SAN KU KAI, épisode 9 : LE PALAIS DU DIABLE : à l'ombre des jeunes filles en fleur, nues sous la douche...

Publié le par Docteur Devo

(Photo : "The Mysterious Marlboro Man", l'acteur interprétant Siman, par Dr Devo)

Chères Barbarellas, Chers Buck Rogers,
 
On a beau se dire que le temps est avec soi (oui, c'est ça !), il n'empêche, des fois, ce n'est pas facile de continuer à faire face, alors que tout autour de vous semble pointer la dévolution complète de la situation, la perte des symboles les plus lisibles qui, encore un peu, pouvaient nous donner quelque force. En un signe comme en 10.000, ça va mal, et même ça ne va pas bien du tout dans le XVe système solaire.
 
Cet épisode 8 commence sur une bien triste nouvelle.
Vas-y, petite voix-off, balance la sauce, éclabousse nous en plein visage de ton message funeste. "Malgré la résistance de Ryu, Ayato et ses amis, le palais de Golem XIII se dresse comme le symbole de la puissance de l'Empire Stressos". Gnnnnnnnniiiii !
Quel échec ! Un gros pavé de plusieurs mégatonnes de marbres et de moulures, en pleine flaque indigène une fois de plus oppressée jusqu'à la moelle. Sans que ça ne choque personne. Où étiez-vous, lecteurs, alors que la garde impériale stressos déportait des milliers de prisonniers vers ce chantier funeste, où étiez-vous ? Vous regardiez la télé, vous le saviez, mais vous aviez autre chose à faire, ou alors vous étiez en train de vous faire des bisous sur le parvis de la mairie pour libérer Florein et Ussens, ou vous faisiez des chèques pour le Kabuki qui a ravagé l'Asie du sud-est. Ah, pour ça, il y a du monde ! Et ça vote, et ça vote sur son petit portable pour que Clithandre sorte du Château (et où, en plus personne n'est pendu demain matin, contrairement à ce que nous promettait, jadis il est vrai, le poète).
Bref, bande de petits-bourgeois, pendant que vous étiez en train de défendre la liberté d'exploitation de l'Indonésie par le Cataclysme du Tourisme Industriel, pendant que vous menaciez les terroristes à coups de bisous (ils ont dû avoir fichtrement la trouille !), on mourrait au fin fond de l'Afrique, et on déportait dans le XVe système solaire. Belle ironie, non ?
 
Et le voilà dans ta face, le Palais du Diable annoncé par le titre de cet épisode. Ça moufte plus, hein ? Ça fait moins le malin ! Une fois que tout l'univers est sous le joug stressos, et vous, les petits-bourgeois de la Terre, qui viendra vous défendre quand ILS viendront VOUS chercher ? [Pour éliminer Pélagie, tape 2 !]
 
Plan large avec léger zoom (pas du tout italien, cette fois) sur le drapeau nazifiant des stressos.
 
"Votre majesté, le palais à l’honneur de votre gloire et de votre génie supra-potent, symbole de votre gloire au firmament de la Félicité, est terminé". Ainsi parlait Komenor (curieusement aligné avec Furya, la divine sexualité du monde, et Volcor, bouseux obligé, dans des regards face caméra, tournant le dos absurdement à Golem auquel ils sont quand même en train de parler ; ce n’est pas logique, mais graphiquement, c’est fort, voilà pourquoi SAN KU KAI, c’est vraiment du cinéma, contrairement, par exemple, à un film des frères Larrieu). À peu de choses près, en rendant compte de la situation à Golem XIII, son souverain, via le fameux Micrâne, bijou de communication stalinienne, tout en rétro-futurisme, donc indéniablement beau, beau, osons le mot, comme le plus inattendu des concepts, réponse de Golem : "Il est magnifique".
Quoi ? C’est tout ? Des milliers de déportés, des mégatonnes de matériaux transportés, des dizaines d’attaques en embuscade par la Résistance, trois épisodes, soit 15 pages d’articles, soit 150,000 signes, et c’est tout, un petit "oui, oui, il est très beau" ? Je trouve ça énervant. Mais arrêtons-nous un peu pour réfléchir (ça commence bien, on s’arrête déjà alors que l’épisode n’est commencé que depuis une minute trente !). Ne faut-il pas voir là, dans cette réaction trop sobre à nos yeux, de sa puissante magnificence, Golem XIII, le symbole d’un Technicisme des mieux compris ? Ben si, bien sûr. La Technique, et donc, qui plus est, tout ce qui est total, ne fait pas de sentiment. On ne s’apitoie pas sur les victimes qu’on dézingue avec rigorisme, et de la même manière, on ne perd pas de temps à se tresser des louanges. Pas d’hagiographie. Le plan technique est une machine logique et froide, un objectif succède à un autre, ce qui pose de gros problèmes d’adaptation à tous ceux qui entament un mouvement de résistance, qui voient là, à tort, les cons, une manifestation du diabolique, de l’irrationnel mauvais, là où au contraire il s’agit de logique pure, de forme pour ainsi dire, de rationalisation a maxima. Les pauvres idiots, malgré leur bonne foi, ne peuvent comprendre et sont sans doute perdus d’avance. Tu la sens, la métaphore ?  Tu l’entends, le bruit des bottes qui monte ?
 
Komenor : "Tu pourrais t’installer de suite dans ton palais."
500.000.000 de fans d’Elvis ne peuvent avoir tort.
Golem XIII : "Komenor, aurais-tu oublié ce qui doit accompagner tout déplacement du Roi des Stressos ?"
Sun’s coming up like a big bald head...
Komenor : “MMMMmmm... Miiiiiiiii... [Mouvements de cape dydascalidesques, croisements idem des gestes d’avant-bras, merveilleux hand-acting…] Il faut procéder aux Rituels de Sang ! Oui, Majesté ! "
 
Et bien voilà, c’est dit. Ça, on n’avait jamais fait. On a exécuté des innocents plein cadre pour l’exemple, on en a déporté en veux-tu en voilà, on a tué des enfants sous les yeux de leurs parents (qui ont pleuré, et qui ont donc, comme au Danemark, été exécutés à leur tour, ce qui est logique), mais ça, ça, le Rituel du Sang, n’avions pas vu encore, dixit Albert, agriculteur dans la Drome, et fidèle lecteur de Matière Focale ! Il faudra donc sacrifier une Vierge, faire couler son sang dans la margelle de notre innocence, assister au spectacle terrible et beau du liquide vermeil qui se répand en mille reflets sur la pierre de granit brut du palais, répandant de sublimes molécules aux allures de fractales divinement belles, signe du plan logique bizarrement (encore une fois, SKK est une expression artistique, avec ses courts-circuits tous signifiants), du plan logique du Total (Super-Stressos et une prise par plan), fractales qu’on regarde absolu et conquis, sans pouvoir s’en détourner, car quelle que soit la cause, la beauté fabriquée de la poésie doit se regarder en face, et même se boire, sans fin, sinon c’est pêché. Allons boire, donc, le sang de la Vierge.
Dans une dévotion elle aussi totale (mais c’est normal, c’est la meilleure d’entre nous, comme disait l’autre), Furya qui, genoux à terre en signe d’allégeance, ne peut s’empêcher d’avancer son corps sublime dans un léger mais perceptible mouvement vers l’avant, offerte pour ainsi dire, et ne peut également s’empêcher, enthousiaste comme une artiste : "Je peux la choisir, si tu veux ! "
 
Vous connaissez quelque chose de plus beau ? Vous avez vu ailleurs un tel souci du détail ? Non ! Non ! Et non ! Balancez tout de suite, et brûlez immédiatement tous vos numéros de Positif et des Cahiers, et autres Mad Movies du même piteux métal ! Je ne vous raconte pas une histoire, ici ! Je vous dis le Cinématographe le plus beau, et c’est San Ku Kai, bon dieu de bois, San Ku Kai, une seule prise par plan, format 1.33 (comme les Straub, cqfd), acteurs inconnus sauf un, tout ce qu’on vous a dit est faux. Brûlons tous ces artistes qui, si souvent, nous ont imposé de force l’idée que c’était eux, le cinéma, eux qui nous incitaient si souvent à brûler les œuvres de leurs collègues que nous adorions (pour se débarrasser d’une concurrence gênante), punissons-les avec leurs armes, le feu par le Feu, eux, qui, en 90 minutes, et même souvent 120, de leurs films, ne font jamais autant qu’en deux minutes ici. Nous brûlerons aujourd’hui les réalisateurs qui s’appellent Nanni. Demain, les Patrice. Et après-demain, on verra (les Jean ?).
 
Reprenons. Golem XII a donc choisi : la vierge sacrifié, ce sera Eolia ! Stupeur pour les trois Stressos d’élite ! Ils ont tellement de mal à attraper Ayato, Ryu et les autres, alors Eolia, vous pensez…
Stupeur, sans tremblement chez le spectateur : Eolia, la transparente Machina aux cuisses ostensiblement fertiles dans le contre-jour d’un projecteur malicieux, vierge ?
 
Passons.
 
Sur le San Ku Kai, le débat politique bat son plein. Siman, le macaque géant de l’Espace (cet article est décidément majusculesque), reconnaît , beau joueur, sur l’écran de contrôle (16mm, 1.33, comme les Straub, cqfd), que le palais de Golem est un objet, je cite, « magnifique ».
Ayato et Ryu, eux, se disputent au sens aristotélicien du terme. Le jeune chiot fougueux veut partir tout de suite en commando de la mort, histoire de détruire now and here le palace du despote. Ryu, plus sage, le sait, wait and see, et je déploierai la force magnifique de mes arguments de structure dans deux scènes…
 
Ça tombe bien, Anna, l’insupportable petite biche à peine pubère, arrive vers le vaisseau en criant dans le plus improbable champ / contrechamp de l’histoire, que Ryu, Ayato, venez vite, Kaméji est devenu fou.
Ryu a le temps d’un «je descends du vaisseau et j’arrive » des plus pertinents, un peu cinéma du réel peut-être, et cut.
 
Dans l’église au 1/100ème et bizarrement franciscaine du village, le commando de Kaméji, le bédouin en chef de la Résistance, se prépare avec une poignée de figurants apeurés à prendre d’assaut le palais gigantesque de Golem… Nos trois héros, accompagnés de la délicieuse petite Anna, interrompent les préparatifs. Kaméji comprend illico. Ce qu'ils veulent, les potos, c’est qu’il renonce. Sauf Ayato, of Corse, toujours prêt à péter et disperser de l’occupant, petit clébard fou qu’il est.
The Poison bites and Darkness take my soul…
Petite secousse, mais réplique de Kaméji quand même. M’en fous, yvai ! Ayato dit banco de tout ! Ryu et Siman, primate non-primé qui vient d’arriver en jetant hors-champs une clope derrière la porte de l’Eglise, ce qui est rudement dangereux sur un plateau, refusent dans un niet ferme. À quoi bon déconstruire la bicoque royale pour qu’une autre auberge du même acabit (de cheval ou non, mais là, c’est vraiment pas le moment), s’installe presto, avec son lot de gémissements et de coups de fouet ? Kaméji ne sait pas quoi répliquer et dit : « Notre survie dépend de son existence ». Bravo…
Quoi qu’il en soit, le commando part, confiant la frangine Anna à ses deux tontons sereins de l’espace. Cut.
 
Pumping Arnold dans la séquence suivante. Sidéro, le petit robot stressant dans son vaisseau, survole le palais tandis que le commando d’inconscients neutralise quelques bidasses stressos. « Déjà trois de moins ! » Les fous ! Ayato communique avec son robot Sidéro via sa montre à quartz. Le robot annonce qu’il doit déguerpir, car les tourelles lasers de défense du palais l’ont repéré. Adieu surveillance aérienne. Ça commence bien.
D’une fenêtre du palais, comme si de rien n’était, Furya observe avec délice l’évolution du piteux commando. Alors qu’ils s’apprêtent à placer les explosifs, un rire sardonique éclate durant 20 bonnes secondes. Ça sent la trappe. Sur le mur, comme dans un bon vieux Fritz Lang, une ombre toute en cape et en casque. Tu le sens, le Super-Vilain de l’épisode qui arrive ?
Un mur nu. Surimpression magnifique du vilain, mi-Yoda  mi-Skeletor (mais Skeletor mode Benny Hill). « Je suis… l’Homme de L’Ombre ». Ouiiiiiiiiiiiiiiiiii !
« Je viens de Busta, l’étoile des Ténèbres ». La surimpression devient personnage réel. Ça fout les chocottes.
Le Vilain lance quelques poignards dans les ombres des membres du commando qui, du coup, sont paralysés dans des gestes ridicules mais sympathiques, un peu comme des mouvements de danse dans un night-club, comme disait Jackie Quartz, genre le Pim’s. La situation n’en est pas moins désespérée. « Vous allez mourir ! ». Pause. « Alors, j’ai l’impression que vous êtes un peu moins présomptueux ! »
Je l’aime bien, moi cet homme de l’ombre. La classe, je trouve.
Volcor et Furya débarquent, tout sourire pour une fois. Avec Ayato capturé, ça va être plus facile quand même de capturer Eolia. Ayato proteste contre ce funeste dessein, mais c’est un peu tard, jeune homme ! « Je vais tous vous expédier vers le XVème soleil ». Furya dégaine une télécommande et appuie sur le bouton rouge. Cut. Le commando regarde vers le ciel (hors-champs) tandis qu’on entend un bruit de chute. Cut. Insert sur Volcor. Cut. Une cloche de fer (tombée du ciel, donc !) emprisonne le commando. Pas besoin d’effets spéciaux, un peu de montage suffira, merci. « Le vaisseau-tombeau doit se diriger vers Glora », terminalise Volcor. Cut.
 
Après, c’est un peu n’importe quoi. Ayato, prisonnier du vaisseau-tombeau, appelle Sidéro avec sa montre qui, à son tour, prévient Ryu.  Siman, c’est : « C’est malin », mais Gérard Hernandez étant en vacances, c’est encore un autre acteur qui le double, avec une voix de débile complet. Mon dieu. « Il faut les sauver », ajoute la petite Anna, plus pertinente qu’impaire (see what I mean ?). Décollage tout en stock-shot du San Ku Kai. Cut.
 
Dans le vaisseau-tombeau, Kaméji reconnaît que c’est la fin, et qu’ils ont tous fait une belle connerie. Ayato ajoute dans un dernier sursaut de n’importe quoi : « Il est trop tard pour regretter ! ». Mon Dieu !
 
Un peu de stress dans le Kosmosaur. Eolia ne s’est toujours pas ramenée. Komenor peste. « Elle a toujours fini par se montrer, toujours au bon moment. On bosse comme un fou sur un plan en conséquence et elle ne vient pas ? Est-ce juste ? » Cut.
 
Et là, grand moment. Eolia débarque avec son vaisseau-navire : l’Azuris ! La petite musique au synthé accompagne la geste du magnifique engin spatial. Et là, cut, un des plus beaux plans de toute la série. À travers un hublot très grand, on voit Eolia en train de piloter debout son vaisseau, dans un effet de blanc qui n’a jamais été plus hamiltonien. Et c’est SU-BLI-ME ! Eolia pilote son vaisseau à l’aide d’un petit synthétiseur ! Cette musique qu’on entendait à chacune de ses apparitions, ce n’était pas la musique du film, c’est le pilotage du vaisseau !!!! Tu la sens, la diégèse !!! Là, je pleure, c’est bien normal !
 
Komenor, lui, est bien moins sensible à l’expression artistique motrice de l’Azuris, et du feuilleton en général. Il donne l’ordre (à qui d’ailleurs ?) de, je cite, « étendre le voile des ténèbres sur l’Azuris ». Mouiiii. Eolia, pendant ce temps, s’éclate au synthé et récupère d’un si bémol et d’un rayon-tracteur laser le vaisseau-tombeau.
Eolia apparaît en surimpression sur le cosmos intersidérant, tant qu’à faire.
« Ayato, l’homme courageux ne doit jamais accepter la Mort. Alors retourne sur la terre de tes parents et bats toi ! »
Tout de suite, le vaisseau-tombeau se dirige comme par hasard vers la planète indigène. C’est beau.
 
Mais un gaz envahit l’espace. Eolia est à peine surprise. Elle ne doit pas comprendre que ce fumigène n’est autre que le Voile des Ténèbres, promis quelques lignes plus haut par le rigoureux Koménor. Le Kosmosaur en surgit. Eolia se ressaisit avec une belle fulgurance : « Le Kosmausor ! Il faut que je disparaisse ! ».
Sur le Kosmausor, justement, Volcor est formel après une analyse de l’image sur le moniteur. Le mat de l’Azuris  doit contenir l’équipement qui lui permet de voyager à travers les différentes dimensions. Komenor ordonne logiquement sa destruction. Des laserolabs sont lancés, et pour une fois, mais toujours sur fond de kazoo, ça ne traîne pas, et le mat multi-dimensionnel est rapidement détruit. Eolia tente bien de mettre en place son "bouclier magnétique", mais sans grand succès.
Le hasard et le scénario font que Ryu et Siman, à bord du San Ku Kai, aperçoivent l’Azuris. Nos deux héros s’embarquent à bord de leur petit vaisseau individuel et se préparent à l’assaut.
Eolia est désespérée, elle n’a plus d’énergie, elle n’avance plus. Elle sait que ce n’est pas les effets de la ménopause, mais bien parce que l’Azuris est endommagé. Elle va mourir, elle le sent bien. Elle s’apprête à ouvrir son petit placard secret dans la cabine de pilotage du vaisseau, là où elle dissimule son vieux saké hors d’âge et où l’attend le petit sabre avec lequel elle va mettre fin à ses jours. Alors qu’elle cherche la clé du petit meuble, elle s’aperçoit que Ryu et Siman ont attaqué les laserolabs ! Elle reprend donc espoir. S’ensuit, fort logiquement d’ailleurs, un combat spatial !  
Le San Ku Kai doit battre en retraite face à l’immense Kosmausor, mais ça n’est pas grave. Eolia a eu le temps de se poser sur Analys (dont le nom préhistorique est Diouryne). Fin de la séquence.
 
Anna, la petite sœur des pauvres, va faire la vaisselle dans au bord de l’océan (comme dans Koh-Lanta !). Elle a le temps d’apercevoir l’Azuris s’enfoncer dans la mer pour mieux se cacher. « Ne vous inquiétez pas, mes amis, mon vaisseau n’a pas sombré. Il dort, il a besoin de sommeil ».
Quand on perd un ami, c’est peut-être qu’il dort… Eolia nous récite là du Gérard Manset. En même temps, moi, elle me faisait penser à quelqu’un, la Eolia, et là, d’un coup, tout s’explique.
Elle ajoute : « Je vis par mon vaisseau, comme tous ceux qui habitent mon Secteur Sidéral.» Secteur sidérant plutôt, je dirais ! Passons.
 
Nos trois héros décident de garder la planque en passant la nuit à la belle étoile, sur la plage. Tiens, Siman, comme ça, tout d’un coup, à deux minutes de la fin, retrouve sa voix de doublage normale ! Tant qu’à faire !
Mais des stressos sont en embuscade dans les arbres. Allez hop, c’est la bataille, c’est la bataille. Un rire sardonique se fait entendre, une ombre passe sur le mur. On l’a tous reconnu, c’est l’Homme des Ténèbres, là, face à Siman, qui protège la frêle mais greluche Anna ! Mais Darkness Man est vraiment fort. Il lance son petit poignard dans l’ombre de l’orang-outang galactique qui, de fait, est immobilisé et réduit à l’impuissance. Anna, proche du kidnapping ou pire encore, pousse un cri d’effroi…
À quelques mètres de là, le sang de Ryu et d'Ayato ne fait qu’un tour, quoiqu’ils fussent en plein combat à l’épée contre les soldats stressos. Ils accourent au secours d’Anna. Darky lance ses poignards de rechange, c’est de bonne guerre. Ayato et Ryu, à leur tour, sont immobilisés. Il prend Anna dans ses bras et menace de lui trancher la gorge si nos trois héros refusent de dire où le vaisseau d’Eolia se cache. C’est scélérat, mais en même temps, que voulez-vous, c’est la guerre !
Ryu, Ayato et Siman demandent à Anna de se préparer à la mort. Et que, même si elle est très triste, il faut qu’elle sache que, grâce à elle, Eolia sera sauvée et pourra à son tour sauver des milliers de gens. "Vous pouvez pas me faire ça !", crie-t-elle. "Tu ferais pareil à notre place ! Salut et bonjour à Dieu de notre part."  Ce à quoi Anna répond : "Je suis jeune, j’ai pas envie de mourir, vous êtes des…. Arrrggghhh ! ». Et elle meurt égorgée, dans une flaque de sang.
 
Non, je plaisantais. Mais le moment est quand même cornélien, on frôle le drame. Et puis, tranquillement, les mains dans les poches, débarque Sidéro, en sifflant un petit aire de Trénet ou une autre cochonnerie du genre. Il déclare à l’assemblée : « Dépêchons-nous, le vaisseau d’Eolia au fond du lac, il a un problème ». Là, Ryu a une sérieuse envie de se suicider.
« Hahaha ! dit l’homme des ténèbres. Je sais ce que je voulais, je n’ai plus besoin de vous ! »
Sidéro jette sa marijeanne par terre et, soudain lucide, déclare : "Oh la gaffe ! Oh la gaffe ! c’est les stressos !". Bravo Sidéro, bien joué !
 
Malgré tout, il n’y a pas de temps pour déboulonner définitivement Sidéro. L’Homme de L’Ombre a pris la fuite, vient de faire sauter l’église franciscaine qui servait de base secrète aux résistants (avec ses occupants, bien entendu), et il s’apprête à plonger au fond du lac pour kidnapper Eolia.
"Je ne serais pas si sûr, si j’étais toi", dit une voix familière.
Darky : "Qui es-tu ?"
Le mec en rouge avec des bas résilles : "Je viens du fond de l’univers ! Je suis Staros !"
Darky : "Et toi qui es-tu ?"
Le copain de l’autre travelo, en noir avec des résilles également : "Tu ne me reconnais pas ??? Je suis le Fantôme !". Réplique débile, que fait la police du script, car en effet Ayato / Fantôme rencontre le Vilain pour la première fois, sous cette identité en tout cas !
Tout cela sent le combat, mais cette fois-ci, c’est plus corsé. Il fait nuit noire et L’homme de L’Ombre a bien des difficultés à immobiliser ses adversaires. Et pour cause : en pleine nuit, les ombres sont déjà plus dures à trouver. Je mise donc à dix contre un sur Staros et son compagnon de longue date. Ceci dit, un membre de l’équipe de tournage file un coup de main au Super Vilain en usant d’une poursuite qui traînait là et qui, dans la circonstance, est bien opportune. Staros finit par déclarer qu’il en a marre, et décide d’achever le vilain avec un projectile explosif qui atomise le pauvre Homme de l’Ombre dans les arrêts de jeu.
 
Staros et le Fantôme font un petit tour sur la plage pour se reposer. « Tout est terminé ! Eolia n’a sans doute rien entendu. Elle dort paisiblement. »
L’autre répond : « Oui c’est mieux comme ça ! Ainsi, elle ne nous a pas vus nous battre ! »
À fond, le sous-texte gay !
 
Sur ces entrefaites, une lumière chaude envahit l’écran. C’est l’Azuris, enfin régénéré, qui décolle à nouveau. Et c’est aussi quand même un peu le soleil qui se lève, promesse d’un jour nouveau.
 
Les technikosses rentrent chez eux. Le réalisateur décide, lui, de ne pas rentrer et d’aller prendre une bonne cuite chez Lulu (BDS), Nathalie Baye / Eolia se refait une ligne avant d’appeler un taxi. Siman enlève son masque et se dépêche de prendre le RER pour commencer son service au bar du Queen ‘s. La promesse d’un jour nouveau, disais-je.
 
Ouais, c’est ça…
 
Langoureusement Vôtre,
 
Dr Devo.
Récapitulatif des épisodes de San Ku Kaï :
Episode 2: Les Ninjas
Episode 4: Le Camps
Episode 6: Le Roi Golem
Episode 8: Du Sang Froid

Publié dans Lucarnus Magica

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Paco R. 06/10/2005 17:23

MA-GNI-FI-QUE!!!