LE RETOUR DES MORTS-VIVANTS II, de Ken Wiederhorn (USA-1988) et ZOMBIE KING AND THE LEGION OF DOOM (ZOMBIE BEACH PARTY) de Stacey Case (Canada-2003) : Zombie soit qui mal y panse !

Publié le par Dr Devo

[Photo : "Attaque de Coeur (20ème anniversaire de la Mort du Monde)" par Dr Devo]

 

Chers Focaliens,

Poursuivons les escapades cinématographiques et courons comme des jeunes chiots fous dans les champs du saigneur... quelquefois à nos dépends d'ailleurs, comme on va le voir par exemple ici, en parlant de cette soirée fameuse, il y a deux ou trois jours, où nous avons regardé avec le Marquis THE HUMAN TORNADO, avec l'ami Rudy Ray Moore dans le rôle culte de Dolemite. J'ai d'ailleurs oublié de préciser dans mon article l'autre jour l'incroyable regard absent de Moore dans le film, sans doute un symptôme de la consommation de sucre-candy très en vogue à l'époque dans les milieux du show-bizenesse (mais plus du tout maintenant, hein ?).

Un grand moment de solitude et de fatigue, cette soirée là, car sans le savoir, avec THE HUMAN TORNADO, nous avions mangé notre pain blanc !
La nostalgie, c'est comme une chanson de Daniel Guichard pour beaucoup de gens : ça se mange sans fin, et on est bien dedans, ça tient chaud aux pieds. [Comme des pantoufles, je voulais dire !] Et c'est mû par un esprit de nostalgie que le Marquis a acheté LE RETOUR DES MORTS-VIVANTS 2 de Ken Wiederhorn, qui est la suite du très réussi RETOUR DES MORTS-VIVANTS de Dan O'Bannon. Rappelons d'ailleurs que le Marquis, il y a un an et peut-être même plus, a fait un excellent article informatif et bien troussé sur les films de morts-vivants qui ont pris le relais pendant des décennies entières de LA NUIT DES MORTS-VIVANTS. Cet article vous permettra de vous repérer dans la généalogie un peu bâtarde et très embrouillée de la galaxie zombie ! Qu'on se le dise !

Ploucville, ville moyenne des USA, dans les années 80. Un camion militaire rentre à la base. Il pleut. Le conducteur du camion, un jeune soldat sans grade, roule tranquillement avec un walkman sur les oreilles. [...ce qui à l'époque était le comble du chic et de la branchitude, car le walkman était l'objet le plus convoité du monde, et les jeunes de l'époque y tenaient plus qu'à un i-pod ou qu'à un navigateur GPS. C'était une note pour les moins de 25 ans.] Le gars écoute donc du hard-rock FM sur son walkman. Et du coup, il ne s'aperçoit pas, car il fait nuit et que la pluie tombe drue, que les fûts toxiques qu'il transporte sont mal attachés, et l'accident finit par arriver : un des fûts tombe du camion !
Michael Kenworthy, petit gamin acteur qui, dieu merci, n'a rien fait d'autre sinon un rôle dans LE BLOB de Chuck Russel (USA, 1988), et un épisode de QUOI DE NEUF DOCTEUR ? (tu t'y attendais pas à celle-là, hein ? Pour les moins de 25 ans, c'était une série télé familiale avec un petit gars à la cool complètement nul. Et qui a vu passer du beau linge (Di Caprio, Brad Pitt...). Et avec l'actrice Tracey Gold ! Oh lalala ! Qu'est-ce qu'elle devient ? Elle doit être consultante en pizzas surgelées quelque part en Arkansas...). Michael Kenworthy est un petit garçon de treize ans qui est entraîné par deux de ses petits camarades à faire une virée dans le cimetière tout proche, cimetière au milieu duquel coule quasiment une rivière, puisque les égouts passent par là. Les 3 gamins s'approchent d'une bouche d’égout, justement, et découvrent un fût étrange qui porte des inscriptions militaires et des messages stricts demandant à celui qui trouve le fût de surtout, surtout ne pas l'ouvrir ou le nourrir après minuit, et d'appeler immédiatement tel numéro... Les gamins se demandent ce que c'est... Nous, spectateurs surpuissants, savons qu'il s'agit du fût tombé du camion militaire [Et qu’il contient de la Trioxin, pour les plus cultivés d’entre nous ! NdC]. Michael Kenworthy rentre chez lui, mais ses deux potes commettent une faute irréparable : ils ouvrent le fût ! Un gaz toxique s'en échappe...
Au même moment, Thom Mathews (épouvantable acteur) et Suzanne Snyder (actrice très sympa, bien que complètement dépassée ici, et qu'on a déjà vue dans le KILLER KLOWNS des frère Chiodo que j'évoquais l'autre jour) arrivent dans le cimetière car Thom doit y passer la nuit à déterrer des cadavres avec un vieux bougon qui les revendra sur le "marché noir" des mecs qui n'ont rien de mieux à faire qu'acheter de vrais morceaux de cadavres ! (Thom fait ça pour l'argent, bien sûr et ça le dégoûte !). Thom Matthews et son collègue James Karen interprétaient sensiblement le même duo dans le premier RETOUR DES MORTS-VIVANT, mais pas les mêmes personnages ! La production, toujours pleine de bonnes idées, s'est dit que ça n'était pas mal, même si les deux acteurs n'étaient pas connus du tout, de les replacer là dans des rôles différents car ça permettait de faire le lien entre le premier film et cette suite ! Logique, non ? Non, mais enfin, ça faisait un lien entre les deux films, comme si c'était une... suite et pas un rachat opportuniste de franchise ! Bref, le pauvre Thom va passer sa nuit à voler des cadavres ! Ce qui fait que, ce soir, il y en a, du monde dans le cimetière. Le petit Juju a ouvert le fût toxique qui contient... UN MORT-VIVANT, issu des recherches foireuses et secrètes de l'armée américaine. De la fumée toxique se répand dans le cimetière et au même moment, la pluie se met à tomber ! Aïe ! Le petit Michael Kenworthy, lui, décide de faire le mur et de retourner au cimetière pour noter le numéro de téléphone sur le fût et prévenir l'armée. Trop tard ! Dans le cimetière, les cadavres enterrés se réveillent et vont envahir la ville en criant : "Cerveau ! Donne-moi ton cerveau !" Mon dieu, qu'avons-nous fait là ?

Comme vous l'aurez compris, l'approche du personnage du mort-vivant est ici assez éloignée de celle d'un Romero. LE RETOUR DES MORTS-VIVANTS 2 est une espèce de comédie qui enchaîne les fausses bonnes idées, la première étant de devenir plus une comédie qu'un film d'horreur (on n'a jamais peur), et l'autre étant de confier le rôle principal à un gamin, ce qui, remarquez, préfigure bien ce que devait devenir le cinéma fantastique des années 90 jusqu'à nos jours, diront les plus cyniques d'entre nous, à qui je ne pourrais pas tout à fait donner tort ! À l'époque de ce film, et je dis ça uniquement pour me moquer, Ken Wiederhorn, réalisateur d'un très réussi et assez original SHOCK WAVES (LE COMMANDO DES MORTS-VIVANTS), son premier film en 1977 (un chouette film de morts-vivants nazis assez lent et troublant, et qu'on trouve en DVD pour deux sous). Et à l'époque de cette séquelle, il cherchait à sortir du genre "horreur". La production lui a dit d'accord, à condition qu'il respecte la franchise et le scénario (qui n'était pas du tout prévu pour être une suite !), grâce à un formidablement désastreux travail de ré-écritures successives a pu accoucher du film bâtard que voici ! Bien entendu, par la suite, on ne proposa que des comédies d'horreur à Wiederhorn ! Et sa carrière ne dépassa jamais les années 80 ! Hihihi !

Ah, c'est formidable le show-bizenesse ! Et quand le Marquis a vu le film dans le bac à soldes, il a acheté tout de suite, ce que je comprends. À l'époque, j'avais vu le film en salles et lui aussi ! Et la nostalgie t'étreint et te voilà à regarder ce film 19 après (!), en te disant que tu vas passer un bon moment, surtout que le premier opus de la série était drôlement sympa et bien troussé...
NOSTALGHIA est vraiment le seul mauvais film de Tarkovski. Et ce RETOUR 2... ne vaut quasiment rien ! D'une facture modeste et sans envergure particulière, la mise en scène confine à l'anonymat et surtout, c'est le développement de l'histoire qui est catastrophique, cousu de fils blancs qui ont bien du mal à s'enchaîner, d'une part, et de situations artificielles aussi homogènes que la cadavre de la créature de Frankenstein ! D'autre part, en plus d'être anonyme, l'action/comédie est mise en scène de manière absolument léthargique : quelques fins de plans coupés à la tronçonneuse rouillée, mouvements de caméra kitsch, complète eigthisation banale du contexte (les nouveaux quartiers des classes moyennes comme on les voit chez Spielberg !), vitesse de croisière qui tient plus du slow que du twist, et surtout à cause d'acteurs complètement paumés et bien souvent tartes. Le petit Michael Kenworthy, très sûr de lui, y va à fond, mais bon dieu que c'est désagréable ! L'avantage à l'époque, c'était que ces programmés enfants-stars (et dieu sait que pour lui, sa carrière fut un échec), ressemblaient à des pré-ados, au contraire d'une Dakota Fannings qui de nos jours essaie de nous persuader qu'elle a 35 ans ! [Je me demande si elle aime le sucre glace ?] Bref, le jeu est complètement poussif au possible. On retrouve d'ailleurs Dana Ashbrook qui, comme son nom ne l'indique pas, est un acteur aujourd'hui perdu dans la jungle de l'anonymat mais qui devait connaître une petite aura quelques années après ce film en jouant le rôle de Bobby Briggs dans la série TWIN PEAKS de David Lynch ! Marsha Dietlein qui joue sa copine a une chouette tête mais ici, elle est complètement fadasse. Et puis, il y a le type qui joue le docteur, Philip Bruns, dont le jeu est absolument horripilant. Personnage de ringard décalé, assez vieux, et balançant des vannes catastrophiques à longueur de dialogues, le tout en roulant des yeux et en jouant avec ses sourcils, Bruns s'avère absolument insupportable. Ce n'est qu'une ou deux bobines plus tard qu'on commence à l'apprécier. Si son rôle fait mal au cerveau, c'est qu'il est complètement tartempion dans le contexte. Par contre, l'acteur finit par jouer le rôle de paracétamol. Il ne fait certes pas disparaître la maladie, mais ça soulage un peu, dans le sens où c'est le seul qui se batte un peu et qui ait l'air d'être un être humain et non pas un robot humanoïde venu de l'espace ou de sortir d'un bouquin de Philip K. Dick ! En un mot, c'est le seul qui essaie de faire son boulot, tandis que les autres semblent être sous prozac. Tant mieux, car sinon je crois que le Marquis et moi-même serions morts d'ennui... ce qui est quand même arrivé ! Le film se déroule sans aucune conséquence, enchaînant les scènes poussives et se construisant sur des détails insignifiants que l'équipe tente laborieusement de mettre en place. La ville est bizarrement vide d'habitants, et le film d'enjeu. Chaque choix de ce film assez coûteux, comme celui de tourner sur des plateaux en plein air, finit par paraître cheap et désastreux (c'est une jeep et deux intermittents du spectacle qui incarnent les autorités militaires qui font le blocus autour de la ville !). Le cheapest est atteint lors d'une splendouillette séquence finale dans une centrale électrique où nos héros essaieront d'électriser des abats en les plaçant dans des flaques d'eau dans lesquelles ils font baigner des câbles électriques, dans l'espoir que les zombies les mangent puis s'électrocutent ! Superbe idée... a du se dire la maman du scénariste, et c'est bien la seule ! C'est poussif, c'est long, c'est même interminable et ça ne vaut définitivement pas un
HORROR CANNIBAL pourtant bien plus nul. Va comprendre... Que ceci vous serve de leçon, à vous les jeunes de moins de 25 ans : la nostalgie n'a pas que du bon ! L'aimable potacherie du souvenir s'est ici transformée en exercice d'endurance insupportable. Le Marquis et moi-même nous sommes dit qu'on ne nous y prendrait plus !

Et hop, un malheur n'arrivant jamais seul, et sans le préméditer en plus, je proposais de regarder dans la foulée ZOMBIE KING AND THE LEGION OF DOOM, titre débilosse et 100% français du ZOMBIE BEACH PARTY de Stacey Case. La jaquette au design de comic book nous donne du "George Romero présente" ! S'il vous plaît !

Dans la région de Ploucland, au Canada, voyage Ulysse, catcheur réputé et ultra-populaire qui essaie de rejoindre sa copine avec qui il est fâché dans sa maison au bord de la mer. Alors qu'il s'arrête dans un petit patelin, il découvre sur une affiche que le lendemain, Tiki, son concurrent direct et grand méchant annoncé, va donner un combat de catch dans un bar du cru, combat au cours duquel il affrontera des zombies ! Voilà qui est étrange, se dit Ulysse. Parallèlement, des petits jeunes se font massacrer et la police est formelle : ils se sont fait boulotter par des morts-vivants ! Tout désigne donc Tiki et ses zombies apprivoisés. Mais la réalité est tout autre, et Ulysse sait qu'il ne faut pas se hâter à tirer des conclusions hasardeuses. Bien qu'ennemi juré de Tiki, il se met à sa recherche, car son petit doigt lui dit que même son rival serait incapable de tuer de gens innocents et qu'il y a sûrement Ang Lee sous France Roche... Et effectivement c'est le cas, car en coulisses, dans un parc d'attraction abandonné, un sinistre personnage s'apprête à déployer un plan maléfique : conquérir le monde libre ! C'est pas gagné !

ZOMBIE KING..., film indépendant tourné en vidéo et avec peu de moyens, part sur les traces du serial, du film de drive-in et de morts-vivants, mais aussi sur les traces des films de catcheurs, genre populaire notamment en Amérique du sud. Les héros de ce film sont donc tous masqués, ce qui est, il faut bien le dire, un des aspects très sympathiques du métrage, les catcheurs étant, dans cet univers décalé, catcheurs le jour, catcheurs la nuit, catcheurs un jour, catcheurs toujours ! Ils gardent leur cagoule pour dormir ou prendre une douche ! Le ton est donc volontairement décalé. Le film mise sur des décors assez déserts, et est tourné directement chez les gens à l'origine du projet. C’est du fantastique de garage pourrait-on dire, ce qui peut avoir, là aussi, son charme. L'univers développé se veut donc à la fois quotidien, voire banal, et complètement loufoque, extravagant. Le fantasme étant de faire tenir debout, avec pas grand chose, un univers bizarre à 110% (il s'agit quand même d'un film de zombies catcheurs !) qui produise sa propre mythologie et ses propres codes de fonctionnement. Et bien, je dis pourquoi pas !

Hélas, ZOMBIE KING AND THE LEGION OF DOOM relève de l'arnaque quasi-complète, et loin de la potacherie promise à la BAD TASTE (film surestimé de Peter Jackson, sans aucun intérêt ou presque, ou alors pour les plus sentimentaux d'entre nous), hypothèse basse, et loin de la découverte débrouillarde due à des bricoleurs de génie, hypothèse haute. Le film n'est ni l'un ni l'autre, et c'est bien pire. La première bobine, celle de la découverte, et donc moins antipathique, est relativement agréable pour qui sait être indulgent, même si déjà on peut sentir qu'on est plus proche du tournage du dimanche qu'autre chose. Rien d'infamant, rythme trop pépère, et léger attrait du décorum.
Par la suite, c'est sans appel. Le but de Stacey Case est clair : faire du culte à tout prix ! Être fun, déployer la force d'un humour et d'un univers au second degré. Pas l'ombre donc d'un sentiment amateur en fait. Si de fait ZOMBIE KING... est un film bon marché et bricolo ayant coûté peu cher, et même quasiment auto-produit, le but affiché est de faire un produit de buzz propre à cartonner dans les festivals spécialisés puis dans les festivals tout courts. Voilà qui pue l'ambition.
Car en coulisses, c'est pas beau à voir. La mise en scène est médiocrissime. La photo est piteuse, malgré les efforts, et sans goût aucun. La direction artistique mise à fond sur le kitsch ce qui est toujours extrêmement désagréable et rien n'essaie d'être beau ou troublant. Enfin, le scénario, très vite, montre se limites : il n'y aura ici aucune originalité. La base de départ, pourtant très loufoque, ne donne rien de bondissant ni de malin, mais par contre se perdra dans des développements d'un classicisme absolu et sans inventivité, où au contraire le déroulé de la narration et de l'action sera aussi laborieux que LE RETOUR DES MORTS-VIVANTS 2 dont je parlais plus haut. Scénario en chaise roulante, donc, et encore plus réalisation absolument nulle, et sans caractère personnel aucun. Ah ça, oui, ça c'est sûr, y 'a du gros rock qui tâche dans la B.O. Mais c'est tout, et ça n'apporte rien car comme il faudrait le rappeler de temps en temps aux jeunes réalisateurs qui aimeraient tous être Tarantino à la place de Tarantino : un film n'est pas une émission de radio ! Et Tarantino n'est pas un gars qui a une super collection de B.O.F. ou un gars qui a une culture musicale délirante : c'est un type qui a vu le PHENOMENA de Dario Argento et qui sait, du coup, où placer et comment placer une incise musicale dans une scène à la mise en scène structurée... Stanley Case se plante quasiment à tous les postes. Le cadre est laid, voire parfois hideux, la direction des acteurs est immonde dans les scènes d'action, et surtout, surtout, l'échelle de plans est inexistante. Et le montage est non seulement pas signifiant du tout, mais rempli de fausses options qui détruisent le capital sympathie dont aurait pu bénéficier le film. C’est monté n'importe comment. L’action, ultra-segmentée, ne cherche jamais à spatialiser l'action ni à la dynamiser du point de vue rythmique. ZOMBIE KING..., du point de vue du montage, est un film d'une absolue monotonie, certes capable d'enchaîner 13 plans en 30 secondes, mais incapable de donner une quelconque impression de rythme. D'un simple point de vue de mise en scène terre à terre (il s'agit quand même de filmer des combats de catch, ce qui est un exercice assez concret), c'est donc mauvais, voire nul tant les mauvaises options sont systématiquement choisies. La question du montage n'a jamais été envisagée par le réalisateur. La question des techniques de catch et du cadrage n'a jamais été posée non plus ! Fallait-il chorégraphier un catch spécifiquement chorégraphié pour le découpage cinématographique, ou fallait-il au contraire pousser les séquences d'action dans le sens de la captation ? [Un des enjeux tient à la nature même du catch, discipline très technique du music-hall : le combat doit être lisible par tous, quel que soit l'endroit où l’on se trouve dans la salle... Ce qui pose quand même de sacrées questions de mise en scène !] Case s'en fout, en fait. Il fait les plans les plus courts possible, privilégie les effets les plus voyants, se fiche du cadre, de la lumière, du rythme... Il n'a pas pensé une seconde à ce qu'il allait faire de ses rushes. Et au final, son film n'est qu'une bouillabaisse indigeste, sans aucune personnalité et qui singe les tics de montage épileptique des "professionnels de la profession", sauf qu'ici, la prestation paraît plouc et cheap, au vu des moyens... Case perd sur toute la ligne. Côté spectateur, c'est l'ennui mortel. Le film semble durer deux heures trente, les séquences s'enchaînent dans la plus grande prévisibilité. Le film est autant un film de cinéma qu'une opérette ou qu'un talk-show, ou que de l'orthoptie ! Au bout de 20 minutes, on crie grâce. Le pompon est cependant atteint dans un dernier acte (le parc d'attraction) complètement débile et sans envergure.

ZOMBIE KING AND THE LEGION OF DOOM tient vraiment à la fois de l'arnaque et de l'arrivisme. C’est un film de petits malins qui aimeraient bien percer, et qui aimeraient bien "bosser dans le cinéma". C'est bien, c'est beau d'avoir de l'ambition. Je souhaite de tout cœur que Stacey Case ait enfin son petit bureau sur Hollywood Boulevard. Moi, je préfère les gens dont l'ambition est non pas d'être réalisateur mais de réaliser des films. Et pas de faire de la choucroute ! ZOMBIE KING..., film sans charme, sans humour et vide de toute personnalité (ça ressemble à des centaines de films auto-produits) est juste une opération marketing. Si ça marche aux USA, où le film a sans doute son aura culte, c'est aussi valable pour la France où le DVD est commercialisé sous une luxueuse jaquette façon comic-book. Et avec ce fameux bandeau "George Romero Présente". En fait, dès le générique de fin, on se demande comment il est possible qu'un homme de goût et de conviction comme Romero ait pu associer son nom à un petit étron de la sorte. L'explication est à chercher du côté de notre ami Ludo-Z et de son site SÉRIE BIS ! En fait, Romero avait (vaguement) promis de faire une apparition dans le film. La chose n'ayant pas pu se faire, Case et son équipe ont décidé de dire que le film était soutenu par Romero, ce qui, bien sûr, est absolument faux. Mais bon, ça, coco, c'est bon pour le culte ! C'est bon pour encaisser de la maille ! Et c'est donc sans vergogne que le réalisateur amasse popularité et réputation de cinéaste culte, en mentant comme un arracheur de dents ! La presse, surtout spécialisée, et les fans hardcore de cinéma fantastique crient à la découverte culte et à la naissance d'un réalisateur potentiellement iconoclaste et important ! Un peu comme Sam Raimi ou Peter Jackson en leur temps ! Ça arrange d'ailleurs les spécialistes du genre, ce parrainage Romero que tout le monde avalise en bon mouton obéissant. Mad Movies (dont les choix d'avenir pour le cinéma sont désastreux de A à Z ! Ce sont vraiment des clowns sans envergure, eux aussi ! C’en est presque impressionnant ! Le font-ils exprès ? Se rendent-ils compte qu'ils font exactement pareil que Les Cahiers ou Positif ? Voient-ils que ce sont eux les plus grands défenseurs du mainstream et du Système ?) aura beau dire le contraire, ZOMBIE BEACH PARTY est un film lamentable dont l'arrivisme et la propension à mentir avec l'accord d'une profession largement corrompue font disparaître l'aspect bêtement anonyme et ultra-fadasse de l'expression cinématographique...

Rappelons à ces gens qu'un type comme Tarantino a sans doute vu tous les films de Fulci, toutes les séries Z de Mattei, mais qu'il a aussi vu tout Peckinpah ou Friedkin, tout Godard et tout Bergman. Et qu'avant de connaître le succès, qu'il aurait pu ne pas connaître d'ailleurs, car on a toujours du succès ou de l'insuccès pour de très mauvaises raisons, la force de ses films ou projets de films était justement de se poser des questions de cinéma, et non pas de développer des scénarios, et de raconter des histoires à la manière d'un vulgaire Truffaut (le magasin de jardinage, bien sûr !). Car ce cinéma de scénario et de concept dans lequel nous baignons actuellement, de Moretti-Almodovar-Loach à Besson-Michael Bay-Jaoui, en passant donc par ce ZOMBIE KING..., ne fait qu'une chose : servir la soupe au Grand Capital ! Et ça, c'est pas très rock n' roll je trouve. Je ne vois là-dedans rien d'iconoclaste ou de culte (cette nouvelle saveur marketing ! Film au parfum de culte !). Dites-leur merdre aux dealers !

Derrière le masque de catcheur branchouille se cachait la tête d'un des deux petits vieux du Muppet Show !

Sortez les clowns !

Zenement Vôtre,
 
Dr Devo.
 
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Publié dans Corpus Analogia

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Dr Devo 27/01/2007 08:15

Ha oui!!! Nous sommes faits Milou! En même temps, il fallait deviner le vice! S'il faut oncsulter les forums specialisés avant de regarder un film, on ne s'en sort pas!
Dr Devo.

Le Marquis 27/01/2007 01:12

Quand je pense que j'ai bien failli offrir ZOMBIE KING à une pauvre victime à Noël... Je pense que j'en aurais crevé de honte. Heureusement, la méfiance suscitée par les "révélations cultes" de 2006 (consternants COLD AND DARK et autres ZOMBIE HONEYMOON) a retenu mon geste. Certains de mes proches ne savent pas à quelle tambouille ils ont échappé.
En ce qui concerne le piètre RETOUR DES MORTS-VIVANTS II, en soi une insulte au très bon film de Dan O'Bannon (inutile de chercher plus loin d'où lui vient son injuste réputation de parodie potache et imbécile), la nostalgie aurait dû nous pousser à le visionner en VF : j'ai appris depuis que pour des raisons de droits, l'intégralité de la bande originale a été remplacée pour l'édition DVD, et que seule la piste sonore en VF comporte la bande-son entendue en salles à la fin des années 80 !

Norman bates 23/01/2007 17:53

Ah les films de catcheurs ! Avez vous vu le splendouillet Force Spéciale avec Hulk Hogan ? Je n'arrive pas a trouver des infos sur ce redoutable film.