HOUSE IV : LA RE-POSSESSION, de Lewis Abernathy (USA – 1992) : un re-tournement de si-tuation abraca-dabrant

Publié le par Le Marquis

Fantôme sur la gauche en haut (Le Marquis)

Après le décès (accidentel, hein…) de son mari dans un accident de voiture qui a laissé sa fille paralysée, une femme s’installe avec celle-ci dans la vieille maison de famille de feu son époux (mort dans les flammes, ça tombe bien). Mais alors que son beau-frère la harcèle, de plus en plus menaçant, pour qu’elle accepte de mettre la maison en vente, des événements étranges, mystérieux, singuliers, atypiques, curieux, insolites, inaccoutumés, anormaux, se multiplient dans la maison.

Fallait-il vraiment prolonger une série alors que le premier HOUSE réalisé par Steve Miner et produit par Sean Cunningham était déjà un film banal et sans réel intérêt ? D’autant plus qu’il n’avait pas cassé la baraque (merci de bien vouloir rire). Apparemment, oui, il fallait. Ce qui me rappelle un échange avec le Dr. Devo, en train de jeter un œil sur mes nouveautés :

- C’est bien, HOUSE ?

- Bof.

- Et HOUSE II ?

- Bof-Bof.

Après un premier opus hésitant constamment entre le premier degré et la parodie, un HOUSE II ouvertement orienté vers la gaudriole et un HOUSE III (en réalité HORROR SHOW) qui n’avait rien à voir avec la franchise et imitait piètrement la série des Freddy, voici donc venir un HOUSE IV qui revient aux sources, et retrouve l’univers créé par Sean Cunningham – le seul problème étant qu’au fond, la série des HOUSE, biscornue et filandreuse, ne développe aucune thématique tangible à part le fait qu’il y a une maison. On la retrouve d’ailleurs ici, et l’on se demande ce qui est arrivé au quartier résidentiel qui se trouvait autour de la demeure en question, qui se trouve ici isolée en pleine campagne. On comprend mieux la localisation de la maison quand on sait qu’elle est supposée brûler à  la fin du film, bien entendu.

« Alors, nous dit, narquoise, la jaquette de cette édition Integral Vidéo (Prism Leisure, on t’a reconnu !), vous avez encore perdu la clé ? ». Pas exactement ce que j’appellerais un slogan percutant… En réalité, pendant plus d’une demi-heure de psycho-drame poussif, on sent douloureusement le temps passer en hurlant de temps à autres à l’écran : c’est un film de maison hantée, on va peut-être s’y mettre ???

Poussif et télévisuel, HOUSE IV tarde à décoller, et quand il démarre, il fait davantage réagir les zygomatiques que le palpitant, devenant très brutalement d’une débilité assez spectaculaire. Que la pauvre veuve esseulée se batte férocement contre une pizza passe encore… Mais le métrage sombre dans la parodie surréaliste dans un beau mouvement d’incohérence qui laisse deviner des réécritures sauvages – merde, on n’arrive pas à faire peur ! Tant pis, essayons de faire rire. Menaçante pendant une demi-heure, la maison devient soudain protectrice, mieux vaut ne pas chercher à comprendre. Le spectateur perplexe apprend donc que le beau-frère agaçant, qui vit dans un appartement rempli de poupées gonflables,  a provoqué l’accident de voiture fatidique afin de mettre la main sur la maison de famille, sans prévoir que la légitime allait refuser de vendre et s’installer dans la bicoque. Il est donc dans une position très inconfortable : il doit rendre des comptes à un industriel qui convoite la maison sous laquelle il souhaite déverser des déchets toxiques, habilement trafiqués par son usine pour paraître inoffensifs – on voit les ouvriers taguer sur les tonneaux avec un pochoir un « not » avant le mot « toxic », comme c’est astucieux. L’industriel en question, un nain obèse avec d’importants problèmes de glaires qu’il aspire par un trou dans son œsophage à l’aide d’une machine à liposuccion, est furieux, furieux au point de forcer le beau-frère à boire la graisse ainsi recueillie, et croyez-moi sur parole, ça ne fait pas envie… Celui-ci décide donc d’accélérer le mouvement en demandant à ses hommes de main de s’introduire dans la maison, déguisés en mouche et en serpent, pour effrayer maman et sa fille à roulettes. La fille semble quand même impressionnée par les rôdeurs et tente de se défendre : « Faut pas faire chier les insectes », s’écrie finement l’homme avec le masque de mouche, qui s’apprête à violenter l’adolescente. Pendant ce temps-là, maman n’entend rien, elle est trop absorbée par le rituel indien qu’elle pratique dans la cave dans un but bien précis dans sa tête (et bien confus dans le script). La fille est-elle perdue ? Que nenni ! Car voyez-vous, elle s’est entichée d’une lampe d’un goût très sûr qui décore sa table de chevet, une lampe représentant un chien avec un abat-jour surmontant son crâne. Alors que les deux sbires se font menaçant, un grognement résonne sourdement dans la chambrette : un gros chien menaçant (la tête toujours ornée d’un abat-jour !) s’attaque aux deux gorilles masqués et les met en fuite, ouf. Et le film se poursuit et s’achève dans ce registre de grotesque assumé, de ridicule faute de mieux. Une fin heureuse, inutile de le préciser : sous le regard bienveillant d’un sage chef indien écolo qui passe de la musique new-age sur son radio-cassette dans une église, les choses s’arrangent pour le mieux, les méchants sont punis, la fille est guérie, la femme de ménage louche est en réalité un agent du FBI infiltré (très plausible), et le fantôme de papa veille (il projette même un film de vacances pour sa femme, sans lui proposer de pop-corn) ; il rejoindra les étoiles quand la situation sera revenue à la normale en se transformant en étoile disparaissant dans le ciel – un effet spécial aussi impressionnant et magique qu’un générique de « Sous le Soleil ».

Moralité : la re-possession, c’est pas terrible. Mais la scène du chien-lampe restera dans les mémoires – dans la mienne en tout cas, et c’est déjà ça de pris !

Le Marquis

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Publié dans Corpus Analogia

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Le Marquis 16/08/2005 01:52

Je suis sûr que ça lui irait très bien.

Roxanne 16/08/2005 00:17

D'habitude,les films de "maisons hantées" me filent les chocottes à regarder mon placard à balais suspicieusement pendant des semaines...Mais là,pas de trouille-panique!juste l'idée obsédante de fixer un petit abat-jour sur la tête de mon chat...Enfin,j'ai quand même passé un bon moment!