EMIR Roi du Petrole et ISABELLE a Toujours les Yeux Bleu-Blanc-Rouge

Publié le par Dr Devo

Concitoyennes, Concitoyens,

 

 

 

La nouvelle tomba hier sur les télescripteurs, et le verdict est sans appel. On connaît, déjà, le nom du Président du Jury du Festival de Cannes 2005. The winner is Emir Kusturica! Beau retour d'ascenseur social.

 

Ha, Emir... Que de souvenirs quand j'évoque ton nom! En tout cas, les cannois parlent aux cannois. Les Cannois palmés, si j'osais ce généreux calembour. Kusturica a gagné quand même deux fois la palme d'or, avec "Papa est en voyage d'affaire" et "Underground" (un des films les plus bruyants que j'ai jamais vu). Et prix de la mise en scène si ma mémoire est bonne, pour "Le Temps des Gitans".

 

Bon, on ne va pas tourner autour du pot. Plutôt que de passer en revue mes souvenirs de films le concernant, je préfère raconter une anecdote sur Emir. Ça te gène pas que je t'appelle Emir? Quand le nom des réalisateurs est trop long à taper, je les appelle par leur prénom, Emir. Jette un oeil à mon article sur "Innocence", ce film magnifique qu'il faut que tu te dépêches de voir avant qu'il ne rejoigne le pilon... T'en fais pas Emir, je te consacrerai un article un jour. Ce blog est peut-être l'unique raison même de revoir un de tes films...pour pouvoir faire un article, mais je m'égare, et revenons en à cette célébrissime anecdote te concernant.

 

C'était il y a quelques années à Cannes. Kusturica Emir présentait un de ses films, par une étrange coïncidence. Tous ses films ou presque vont à Cannes. Passons. Cette même année, Francis Ford Coppola, célèbre réalisateur de "Apocalypse Now" et de "Jack", deux films splendouillets, chacun à sa manière, et auxquels il faut s'être frotté au moins une fois, Coppola donc, déjà à la retraite à l'époque, était président du jury ou membre du jury je ne sais plus... Je vieillis, qu'est-ce que vous voulez... A l'aéroport, dans la salle d'embarquement, Emir fume patiemment une clope et, stupéfaction, réalise, enfin, que Coppola attend son vol lui aussi. Emir est grand fan du réalisateur de "L'Idéaliste", et un peu impressionné il va à la rencontre du Maître. Et là, tout bascule. Coppola ne voit pas vraiment pas qui est Kusturica! Emir s'en va, dégoûté de la vie, choqué.

 

Choqué, c'est bien le mot. J'apprends la nouvelle de la bouche même de Emir, lors d'une longue interview lui étant consacré, entre 9h et 10 heures. C'était juste après le festival de Cannes, avec Patrice Chéreau président du jury. [Une parenthèse ici pour saluer fraternellement Louis Skorecki, critique à Libération qui eut l'analyse la plus juste sur le Palmarès, cette année-là. Skorecki concluait judicieusement que ce palmarès était le premier geste de réalisateur et de cinéma de toute la carrière de Chéreau. En refusant la palme d'or à "Dogville" de Lars Von Trier, Chéreau, selon le critique, aurait reconnu que le film état trop bon par rapport aux siens, coupant la route des prix au Danois, et définissant pour la première fois un geste de cinéma, un geste de réalisateur. Chapeau bas, Mr Skorecki!] Je disais, que j'entends Kusturica raconter l'anecdote sur France-Inter. Et de se plaindre de l'isolationnisme mental du cinéaste, doué certes mais inculte en tout ce qui ne concerne pas le continent américain. L'anecdote avait valeur de symbole pour Emir. Et tous le continent filmique etatsunien dans le propsac!

 

Moi, cette déclaration, ça m'a suffit. En elle-même, je la trouve significative. J'aime beaucoup. Mais, mon plaisir fut décuplé quelques mois après. Je crois que c'est sur Canal +. Au hasard d'un zapping mou sur ma télécommande, je vois un reportage sur Kusturica. Il attend dans une aérogare! Mon sang ne fait qu'un tour! Et je ne suis pas déçu. C'est la séquence filmée de la fameuse anecdote. Chic. Emir s'approche de Francis, assis placidement sur un siège en fer. Il se présente, assez humblement, comme n'importe quel fan gêné devant un des maîtres. "Je suis Emir Kusturica, et je voulais vous dire, Monsieur Coppola, que je suis un de vos grands fans...". Il cite un titre, je crois. "Le Parrain", je crois! Passons. Coppola, poli, lui serre la main, et lui dit quelque chose qui doit s'approcher de "Merci, c'est très gentil!". Et puis... Rien. Coppola décide de continuer d'attendre son "Airplane". Emir, toujours impressionné, rajoute, que vous savez, j'ai déjà eu deux palmes d'or. Ha bon, pour quels films, gentillise le gros barbu. Emir répond et ajoute, je suis Yougoslave et je viens de tourner mon nouveau film. Je ne sais plus s'il a ajouté qu'il aimerait bien le lui montrer. Est-ce moi qui enjolive? Possible. Cette remarque sera faite off-the-record. Coppola, poliment continue... "Vous avez tourné votre film à Zagreb?" "Non à Sarajevo", répond Emir. "Je suis allé récemment à Sarajevo", bavarde le gros barbu.

 

Voilà, c'est tout. Fin de l'anecdote. Ce petit dessin vaut mieux qu'un gros article. Je trouve Coppola très poli, comme souvent les retraités.  Je me souviens que Coppola avait fait en sorte, dans les années 90, que "Hitler, un Film d'Allemagne" le film fleuve et sublimissime de Syberberg, le génial metteur en scène allemand, sorte aux USA dans quelques salles. Il a distribué le film lui-même. Je crois que Mr Emir, vous avez mal analysé cette anecdote. Vous voyez? Il y a portant deux conclusions à tirer de cette histoire. Une sur le cinéma, et une humaine (et cinématographique, dans le même temps!). Vous voyez?

 

Comprend qui peut...

 

 Una autre chose qui n'a rien à voir. Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, j'apprends par le magazine populaire "HOLA!", magazine aussi de cinéma, de fait, que Isabelle Giordano souhaite se lancer dans la politique. Bien.

Sagement Vôtre,

 

Dr Devo.  

 

 

 

Publié dans Ethicus Universalis

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Le Marquis 21/01/2005 19:52

Deva ?
C'est la femme de Devo ?

(Son) Excellence et (Sa) modestie 21/01/2005 15:26

Cher Marquis,
Avez-vous toutefois remarqué que vous pourriez rencontrer ue internaute qui adore "matière focale" et qui s'appelle Monika? Monika, Abba, Deva, même combat?

Le Marquis 21/01/2005 15:20

Bon, ça n'a strictement rien à voir. Mais par curiosité, je suis allé jeter un oeil sur le lien "points communs" - surprise, c'est un site de rencontre pour chercher l'amour sur la base d'affinités culturelles communes à deux partenaires homme/femme, femme/homme, homme/homme, femme/femme : le moins qu'on puisse dire, c'est que vous avez le choix.
Pourtant, je suis choqué (moi aussi) et triste : avec une recherche très large (femme de 18 à 70 ans) aimant le groupe Abba, il m'a été répondu:
"Aucun profil n'a été trouvé! Veuillez modifier vos critères de recherche en élargissant la recherche, supprimer des filtres ou compléter votre inscription, notamment la déclaration de goûts culturels , car notre moteur de recherche se base avant tout sur les points communs culturels."
Pfff...