SAN KU KAÏ, épisode 5, "L'école abandonnée" : un traumatisme d'enfance...

Publié le par Le Marquis

Photo : Jennifer Lopez nue sans kookaï (Le Marquis)

Tout va mal !
Afin de mener à terme le projet de construction d’un palais impérial sur Analis, les Stressos délèguent un cargo spatial pour déporter des esclaves kidnappés sur Belda – oui, c’est tellement plus simple d’aller les chercher sur une autre planète plutôt que d’asservir les habitants déjà sur place…
Les Stressos embarquent donc les hommes de Belda de force, menés par un capitaine Stressos (flèches blanches sur les pommettes) qui déclare « Ils vont sur Analis bâtir un palais à la gloire de Sa Majesté, j’espère que vous êtes sensibles à cet honneur ! » ; alors que ses soldats sont en train de les rouer de coups et qu’ils en fusillent même un récalcitrant (qui s’écroule dans un ralenti parfaitement ridicule), je doute qu’ils soient très sensibles à cet argument.
Toujours là où il faut qu’ils soient, Ryu & Ayato observent. Comme toujours, le fougueux Ayato veut foncer dans le tas tandis que le sage Ryu le retient :
Ayato : « Qu’est-ce qu’on fait alors ?
Ryu : Je vais essayer quelque chose ! »
Quel fin stratège…

Nos héros décident donc d’intercepter le cargo spatial dans l’espace afin de l’obliger à rebrousser chemin. Le plan fonctionne comme sur les roulettes de Sidéro (je répète : Sidéro), et Siman rit de contentement, ce qui est un peu dommage car parfois, comme c’est le cas ici, on distingue clairement la bouche de l’acteur derrière la rangée de dents du masque de singe…

Derrière eux plane le Cosmosaur. Alors que Volkor & Koménor voit leur cargo rentrer au port sur Belda, Golem XIII intervient, mécontent, et leur ordonne de détruire le San Ku Kaï, parce que bon, ça commence à bien faire.
A ce stade, la cape sonore de Koménor trouve enfin une justification scénique, mais aussi un léger inconvénient. L’inconvénient, c’est qu’à chaque fois que Koménor dresse sa cape et son sabre comme un acteur de Kabuki, il cache Volkor dans le plan (le comédien n’a pas l’air content, mais il ne sait pas encore ce qui l’attend dans un prochain épisode !). Par contre, cela permet de faire apparaître « magiquement » Furia, bien planquée hors-champs, et que l’on imagine très bien sur le plateau trottiner à quatre pattes à point nommé pour se poster derrière la cape en attendant que Koménor daigne enfin la baisser et laisser ses comparses apparaître dans le plan. Car Koménor convoque Furia, et lui ordonne d’envoyer un mystérieux Cyclotor sur Belda pour régler leur compte à nos héros.

Pendant ce temps-là, le San Ku Kaï ramène les prisonniers dans leur village sur Belda. Mais Ryu n’est pas pleinement satisfait : pour une poignée d’esclaves libérés, combien travaillent au fond des mines ? Question pertinente à laquelle on pourrait adjoindre la suivante : pourquoi les Stressos font-ils travailler leurs esclaves au fond des mines si c’est pour édifier un palais ?
Ayato s’inquiète alors du sort des professeurs de son ancienne école de Belda – comme nous le ferions tous en pareille occasion (si ! si ! j’essaierais par tous les moyens de localiser Mme Treguer pour savoir ce qu’elle est devenue si j’étais à la place d’Ayato !).
Ayato : « Et si on allait à l’école ?
Sidéro : D’accord ! ça ne peut pas nous faire de mal ! »
Et le San Ku Kaï de décoller – c’est toujours amusant de voir décoller le San Ku Kaï : où qu’ils soient, c’est toujours le même stockshot dans le même décor…

Arrivés sur place, ils découvrent une école abandonnée, mais une bannière Stressos est installée à l’entrée : prudence, donc ! D’autant plus que le petit groupe a à peine mis les pieds dans l’école que surgit Furia, qui fait signe au mystérieux Cyclotor, dont on ne voit qu’un immense œil en plastique s’ouvrir, emplissant l’écran.
Tout en visitant les locaux de l’école (pleine de magnétos à bande et d’ordinateurs), Siman semble fort troublé et croit voir dans le reflet d’une vitre la méchante Furia puis la silhouette de Cyclotor dont l’œil jaune brille dans le noir.
Mais Ryu & Ayato y prêtent peu d’attention, d’autant plus qu’ils tombent soudain sur un groupe d’enfants cachés dans une salle de classe (qui contient la maquette du Cosmosaur, il ne faut pas chercher à comprendre, les locaux de la Toei ayant fréquemment servi de décors à la série). Parmi ces enfants, il y a la petite Célia (eeeeh ! oui ! Ce n’est pas encore la mignonne petite Anna, qui n’apparaît pas avant l’épisode 7), fille du professeur d’Ayato, ravie de retrouver celui-ci. Mignons tout plein ces charmants enfants, surtout que la plupart d’entre eux sont doublés de façon passablement saugrenue. Ils se montrent très intrigués par Siman l’homme-singe.
Célia : « Enchantée Siman ! Tu n’es pas un monstre, tu sais ? » (Va, je ne te hais point ?) Siman est très ému (ce qui se traduit par des « oooh ! yoyoyoyo !!! ») et décide sur le champs de concocter un bon repas aux chérubins affamés et reconnaissants.

Pour faire un bon repas, il faut de l’eau. Siman va en chercher à la rivière voisine. Comme d’habitude, l’acteur sous le masque en fait des caisses dans le registre simiesque et, toujours très coquet,  se « recoiffe » dans le reflet de la rivière (???) avant d’y puiser de l’eau. Mais un bras tentaculaire s’empare alors de son poignet et s’apprête à lui faire boire la tasse, et je le sais tout de suite, car on voit distinctement la caméra postée sur l’épaule du monstre afin de filmer le visage du pauvre Siman sous l’eau, ce qui arrive dans la seconde. Mais était-ce vraiment une bonne idée ? Car on voit alors Siman, le visage plongé sous l’eau, se débattre alors que des bulles lui sortent… des yeux ! Ben oui, un masque, ça se remplit d’eau, qu’est-ce que vous voulez. Comme le plan est fort cocasse, on en conclue logiquement que c’était une très bonne idée.
Surgissant hors de l’eau d’un bond qui le propulse jusqu’à un pont non loin de là, Cyclotor apparaît enfin au grand jour et en pied, et autant dire qu’on n’est pas décus : à peine a-t-on eu le temps de mesurer l’ampleur du désastre quant au costume du monstre, premier d’une série de figures kitsch qui inscrit dès lors SAN KU KAÏ en précurseur des figures maléfiques d’une série future (je pense ici plus à Légume-Man de Téléchat qu’à X-Or), que Cyclotor ouvre la bouche (façon de parler car il n’en a pas vraiment), et là, la VF atteint des sommets de ridicule dans une série pourtant déjà richement achalandée de ce point de vue :
Cyclotor : « Je suiiîiis CCCCyclotoooooôôôôrrr !
Siman : C’est toi qui a embarqué toute l’école !!!
Cyclotor : On ne peut te cââcher !!!
Siman : Tu vas me dire où, grrrr !!
Cyclotor : Ha ! Hââââaaaa ! »

Pendant ce temps-là, dans la salle de classe, les enfants pleurent, et ils ne sont plus mignons du tout. De vrais petites crevures, en réalité : « J’ai faim !!! J’ai mal au ventre !!! Et votre monstre, qu’est-ce qu’il fait depuis le temps ??? ». Et Célia de rajouter l’air de rien : « Vous êtes sûrs qu’il sait faire la cuisine ? ». Bande de morveux. Mais personne ne semble s’inquiéter du sort du pauvre Siman…

Pourtant, il est en mauvaise posture : Cyclotor l’a suspendu par les pieds au bout d’une corde sous le pont. Intervient alors une scène qui, je dois bien le confesser, m’avait fait très, très peur quand j’étais môme – plus du tout à la revoyure, mais quelle madeleine ! Cyclotor entreprend d’hypnotiser Siman. Gros plan sur son gros œil glauque qui tournoie dans l’image (et l’équipe a l’air tellement contente de cet équipement qu’elle va dès lors en user et en abuser pendant tout l’épisode et plus si affinités), suivi d’un plan façon kaléidoscope (qui semble tout droit issu d’un clip de ABBA), avant que Cyclotor ne jette un œil portable qui vient se coller sur la nuque de Siman : les yeux de celui-ci disparaissent, il n’y a plus qu’une lumière jaune qui sort de ses globes occulaires. Voilà Siman asservi au pouvoir des Stressos !
La scène se conclut par un joli plan de Siman, suspendu par les pieds ; l’image fait une rotation à 180°, et le voilà sonné, debout au bord de la rivière, avec l’air de sortir d’un mauvais rêve… Il est redevenu lui-même, mais un œil fluo maléfique brille dans son cou.

Plus tard, nos amis sont en train de manger avec les enfants dans la classe, tout en réfléchissant à un moyen de délivrer les professeurs probablement prisonniers dans une mine voisine (ben alors ? On ne va plus sur Belda ? Et mes bagages qui étaient prêts, c’est malin…)
Comme à son habitude, Ryu concote un plan dont la logique défie les confins de la galaxie : après avoir pénétré dans le camp stressos pour y dérober un plan du camp stressos dans l’épisode précédent, il a cette fois l’idée brillante de se faire capturer par les Stressos avec Ayato et de devenir leur prisonnier afin de délivrer les prisonniers de l’intérieur ! Aucun doute, ça va marcher du tonnerre, et nos amis mettent immédiatement leur plan à exécution – mais sans Siman, qui est un peu patraque (son irruption occulaire n’a l’air d’intriguer personne, ceci dit…)

Dans SAN KU KAÏ, il faut le souligner, l’action va toujours très vite et les scénaristes manient l’art de l’ellipse avec passion et frénésie. Un épisode de 20mn contient ainsi autant de bonnes choses qu’une grosse série Z d’une heure et demie. Après avoir jetté des cailloux sur les Stressos (clin d’œil, clin d’œil, pffffff hi hi hi), les voilà emprisonnés au fond de la mine où ils retrouvent Kamiji. Est-il prisonnier lui-aussi ? Meuh non ! Le chef des résistants a eu exactement la même idée que Ryu, tellement elle est bonne. Ils sortent alors les grosses mitrailleuses à étincelles cachées sous leurs tuniques (les Stressos ne fouillent jamais leurs prises avant de les envoyer au camp, c’est sot) et tentent d’entraîner à se rebeller les professeurs de l’école. Hélas ! Ceux-ci sont secs, pardon, ceux-ci sont sous le pouvoir hypnotique de Cyclotor, et se retournent comme des zombies contre leurs libérateurs. Comme dans INDIANA JONES ET LE TEMPLE MAUDIT, tiens, maintenant que j’y pense : comme quoi, SAN KU KAÏ est véritablement une œuvre matricielle. Une seule solution pour Ryu & Ayato : attaquer le problème à sa racine en éliminant Cyclotor, venu les narguer dans la mine de sa voix insupportablement criarde.

Pendant ce temps-là, Furia se touche, je suppose…

En quelques bonds, les voilà sortis de la mine et au centre d’une plaine idéale pour les bagarres (ils ne devaient pas travailler très loin de la sortie de la mine, à moins qu’une ellipse nous ait privés du spectacle de Ryu remontant les tunnels pendant cinq minutes en faisant la roue).
« Qui es-tuuûûûuu ???, s’écrie… vous savez qui.
Ryu : On m’appelle Staros, et je viens du fond de l’univers !
Cyclotor : Tant pis pour tooââââââ !!! »
On soulignera à ce stade du récit la façon dont Ryu (puis Ayato) vont se super-héroïser d’épisodes en épisodes, mais de façon très maladroite et incertaine, tant ils ont l’air indécis sur le nom qu’ils doivent porter, sur la nécessité ou pas de préserver leur anonymat. Remarquez, de cette façon, leur présentation n’est jamais la même et ne risque donc pas de lasser…

Pas fier, Cyclotor profite de la ruée de soldats Stressos pour se faire la malle à bord d’un lazerolabe. Le San Ku Kaï le prend en chasse, et Ryu & Siman tentent de détruire leur ennemi. C’est le moment que choisit Cyclotor pour « enclencher » l’œil planté dans le coup de Siman, afin de lui ordonner de tirer sur Ryu, à la stupéfaction d’Ayato et de Sidéro (je répète : Sidéro), lequel s’exclame, indigné : « Je savais qu’on ne pouvait pas avoir confiance en un monstre ! » Pauvre Siman, s’il se croyait pleinement intégré et accepté dans le clan des humains, manifestement, c’est pas gagné !
Ryu tente désespérément de se défendre, mais il n’ose pas tirer sur le module piloté par Siman, les flashes-back l’en empêchent – ému et troublé, Ryu se remémore d’images de lui et Siman copains comme cochons, et pousse même le vice jusqu’à se souvenir d’un plan de Siman dégustant un poulet avec un bébé homme-singe sur les genoux, plan qui n’intervient que dans l’épisode suivant ! En attendant, ses scrupules coûtent cher à Ryu, qui est atteint par les tirs de Siman. Son vaisseau est sur le point de s’écraser…

Quand soudain, si douce, si divinement blonde, Eolia survient telle une Déesse sortie de la machine et sauve l’appareil de Ryu. « Réveille-toi, Ryu ! Tes amis courent un danger mortel, il faut les sauver ! » Parce que Ryu, lui, n’était pas du tout en danger. J’ai quand même souvent l’impression qu’Eolia est surtout préoccupée du sort d’Ayato, mais bon, pour ce que j’en dis…
En pleine forme à bord de son engin fraîchement réparé par Eolia (garantie pose et main-d’œuvre), Ryu comprend enfin que Siman est contrôlé par Cyclotor (oui, malgré ce qu’il a vu dans les mines, mais bon, Ryu est un peu lent – très gentil ceci dit), et profite de la tentative de ce dernier pour abattre le San Ku Kaï pour détruire le lazerolabe de Cyclotor. Siman est guéri, la situation est reprise en main, les anciens instituteurs d’Ayato lui font coucou avec Célia, la joie et la bonne humeur règnent. Si l’on excepte Sidéro (je répète : Sidéro), qui ronchonne dans son coin : « A moi, on ne dit pas au revoir ! On a tout de même sa dignité même si on est un tas de boulon, malpolis !!! » On ne le plaindra pas, il vient tout de même de traiter un compagnon de route de monstre et ne s’est pas excusé.


Le Marquis.

Si vous avez raté les épisodes précédents, les épisodes précédents, eux, ne vous rateront pas :

Episode 1 : Un vaisseau dans l'espace

Episode 2 : Les Ninjas

Episode 3 : L'envoyée de la Terre

Episode 4 : Le Camp

Publié dans Lucarnus Magica

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Le Marquis 27/07/2005 21:13

De quel site s'agit-il ? Une recherche sommaire m'amène vers le site de l'Odia Normandie (?) ou vers divers blogs obscurs...

Delicatessenval 27/07/2005 18:25

Va vite faire un tour sur le site de l'ODIA
La Reine se retire fais passer ce message c'est important..

signé l'ODIA

Le Marquis 27/07/2005 13:13

Ce doit être le stressos de la vie quotidienne, vous êtes pardonné...

Dr Devo 27/07/2005 08:00

BeTa Culpa! Je plaide coupable et demande l'acquitement pour raisons mentales...


Dr Devo.

Le Marquis 27/07/2005 00:10

Oui, c'est un de mes épisodes préférés, moi aussi...
Merci pour ces précisions, docteur - mais l'info était déjà dans l'article, je crois ! Après une dure journée de labeur, l'homme est parfois fatigué...