SAN KU KAI, épisode 10, "Détruisez la Terre !" : La morale en temps de guerre

Publié le par Dr Devo

(Photo : "Plus jamais ça !" par Dr Devo)

Chères Barbarella, Chers Buck,
 
De quoi il va nous parler aujourd'hui ? De quoi ? Du cycle CREMASTER de Matthew Barney vu ce week-end ? Du CALMOS de Bertrand Blier vu hier soir ? Du De Palma inédit de 1968 vu ce matin, et en salles s'il vous plait ? Non, rien de tout cela, gratosse, rien de tout cela. Aujourd'hui, j'acquitte ma dette, ou plutôt je règle ma note au Marquis pour être précis, car j'avais du retard. Aujourd'hui, après la déprime momentanée d'hier (voir ici dans les commentaires), votre serviteur, le bon Docteur, reprend du poil de la bête, et surtout se soigne. Avec ce dixième épisode de SAN KU KAI, et donc  dixième article (voir à la fin de cet article les liens menant aux autres épisodes). Réflexion faite, c'est qui le docteur ? C'est moi. Et je sais ce qui soigne, et je sais ce qui guérit. Non pas que ces prescriptions agissent sur tous, non pas que tel ou tel médicament agisse à tous les coups et à tous les corps (ouais, joli !). Mais... C'est le docteur qui choisit, non ? Depuis quand le patient s'auto-médicamente ?
 
Mais non, je plaisante bien sûr. Je ne suis pas aussi présomptueux... Quoique... En tout cas, le docteur ne regarde pas à la dépense, il a toujours autant de potions et il les donne à qui veut faire le pari des expériences. C’est ça qui compte. On ne regrette rien quasiment, et déjà en soit, c'est beau. Entre vous et moi, c'est une histoire d'amour, sans se raser, avec la barbe de trois jours, oooops, tu piques, mais le poète belge a raison. Tout ça, c'est pour toi, cher Public, sous les applaudissements. Tu viens ici quand tu veux. Tu es ici chez toi. Allez, on lève les petites plaquettes ("10, 10, 9, 10, 9, 10 ! 3 ? Mais tu t'es trompé de plaquette, petit Teddy ! Ah oui ! 10 ! Tu t'étais trompé de petite plaquette !"). SAN KU KAÏ, épisode 10.
 
Détruisez la Terre ! Oh oui, bonne idée, me disais-je. Mais je me reprends, je n'ai pas été éduqué comme ça. La mission est plus forte que l'individu. Détruisez la terre, dit le carton en début d'épisode. Parce que c'est le titre. C'est bien foutu. Le Mal serait-il en train de se rapprocher ? Voyons.
 
Ça va pas être un épisode facile, me dis-je. Non seulement le titre est très menaçant, mais en plus, la voix-off introductive, toujours en position stentor, nonobstant (ce mot dont je ne suis pas sûr de la signification, mais qui m'énerve tellement dans la bouche de cette petite pimbêche de Jodie Foster, toujours prompte à nous apprendre le français, c'est désagréable),  cette voix-off, dis-je, est lassée, fatiguée, triste. Je pressens que les choses vont de mal en pis! C'est souvent le cas en ces temps troublés. Voyons.
 
Le Kosmosaur, majestueux dans son beau stock-shot. Komenor et Furya à son bord, en gros plan, mais elle, quand même derrière. La hiérarchie, ça compte, l'ordre c'est important quand on veut conquérir un système solaire. Komenor veut le déclenchement du Plan 2, pour leur, je cite, "montrer à ces abrutis". Fabuleux, me dis-je. Cette série est formidable. Ce sont les personnages qui envoient le plan suivant. Ce sont eux qui font le montage. Ça n'est pas rien, quand même, hein ? J'essaie de me rappeler si ça arrive aussi dans les films de Duras, mais le temps presse. Furya sourit de son rictus sexuel, divin et fourbe. Superbe, la Furya, et tellement rigoureuse qu'elle dépasse le rang du simplement sexy pour devenir quelque chose de l'ordre du divin. Besogneuse, organisée, volontaire, elle n'est pas là pour revendiquer ni quémander, ni accéder à quelque chose de militairement plus haut. Elle trouve sa liberté dans la résolution de sa vocation : deuxième bras gauche (et gris) de la Hiérarchie. Chapeau !
 
Puis, c'est l'hommage au Maître. Un plan du Kosmosaur qui va, va, lentement mais sûrement. On n'entend rien que le moteur qui sourde, c'est majestueux, en approchant Analys. Au plan suivant, une armée de CRStressos garde fermement le palais. Quelque chose de grave doit se passer, pour qu'il y ait autant de figurants (une bonne douzaine). C’est toujours le silence. Paye ton Kubrick, avec 5 euros, 63 centimes, la classe ! Et l'angoisse aussi, car des indigènes font face aux soldats, silencieux eux aussi, les indigènes. Ça va chauffer, ça va être terrible. Tu la sens, la douleur qui monte ? Les indigènes ont un drapeau nazos (de nazi et stressos) entre les mains. On les a placés là, mais apparemment, ils n'aiment pas trop le pouvoir en place.
Roulement de tambour (des soldats stressos qui jouent du tambour sur une planète du XVème système solaire ! Quand même !). Un vaisseau arrive, je l'entends. Stupéfaction : ce n'est pas le Kosmausor, mais sa verticalité Galactique Golem XIII, le tyran en personne, qui s'apprête à atterrir près de son palais fait de larmes, de sang et de divers matériaux, humains compris, importés de force des quatre coins du Système.
Volkor ordonne que tout le monde lève son fanion ! Les soldats obligent la foule (encore 15 figurants, c'est sûrement un dimanche) à obéir. Dans la foule, à la dérobée, Ryu et Ayato déguisés en locaux de amor, et qui décident de partir. "On en reste pas là" dit Ryu. Ayato ne proteste même pas, contrairement à ses habitudes (du genre, "c'est l’occasion ou jamais de démonter le palais avec mon couteau suisse"), et c'est que l'heure doit être sacrément grave. Je commence vraiment à avoir peur. Discours de, je cite, "Golem XIIIème du nom", puis slogan Heil-heil de rigueur. C’est décidément bien triste et bien calme. Déjà trois minutes d'écoulées, et pas un rebondissement, même pas une centaine de plans. Ce n’est plus du Stanley Kubrick, c'est du Stanley Kwan !
Une voix délicieusement hors champs brise la lente mécanique. C’est Ryu : "Alors, qu'est-ce qui t'arrive, Volcor ? On dirait un cochon qu'on égorge." On peut reprocher plein de trucs à Ryu (son sourire, ses vêtements), mais on ne peut que saluer son sens de l'invective et de la métaphore. Volcor lève le regard (en disant : "qui a dit ça ?", quand même !), et là-haut, on découvre Ryu, habillé en Staros. "Je m'appelle Staros". Qu’est-ce que je disais... Mais il n'a pas le temps, pour une fois, de finir sa phrase car des soldats stressos s’empressent d'aller le déloger sur la corniche du palais, en hauteur donc, où il a pris place. Ce sera une cinématographie de la hauteur, des positionnements hiérarchiques et géographiques, comme certains disent de Renoir que c'est du cinéma du réel. Pas de doute. Tout ça, c'est du pensé. Un cinéma du réel qui, bien sûr, n'a pas démissionné et s'honore encore de fiction. En cela, SAN KU KAI est vraiment un cinéma populaire, me dis-je,  ce en quoi il ne prend pas le peuple d’en bas, mais vise haut au contraire, l'élève en même temps que lui-même (le film) s'élève. C'est ça, être populaire, me dis-je, Jean-Christophe A. avait raison : viser l'Elite ! Finalement, quand un artiste s'abaisse, c'est toujours un geste condescendant (le théâtre de rue, par exemple, pour ne pas parler QUE de cinéma, quelle horreur !). En étant condescendant (et en se proclamant "du peuple", ce qui est toujours suspect, car si la logique est bonne, on s'en fout d'où on parle), on présume du bas regard du peuple. C’est proprement scandaleux et nul. Les choses qui brillent au firmament, voilà ce qu’il faut, voilà ce que les gens voudraient, et voilà ce qu'un artiste véritable doit offrir. Dans cet épisode 10, donc, une réflexion sur le géographique et le symbolique, dans le film et sur le cinéma lui-même. Je pense que les Cahiers n'en parleront pas. Evidemment, il y a Renoir. Kubrick Vs Renoir. Vous choisissez qui ? Et plus important, les deux artistes auraient choisi quoi ?
 
Volcor fulmine, en pleine cérémonie, ce jour précis, c'est une insulte. Il lève le regard sur un balcon du palais, encore plus haut : le drapeau streSSos a été remplacé par un fabuleux et métaphoriquement sublime drapeau blanc ! J'adoooore. "Qui a fait ça ?" demande un Volcor à la ramasse et de moins en moins sobre.
Golem XIII reprend le haut-parleur du vaisseau et dit, très finement et avec une ironie qu'on ne lui connaissait pas : "Bravo Volcor ! Ce que tu m'as fait voir aujourd'hui est très intéressant ! Hahahahaha ! Hahahaha !" Et son vaisseau s'envole majestueux !
 
Plus tard à la cafétéria (je vous jure !). Ryu et Ayato discutent avec Kaméji le Bédouin Résistant. Ayato, petit clebs glapissant, se réjouit. Grâce au sabotage de la cérémonie stressos, c'est sûr, les gens vont reprendre espoir. Kaméji montre le peuple dans la rue d'un mouvement du menton (chin acting) et dit que, ben non, on ne dirait pas trop. Contrechamps sur la populace qui baisse la tête et traîne des pieds ! On ne peut plus compter sur leur résistance, les stressos leur ont fait trop peur, ils ont capitulé. Kaméji révèle alors, entre deux gorgées de diabolo citror, qu'il a décidé d'aller sur Terre pour chercher du soutien. Ryu rappelle l'épisode avec Vocéane, l'envoyée de la terre. "Elle ne t'avait pas laissé indifférent, hein Ayato ?". Zoom italien, cut, flashback sur le splendouillet plan d'adieu à travers le cockpit, ce champ / contrechamp de plusieurs centaines de kilomètres !
 
Tiens, encore un coup de voix-off. Connaissance du Monde : on apprend que la distance séparant la Terre de Gloria, le soleil du XVème système, est de 15 années lumières ! 1515 ! Facile à retenir, me dis-je. Et là, ça devient génial. Comme quoi, George Lucas a tout piqué. On voit Vocéane s'adresser au congrès de la terre. En fait, l'actrice parle devant une photo en transparence du parlement japonais ! Bizarrement, elle tourne le dos à son public pour nous faire un audacieux face caméra des familles ! Elle plaide tout ce qu'elle peut... Avec un petit zoom sur l'envoyée du dernier espoir (sans que la photo qui sert de fond ne bouge d'un poil, bien sûr !).
 
Sur le Kosmausor, Komenor est affolé et demande pardon à Golem XIII. En fait, il manque de tomber, et on comprend mieux pourquoi l'acteur était affolé (je rappelle que sur le tournage, on n’avait droit qu'à une prise, ce qui est très sage et très économique). Golem lui dit que, de toute façon, si les habitants du XVème système ont encore un peu d'énergie pour se battre, c'est parce qu'ils espèrent toujours une intervention salvatrice de la Terre (bien écrit le scénar', non ?). Komenor a compris, et va enchaîner au moins quatre mouvements de cape. La muleta est toujours aussi majestueuse et froufroutante. Ainsi, voici l'assignement secret de Komenor (allitération !) : détruire la terre ! D’où le titre. C’est bien foutu.
 
Koménor : « Nous allons construire le plus formidable vaisseau spatial qui ait jamais existé (mouvement de cape). Pour cela, il faut que tu me trouves le professeur Artenos (cape). Il dirige le Centre de Recherche Intersidéral (C.R.I., on je déconne, mouvement de Cape). »
Voilà le texte exact de l’ordre donné par Koménor à Furya, qui sur ce plan a l’air triste ou bien grave, mais toujours resplendissante de chair et d’os. Un simple et sobre « à tes ordres », et c’est parti.
 
À bord du San Ku Kai. Siman fume le cigare, ce qui est assez prodigieux vu l’incommodité de son masque. Ryu et Ayato discutent. Tu crois que Kaméji va faire ce long voyage vers la Terre ? Oui, il m’a l’air décidé. Il parait qu’un professeur sur Belda a les plans d’un vaisseau capable d’un tel voyage (ben voyons !). C’est le Professeur Artenos qui détient tous ces secrets, et il se trouve sur la planète Belda. Oui, oui.
Tiens, voici l’Azuris, le vaisseau  d’Eolia, qui arrive toujours à point nommé pour sauver nos héros d’un danger mortel, ou pour délivrer un aphorisme splendouillet. Elle les prévient des intentions de Golem XIII. Ayato remarque que la Terre est infranchissable pour le Kosmosaur, car protégée par un « écran » (qui projette des films français pour éloigner l’ennemi, sans doute !). Oui mais, objective Ryu (« objective » ?), de temps en temps, l’écran s’ouvre (les Straub, par exemple) pour laisser entrer les vaisseaux, et c’est là le danger. Eolia en rajoute : les stressos veulent enlever le professeur. Ayato comprend vite : avec le vaisseau du professeur Artenos, ils pourront franchir l’écran. [Je croyais personnellement que le vaisseau n’était qu’à l’état de plan… on verra sur place…]
 
Dans son bureau, Artenos le professeur est désespéré. Il ne tournera que dans un épisode, et en plus, l’Institut est détruit (gageons qu’il ne s’agisse pas de l’Institut Drahomira), et les stressos vont nous détruire. Les boules. La fifille du professeur (même âge qu’Anna, et même voix d’ailleurs) vient prévenir que quelqu’un a sonné à la porte. Oui, mais là, j’ai pas le temps, et en plus j’ai mal à la tête. Dis lui de revenir. TROP TARD !, résonne une voix de méchant-méchant. Une flaque de tapioca envahit le salon du professeur. La petite dit : "C’est comme si… On dirait… LA FLAQUE QUI PARLE !" Je reviens en arrière, par pure déontologie professionnelle. C’est bien ça. La Grosse Voix rajoute :  "Oui !" (comme quoi j’avais bien entendu !). La superbe plan d’une chute d’eau sur fond noir qui tombe, mais non en fait, remonte, horreur, dans un joli mouvement ralenti arrière. La Musique du Super-vilain retentit avec son sale petit synthé vicieux et chafouin. Se matérialise alors le vilain en question, en fait un mec avec une combinaison de plongée et des algues sur la tête. « Je suis Algor, l’homme de l’eau. Je suis un Ninjo. » Le professeur, aussi interloqué que nous, dit : « Un ninjo ? »
Gros plan sur Algor, qui de près fait vraiment peur avec sa combinaison bleu roi qui semble avoir fondu sous la puissance des plus puissantes radiations. "Je veux que tu me construises un vaisseau !" Le professeur ne veut pas travailler pour les stressos, alors Algor est contraint de dégainer sa grande épée et de la lui mettre sous la gorge. "Non, ne le tue pas !", crie la petite fille. Furya débarque des cintres, dans un superbe mouvement plané. "Vraiment ? Si tu ne travailles pas pour nous, je tue ta fille !" Au moins, les choses sont claires. Le sens de l’éthique du Professeur ne résiste pas longtemps. Plutôt que de se sacrifier en même temps que sa fille (enfin, sa fille seulement car les stressos, de toute façon, ne l’auraient jamais tué, il est bien trop précieux) et sauver ainsi des milliards de terriens, accepte cette jolie offre d’embauche. Algor se retransforme en flaque d’eau et disparaît avec le professeur, ce qui est, quand on y réfléchit, assez curieux.
Ryu et Ayato débarquent et lancent à Furya. "Lâche la petite tout de suite, ou on te corrige !" Grrrrrrr ! Mmmmmouais !!! C’est ça qu’on veut ! Mais Furya capitule et s’envole à nouveau dans le haut du champs. Là, Ryu et Ayato échangent quelques blagues gays et demandent son nom à la petite fille. "Clémonie" !!!!!!!!
 
Quelle horreur ! Déjà, Pélagie, c’est limite ! Bon, si elle se sort vivante de cette histoire, elle aura un bel avenir, un chouette lycée, une grande université privée que son père lui offrira, et tout le reste, mais ça, elle ne l’aura jamais : un prénom décent. Elle ne le sait pas encore, mais toute sa vie, elle traînera son prénom comme un boulet, et dès qu’elle entrera dans une pièce, les gens riront sous cape ou poufferont. Ils sont comme ça, les gens, ils pouffent. Et pour les garçons, ce n’est pas gagné non plus. Pour se faire  respecter, elle s’engagera comme Commandant dans l’armée stressos, faisant ainsi la honte de son père, et elle tuera par vengeance des centaines de villageois innocents. Voilà comment se développe la guerre… La petite fille, comme si ça n’était pas assez, a un gros accent du Guilvinec (cocasse petit port de pêche dans le Sud Finistère) : elle prononce "stressos" de la manière suivante. "Stresseusses". Décidément, pour elle, ce n’est pas gagné.
 
Comme de bien entendu, Ayato connaît l’existence d’une usine souterraine où le papa du professeur aurait pu être emmené… Mouais, un peu gros ça, non ?
 
Pendant ce temps, Alcor (la puissance industrielle au service de vos missiles sol-sol) emmène le professeur dans la dite usine, où le pauvre scientifique découvre avec horreur que le vaisseau est quasiment déjà construit. Volcor, qui était là assez opportunément, frime à mort. L’ancienne équipe d’ingénieurs que commandait le professeur avant les Événements vient à sa rencontre. Le professeur dit : "Ils vous ont obligés à travailler d’après mes plans ?"
Réponse terrible : non, non, on l’a fait parce qu’on le voulait. Mon dieu ! Quelle horreur, la guerre ! En fait, Volcor a fait un marché avec eux. Ils construisent le vaisseau, et ils pourront s’exiler sur la terre. Visiblement, on ne leur a pas tout dit, aux étourdis ! Le professeur leur explique que sa fille est entre les mains de Furya. Les ingénieurs se mettent à soupçonner que tout ça n’est pas clair. C’est beau, un ingénieur qui trouve.
 
Siman et Sidéro fouillent la base au-dessus de l’usine secrète, en vain. Tout d’un coup, une flaque d’eau apparaît : c’est Algor, bien sûr ! Ce dernier vomit de l’eau par sa trompe caudale, faisant apparaître à chaque gerbe quelques truffions stressos. Ça sent le combat !
 
Pendant ce temps-là, le professeur ne comprend pas ce que les stressos veulent faire sur Terre. Alors qu’Algor, deux scènes avant, avait pourtant hurlé qu’ils allaient la détruire. Licence poétique, disons. Un ingénieur lui fait remarquer qu’une des parties du vaisseau n’est pas sur le plan. Le professeur découvre avec horreur qu’il s’agit d’une bombe ! Une bombe ZX ! [Pourtant, moi, dans ma jeunesse, j’ai eu comme premier ordinateur un ZX81, et ce n’était pas une bombe, avec ses 1 Ko octets de mémoire et le petit magnéto pour charger les programmes (5 minutes pour 1 Ko de programme !). Licence Poétique, là aussi, je présume.]
 
Pendant ce temps, Staros et Le Fantôme (Ryu et Ayato), donnent un coup de main à Siman  et Sidero, en bien mauvaise posture avec les stressos.
 
Pendant ce temps, Volcor demande au professeur de faire décoller lui-même le vaisseau à la bombe ZX, car il n’a pas "l’habitude de piloter des vaisseaux intersolaires !"
 
Pendant ce temps, Ryu et Ayato mettent une raclée à Algor, qui meurt dans de grandes gerbes de sang vert, assez gore je trouve dans une série pour les enfants. Puis, un technicien déverse sur lui un extincteur à neige carbonique, puis la neige prend feu, puis il explose sans rien dire, puis il meurt.
 
Pendant ce temps-là, le professeur a déjà lancé le compte à rebours du lancement du vaisseau. Il en est exactement à 6. Ryu et Ayato débarquent dans la salle des machines (à 2, le temps de tuer des gardes). Ils apprennent  au Professeur que sa fille est saine et sauve. Le papa, ingénieux, arrête le compte à rebours, et Volcor l’exécute aussi sec ! [En fait, il le blesse.] Mais c’est trop tard pour nos héros, car le vaisseau décolle déjà.
 
J’avais oublié de vous dire un truc. Volcor, il y a environ cinq minutes, a tué un des ingénieurs, celui qui avait découvert la bombe ZX. Et bien, en fait, il est dans le vaisseau, et il agonise. Donc, il peut faire exploser le vaisseau. Ouf, la terre est sauvée, grâce au sacrifice qu’un ingénieur a fait et qu’un professeur papa, plus haut hiérarchiquement dans le laboratoire scientifique, n’a pas su faire.
C’est ça, la morale de cette histoire, les enfants. Elle est triste, elle pue le sang et la rancœur, mais elle est vraie.
 
Dans le San Ku Kai, Ayato et Ryu assistent l’affreuse petite Clémonie, scandaleusement (du point de la morale) vivante. En déposant des fleurs spatiales (voir épisode 1) dans le cosmos, elle adresse à celui qui s’est sacrifié pour sauver notre planète : "Dors en paix, toi qui nous a délivrés des monstres !" Encore une qui n’a rien compris, me dis-je ! C’était pas des Monstres, c’était des stressos, et ils sont encore là !
 
Voix-off : « Les terriens n'en savent rien, mais ils viennent d’échapper à la mort ! Comprendront-ils un jour qu’il faut envoyer des renforts dans le XVème système solaire ?» 
 
Et pan, dans la gueule, ami spectateur !
 
Générique. Applaudissements. On lève ses petites plaquettes.
 
Cosmiquement Vôtre,
 
Dr Devo.
 
Voici l'index des épisodes précédents, je répète, voici l'index des épisodes précédents
Episode 1 : Un vaisseau dans l'espace
Episode 2 : Les Ninjas
Episode 3 : L'envoyée de la Terre
Episode 4 : Le Camp
Episode 5 : L'école abandonnée
Episode 6 : Le Roi Golem
Episode 8: Du sang froid

Publié dans Lucarnus Magica

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Fab 12/10/2005 00:54

Algor a-t-il la même voix que Cyclotor ?

Episode XI : le ninja au trois visages. J'ai hâte...