[Photo : projet d'affiche pour le film LA MÔME COCO par Dr Devo, d'après une idée de Dr Devo et Mr Mort]

 

Quand je pense à l'Irlande, je bande, je bande-eux...
 
L'année 2007 sera, tel Malraux (figure tutélaire en tout lieux (entre) ici, Frère Sourire, en sorte) l'avait prédit, "pareille à l'année 2006, sauf que ça ne s'écrira pas pareil et qu'on fera de grandes ballades dehors, en ville, ou ne sera pas". Le meilleur conseil de l'année d'ailleurs : achetez de bonnes chaussures de marche, ou mieux, des tennis comme on disait en 1987. À part son adaptation live et long-métrage de la série expérimentale SAN KU KAÏ, avec Harvey Keitel, qu'a fait Ridley Scott ? Quasiment rien, si on met à part son pompage de Mario Bava (LA PLANÈTE DES VAMPIRES), et encore, en douze mille fois moins inventif.
Je crois que c'est le private joke du siècle, en fait, cette histoire de frères Scott ; en fait, je pense que c'est le même qui se paie notre tête en se marrant. Je pense que Ridley est l'invention de Tony, suite à l'échec relatif (en matière de dollars) des PRÉDATEURS, superbe film, et devant le succès au box-office de TOP GUN.
 
Si tu es une Région et que tu veux dépenser de l'argent des contribuables, ne fais pas comme en Auvergne, ne donne pas ton argent à QUAND J'ÉTAIS CHANTEUR, c'est de la perte de temps, c'est laid... [Quoique... Le film s'arrêtait une minute pour montrer un diaporama à Vulcania, quand même !] Embauche plutôt un réalisateur amerloque pété de thunes, le résultat sera là, et ta carte postale (qui aurait pu financer à elle seule une petite barre HLM), elle aura une autre gueule, elle pétera dans la soie même. Ainsi, je vis UNE GRANDE ANNÉE, titre ironique, dans une salle assez petite mais dont le projecteur était sublimement réglé. La lumière était enchanteresse dès les films-annonces (films-annonces qui étaient très bons en plus, miracle double). Je ne regardais pas l'image (à part le plan magistral et beau et long sur la main d’Emma Thompson, et le plan à suivre, moins bien mais sur son visage où l’on pouvait deviner son regard perdu de l'année 1987, quand même), je regardais la lumière et l'étalonnage super luxueux ou rendu tel grâce à une lampe à Xénon et à un projecteur, (ou à une toile) de toute beauté. Un régal.
 
Malheureusement l'enchantement ne dura pas. La photo du film de Ridley Scott sans la thune, et montre la Provence sous After Effect, et sous toute les tonalités de couleurs, et tout filtre devant. Techniquement, c'est OK, artistiquement, c'est une vraie gerbance. Ridly-Toney nous balance du gris londonien pluvieux contre du soleil de Provence façon huile d'olive dans le panier arrière du vélo, tout l'amour que j'ai pour l'argent de tes contribuables. La Provence comme Little Italy. Aucun enjeu, ce sont des vacances payées par l'État.  Le fonctionnaire le mieux payé de France, hors grille, est anglo-américain. Ça aurait été un autre défi, bien plus beau et singulier, de nous présenter le Lichtenstein comme la Little Italy de l'Europe des Moches !
Le chien qui mord tout le monde et pisse sur tes chaussures s'appelle Tati. Et à la fin, on rendra hommage au maître (mais sans la voix, en muet) dans une séquence de ciné-goûter-concert (le fantasme américain, un ciné sans pop-corn mais avec gros cul, gros cru et foie gras !) avec une projection de ses meilleurs gags (dans la séquence des gags, on retrouve Arletty, et aussi bien sûr Roger Vadim, Gérard Philippe, etc.). Le vrai courage aurait été d'appeler le chien Renoir, ou au moins Truffaut !
 
À part ça ? La Provence se compose comme suit : des maisons en pierres de taille, des jupes à fleurs qui se soulèvent, on peut regarder sous la jupe des filles à vélo, les voitures sont les voitures de Mickey, le GPS ne parle pas anglais, la grosse mama-blues incestueuse est au petit soin pour toi, Russell Crowe a le même âge que Cotillard (en fait, il a plutôt celui de Bourdon, très bien et c'est le seul d'ailleurs [avec Valeria Bruno-Tedeschi, la seule à comprendre qu'elle fait un film américain, et qui le fait superbement, là où le réalisateur lui-même ne sait plus rien ! Bravo, bravo, bravo !!!], qui est censé dans le film être de la génération antérieure à celle de Crowe), soit 30 ans, les restaurateurs se tuent à la tâche, la ménagère de moins de cinquante ans va au marché avec un panier en osier, les spécialistes du vin (le pourtant talentueux Gilles Gaston-Dreyfus qui mérite mieux) sont des charretiers vulgaires et arnaqueurs, le viticulteur est un dieu mais on le paie au SMIC (en même temps, il a l'honneur de faire partie de la famille, il manquerait plus qu'il morde), la classe, c'est le noble anglais (Crowe et son collègue agent immobilier). La petite amerloque (actrice anonyme mais pas mauvaise), absolument érotique et même trop, dans le premier plan, viendra sauver la France et le vignoble, et remplacer Marianne.
 
UNE GRANDE ANNÉE vante les vraies valeurs de la vie, et le message honteux et sous-jacent ne contredit même pas cette façade. Il rajoute juste qu’en fait, la vraie vie, seuls les nobles peuvent l'apprécier ! On pourrait mettre de la peinture, on a les moyens d’en acheter douze palettes à Leroy-Merlin, mais les dessus chics, c'est de ne rien faire du tout (là où on pourrait). C'est dit dans au moins deux scènes. Quand Cotillard s'arrête devant le Van Gogh ! [À tous les critiques pros, les bloggeurs ou les critiques soucieux de la manipulation des bonnes mœurs du peuple et qui ont peur que celui-ci mésinterprète tel ou tel film : lequel d'entre vous à gueuler devant ce plan profondément réactionnaire et, on le verra, xénophobe ?] Et l'agent immobilier passe une tendre nuit avec le glaçon sur le dos de la cousine, vrai moment gratuit (et encore...), mais il redevient un connard quand il s'agit de mettre Crowe en valeur, le lendemain matin. Quel insupportable cynisme, complètement vécu par Tonette, qui lui en a à ne plus savoir qu'en faire, sans doute, de la maille. Autre preuve de la non-existence de Dieu chez les nobles et chez le(s) Scott, le personnage dit du caniche dans les bureaux londoniens de Crowe. Ce personnage sera puni car justement c'est le double de celui de Russell Crowe, à savoir : il ne peut en rester qu'un, bel axiome hollywoodien à l'époque installé et mis en valeur par un australien (Russell Mulcahy, encore), et qu'aujourd'hui, tacitement, Scott, ex-anglais, met en valeur. Bravo ! Le personnage du caniche est puni parce qu'il est un second rôle. Crowe est exactement pareil sauf que c'est le héros. Un des deux doit mourir, finir SDF et dans la misère sexuelle : ce sera le Caniche. L'autre Crowe, une fois ce double dans le miroir éliminé, pourra enfin être "au plus près de la vie", la vraie, et nous vanter le charme d'une vie simple, chose toujours plus aisée quand on a un compte en banque à 7 ou 8 chiffres, ce qui n'est pas le cas de votre serviteur... La conclusion est en tout cas terrible : la F-rance est une langue morte, et le terme "cinémort" est complètement à l'œuvre dans cette GRANDE ANNÉE dont les "hénaurmités" de montage  (faux impressionnisme et vrai finalcutisme) sont encore le plus ridicule et donc largement le plus humain et le plus sympathique des traits de caractère.
 
Devant la recrudescence des non-films, et des films de cinémorts, je propose que les films de Marion Cotillard (moyenne, ce qui est déjà beaucoup, dans ce film, le seul bon, mais vraiment bon, étant curieusement Didier Bourdon, donc, impeccable) soient tous vus sans exception cette année. Je m'engage à les voir tous. Pour LA MÔME, j'irai aussi. Peut-être avec un casque de chantier pour voir le film en muet.
J'aimerais un film avec Mariard Cotillon qui soit deux biopics en un. Plus besoin de se déplacer deux fois, ce qui a son intérêt dans ce monde moderne. Je vois bien par exemple un film qui soit à la fois une biographie de Piaf et une biographie de Coco Chanel. On appellerait ça LA MÔME COCO, et si le réalisateur est habile, il peut s'arranger pour transformer ce film double en film triple, en ajoutant le documentaire sur la vie de l'actrice principale ! On aurait avec ce beau projet une vraie obligation de baroque et de narration, et donc une vraie exigence artistique, mais aussi des impossibilités à résoudre qui obligeraient le réalisateur à trouver des solutions de mise en scène, de la vraie, de la construite, et non pas, comme ici, une succession d'images et de sons qui peuvent durer 3 heures ou 20 minutes, sans que cela n'ait ni répercussion ni nécessité. Dans mon projet LA MÔME COCO, il y a plus de cinéma avec majuscule que dans cette GRANDE ANNÉE lamentable, où le spectateur smicard ou travailleur pauvre aura quand même payé 8-10 euros pour voir une poignée de richards nous dire ce que doit être une vie simple et détachée du matériel, en se goinfrant avec l'argent de nos impôts.
Il devient urgent d'arrêter de donner de l'argent à ces gens qui nous volent et qui nous spolient. Les ex-fans des 70's Scott, se demanderont, sans doute avec sincérité, où sont leurs années folles et attendrons sagement que cela passe à la télé, gratuitement, en somme...
 
Finalement, Ridley Scott ou son jumeau maléfique est vraiment le seul réalisateur "Rap" français.
Dis-lui, "non merci, je ne mange pas de ce pain là" au dealer !

Mr Mort.
 
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Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /Jan /2007 13:07

Publié dans : Cinémort
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