commentaire, je plaide l'innocence et la sobriété.

J. Lepers 06/01/2007 17:46

Bordel le nom du zigue est écrit juste au dessus Marquis, vous avez fini la bouteille ou quoi ? Bon, vous gagnez quand même deux trois encyclopédies...

Le Marquis 06/01/2007 14:43

Absolument, je l'ai vu - mais j'ai moi aussi oublié le nom de son réalisateur, le Dr Devo doit savoir ça (je crois qu'il en a une copie) : alors que la plupart des expérimentations de ce cinéaste m'avaient laissé froid, son travail sur L'EMPRISE était vraiment admirable.

J. Lepers 06/01/2007 14:40

Peter Tscherkassky