CACHÉ, de Michael Haneke (Autriche-France, 2005) : La Non-invasion des Profanateurs de Non-sépultures (Massacre à la Tronçonneuse Autrichienne)

Publié le par Dr Devo

(Photo : "T'as pas tout Dit !" par Dr Devo)

Chères Juliette, Chers Daniel,
 
On continue notre bonhomme de chemin, et on revient par la même occasion en France, et bien sûr en Autriche, avec le dernier film de Michael Haneke. Bon, autant le dire tout de go, une fois de plus, ce n'est pas avec la joie au cœur que je m'y précipite avec force lenteur. J’ai même différé la vision d'un jour en allant voir la veille QUATRE FRERES de John Singleton, le Hollywood Night de la semaine, dont je parlerai peut-être un de ces quatre, si j'ai le temps et surtout l'envie. Pas pressé, donc, le bon docteur, comme il n'est pas non plus franchement réjoui à l'idée de devoir aller voir LES FRERES GRIMM, quoique ce sentiment se soit légèrement effacé depuis qu'il entend partout que le film n'est pas la poilade attendue, mais quelque chose de plus sombre... Les gens ont l'air déçu, et c'est bon signe comme dirait le Hyde qui sommeille en moi.
 
Alors évidemment, et une fois de plus, parler de CACHÉ va être encore une fois une tentative de finaliser la fameuse quadrature du cercle. Mais bon, on va quand même essayer, ce qui ne va pas être une paire de manches, mon point de vue principal sur le film étant justement à peine dit dans le film. La moindre verbalisation de la chose pourrait rendre balourd quelque chose qui n'apparaît qu'en filigrane dans le métrage. Pas facile de faire une critique dans ces conditions, et je ne jette pas la pierre, pour une fois, à ceux qui se sont rué sur Haneke pour l'interviewer ! C'est à la fois moins risqué et beaucoup plus pertinent !
 
L'histoire est bête comme chou. Daniel Auteuil (le De Niro français, hahaha !) possède une belle petite maison à l'intérieur chic, qu'il partage avec sa femme, Juliette Binoche, et leur fils. Lui anime une émission de télé reconnue, genre Apostrophes. Et elle travaille dans une maison d'édition dirigée par un de leurs amis communs (Daniel Duval).  Le couple reçoit depuis peu des cassettes vidéos sur lesquelles on peut voir simplement un plan fixe de deux heures, tourné dans la rue en face de chez eux. Un plan de demi-ensemble de leur maison en sorte. Et rien d'autre. Évidemment, on voit Auteuil sortir, ou Madame, ou le fiston qui rentre de l'école. Rien de plus. Voilà qui est fort étrange et intrigue le couple qui, du coup, est légèrement sur les nerfs, d'autant plus qu'ils reçoivent une autre cassette toujours aussi énigmatique, puis une autre, puis quelques dessins enfantins très morbides. Le couple ne comprend rien à rien, et décide d'aller voir la police, qui ne veut rien faire tant qu'il n'y a pas de menace précise.  Binoche et Auteuil sont de plus en plus sur les nerfs, mais Auteuil n'a pas tout dit. Ces cassettes lui rappellent quelque chose...
 
On parle quelquefois ici de scénarios simples comme bonjour qui peuvent tenir sur un timbre poste, et ici c'est quasiment le cas. Et ça ne veut pas dire que le repas est trop frugal, on va le voir. Il est assez dur de donner un descriptif du film qui puisse permettre de s'imaginer son étrange ambiance. On va tout de même essayer. Ça commence par un superbe générique d'une impolitesse extrême qui fut, en salles (n'allez jamais à la deuxième séance de l'après-midi), salué par des commentaires à haute voix, ostensiblement distillés avec une pachydermie remarquable par les membres de ce qu'on appelle le troisième âge, bande de gros malpolis aux mœurs complètement équivalentes à celles des petits djeunz, dont je me fait souvent ici l'écho. [La plus véhémente de ces personnes, personnage haut en couleur, connue de tous les cinéphiles de la ville pour son look Chaperon Miss France complètement suranné, ses 80 ans à béquilles et sa propension à engager la conversation avec n'importe qui comme si elle hurlait dans un haut-parleur (et que je vis une fois envoyer chier un couple trentenaire à la caisse, en leur piquant la place dans la file et en jouant honteusement du fait qu'elle soit handicapée, avec une violence et une impolitesse extrêmes), cette personne, donc, fit à voix haute pendant ce générique contemplatif et malpoli que "c'est un scandale, la taille des lettres", chose qu'elle hurla de nouveau pendant le générique de fin, qui pourtant était en images ! Ce n'est pas moi qui donnerais des sous à Aymé Jacquet, me dis-je !]
Un beau générique donc, qui plonge immédiatement le spectateur dans une immersion impressionnante, d'autant plus impressionnante qu'il ne se passe, à l'image, pratiquement rien. C’est le fameux plan fixe de la première cassette, astucieusement rembobinée parfois, comme nous le dévoilait le film annonce. Puis un petit plan de coupe, puis retour au plan fixe. Cut et Cut. Le ton est donné. Haneke sera ici bien moins ouvert et "baroque", si on peut dire, que LA PIANISTE (et son hallucinante ouverture avec Annie Girardot) par exemple. Ici, c'est plus que de l'épure (même si le scénario l'est, épuré), c'est du vide, beaucoup de vide. Et c'est bien joué du coup. Avec un air de ne pas y toucher, respectant ainsi complètement et au-delà de nos rêves le concept de home-video, Haneke permet, dans ces circonstances, de mettre en saillie tous les éléments signifiants de son film. Du coup, on est très étonné. Il y a si peu, et c'est tellement rempli. Beau paradoxe où l'on s'investit à fond, malgré nos résistances de casting sur lesquelles je reviendrai.
Tout ressort donc avec une sacrée force. Le nombre de leviers que Haneke actionne n'est pas pauvre, mais réduit. Par contre, à chaque fois que quelque chose bouge, parfois à notre insu, ça se sent bougrement, avec quelque chose de diaboliquement... malicieux peut-être, car oui, malice il y a, même si, pendant et après la séance, ce n'est pas vraiment le premier mot qui vienne à l'esprit pour qualifier le film. Là aussi, on va y revenir.
Pas beaucoup de notes jouées donc, mais ça joue quand même, avec un étrange sens du relief. Car le film est incroyablement ouvert, et même carrément populaire, grand public, même si le public, peu habitué aux choses un poil décalées, trouvera le tout à moitié ou complètement expérimental (ce que le film n'est pas vraiment, donc). Et il est même largement ouvert, voire didactique, grâce justement à son dispositif simple, mais astucieux, qui montre justement que le cinéma n'est surtout pas une affaire de scénario (le scénario étant en plus ici très bien écrit). Répétition on et off (dans le film et sur les cassettes), plans subjectifs ouvertement, plans subjectifs en loucedé (sans le dire), plan répété sans son, puis avec son d'ambiance, puis avec son réel, puis en son complètement fabriqué, plans répétitifs et répétés, mais aussi plans différents (différentes prises dans différentes scènes) ayant valeur de plans répétés quand même, etc. Ça explique, ça montre et ça démontre, en surfant justement dans l'imagination et la cohérence du spectateur, sur la frontière entre le non-signifiant, le vide et le complètement signifiant, le primordial. La frontière est tracée d'une ligne à peine visible, mais visible. Le jeu de nuances est calme et minimaliste, mais attention, les nuances sont ressenties avec une force, voire une violence (surtout dans les plans anodins) complètement spectaculaire.  Pour résumer, le film est un concerto joué très calmement, mais qui déferle sur nous avec la force d'une tempête, sous crâne mais quand même.
Le montage est donc diaboliquement gratuit et précis, ça cute tout le temps avec anxiété, et le cadrage, lui aussi en forme de "mine de rien", atteint sa cible à l'aide d'une belle et classique échelle de plans. Back to the roots, en quelque sorte (et toujours placer une expression hype en anglais dans une critique, si on veut être pris au sérieux !). On n'hésitera pas, par exemple, à faire des plans ouvertement signifiants et importants, mais qui, en fait, dans leur composition ou dans leur statut, n'auront pas grand chose de plus que les plans bruts et non montés des cassettes vidéos, degré zéro de toute chose. On comprend bien que, malgré le sujet, on est très loin, mais alors à des millions d'années lumières, de LOST HIGHWAY, contrairement à ce qui a été écrit ici et là par quelques professionnels placés en haut de l'échelle alimentaire, d'une façon que décrit complètement le film par ailleurs.
 
[On note aussi dans cette vraie leçon (professorale et "cul nul" devant tout le monde) que la direction artistique est sublime. Le mobilier de la salle à manger, avec ces chaises d'école de designer, la chambre du fils (hahaha !) avec les posters aberrants que Haneke cadre avec un malin plaisir en faisant semblant de cadrer son actrice, etc. C'est remarquable !]
On essaiera de ne pas en dire plus. Le jeu est suffisamment dépouillé pour ne pas le gâcher. Ça se voit en salles (et surtout pas en DVD, faîtes un effort justement). [Une note cependant : le film fonctionne exactement à l'opposé des films art et essai dépouillés de ces derniers temps. À l'opposé de KEANE dans sa première partie, par exemple, ou dans le dernier Gus Van Sant, ou mieux encore dans son décevant ELEPHANT. Ou encore BROKEN FLOWERS. Une mise en scène dépouillée n'est pas une mise en scène morne ; et c'est d'autant plus généreux comme geste, de la part d'Haneke, que son film, contrairement à ceux de Kerrigan ou de Jarmusch, ne joue pas sur l'empathie automatique pour les personnages (défaut de scénario, minoration des enjeux et gros sentimentalisme, je pense) mais sur des personnages ici plutôt difficiles, et pas forcément sympathiques, même s'ils sont dessinés sur des bases banales, ce qui stratégiquement et sémantiquement, là aussi, est d'une intelligence remarquable.]
 
Un peu de people maintenant ! [Faire du people sur ce film ????] Dieu sait que je n'aime pas Daniel Auteuil. Ce n'est pas le pire acteur français, mais rien en lui ne suscite mon intérêt, c'est le moins que l'on puisse dire, et en général, il a même, malgré lui et à cause de moi, un rôle d'horrible repoussoir, comme souvent les stars françaises. La Binoche, pareil, mais avec ce secret espoir qu'on la voie très bientôt malmenée par Abel Ferrara !
Bon, ces deux-là, ils ne m'excitent pas. Voilà. Et lui, encore un peu moins. Quant à Juliette, elle a pour moi, comme Jodie Foster d'ailleurs, l'image d'une actrice de films de "maman du petit Juju", figure symbolique et maternelle très contemporaine que je déteste franchement (cette figure de la "maman du petit juju" est un phénomène de société, et pas du tout propre au cinéma, bien sûr).
Malgré tout, et malgré mes craintes surtout, et bien non, ces deux-là ne m'ont pas dérangé du tout. Auteuil est constant, quasiment sans accident, ce qui marche incroyablement bien, entre non-jeu et jeu théâtral du pire métal, ça fonctionne bien, dévoilant des nuances banales mais certaines, et colorant d'un blanc signifiant les événements du film. Il semble se soumettre à ce jeu froid avec, non pas un réel plaisir, mais une certaine rigueur. Quant à Binoche, là, c'est plus expressif. Son jeu est ouvertement plus dramatique. Et là aussi, le contrepoint est assez délicieux avec Auteuil. Casting imposé peut-être, mais très bien dirigé, là aussi dans le sens du banal, et surtout très bien coupé, encore une fois, à l'image de cette prise hallucinante sur Binoche (la première fois qu'elle s'énerve ouvertement en plan rapproché, et s'en prend à Auteuil). Elle bafouille, s'accroche, se débat avec sa réplique, complètement en colère. Sublime idée que d'avoir gardé cette prise pour deux raisons, voire trois. D’abord, parce qu’aussi improbable qu'elle soit, cette prise permet une certaine violence, presque hors-film, complètement anxiogène et délicieuse. Deuxièmement, stratégiquement, c'est très bien vu, et bien amené dans l'échelle de plans d'ailleurs, en ce sens que le plan est, en plus, assez long, ce qui est d'autant plus appréciable. Le plan contribue en cela à insuffler de l'artificiel, face à une situation d'improvisation "forcée" en quelque sorte par l'incident de jeu, là où le film, malgré les apparences, doit avoir des dialogues sculptés au scalpel ! Enfin, le décalage entre la voix, en train de sombrer et de se tromper, et le corps, furieux et complètement juste (lui), est une sorte d'abîme complètement vertigineuse. Quel brio ! À travers ce plan, on reconnaît là un des points fondamentaux de ce film : son extrême maîtrise, son complet calcul (et donc son artificialité), et sa précision chirurgicale, sans en avoir l'air. Une construction de l'accident qui est bien passionnante en tout cas.
Le reste du casting suit. Maurice Benichou, habitué aux seconds rôles un peu fades, est extraordinaire. Et Annie Girardot, une fois de plus, est complètement fabuleuse et à son aise, comme un poisson dans l'eau encore dans l'univers de Haneke, univers qui, pour elle, doit sembler être fait sur mesure. [C'est elle et personne d'autre qui pourrait jouer le rôle de Duras au cinéma ! Et non pas l'autre sans béquilles...]
 
[Une note encore sur le montage : vous avez remarqué comment Haneke met ostensiblement en valeur Daniel Duval, notamment dans la scène du repas. CACHÉ est bien un film de suspense en forme de slow-burn. Là aussi, dans cet isolement par le montage, on retrouve la volonté didactique de Haneke de travailler sur le suspense. C'est un thriller dans lequel se cache un autre propos. Un cheval de Troie, en quelque sorte, d'autant plus efficace qu'il est ostensiblement décrit comme tel, et que la porte du cheval est complètement ouverte !]
 
On pourra s'étonner que le film ait reçu le Prix de la Mise en scène à Cannes, tant il est malpoli. Et en même temps, on comprends pourquoi le jury cannois a cru voir un film à la place d'un autre ! C’est délicieux. J’aimerais bien savoir ce que le dit jury a compris au film. On peut spéculer, quasiment sans se tromper, que le jury a d'abord voulu récompenser l'austérité de façade du film, comme ils récompensent à tour de bras les Gus Van Sant. De plus, ça m'étonnerait peu qu'ils aient mal  perçu le discours du film, complètement éthique et jamais politique ! Or, la seule scène où la politique est ouvertement abordée a dû séduire au plus haut point. Cannes est toujours friand de messages à l'humanité puérile. Or, c'est précisément là que Haneke met le ver dans la pomme. L'horreur ici décrite est d'abord celle du petit bourgeoisisme le plus rance, complètement partagé sans doute par toutes les classes sociales ! (Très malpoli, ça ! J'adore !). Cette horreur est celle du couple tournant à vide, et de ce petit-bourgeoisisme donc, ici attaqué dans ce qu'il a de plus précieux : sa maison, son home ! Une fois le bunker vacillant sur ses bases, tout éclate. Et dans cet effondrement immobile, on retrouve deux fantasmes majeurs du petit-bourgeoisisme. La famille (le foyer donc), c'est le sacré, mon fils ma bataille, et justification de toutes les violences, alors même qu'il repose sur une morale ostentatoire qu'on s'empressera de voiler à la moindre occasion et à la moindre crainte. La morale, OK, sauf quand tu touches à ma famille ou à ma maison ! De ce point de vue d'ailleurs, les arabes semblent respecter un jeu qu'ils sont pourtant sûrs de perdre. Le classement social marche à fond. L'autre fantasme, c'est que tout ne peut pas être pire, fantasme sous lequel court, justement, un autre, contradictoire : le pire doit arriver... et surtout pas chez moi !  En cela, Auteuil-Binoche semblent avoir le pouvoir.
De fait, dans ce milieu, on soigne les relations sociales, son sens moral et cette douceur de vivre. Et on peut émettre l’hypothèse que justement, ce qu’Auteuil ne peut supporter, c'est que les événements auxquels ce jeu de cassette est lié, et ce qu'il pense des événements, contredisent complètement sa position sociale. Ce n'est pas tant l'enjeu passé qui le dégoûte et le perd, mais le fait que son sentiment profond et son histoire concrète contredisent complètement l'image de tolérance qui le fonde et fonde son foyer. Le film insiste beaucoup sur les soutiens sociaux, sur le réseau d'amis (la femme qui n'ose pas rentrer dans la maison, le couple d’amis qui ne peut pas sortir), sur la cohésion sociale... de ce petit groupe ! Et uniquement ce petit groupe. Or, l'expérience de Auteuil contredit le groupe, et celui-ci souffre en fait non pas de la violence muette de la situation provoquée par ce chantage, mais du fait que l'événement contredise tout ce sur quoi est basée sa vie de tolérance ! Même sa souffrance est petite bourgeoise ! J'adooooooore. Plus malpoli tu meurs, bien sûr !
 
Il ressort qu'on entre dans ce film comme dans du beurre, et qu'on y reste largement prisonnier. Haneke donne à voir tout ce qu'on veut, mais il rajoute tout ce qui nous est proprement, viscéralement et socialement intolérable. En cela, il viole tous les tabous de l'époque. Le thriller permet de faire passer la pilule en apparence, ou plutôt de mieux nous la recracher à la figure, sans concession. On est donc excité et inquiet constamment, puis finalement, nous tremblons littéralement sur nos jambes. L'anxiété et la peur ont rarement été si palpables, tant qu'on est sûr que Haneke pourrait nous balader là où il veut. Et ce n'est qu'au terme d'une longue dernière bobine que Haneke, contrairement à ses personnages, refuse la violence et impose l'éthique. Personne n'a triomphé dans le film, mais Haneke, droit dans ses bottes lui, a marqué un sacré point.
 
Justement Vôtre
 
Dr Devo.
 
Retrouvez d'autres articles sur d'autres films, en accédant à l'Index des Films Abordés : cliquez ici !

Publié dans Corpus Filmi

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Bernard RAPP 21/10/2005 15:39

J'ai l'impression que le montage de Haneke suit - depuis 71 fragments d'une chronologie du hasard, mais sans les "noirs" intercalaires, et particulièrement dans ce film - la logique simple du : "mon plan commence n'importe quand (pas forcément au début d'une action) et se termine (ce qui détermine la coupe) aussitôt que vient de se produir ce que je voulais montrer". Ce qui, à l'intérieur d'une continuité narrative est formidablement étrange et rock n'roll.

Phi 20/10/2005 17:05

Oui, il est tout nouveau et ne demande qu'à grossir de quelques autres critiques.

Le Marquis 20/10/2005 16:49

Trackback modifié, Phi : [du coup, j'ai jeté un oeil à ton blog, qui a l'air tout frais. J'ai survolé l'article sur le Haneke car je n'ai personnellement pas vu le film, mais j'ai lu l'autre critique (celle de KING KONG - l'original), pas mauvaise du tout ! Bonne continuation !]

balibaloodestroyme 15/10/2005 20:24

Que rajouter à cet article? Je prête apparemment plus d'importance que le Doc au scénario (oui, je l'avoue humblement, pour moi le cinéma c'est aussi et avant tout une façon de raconter des histoires), et celui de ce film m'a séduit au-delà de toute mesure. Pourquoi? D'abord évidemment par ce jeu d'apparence que toute la critique même la plus niaise a salué (faux thriller, faux drame psychologique, vrai décorticage de la lâcheté d'un personnage - Auteuil - qui s'enferre dans ses mensonges à mesure qu'il les crée, et dans la solitude à mesure); ensuite par les personnages, qu'un critique que je ne nommerai pas a qualifié de "concepts" vides alors même que l'idée maîtresse du film est précisément dans cette absence de relief psychologique et dans la froideur avec laquelle Haneke prend plaisir à ravaler leurs façades. A rapprocher totalement et à raison de Funny games, car ce traitement des personnages est le même.

tron 09/10/2005 18:47

il y a encore des tabous à notre époque ?