(photo:"But true dear" par Dr Devo.)

Chères Sœurs, Chers Frères,

SAN KU KAÏ, épisode n°6, ça commence bien. Sur les chapeaux de rouille même. Comme dans l'épisode n°2, ça expérimente dès la première seconde de l'épisode, et sur le même principe. On s'attend, d'après la jaquette, à voir l'épisode intitulé « Le Roi Golem ». Le menu animé (et pourtant si peu) nous promet le même titre. Quand l'épisode commence, le titre en surimpression en surprendra plus d'un : « Le Roi Golden » ! L'affreux tyran du XVe Système Solaire voit méchamment, et d'entrée de jeu, son aura se transformer en vulgaire slogan de supermarché. De là à le prendre pour la reine des pommes, il n'y a qu'un pas que le malheureux ou l'insultant ne manqueront pas de franchir pour se gausser. Le fidèle lecteur, lui, sait à quoi s'en tenir : SAN KU KAÏ est une série expérimentale de cinéma pour la télévision.

Golem XIII, souverain des Stressos, figure maléfique suprême certes, mais aussi figure énigmatique. À bord du Kosmausor, le vaisseau mère des Stressos, même les plus hauts gradés dans la hiérarchie Stressos ne lui parlent qu'à travers un dispositif incongru mais assez génial, sur lequel il convient que nous nous attardions. Comme le Gouverneur d'Analys le rappelait dans l'épisode IV, Golem XIII, je ne sais pas qui c'est, je ne l'ai jamais vu, d'ailleurs on ne lui parle que par micro interposé. Ben oui, mais en même temps, pas seulement. Arrêtons-nous un instant dans la salle de contrôle du Kosmosaur. A l'opposé de l'endroit où se trouvent les splendouillets ordinateurs de commande du vaisseau (vaguement inspirés par STAR TREK sans doute, et par BricoMarché certainement), on trouve le siège de communication avec Golem XIII. Le dispositif est simple mais malin. Une affreuse tête de mort cuivrée trône au-dessus d'une multitude (facilement une quinzaine) de boutons luminescents à cadences aléatoires et arythmiques. Quand Komenor parle à son maître (Golem XIII, donc), il le fait par cette interface. Ainsi donc, la communication se fait par micro effectivement, c'est-à-dire principalement à l'oral. Ça n'empêche pas Komenor, l'acteur et le personnage le plus "capé" de l'histoire du cinéma, de faire de grands mouvements de cape justement (avec doublage du frou-frou absolument apocalyptique, qui serait gentiment grotesque s'il n'était pas aussi angoissant) et de s'agenouiller à qui mieux mieux en signe de soumission absolue. Quand j'étais petit et que je n'avais vu que quelques épisodes de la série, je me demandais pourquoi Komenor et ses sbires mettaient tant d'apparat dans leur conversation avec leur dieu-chef Golem XIII alors que celui-ci, apparemment, ne communiquait qu'à l'oral. La tête de mort rend l'appareil d'audio-transmission terriblement imposant (dans les limites financières imposées par la production) : il joue le rôle à la fois de transmetteur audio, certes, mais aussi de statue divine, d'autel semi-incarné du quasiment dieu-vivant Golem XIII. C'est un appareil de communication, et aussi un objet de culte, un objet du divin, à la fois hors d'atteinte et présent. Par cette présence-absence, Golem XIII investit un champ inédit où trois niveaux cohabitent pour la première fois : le Militaire, le Religieux, et le Technique (le dispositif étant également un appareil de  transmission, comme nous venons de le voir). Il y a aussi un quatrième niveau : le Chef d'entreprise. Non, pas dans le bâtiment, bande de petits pervers (nous allons voir que Golem XIII continue de veiller à la construction de son palais démesuré). Entrepreneur dans ses méthodes manageriales plutôt. Car oui, je ne le savais pas quand j'étais petit samouraï en culottes courtes, faute d'avoir vu les bons épisodes : la statue-autel-transmitteur audio est aussi... Un appareil enregistreur vidéo ! Et oui ! Ça fait aussi webcam ! Golem XIII peut voir et fliquer ses sbires ! Komenor, chef supérieur avisé, fait donc bien de s'agenouiller et tout le toutim. On sent la sagesse pragmatique et l'expérience. [C'est dans des épisodes prochains que nous verrons que Golem XIII peut voir à travers l'appareil. Note pour les puristes et les pervers qui bien souvent sont les mêmes.] [Par ces quatre fonctions réunies en un seul lieu ou appareil, les auteurs mettent le doigt sur l'essence même de la domination totalitaire, ce qui, une fois encore dans le cadre d'un feuilleton pour les enfants, est quand même drôlement fort, et bien plus efficace qu'une LISTE DE SCHINDLER, paresseusement hollywoodienne...]

Revenons à l'épisode VI. Bon, comme toujours, ça va mal, et même pas bien du tout. On le sait depuis deux épisodes, Golem XIII a ordonné la construction d'un gigantesque palais en son honneur. La poigne Stressos s'étend à tout le système, et la résistance faiblit. Ayato, le jeune pilote fougueux et quelque peu inconscient, Siman, l'homme-singe tendance macaque-Hernandez, Sidéro, le robot de génération beat (voir article sur l’épisode IV), et enfin Ryu, sourire aux lèvres, regard et posture du héros qui n'a pas froid au yeux, nos quatre compères donc seraient le seul mais bien faible espoir contre l'empire golémien.

"Je veux voir un homme qu'on appelle Ayato. Celui qui a osé me défier." Ainsi vitupère Golem XIII, en tête de gondole de cet épisode. Komenor assure qu'il "en sera fait selon ta volonté", activant ainsi les niveaux militaires et divins de soumission à son souverain. Et là, très vite, quelque chose de très intéressant se passe. Derrière la cape tendu de Komenor, on peut apercevoir les cornes du casque de Volcor, l'homme du terrain et des sales besognes, mais inférieur hiérarchique. Volcor proteste et abaisse, de force, le bras de Komenor ! Le petit outrecuidant ! L'effronté !  "Non, c'est bien trop risqué" dit-il. C'est intéressant à double titre. Parce que dans ce détail, c'est à la fois l'acteur et le personnage Volcor qui se rebelle, proteste et dit à voix haute son ras le bol et son avis face à l'acteur-personnage de Komenor. Les deux personnages, comme les deux acteurs, sont donc bien en conflit. Le cinéma, c'est aussi le réel. Et SAN KU KAÏ est, à cet égard, complètement en plein dans le Cinéma du réel. CQFD. Voilà qui devrait définitivement asseoir les admirateurs de Ken Loach. Passons. En tout cas, l'acteur qui joue Komenor (euh.. Comment il s'appelle déjà ? Je suis bête ! Il ne s'appelle pas !) est très irrité, et même carrément furieux, et il refait en fin de plan un gigantesque mouvement de cape pour cacher Volcor-l'acteur ! Vous pouvez vous repasser ce plan en boucle : vous verrez que ça a dû barder sur le plateau à la fin de la prise. L'histoire ne dit pas si ces deux géants de la scène dramatique japonaise se sont mis sur la gueule après le cut !  Komenor rassure le boss. Tout est déjà prévu. Il a envoyé des troupes dans le village d'Ayato, et ce dernier, en conséquence, va sûrement réagir. Bien vu !
Il ajoute : "regardez !", dans un mouvement de menton vers la droite du champ. Cut. Gros plan sur Furya, délicieusement mise en exergue et introduite avec gourmandise par cet effet de montage. [Contrairement à 98% des films vus en salles, art et essai ou commerciaux, ici, dans SAN KU KAÏ, une coupe, ça ne se fait pas n'importe où.]
Et ce n’est pas fini. Furya, l'actrice, marque un temps de pause (comme absente, j'y reviens) un peu trop long, mais juste un chouïa, c'est un effet remarquable d'ailleurs puisque la production, je le répète, exigeait qu'il ne fût fait qu'une seule prise ; puis elle reprend le geste du menton de Komenor au plan précédent et détourne elle aussi le regard vers la droite. [Les deux plans, celui sur Komenor et celui sur Furya, étant donc mis en parallèle : ils marchent ensemble.] Cut. Plan moyen sur l'écran de transmission, sur lequel on voit un nouveau méchant Stressos (avec un casque terrifiant), couplé à un zoom vers gros plan assez sobre (dans le canon de la série du moins), gros plan texturé vidéo, ce qui est assez magnifique, quoique court (soin dans le détail donc). Le plan est court et est suivi d'un cut. Le même méchant est sur Analys, on revient au support pellicule. Dans un plan encore plus court (accélération), le méchant Stressos casqué tourne lui aussi le menton vers la droite (reprenant le mouvement introduit par Komenor, puis Furya), en même temps qu'un horrible gaz s'échappe du dit casque. Cut. Plans sur les villageois gazés, en train d'agoniser, toute douleur dehors, dans les vapeurs toxiques !

C'est terrifiant. Et très bien mis en scène, avec quatre plans courts. Le 1er et le deuxième plan sont mis en parallèle, et tendent vers le suivant, qui ne viendra pas tout de suite mais sera "bousculé" par le zoom (montage par le mouvement) vers ce gros plan vidéo dont la texture souligne l'incroyable caractère anxiogène du méchant casqué. Au troisième plan, on est complètement bousculé par cette suite de mouvements brisés et pourtant, comble de la surprise, le méchant fait le même mouvement de menton : la mise en scène nous dit par là :"Et bien non, le plan horrible qui fait peur, ce n'est même pas celui-là, qui vous terrifie déjà, ce n'est pas fini, c'est le suivant". Le plan pellicule avec le gaz qui sort du casque : Ho-rri-ble ! Mais bien court, sans répit, vers les plans sur les villageois gazés. Construction rythmique, corrélation de la mise en scène et du jeu d'acteurs très dirigés (la direction d'acteurs devrait TOUJOURS se faire comme un élément de mise en scène et non d'intention, comme tous les réalisateurs idiots de la terre ne l'ont pas compris), jeu sur l'échelle des plans et même sur le support image (vidéo vs Pellicule)... Le tout a duré peut-être dix secondes, si on compte le long dialogue entre Komenor, Volcor et Golem XIII. Trois tonnes de mise en scène en cinq secondes, aucun plan inutile, du montage partout ! Je n'ai qu'un mot : c'est sublime. Alors si certains continuent de préférer Tavernier, je ne comprends plus rien et pose la question : qu'attendez-vous du cinéma ? Ou plutôt, qu'attendez vous de spécifique du cinéma, qui ne soit pas du théâtre, de la littérature ou du journalisme, par exemple. Plus que de longs articles dans les Cahiers ou dans Positif, ces cinq secondes vous en disent plus sur le cinéma. En 5 secondes, vous en avez plus appris là qu'en un an de lecture de magazines dits "professionnels". En 5 secondes, vous avez fait plus pour votre préparation au concours d'entrée à Louis Lumière ou à la FEMIS qu'en un an de préparation à vous farcir des livres de Jean-Claude Carrière.

C'est aussi pour ça que ce blog existe. Pour rappeler que le cinéma, ou plutôt le Cinématographe, est ailleurs que dans les attitudes stériles, ancestrales et culturelles du monde du cinéma. Soyez Focale chez vous. Soyez Cinématographe dans votre cuisine.

Après cela, on revient sur Furya. Et on constate qu'elle est strange aujourd'hui, notre Furya. Tristesse, fatigue semblent se lire sur son visage. En général, Furya porte terriblement bien son nom : vénéneuse, agressive et d'un sex-appeal sub-atomique. La Furie et le Corps. Mais là, il semble qu'il y ait une brèche, presque émouvante si on en avait le temps. Elle n'a jamais été plus belle (et pourtant...), mais la fissure est là. Sera-t-elle, cette fissure, exploitée plus tard ?

Et puis le gazage des villageois, ce n'est quand même pas rien ! Quelle violence, surtout quand on sait que le Stressos casqué et gazeux se tient dans l'axe d'un drapeau Stressos qui  n'est rien de plus qu'un drapeau nazi à peine retouché. Quel passage terrifiant ! Le Stressos casqué-gazeux annonce à tous que les villageois sont prêts à être déportés "dans les camps".

Pendant ce temps, sur Chetah, planète d'origine de notre ami Siman, l'homme-singe. Chetah. Singe. Tant qu'à faire.
Ryu passe le temps en faisant s'entraîner Ayato le rookie (on se calme ! Rookie, et pas W...). L'entraînement consiste à sauter du haut d'une falaise vertigineuse (belle contre-plongée), à atterrir les deux pieds sur le sol, puis à rebondir dans le mouvement en quintuple salto groupé avant, et de retomber sur ces deux pieds vingt mètres plus loin. Là aussi, la Force est du côté du montage. Ryu est vraiment un pédagogue exceptionnel. "C'est facile, fais comme moi" ou encore le splendouillet "fais comme si tu étais un aigle royal". Ben ouais. Le tout avec d'affreux petits plans de coupe (en gros plan, en plus !) et des zooms à tire-larigot. Wer will, der kann. "Tu peux tout faire si tu le veux de toutes tes forces", avec petite frappe sur l'épaule et sourire enjôleur. Sacré Ryu. Juste à côté, Sidéro et Siman se disputent. Siman essaie de faire la cuisine (encore du poulet, comme dans l'épisode précédent) mais Sidéro fait du bruit en réparant le vaisseau. Tout d'un coup, des voix d'enfants :"Les Stressos ! Les Stressos !" Tous nos héros se précipitent à la rescousse. Fausse alerte : ce sont des enfants (humains et singes Mobalpa) qui "jouent à la guerre contre les Stressos" (répète, je le répète, Sidéro) sous l'œil amusé et goguenard de leur maîtresse qui, tiens donc, porte une robe complètement années 80, couleur marron-beige avec motifs à fleurs du même métal ! Ayato conclue : "c'est pour eux [les enfants] qu'il faut se battre et chasser les Stressos hors du système solaire." Pas très fin comme dialogue. Y'a qu'à chanter Des Millions de  Copains, pendant qu'on y est... Ryu recentre le débat : "dis, tu as vu la fille là-bas ? Bon sang qu'elle est jolie !" J'adore le style de Ryu, vraiment bath et enthousiaste. Ryu va à la rencontre de la maîtresse. S'ensuivent des présentations assez débiles, avec des zooms à chaque champ / contrechamp. Là où il y a de la gêne... Tout cela se finit par un bon repas partagé avec les enfants. Le poulet à la broche de Siman fait des merveilles. Tant qu'à faire, la maîtresse s'appelle Aguna !
Cette scène bucolique sur le sol volcanique de Chetah, hommage à Renoir et Renoir, est interrompue par les bruits hostiles de trois vaisseaux de combat Stressos (les fameux laserolabs). L’escadrille est dirigée par le Stressos casqué, super-méchant de l'épisode, qui déclare aussitôt : "Allez, on s'entraîne sur les enfants !", installant de façon définitive son statut de Méchant ultra-sauvage et sympathique. Les tirs de lasers fusent, nos héros protègent les enfants et, de justesse, le sang ne coule pas. Ryu s'en va avec Siman pour embarquer dans leurs petits vaisseaux  détachables et respectifs, afin que le combat ait lieu dans les airs, loin des enfants. Pas d'effusion de sang donc, mais c'était moins une. Quoique, il y a une ellipse de mise en scène par un plan en insert sur la Maîtresse Aguna qui tient un enfant dans ses bras, comme Ayato à ses côtés, et qui dit, à la dérobée, noyée dans le bordel monstre de cette séquence épileptique : "Mais où sont les autres ?". La réponse est apportée par nous, spectateurs : les autres enfants ont sans aucun doute été massacrés, lazérisés et déchiquetés hors-champ ! Leur absence sonne à nos oreilles comme le silence du trou d'un tombeau, ou plutôt d'une fosse commune vu le nombre d'enfants manquants.
Le combat a lieu dans les airs, avec sa volée de petits plans à la whallygaine, caméras basculées et pivotantes (à 300 degrés !), et bande-son mêlant allègrement la musique française à la musique japonaise de la série dans un chaos indescriptible de sons, d'images et de mauvais goût délicieux, le tout sous l'œil attentif d'Ayato et d'Aguna, qui suivent la chose d'en bas, au sol, au côté des enfants.

Tous les laserolabs sont détruits, sauf celui du Méchant Casqué. Siman le force à se poser. Et c'est là que Ryu a une idée géniale. Il enfile le costume du gazeur facho et se casse, en refusant de dire à ses compagnons où il va, ce qui ne lui ressemble pas. Gazman le méchant casqué, est pendant ce temps-là scrupuleusement entravé. En fait, Ryu veut en profiter pour "faire un essai du matériel des Stressos". Il s'envole dans l'espace à bord d'un laserolab. Tout va bien, jusqu'à ce qu'il  voie le Kosmosaur en approche. Il saisit l'occasion et en profite pour pénétrer le vaisseau-mère des forces du mal (mmmm....). Les japonais ont parfois un sens de la pertinence et de l’action désespérée qui m’échappe. Tout cela n’est-il pas un peu risqué ?
Enfin, c’est comme ça, et dans la salle de contrôle du Kosmosaur, Volcor, souvent pertinent, est formel : « il ne rentre qu’un seul laserolab ! » Komenor, curieusement assis (l’acteur avait dû se fouler une cheville dans un mouvement de cape, ou alors est-ce une suite de la bagarre qui l‘opposa dans les loges avec l’acteur qui fait Volcor ?), Komenor, assis donc, déclare : « Je veux voir le pilote ! [Il se lève !] Furya, apporte-moi le pilote tout de suite ! » Cut. Plan sur la porte de la salle de contrôle, et Furya revient avec Ryu caché sous le costume Stressos. Voilà, ça c’est du cinéma, ça traîne pas ! Avis aux réalisateurs : cessez d’éviter les ellipses, et lâchez nous les sabots avec vos histoires de réalisme, de narration, et de réalisme narratif ! Ou alors, écrivez des romans !

Bon. Quand Ryu arrive déguisé en Gazman, voilà Komenor qui pique un fou rire, dîtes donc. Et Furya aussi. C’était un piège. Volcor, l’homme des basses besognes physiques, se précipite sur Ryu pour le tuer. Bataille dans les 6 mètres carrés de la salle de contrôle (allez, hop !). Dans la bataille, Ryu enlève son costume de Stressos, et en profite pour revêtir son costume de Staros. Hey, les réals français ! Vous savez combien de plans ça lui a pris, à Ryu, pour se changer : DEUX ! Pas huit, pas douze deux… Bon.
Je suis Staros et je viens du fond de la galaxie, comme d’hab…Mais vous, vous m’appelez Ryu (l’identité secrète ne l’aura pas été longtemps). Tu vas regretter d’être venu sur le Kosmausor. Voilà, ça c’est fait. Plus étrange, en s’inclinant, Ryu dit : « Je veux voir votre souverain, Golem XIII, sinon tu peux dire adieu à ton poste ». Non mais, il a pété un câble le Ryu ! Komenor replace le jeune fou : « C’est moi qui donne des ordres ici !! », pas très original mais assez pertinent dans les circonstances. « Tu crois que j’ai peur de toi ? Tu ne verras pas notre roi, il n’y consentira jamais ». Après ce joli mot de plus de trois syllabes, le mouvement de cape obligatoire, à côté duquel les mouvements de toges de la Comédie Française paraîtraient presque sobres. « Je vais t’envoyer dans un camp sur Analys. Tu y pourriras avec les autres. » Ça, par contre, c’est bon.

Golem XIII intervient alors par interphone cosmique. « Qu’est-ce qui se passe ? » Komenor lui résume la situation, en concluant par ces mots : « Il s’appelle Ryu et insiste pour te voir, et bien entendu j’ai refusé. » Dès qu’il entend le nom de Ryu, Golem se fâche, et la caméra aussi qui se met à tourner à 360 degrés. Cut Contrechamp en filtre rouge sur Ryu, prisonnier du mouvement spiralique de la caméra, comme dans un mouvement d’hypnose. Cut. Ryu se retrouve dans une vaste étendue onirique et sombre comme le néant, et où les fumigènes abondent par contre. Pourquoi pas ? Cut. Contrechamp. Derrière un voile (ridicule, mais ça marche ! Le réalisateur est homme de goût…parfois) apparaît la silhouette immense et lovecraftienne de Golem XIII et des deux globes luminescents qui lui servent d’yeux. Cut, même plan en plan large. La silhouette de Golem XIII grandit encore. Sans rire, un très joli effet spécial. Cut. Champ en plongée subjective sur  Ryu : on voit le sol de cet étrange no man’s land. Ryu est debout sur une plaque en forme de cible hypnotique noire et blanche. Pas moche non plus, ça, avec une petite pointe de CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR dedans. Bien. Ryu, qui pourtant ne devrait pas trop la ramener, déclare : « Je viens du fond de la galaxie (sans blague) pour te détruire ! » Il sort son épée érectile, et au moment de frapper Golem : Cut. Plan sur Ryu enfermé dans une bulle en verre enchâssée sur une sculpture de bronze représentant une main de fer empoignant avec fermeté la dite bulle. [Oh mon dieu, pardonnez moi pour la construction de cette phrase…]
Komenor et Volcor apparaissent alors dans le piège cosmique de l’espace (j’essaie de rationaliser  ce que je vois, mais c’est dur). Ils se gaussent, et plutôt deux fois qu’une. Komenor : « Tu prétends t’appeler Staros et venir du fin fond de la galaxie ? Tu vas être content parce que je te renvoie là-bas. Hahahahaha ! ».
Cut. Ryu-Staros dérive effectivement dans le cosmos infini. Hommage à 2001, L’ODYSSEE DE L’ESPACE. Fermez le banc. Euh non… Le problème, avec Komenor, c’est qu’il est trop grandiloquent. Alors que Ryu dérive dans l’Infini, il dit : « Ne reviens plus jamais ici, ou tu pourriras dans les mines. » Le mieux, décidément, est vraiment l’ennemi du Bien.
 
Sur Chetah, Siman avoue ce que Ryu voulait faire : entrer dans le Kosmosaur en se faisant passer pour un Stressos ! Ayato n’en croit pas ses oreilles devant un plan aussi stupide. À partir de ce moment, la mise en scène devient n’importe quoi. Répétition de plans en jump-cut formant un zoom (oui, c’est abstrait, mais je ne sais pas le dire autrement), superposition de la même image plusieurs fois avec léger décalage, etc. Amis du Kitsch, bonsoir. Le pompon galactique est décroché haut la main par Ayato, qui s’avance au milieu de la nuit et de nulle part  pour crier, crier : « Ryuuuuuuuu ! Ryuuuuuu ! » pour qu’il revienne. N’importe quoi à fond les ballons, ça pédale fort, même dans les descentes, toutes les dents sur le grand braquet. Cut. Tiens, le vaisseau d’Eolia, l’Azuris. Il ne manquait plus que ça ! Musique d’Eolia au synthé Bontempi (jeu N°7 : space harpischord). Un pertinent monologue très court d’Ayato suit : « c’est l’Azuris. » Là, on se dit qu’on est pas arrivé ! Eolia sort son machin habituel : va sauver ton copain Ryu, il faut te battre Ayato, la paix de la galaxie en dépend, etc, etc. Tout ça avec des petites étoiles électriques, la musique de la pub Tampax, et avec encore toujours plus de jump-cuts zoomés. Bergmanien en somme.
Pendant ce temps-là, le vrai Gazman, pourtant sous la surveillance de Sidéro et Siman, se libère de ses liens, et des Stressos débarquent de partout : c’est la bataille… Gazman retrouve son costume de Gazman (que Ryu lui avait pourtant emprunté), il gaze Siman, Sidéro s’évanouit (?!!?) et tout le monde se rebat de plus belle. Les Stressos essaient de piéger le San Ku Kaï avec de la dynamite et de le faire exploser. Furya approche en laserolab. Quel cirque ! Et là, hop ! Ayato débarque dans un costume d’alias qui ressemble furieusement à celui de Staros-Ryu (voir épisode 4),  à deux différences : le maillot de bain mono-pièce pour femme n’est pas rouge mais argenté, et les lunettes pare-soleil de ski (mono-pièce aussi) sont teintées en vert et non pas en rouge. Il se présente, tel Staros, mais en plus sobre : « Je m’appelle Ayato ! Ecartez-vous ! » Tiens… Même pas un petit « je viens du fin fond du cosmos intersidéral pour vous botter les fesses ». Non. Et Ayato, jeune chiot fougueux et plein de sève, n’a pas encore bien compris le rôle d’un héros masqué. Zorro, Spiderman, Batman, Légume-man, tous savent que leur identité secrète sert à… protéger leur anonymat si j’ose dire. Pas Ayato, qui n’a même pas choisi un pseudo correct et dévoile sa vrai identité. Un peu trop post-moderne, je trouve. Passons.

Allez, on se bat ?
Ça ne se refuse pas, on remet le couvert : saut en trampoline, paire de seins explosifs de Sidéro (voir article sur épisode IV) ; Siman qui accomplit des gags en se battant, qui soulève un énorme rocher volcanique, etc, etc, etc. Les Stressos sont malmenés. Gazman, qui sent que le vent est en train de tourner, envoie un message radio à Furya, qui plane toujours dans l’espace et dans le laserolab, beau zeugma. « Va détruire Ryu. » Sous-entendu : comme ça, en le tuant, on n’aura pas totalement perdu notre journée, parce que là, ça commence à sentir sérieusement le roussi. Furya s’exécute avec une belle fougue. Siman suit tout le monde en queue de peloton et aura du mal à la rattraper, la Furya. Finalement, un des lasers de Furya atteint Ryu, toujours enfermé et dérivant dans l’espace infini, prisonnier de son étrange capsule de verre… Un laser atteint Ryu, c’est la fin. De Ryu. De la résistance anti-Stressos. De l’épisode. De la série…

Furya n’a pas le temps de se réjouir. Car voici Eolia à bord de l’Azulis, qui ex-machine fait une nouvelle fois tout ce qu’elle peut. Ryu est sauvé par la Grasse. Il peut aller se battre avec Ayato. Le combat dure d’ailleurs, car maintenant il fait jour, et Ayato est toujours en train de mouliner son kung-fu contre les Stressos. Ryu, donc, arrive en renfort, et le combat enfin s’achève par l’explosion de Gazman. Après le combat, Ryu s’approche d’Ayato dans sa tenue de super-héros toute neuve et lui dit, la main droite sur l’épaule, et l’autre parcourant les résilles pectorales de son co-équiper : « Dis donc, elle te va bien cette tenue ! Mais tu as des progrès à faire : si tu ne t’entraînes pas, tu ne seras jamais de taille !» Allez, on fera nos secret-boys dans le vaisseau. Le San Ku Kaï décolle vers de nouvelles aventures. Cut. Plan en plongée sur la maîtresse et les enfants, appuyé par un zoom arrière (comme le vaisseau qui décolle, capiche ?). Aguna regarde carrément la caméra et dit (à nos héros dans le San Ku Kaï et aussi au spectateur ! Mise en Abîme !) : « À bientôt les Amis ! Et si vous repassez par là, revenez nous voir ! »

Mon dieu. Générique enfin. C’était sublime (surtout le tout début), puis, il faut le reconnaître, un peu n’importe quoi. Le critique rentre chez lui, épuisé. Sa femme et ses enfants dorment déjà depuis longtemps. Personne pour l’accueillir. Mais il sait au fond de lui-même qu’il a fait son devoir.

Dr Devo.

Ici sévissent les si sadiques Stressos :
Episode 1 : Un vaisseau dans l'espace
Episode 2 : Les Ninjas
Episode 3 : L'envoyée de la Terre
Episode 4 : Le Camp
Episode 5 : L'école abandonnée

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Jeudi 28 juillet 2005 4 28 /07 /Juil /2005 00:00

Publié dans : Lucarnus Magica
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