Chères Lectrices, Chers Lecteurs,

 

Vous êtes maudits, vous êtes mooooooodiiiiiiiiits.... Et vous ne viendrez pas vous plaindre qu'on vous aura prévenus. Un petit coup d'années 70, ça faisait longtemps. "La Malédiction II" donc. De Don Taylor, messieurs dames. Le Monsieur a fait beaucoup de réalisation pour la télé, et a aussi réalisé "Nimitz, Retour vers L'Enfer". Voilà, ça s'est fait. Passons.

 

Damien est un petit garçon normal. Il est né avec une cuillère en platine dans la bouche. Je ne sais pas ce qui lui arrivait dans "La malédiction", mais bon apparemment Damien est un peu le fils du diable ou plutôt, et c'est bien mieux, le diable. Si j'ai bien compris dans le No1, il a échappé de peu à une tentative de meurtre sur sa personne par son père qui essayait de le tuer avec une dague sacrée. Le No2 commence quelques années plus tard. Damien a 12 ans. Il est élevé par son oncle, un riche capitaine d'industrie, et sa deuxième femme. Il va à l'école dans une académie non pas policière (malheureusement) mais militaire. Il ne sait pas trop qui il est, mais ça va vite lui revenir en tête. Tandis que son oncle, mal conseillé, est sur le point de remplir les ventres affamés du tiers-monde avec des plantes transgéniques, en leur raflant leurs terres au passage, forme moderne d'esclavagisme bien médiéval comme il faut, les morts s'accumulent autour de l'enfant à une vitesse assez certaine. Tout ce qui dépasse d'une tête rejoint vite la tombe et fissa.

 

Ça ne commence pas trop mal. Nous jouissons par avance devant ce Daniel, futur héritier d'une grande multinationale mondialisée, devant laquelle tous les alter-mondialistes du monde ne pourront rien... et mourront sans doute dans d'atroces souffrances. Jolie introduction en Israël, dans une sorte de gigantesque crypte qui se referme en un piège de sable sur ses visiteurs, à la manière d'un bon vieil épisode de Chapeau Melon et Bottes de Cuir. Bien. Joli décor (je vais me répéter mais quand même : on faisait plus d'efforts de direction artistique avant l'arrivée du numérique). Jolie lumière, classique mais jolie. A l'académie militaire, on croise un Lance Henriksen, tout jeunot mais plutôt pas mal. Damien ne se met pas à tuer tout de suite. C'est un grand corbeau noir qui fait office d'exécutant. Il apparaît et tout le monde fait des crises cardiaques et des ruptures d'anévrisme à qui mieux-mieux. Bien. Il y a des jolis plans. Le reflet dans l'oeil du corbeau par exemple. Et la belle séquence du meurtre de la journaliste par ce même corbeau décidément très en forme. Très belle séquence, bien découpée, aux effets spéciaux simples et étonnants. C’est assez terrifiant... Et très jouissif aussi. Et là, Messieurs Dames, il faut que je vous parle d'une actrice splendouillette : Elizabeth Shepperd. Alors que cette première demi-heure de film est assez sobre et efficace, Shepperd, dans ce rôle de journaliste, débarque comme un chien dans un jeu de quille. Ça surjoue tout ce que ça peut. Ça roule des yeux, ça crispe des mâchoires et c'est habillé en orange. Cette actrice est un peu dans le sillage de Betsy Palmer, la fameuse actrice de Vendredi 13 No1 et 2 (voir articles). Bon, sincèrement on est encore loin du jeu de Betsy Palmer, mais on peut considérer Elizabeth Shepperd comme une cousine éloignée de la maman de Jason! J'adore ces actrices improbables jouant au-delà du bien et du mal! Elizabeth Shepperd ne connaîtra jamais la célébrité de ce côté-ci de l'océan. Mais, ça aurait pu. A la fin des années 60, elle est auditionnée pour un rôle d'agent secret. Elle est choisie, commence à tourner des scènes. Mais, la production auditionne derrière son dos, une autre jeune actrice : Diana Rigg! Cette dernière est nettement plus convaincante. Shepperd est virée et Rigg définitivement embauchée. Et oui, les amis, Elizabeth Shepperd a été Emma Peel, la croustillante héroïne de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, pendant quelques scènes inachevées. T'as eu chaud, hein? Ce n’est pas passé loin...

 

Revenons à notre corbeau de la Mort. Il s'acharne, disais-je, de belle façon sur Elizabeth Shepperd. Très jolie séquence. Mais, il en faut plus pour cette actrice hors norme. Succomber aux coups de bec du Corbeau du Diable n'est pas assez. En se relevant face à l'assaut, elle fait quelques pas sur la route et se fait renverser par un semi-remorque qui passait par là. En pleine ligne droite, net, sans bavure, en plein dans le mille. Et cette superbe séquence de s'achever par une série de trois plans abacadabrandesques où le personnage rebondit sur le camion en plusieurs endroits avec une souplesse de poupée de chiffon que n'auraient pas reniée les frères Zucker et Jim Abraham dans un hypothétique "Y-a-t-Il un Flic pour sauver la Malédiction". Jolie scène donc et trois plans un peu trop splendouillets, mais sur lesquels un cinéphile devoïste ne crachera pas, bien au contraire.

 

Bah! C'est après que ça se gâte. Les mises à mort deviennent plus carrées et moins lyriques, même quand ce pauvre professeur noir (acteur terrible là encore! Rien que pour lui, vous pouvez louer le dvd!) est coupé en deux au niveau du bassin par un câble d'ascenseur. Nos soupçons sur les dialogues et le découpage narratif se confirment. Ils prennent souvent l'eau. Finalement, le réalisateur s'éloigne peu à peu de toutes gourmandises. On traîne. C'est long. Pas infamant, mais laborieux et très sage. Peut-être aussi, est-ce la faute à Jerry Goldsmith, le compositeur récemment rattrapé par Damien (il a rejoint le choeur des anges ou les flammes de l'enfer, au choix, il y a peu), qui nous a composé un inénarrable thème en yaourt latin de cuisine ("Ave satanis! Bidulis Machinus Excrementum!"), agrémenté, tant qu'à faire par une basse continue à la Danny Elfman, fielleusement anachronique, comme une pré-réminiscence du thème de "Beetlejuice"!

 

Bref, on s'ennuie doucement jusqu'au dénouement, curieusement envoyé en deux coups de cuillère à pot, générique et l'affaire est dans le sac! Ça manque un peu de boules disco et paillettes pour être débilement kitsch, mais bon... La séquence où Damien fait une fête pour célébrer son diplôme est hilarante (il drague deux barbie-princesses en même temps... Ça promet pour l'épisode III), et il y a Elizabeth Shepperd, et ce docteur noir qui, après recherche s'appelle Meshach Taylor! Quant à ceux qui veulent sérieusement frissonner, la première demi-heure les satisfera. C’est déjà ça. Prend du plaisir qui peut!

 

Votre Dévoué,

 

Dr Devo.

 

 

 

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Mardi 25 janvier 2005 2 25 /01 /Jan /2005 00:00

Publié dans : Corpus Analogia
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