SAN KU KAI épisode 4 : entre ici Sidéro, avec ton cortège de fantômes...

Publié le par Docteur Devo

(photo: "Hardcore, she said" par Dr Devo)
 
Chers gens de la Terre,
 
Qui n'ont jamais connu les transes du... Et du... Ah ! oui, mais bon forcément ! Hommage à Luc Plamondon (espérons non nu et sous aucune douche). Hommage à Plamondon, voir plus bas.
 
Nomenclature idem, et même semblable, pour ce quatrième épisode de SAN KU KAÏ, rappelons-le, série pour enfants de jadis qui n'ont jamais connu les transes (utilité de la série, ici noire, qui empêche bien sûr aux enfants de la Rance de tomber dans le n'importe quoi, chose qu'on déteste ici), et pourtant, épisode sobrement intitulé "le Camp". Oui monsieur, parfaitement Madame, un épisode pour les enfants intitulé « le camp », confère de la mort, bien entendu. Dorothée, cette ignoble et délicieuse sotte, avait mis cette année-là de la politique dans sa valise, sans doute sans le savoir car elle ne regardait pas les séries qu'elle achetait à l'époque, la petite sotte, à moins qu'elle ne vit (Mmmm... Non, pas pour elle, sans doute...) la série, et qu'elle la programmât (si je veux) afin de préparer, déjà, en pleine gloire, sa propre rédemption, à moins, dis-je, que l'achat de cette série qui ne marcha bien qu'en France au final, ne fût qu'un aveu, une résignation, une proclamation triste et regrettée de l'empire télévisuel ET musical qu'elle avait créé. Un peu comme si, la pauvrasse, elle avouait : "désolée, je suis une stressos" sans pouvoir dire si c'était elle Golem XIII ou non, car elle l'ignorait, la pauvre, comme le prouve la programmation de la série, qui était elle-même la programmation de sa propre mort (télévisuelle au moins), de son propre sabordage à elle, Dorothée. Figure pathétique et, ici donc, geste désespéré de celle qui, schizophrène obligée par sa propre faute et par sa propre ambition (pêché suprême, l'ambition), schizophrène obligée donc, à la fois Koménor (lieutenant en chef), Furya sans aucun doute (voir ses prestations hystériques, ses sauts de lapin et d'humeur, ses incendies involontaires de carbonisation (cf. la scène de la douche de LA LISTE DE SCHINDLER) des jouets-cadeaux pour les enfants [comme le quatuor rouge de Koh-Lanta jette l'igname au feu parce que mal cuisiné, au lieu de donner la denrée précieuse à leurs propres camarades], anecdote véridique, cet incendie de jouets, et Eolia aussi, un peu dans le geste d'achat de la série. Alors qu'elle entubait des milliers de petits enfants qui devaient pressuriser les parents, surtout les plus pauvres (là aussi, pêché suprême, et dégueulasse même), "comme" un pressentiment qui, tout à coup, "est passé sur moi" [comprendre : elle], elle se dénonce elle-même en loucedé, se rangeant dans le camp totalitaire. Oh, bien sûr, elle ne démissionna pas au lendemain de la diffusion de cet épisode, le ver étant trop bien planté dans le fruit, une pomme bien sûr, mais ce geste lucide presque, inconscient presque, elle l'a quand même fait, comme un Sakhone au milieu de tous les joueurs de Koh-Lanta qui jurent comme des charretiers (dont une "C'est trop ma femme, cette lettre" du pourtant Jérôme) et détruisent le français à coup de bâtons et de dynamite, celle de leur inculture (Pathétique Pierre). Dorothée, dis-je, inconsciemment lucide pour résumer, qui comme Sakhone en pleine tranchée meurtrière de la syntaxe française, en plein chez les porcs de la langue, déclara, magistrale, humble et aristocratique : "La faim me gagne". Que cela ne nous les rend pas plus sympathiques (Dorothée et Sakhone, c'est une analogie), ah non ! Mais le geste fut noble. Dans le geste (Dorothée) et dans la parole, Parole pardon (Sakhone, le japonno-laotien comme un petit parfum de kiwi-banane-pêche-mangue des bois), à 30 ans d'écart. Disons leur merde, aux dealers. Enfin, dealeuses !  L'enfant de la rance, c'est moi !
 
[C'est pas du Batave, c'est du Gustave ! Nuance quand même, et chapeau moi-même. "I was an art-ist !!!!!!", comme disait le poète anglais, mais n'anticipons pas, Plamondon n'aimerait pas, en fait.]
 Le camps, donc. Épisode 4. Calendrier solaire. Pardon Solaire.
 
Et maintenant, HOWL, mon ami, Howl tout ce que tu peux. Ayato, jeune héros courageux mais surtout inconscient de son inexpérience (Cf. Eolia, dit-elle, oh Ouiiiiii... Oh oui.), Ryu, roi de la coolitude sur fromage blanc, Mmmm c'est très bon (mangez-en), pilier de la série au final, Siman l'homme-singe, ou plus précisément l'homme-macaque, dont les gants mappa qui lui servent de maquillage commencent déjà à se flétrir (mais c'est trop cher de s'acheter une autre paire, dit le producteur de la série) – et dire qu'il reste encore 23 épisodes, et enfin Sidéro, robot hydro et céphale, yeux lumineux et francs, véritable William Burroughs de l'équipe, et hop ! Burroughs et Sidéro dans la même phrase (je répète : dans la même phrase) mais dont on ne verrait jamais la prose, on la devinerait, circulant comme un battement de sang dans ses circuits imprimés (que ses camarades et co-héros, les ignorants, appellent d'ailleurs roulements à billes ! Le poète est toujours seul), oui, on la devine derrière la narration des épisodes. On les devine même, cette solitude du poète et cette création poétique, on les devine par leur absence, tellement si forte ("quand elle dort", comme disait le poète). Rangeant (si je veux, une phrase avec QUE un participe présent)... [Et des points virgules après une parenthèse, oui, si je veux... Vous savez que la typographie est importante chez moi : Arno, c'est moi ! (Ah ! non, pas le chanteur Arno, aussi belge soit-il, et ça j'adore, car j'adore les chanteurs belges, mais sortez de chez vous, Arno quoi ! Non ? Bah, débrouillez-vous et nourrissez-vous ici, c'est déjà ça et je m'en contenterai, comme humblement en quelque sorte). Rangeant SAN KU KAÏ... Quoi, tu comprends plus ? Remonte au dernier embranchement. Rangeant SAN KU KAÏ indubitablement, et sans contestation possible, au rang des Robbe-Grillet et Duras, surtout ceux-là, allez, Greenaway si vous voulez mais c'est un peu exagéré. Il y a du Baroque et du Concret (concret au sens musical) dans cette série, et dans ce personnage de Sidéro, le seul personnage, du reste, ayant vraiment existé (NY60), dans cette série complètement fictionnelle par ailleurs. Et voilà où je voulais en venir : tout ce petit monde vole à bord du San Ku Kaï (le vaisseau, et SAN KU KAÏ, read my topographie et do some gémissements de plaisir, la série aussi : CQFD ci-dessus, phrase précédente), vole, dis-je, dans un mouvement de scandage propre (et en hommage !) aux travaux de Nietzsche sur la dramaturgie antique, tout ce petit monde vole, allez encore un "pour le plaisir", pour rendre hommage à Julien L. (à la fois présentateur evergreen du PAF et musicien expérimental),  vole vers Analys, qui est la planète deuxième du XVe Système Solaire (Funfzig Solarus System, en Allemand original dans le texte, et sachez que "system" se prononce "Suce Taime", en insistant sur le U, vas y, now repeat after me), planète donc, et pas dernier modèle de téléphone fax, ce qui serait ridicule dans une série de science-fiction.
 
Il y a moins de monde déjà. C'est pourtant simple. Nos héros sont en route vers Analys, où se trouve Kamiji (Kamégi ?), le Résistant Bédouin enfermé dans les geôles stressos, c'est-à-dire dans le camp, justement. Comme quoi tout se recoupe. C'est simple, et efficacement écrit, non ?  Dans le camp N°5 (tu la sens, la critique du commerce de luxe ? Moralité : la consommation bourgeoise mène aux geôles totalitaires, sans contestation).
 
Ça ne va pas être une mince affaire (à faire), il faut réfléchir, mais d'abord on se pose. Atterrissage, incrustation terrible du museau du vaisseau, aggravée et ripolinée comme il ne fallait pas (ils sont cons aussi, les gens qui font le mastering des DVD...), sortie du vaisseau, sur la plage abandonnée. Siman, l'homme-macaque, se précipite vers le rivage et se jette de l'eau salée sur le masque prothèse mappa, cherchant volontairement à le dégrader (rappelons que la production refusait de faire deux masques, car c'était trop cher ! Et pas de deuxième prise non plus pour les mêmes raison !). Par ce geste, on apprend que l'acteur sous le masque (Joe Siman), cherchait à se faire licencier. Pas de masque, plus de Siman, et hop ! enfin libre, à la porte. Et de là, on peut conclure que Joe Siman était moins bien payé que ses collègues (mais plus que Sidéro). Fracture spatiale sociale.
 
Comment est-ce qu'on va faire pour délivrer le Bédouin de l'Espoir ? Ryu dit :"Ah, ben oui ! Bravo Ayato ! On a qu'à aller au camp et dire, "Bonjour ! on vient chercher Kamiji". Non, ce n'est pas sérieux. Ce qu'il nous faut, c'est une carte du camp". Ah ! oui, ça c'est très fort, se dit Clotilde, 9 ans, dans le Val de Marne. Ayato répond :" Mais où la trouver ?". Judicieux, se dit Aurélie, 10 ans et demi, Seine Maritime. Et là, Ryu répond :"Dans le camp." SAN KU KAÏ, Burroughs, Robbe-Grillet : CQFD, 2 fois ! Bien joué.
Je résume : pour retrouver Kamiji, prisonnier dans le camp N°5 ("Belle ironie", doit se dire Golem XIII en rigolant !), il faut un plan du camp n°5 qu'on va aller chercher dans le camp N°5 ! C'est complètement Nouveau Roman ! "La geste est ainsi. Cos-Mo-Go-Nique" dit Salvador. C'est vrai.
Ellipse. Extérieur jour. Prison stressos du camp N°5. Deux séries de plans. Dans le champ : Volcor et des stressos s'apprêtant à exécuter trois malheureux résistants dont on peut s'étonner de les voir porter d’incroyables survêtements chatoyants ("gay" en anglais, voir plus bas si j'y pense), pour l'exemple bien sûr. Contrechamp : plan unique sur Kamiji et ses co-détenus qui regardent l'exécution à travers les barreaux de la cellule.
 
I saw the best men of my generation destroyed by...  
"Préparez l'execution", hurle Volcor.
madness, starving hysterical naked...
"Vous ne pouvez pas faire ça !", crie Kamiji.
 dragging themselves through the negro streets at dawn....
"Voilà ce qui arrive à ceux qui résistent !" conclue Volcor.  
Looking for an angry fix...
"Nous ne nous soumettrons jamais !" déclame Kamiji.
 Angelheaded hipsters burning for the ancient heavenly...
 "Alors vous mourrez..." simplifie Volcor.
connection to the starry dynamo in the machinery of night...
"..!!!", dixit Kamiji.
 and tatters and hollow-eyed and high sat  
"Tu seras exécuté demain matin !", décide Volcor
Up smoking in the supernatural darkness of cold-water flats floating accross the tops of cities
Mitraillage. Morts. Dont un n'en finit plus de mourir. Ça se passe comme ça chez les Stressos.
C'est comme ça. Je répète : c'est comme ça.
 
Ellipse. Dans les bureaux-appartements vaguement derrickiens du camp N°5. Un gradé stressos qu'on a jamais vu, étrangement affublé d'une perruque Louis XVI, déjà ça choque. Gras comme un poulet, il s'enfourne des victuailles à n'en plus finir, dont de la charcutaille qui réveilla même mon appétit en cette fin de matinée. Le plus étrange est le tag, visiblement tracé et bâclé à la bombe aérosol blanche pour décorer le sapin de Noël, qui va de sa tempe gauche à sa tempe droite en passant sur et sous le menton. La vache, ils ont voulu faire quoi avec cet aérosol en guise de maquillage ?, me dis-je. Le vieux gradé s'offre une grosse bouteille de vin ! Ça y est, j'ai trouvé. Cette trace blanche peinturée est en fait... Comment vous dire ? Ils avaient déjà (les producteurs, j'entend) explosé le budget Marlboro de Joe Siman (qui fume des Marlboro, comme le montre le générique, si ! si, le Marquis vous en a déjà parlé, regardez mieux). Plus de sous pour acheter une postiche pour faire la barbe, et plus de sous pour acheter de la peinture. Margaret Tanaka, assistante-esclave sur la série, alla en bus (elle paya elle-même ses tickets) pour rentrer dans le studio avec eau froide, flottant au-dessus de la ville où elle habitait, non loin du lieu de tournage, sous la menace de se faire licencier personnellement par les producteurs. Elle ne trouva que l'aérosol pour le sapin de Noël. Dieu merci pour elle, elle était catholique, ce qui est rare au Japon mais pas impossible comme le démontrait le film ELEGIE DE LA BAGARRE, de Seijun Suzuki, dont je fis l'éloge jadis, et qui était déjà, vingt ans plus tôt, bien travaillé par le sous-fascisme rampant de la société japonaise. Un peu de machin blanc, et hop, ma chère Julie, c'est très simple, vous obtenez une barbe à zéro euros galactiques, sans problème. Et bon appétit bien sûr.
 
Le vieux comédien alcoolique et bouffi joue le gradé, qui est le gouverneur d’Analys. Mis en place despotiquement par les stressos. Et qui adore la galantine, ça vaut du Brecht largement, me dis-je, c'est dans ce genre de détails qu'on reconnaît une œuvre (contrairement au filmage des autres), de la même manière que Spielberg arrive en ce moment à nous faire croire avec talent que Tom Cruise Nu Sous La Douche (Au pied, Lycos, au pied !) est un docker détesté de tous (article ici chez moi, et ici chez lui). Débarquent dans la pièce où le vieux cabot se goinfre tout seul, Volcor, bon, comme d'hab, normal, et Koménor enfin, qui a trouvé la porte de sortie du Kosmosaur (le vaisseau-mère stressos) et se trouve donc, exceptionnellement, sur le terrain. Il en oublie d'ailleurs de faire un mouvement de cape pour son entrée. Bah, il s'est déplacé, c'est déjà ça !
 
Il faut dire qu'il y a une bonne raison à ce déplacement. Tiens, j'ai oublié une scène. Avant celle-ci. Qu'importe, le cinéma, c'est l'ellipse, car ici, dans SAN KU KAÏ (la série et le vaisseau donc ; d'ailleurs Sidéro ne quitte quasiment jamais le vaisseau, preuve de son statut de poète-narrateur-miroir du spectateur), c'est de cinéma qu'on parle. Vous le saviez déjà, non ?
 
Oui, j'ai oublié une scène, et après tout, on n’est pas dans TELE STAR. On sait déjà pourquoi Komenor s'est déplacé. Il vient apporter le plan du Palais Impérial de Golem XIII, le chef suprême, qui réclame un palais suprême (voir épisode précédent). Un palais majestueux, pharaonique, qui devra être bâti en un mois ! Bah, après tout, cette série de vingt-sept épisodes a été tournée ultra rapidement, avec une seule prise (obligatoire), alors pourquoi pas un palais sur douze mille hectares en un mois, hein ?
Un méga-palace (joli nom pour un cinéma multiplexe), à la démesure des stressos, rendant, et je cite Golem XIII, "gloire à ma Splendeur et à mon Génie", une phrase que je suis assez jaloux de ne pas avoir trouvée moi-même pour me qualifier. Volcor et Komenor arrivent donc chez le Gouverneur bouffant, et ils le mettent au parfum en rentrant une cartouche dans un "ordinateur" qui marche à cartouches et à bandes magnétiques. Sur l'écran de diapo et de contrôle apparaît le dessin d'architecte du palais, et ça a de la gueule. Voilà le but de la scène. Un détail important se produit cependant, si j’ose dire. Volcor saisit la bouteille et se met à picoler à même le goulot, le petit barbare ! "C'est excellent, c'est vraiment un premier cru". Komenor s'énerve : "J'ai étudié les ressources stratégiques d’Analys, je connais parfaitement ce vin !" Splendouillette réplique. Un mouvement de cape sonore en 1.0, et tous les deux se barrent ailleurs dans un autre décor, ou dans leur loge, ou dans un endroit isolé du plateau pour picoler un peu de mauvais whisky en se disant "Mon Dieu ! Plus jamais ça !". Ou "J'aurais dû écouter ma mère et faire du théâtre". Qu'avons-nous appris dans cette scène ? Le sot a compris que Golem XIII va se faire construire son Taj Mahal. L'érudit que nous sommes (joli !), sait que l'important, c'est d'aimer, et aussi le fait que Volcor ait montré ostensiblement une volonté de prendre une grosse cuite. Rappelons-le, Volcor, c'est l'homme du terrain, celui qui mouille sa chemise et qui exécute. Il la voit, lui, la putain de jungle infestée de bédouins sanguinaires. Il sait ce que c'est, ça use, ça le tue à petit feu. Damned.
 
Pendant ce temps, Ryu arrive dans le bureau du Gouverneur (ben tiens !) et hop ! Mais cette fois, comment dire, il a changé de tenue. A savoir : pantalon élastogène blanc sur bottes noires cuir et souples, veste-maillot de coupe féminine (comme une femme en maillot de bain une pièce, mais sur vêtement), rouge en plus, avec résille apparente, grand maillage, le tout sur T-shirt manches longues blanc en coton. Pour la tête, lunettes de ski mono-pièce teintées en rouge sur couvre-chef style bédouin, en tissu fin blanc. Serre-tête horizontal, aspect métal. C'est beau. C'est Ryu sous son nouvel alias : "Je suis Staros ! Je viens du fond de l'Univers pour vous donner une leçon". Naissance d'un super-héros. Ryu-Staros menace le gouverneur avec énergie. Il brandit l’espèce de petite étoile qui lui sert de shuriken très souvent et déclare : « Elle peut faire mal si je l’enfonce ». Moment d’érotisme gériatrique (en un seul mot) intense et rare, encore une fois, surtout dans une série pour enfants, et même d’autant plus rare qu’il révèle un sous-texte gay externe à l’œuvre (pour l’instant, comme nous le verrons dans l’épisode 14, je crois). Passons. Le gouverneur lui dit ceci :" Si je ne finis pas le palais dans un mois, je serais lazérisé !" Brrrr.... Ça fout les jetons de présence. Ryu-Staros-Ryu lui demande qui est Golem XIII. Le gouverneur répond : "je n’en sais rien, on ne lui parle que par un micro", ce qui, pour le coup, est complètement véridique. Staros-Ryu l’assomme, mettant ainsi un terme définitif à la carrière d'acteur de la vieille ganache, fut-ce d'acteur raté. Il (Ryu-Staros, puisque l’autre est assumé. Suivez ! Un peu de prose balzacienne ne vous fait pas de mal, j’ai eu raison…) fouille son bureau et trouve le plan des cellules. Et il rentre au vaisseau ! Tranquillement, en sifflotant. Bon, il aurait pu directement aller chercher Kamiji pour le délivrer, mais non. 
 
Stupeur et tremblement (normal, on est au Japon !) au retour au vaisseau, car le San Ku Kaï a disparu. Siman pique un somme, à moins qu’il se soit fait un shoot à la Marlboro en intraveineuse. Il est accroupi, la tête dans la main, regardant dans le vague. Comme déjà mort, en sorte. Ryu (qui a enlevé son costume de Staros) passe la main devant son regard, mais rien n’y fait, aucune réaction. 
 
Tiens, j’ai encore oublié une scène. Bah, je vais la mettre là, personne ne remarquera. C’est qu’en fait, Ayato, foufou comme un jeune chiot, il s’ennuyait pendant ce temps là. Profitant d’un moment d’égarement de Siman qui, au même moment, se masturbait peut-être sous une cascade, nombreuses en cette période de l’année au Japon, Ayato a pris les commandes du San Ku Kaï (le vaisseau, la série, le T-shirt) pour aller faire un tour dans l’espace, histoire de s’entraîner sur un des deux petits vaisseaux détachables dont je ne me rappelle plus le nom, mais dont vous devriez vous souvenir puisque j’en ai parlé lors de mon article, très beau d’ailleurs, sur l’épisode 2. Les jours rallongent, et il n’y a pas qu’eux. Et hop, on est déjà sur la cinquième page (précision topographique rigoureusement exacte que vous pouvez vérifier, pour les plus pervers et oulipiens d’entre-vous, sous Word, avec une marge gauche pas tout à fait à 17, police Arial taille 10 !). Ayato donc s’envole dans l’espace à bord du San Ku Kaï, sous le regard luminescent et affligé de Sidéro (Je répète : Allen Ginsberg ! Grand ami de Burroughs comme on le sait…) qui trouve la chose bizarre. « Où sont les autres ? Tu pourrais me répondre, malpoli !… » Ayato ne répond pas, sinon qu’il lui confie les commande du SAN KU KAÏ pendant que lui va détacher le petit vaisseau détachable dont je parlais pour s’entraîner. Quel abruti cet Ayato ! Le petit vaisseau en mousse est repéré par les radars stressos de Komenor lui-même, qui ordonne d’envoyer l’escadron 112 sur le champ abattre l’insolent. Volcor dit que, non, c’est inutile, je m’en charge moi-même blah blah blah… Voilà donc Volcor aux commandes de son laserolab, petit vaisseau de combat.
 
Revenons sur la plage. Siman est donc en catatonie post-tabagique. En fait non. Il regarde le vaisseau d’Eolia, blondesse princesse de l’espace. Arrêtons-nous un instant. [Cet article a-t-il une fin ? (Question from Constance, 13 ans et demi, Finistère sud)]. Le vaisseau d’Eolia, comme vous le savez, est le seul vaisseau spatial de l’histoire du monde à être en forme de galion. Voiles déployées, majestueux comme un vol de vachettes, virginal mais qui n’en pense pas moins, à l’image d’Eolia, la divine Blondeur Spatiale. Bon, ça vous le saviez. Mais aussi bien le voir flotter dans l’espace noir et intersidéral est très beau, aussi bien de le voir là, à quelques mètres du sol d’Analys (« la deuxième planète du 15e système solaire, heure de Tokyo »), voir ce vaisseau spatial en forme de voilier planer en vol stationnaire (« hey non, je suis spécialiste de STAR WARS, et planer en vol statio… » Ta gueule !) au dessus de la mer, et bien c’est carrément bouleversant. En rapprochant le vaisseau-bateau de son objet sémantiquement logique, en le frôlant sans l’y faire flotter, l’image devient sublime et bouleversante, entre dans votre cœur et laboure votre âme de mille étincelles. Je ne suis pas un putain de bouddhiste [Mais si, justement ! NdC], mais ça, c’est de l’illumination (et moins tu m’en donnes, et plus j’ai d’espace !), comme disait la poète. Magnifique. Premier point. De plus, Eolia apparaît sur le sable, magnifique. Et c’est la voix parfaite de Nathalie Baye qui la double. J’en suis sûr à présent. C’est à tomber. Je ne suis pas fana de l’actrice (bah, disons qu’elle a l’air sympa), mais sa voix toute seule, c’est l’expérience incarnée de la félicité éternelle qui nous attend à la droite du Christ Cybernétique et Rédempteur. Deuxième point, fermez le banc.
 
Eolia apparaît, et je dirais même qu’elle apparaît pour la première fois à Ryu. Elle lui explique en des termes élégants qu’Ayato s’est barré pour faire son cake (recette , dans les commentaires), et que maintenant, il risque de rejoindre son créateur avec 60 ans d’avance sur le Calendrier Spatial. « Viens Ryu, je peux te mener à lui » dit-elle en tendant la main. Cut. Ryu tend la main vers la caméra aussi. Cut. Ryu est dans le San Ku Kaï. On appelle ça le montage, mes jeunes amis. Une coupe signifiante dans un champ / contrechamp, ça n’arrive qu’une fois par décennie à la télé. Prenez en de la graine !
 
Ryu branche la radio du San Ku Kaï. Horreur, c’est du Chimène Bady qui envahit les coursives du vaisseau. Il décide de couper et prend la cibi pour communiquer avec Ayato, poursuivi méchamment, lentement mais sûrement, par un Volcor décomplexé. « Fais exactement ce que je te dis. Tire le manche vers toi », dit Ryu. Mmmmmm…. Tire ton manche vers toi… Ça fait rêver, mesdames, hein ? Ayato, filmé en contre-plongée dans le cock… pit du vaisseau détachable, tire sur son manche. « J’y arrive pas » dit Ayato dans un râle d’effort. « Tire sur ton manche ! ». Finalement, le manche énorme, vu sous cet angle de prise de vue, commence à bouger. Le jeune pilote impétueux le ramène à lui avec délice, et suit le reste des instructions de Ryu, toujours attentif à la cibi, un coup à droite, un coup à gauche, et « Tire ! Maintenant ! Tire !». Le coup part, sssssssssss, le vaissssseau de Volcor est …explosé. Ce dernier s’éjecte au dernier moment dans la capsule de secours. « Cette fois, tu as gagné !», dit-il en direction d’Ayato (qui, de toute façon, est trop loin pour l’entendre !) à travers le hublot, un grand classique de la série.
Retour à bord. Hommage à Jean Genet. Ayato reçoit une correction de la part de Ryu pour lui faire la leçon de son imprudence. Puis il redevient le personnage doux et souriant qu’on connaît et dit : « Enfin… tu es là, c’est le principal… » La délicatesse du sourire de Ryu est belle à voir. La métaphore se développe même dans le filet, avec une remarque de Ryu toujours : « Question femmes, nous avons les mêmes goûts. Eolia est superbe. » Et pas que question femmes, diraient certains, et alors, ils ont le droit de vivre en paix quand même, l’espace est assez grand…
 
Bon, ce n’est pas qu’il se fait tard mais on arrive bientôt à la sixième page.
Hop ! nous y voilà. Maintenant, il faut aller chercher Kamiji. Grâce au plan dérobé dans la base stressos, nos héros arrivent à pénétrer la base stressos ! C’est vraiment débile. Siman fait diversion et tire à la mitraillette laser. Ayato et Ryu soulèvent une plaque d’égout qui débouche dans la cellule, oui oui, dans la cellule de Kamiji et de ses potes de prison, heureusement tous habillés. Fuite. Retour au San Ku Kaï. Sidéro est sorti du vaisseau ! Il dit en plus : « C’est un piège ! ». En effet, Kamiji enlève son masque…. C’est FURYA !!!!!! Déguisée en Kamiji !!!! Et ses copains bédouins, en fait, ce sont des stressos. Skandal ! Kkkkkkkk ! C’est complètement Kavaliiiiiiiere !
 
Embuscade, et donc combat à suivre. Pif Paf Boom. Sidéro, qui a une jolie poitrine jaune avec deux seins, nous montre en fait que ce ne sont pas des mamelons pointés  de désir vers l’aventure, mais de redoutables missiles sol-sol. Ça barde drôlement, et Furya attaque dans le montage avec des inserts d’une rare violence, faisant d’elle la seule méchante de l’histoire du cinématographe (acception bressonienne) à utiliser le montage comme arme de guerre. Ayato fait des ronds de jambes fatals et fauche les stressos à qui mieux mieux. Ryu disparaît du montage… pour mieux revenir sous la forme de Staros. Là, surgi de nulle part, un super-vilain qui ressemble à Naruto dragon Ball Z Manga Spectreman apparait : visage bleu ridiculosse, avec cheveux rouges dressés sur la tête, très haut, à la SanGoku, mais rouges, sorte de mélange folasse entre n’importe quoi et le David Bowie de la pire époque ! [Ben oui, parce qu’on peut préférer la période Berlin et Oustide quand même.] Evocation du pire de Bowie, mais aussi du meilleur de Luc Plamondon ! La grande fofolle de sexe masculin, peint à la bombasse et super-vilaine, elle est complètement homosexuelle. Elle repousse les assauts de Staros-Ryu et d’Ayato à l’aide de son sabre lance-flammes, comme ça c’est clair. Allez, hop, ça fait déjà 19 minutes d’épisode, faut pas traîner, un shuriken dans le bras une fois que le message crypto-gay est bien compris du jeune public, destruction de la super-vilaine… qui explose, ben oui, tant qu’à faire. Faut pas jouer avec le napalm, tout le monde sait ça.
 
Le symbole de leur homosexualité latente étant détruit, Staros redevient Ryu et rejoint Ayato. Poses viriles. On est des mecs, ouais. D’ailleurs, mettons nous tout de suite en route sur les traces du vrai Kamiji. Mais ça, les amis, c’est le Marquis qui vous en parlera.
 
Epuisement Vôtre,
 
Dr Devo.
 
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Publié dans Lucarnus Magica

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Le Marquis 28/09/2005 02:43

Des promesses...

Dr Devo 27/09/2005 23:42

Je crois que je ne ferais jamais mieux que cet article qui méle poésie beat et série japonaise de l'espace.

Cependat, beware my friend, le nouvel article sur san ku kai est pour bientôt!

Dr Devo.

Fab 27/09/2005 23:11

SUBLIME article que je viens de lire après avoir visionné l'épisode

tu oublies juste de mentionner deux éléments importants :

1. Le visage d'Ayato et de Volcor déformés par la vitesse pendant le combat aérien.

2. Encerclés, Ryu et Siman jettent leurs "armes" (un coupe papier sans tranchant et un caillou attaché à un bâton) à dix mètres au dessus de leur tête. La surprise paralyse les stressos. Ils n'ont plus qu'à leur marav' la face.

Tchô !

Fab

le gros lourd 27/07/2005 11:43

Zimbabwe, c'est Sepultura que tu designe comme un groupe poussif? Donne un peu plus de precisions si c'est le cas stp.

Dr Devo 25/07/2005 20:45

Moi devo je prends tout.

Zimbabwe parle du massacre de Kent Park, dont le marquis a parlé dans son tres recent article sur AMERICAN NIGHTMARE.


Dr Devo.