AVATAR de James Cameron (USA-2009): Des petits êtres bleus, et tout est merveilleux !

Publié le par LJ Ghost et Dr Devo







blue guy devo
[Photo: "Délice, Domination, Détermination" par Dr Devo.]




 

 

La Terre est dans un piteux état, genre comme dans WALL-E mais en pire (de ce qu'on nous a dit, parce qu'on n'en sait rien, en fait), donc les humains font le tour des planètes environnantes pour trouver de la matière première histoire de pouvoir continuer à boire du Coca Zero. Ils atterrissent donc sur Pandora, qui est complètement fertile et luxuriante ; malheureusement, les indigènes qui vivent sur cette planète n'entendent pas donner leur maison au premier venu, et organisent une espèce de rébellion, les fous. Ces autochtones sont des Na'vis, de grands machins tout bleus et super minces, et ils sont coriaces les bougres. C'est pour cela que Sigourney Weaver décide de créer des "avatars": des être vivants de synthèse, mi-humains mi-Na'vis, qui serviront à aller espionner cette peuplade primitive aux idées un peu trop écologiques pour Giovanni Ribisi et Stephen Lang, qui vont essayer de les écraser de la manière la plus militaire et la plus expéditive possible. L'idée, c'est que les avatars sont des copies Na'vis d'humains, ils ont le même visage. C'est là qu'entre en scène Sam Worthington, alias Jake Sully, un Marine de l'année 2154 qui a perdu l'usage de ses jambes. Son frère était un über-scientifique, qui a aidé à créer les avatars et qui était supposé en piloter un. Sauf qu'il est mort, et donc, c'est qui qui va prendre sa place ? Pas Bruce Willis, non non, bien tenté, mais le petit Sammy. Il s'exécute donc le bougrinet, et il est tout content de retrouver l'usage de (ses) jambes. Il va rapidement tomber nez-à-nez avec Neyriti, jeune et jolie gigue bleue, qui s'avère être la fille du chef, et qui va rapidement accepter Sammy dans son clan parce qu'il semble avoir reçu un signe des dieux (des perce-neiges se sont posés sur les épaules de Sammy, ce qui est exceptionnel). Sammy va donc de plus en plus se plaire avec ses nouveaux copains, ce qui n'est pas vraiment du goût de Stephen Lang, qui lui préfèrerait leur péter la gueule avec une ogive nucléaire. Donc, ça se frite un peu entre les deux gros durs, et les Na'vis et Pandora sont au milieu...

 

 

Bon et bien voilà, il est enfin là le parpaing de James Cameron, l'homme de tous les records (enfin, de budget en tout cas). Je n'ai strictement aucun souvenir de ALIENS ni des TERMINATOR, mais ABYSS n'était pas trop mal il me semble, donc j'ai tendance à généralement ne pas mettre Jimbo dans la case des incompétents (même si, effectivement, vous avez raison, jeune fille en rouge au deuxième rang, il y a eu TITANIC...). Là, le garçon s'est dit "Bon, le gros bateau qui coule pendant quatre heures, c'est fait, qu'est-ce que je peux faire maintenant ? Si je créais de toute pièce une planète, ah oui, ce serait sympa. Et puis maintenant il me faut un défi technique à la hauteur de mes ambitions et de mon génie. Si je ressortais une technique des années 50 qui n'a jamais fonctionné, et que j'en faisais l'avancée technologique la plus rentable de l'histoire du cinéma ? Là, c'est sûr, je serai dans les livres ! Allez, c'est parti, je fais du cinéma en relief !". S'en est suivi une déferlante de louanges pré-visionnage et de rêves mouillés des cinéphiles de tout bord qui se caressaient la prostate à l'idée de la réapparition de la 3D ailleurs qu'au Futuroscope, ce dont on se fout quand même pas mal mais qui a fait dire quelque chose de très amusant à un focalien (dont l'identité m'échappe mais j'espère qu'il ou elle me pardonnera) lors de la grande réunion de la cérémonie de clôture du dernier festival de Cannes : "Ils n'ont qu'à ressortir SALO de Pasolini en 3D, comme ça on aurait vraiment l'impression de manger du caca". Mais parlons plutôt cinéma, maintenant.

 

 

Je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps, parce qu'à ce niveau-là de mon article je pense que c'est inutile, mais AVATAR n'est pas une révolution. C'est même tout l'inverse. AVATAR est la resucée exacte et précise d'absolument tout ce qui se fait dans le cinéma mainstream hollywoodien depuis, allez, vingt ou trente ans. Il y a les mêmes tics de mise en scène, la même structure narrative, les mêmes caractérisations de personnages que dans la majorité de ces films à grand spectacle. On est exactement au même niveau, pas tellement plus haut qu'un TITANIC par exemple, c'est la même chose. Donc, déjà, ça calme. Pour finir sur la 3D, comme ça c'est fait, puisque comme prédit c'est probablement la chose la moins intéressante du film (et il y a de la concurrence à ce niveau), elle n'est jamais utilisée de manière plus intelligente qu'en tant que gadget de luxe, qui n'apporte rien d'autre au film que l'impression de voir un joujou désincarné, vidé de sa substance pour au final n'avoir qu'un squelette vide de toute velléité de mise en scène. Dire que l'utilisation du relief tient de l'inutilité la plus totale serait trop faible, à tel point que je me disais fréquemment durant la projection que le film serait probablement meilleur en 2D. La faute à quoi ?, me demanderez-vous, et je vous répondrai aussi sec. En fait, ce sentiment d'immersion que l'on veut nous vendre à longueur de matraquage marketing ne fonctionne jamais. Il y a pourtant pas mal de tentatives pour faire aller le spectateur dans ce sens (comme cette très étrange caméra subjective lorsque les troupes descendent de l'hélico au début du film, qui se métamorphose rapidement en on ne sait pas trop quoi, probablement un personnage extérieur, le spectateur ?), mais, et je vous le demande le plus sérieusement du monde, comment voulez-vous vous immerger et vous identifier à des créatures bleues de deux mètres ? C'est là que je me dis qu'à la limite, la 3D serait bien plus intéressante pour les films de Ken Loach ! Bref, vouloir nous vendre une expérience de cinéma en expérience de vie à travers des personnages non seulement bleus de deux mètres, mais entièrement pixelisés, c'est un peu comme vouloir vendre du roquefort à un parfumeur. J'avoue ne jamais être tombé dans le panneau et avoir vécu tout le film "à l'extérieur", ce qui n'est pas une place si inconfortable que cela. Mais ce n'est pas tout, parce que cette 3D a aussi le pouvoir de rendre les scènes d'actions (encore plus) illisibles. Enfin, pas exactement, c'est même pire que cela. En fait, si vous voulez, dès qu'il y a un mouvement de caméra, tout ce sur quoi la mise au point n'est pas faite devient à peu près deux fois plus flou que lors d'un mouvement normal. En clair, dès que la caméra bouge, ça brouillonne de partout, et on ne comprend rapidement plus rien. Je vous laisse imaginer le résultat sur les scènes d'action endiablées à une image toutes les trois secondes. Niveau immersion, ce n'est pas vraiment ça, et esthétiquement ce n'est pas très beau. Rajoutons à cela une utilisation outrancière de la profondeur de champ (qui est, effectivement, impressionnante, mais hé, ce n'est que du pixel, ce n'est pas très compliqué non plus), qui ne sert pas à faire rejaillir quoique ce soit ou à mieux composer l'image, mais simplement à faire dire au spectateur "wouah, on voit super loin". Et puis bon, la profondeur de champ monstrueuse, ça existe depuis CITIZEN KANE, et Welles l'utilisait à des fins précises de mise en scène. Bref, ce sont quelques exemples qui me font dire que non, la 3D n'était pas indispensable à ce projet, bien au contraire. Et que l'intérêt du film ne vient absolument pas de cet aspect bien trop léger.

 

 

Il y a quelques petites intentions de mise en scène, mais rien de renversant. En fait, on voit la patte du réalisateur, sa contribution, si je puis dire, au film (en tout cas autre que le projet storyboardé et exécuté par des types derrière leur ordinateur), dans l'utilisation que fait Cameron des focales. Il aurait pu utiliser son immense et monstrueuse profondeur de champ tout le film, et ainsi en mettre plein les yeux constamment, mais il décide parfois de se reposer et de revenir à des formes plus « classiques » d'images en intégrant ici et là une longue focale, à la zone de netteté assez faible, qui n'a donc rien à voir avec la mise au point (qui est source d'un peu de jeu mais rien de plus que dans d'autres films) mais avec la perception du spectateur. On sent tout de suite cette longue focale, et il ne l'utilise bien évidemment (pas uniquement, mais le plus souvent) que lorsqu'il a affaire à de vrais acteurs. Le résultat n'est pas très beau, mais a le mérite de remettre le film sur des traces moins gargantuesques, et replace un peu de point de vue à l'intérieur de cette démonstration technologique.

 

 

A part ça, comme il a été écrit un peu partout, le scénario est d'une stupidité assez déconcertante, entre le message écolo-new age et la bluette de rigueur, genre de Pocahontas chez les Masaï bleus, avec le gentil colon qui va découvrir la condition des indigènes et prendre leur défense contre les méchants envahisseurs, qui étaient ses copains quinze minutes avant. Il n'y a pas franchement d'aspérités ni de saillies, on a déjà vu ce scénario cent fois auparavant, et même si détruire une forêt pour la sauver me semble un peu idiot, je peux avoir tort et auquel cas je ferai mon mea culpa. Non seulement au niveau thématique ça ne vole pas très haut, mais en plus l'exécution de cette structure simple est assez foirée, il n'y a qu'à voir l'ignoble exposition avec cette voix-off didactique au possible et les enjeux du film tellement bien expliqués par les différents personnages que tout ce qu'il manque, c'est un regard caméra. Petite chose amusante : lorsque Sammy et Neyritia marchent dans la forêt de Pandora, le sol s'allume à chacun de leur pas, comme dans le clip de Billie Jean de Michael Jackson. Il fallait quand même le préciser. Ca me paraissait important. Sinon, RAS mon général, les acteurs font ce qu'ils peuvent mais sont complètement desservis par des personnages traités à l'emporte-pièce et écrits à la truelle (Ribisi et Stephen Lang en tête), et même si la petite Zoe Saldana (que vous avez pu voir dans le STAR TREK de J.J. Abrams, apparemment) semble très charmante en bleu, on a surtout envie de voir à quoi elle ressemble en vrai. Je n'ose pas parler de photographie parce qu'il n'y en a pas, ou peu, ni de montage, qui s'évertue le plus possible à suivre les traces du scénario sans chercher à le contrebalancer ni à l'ouvrir de quelle sorte que ce soit, je préfère donc me taire et parler de la majesté de la réalisation et de la profondeur thématique d'AVATAR. Ah non, c'est pas ça.

 

 

Au final, la révolution n'a pas eu lieu. Nous sommes au même endroit, avec les mêmes gens, à voir la même chose que nos grands parents. Mais attention, le résultat n'est pas infamant, ni scandaleux. Il pourrait se rapprocher de l'indifférence la plus polie et la plus respectueuse. C'est un film pop-corn, et ce n'est pas particulièrement négatif, pas du tout même, ça a le mérite d'exister. Peut-être suis-je blasé et devrais-je m'insurger contre AVATAR, mais non, même pas, je choisis de dire moui, bon. Si vous voulez. Ce n'est pas franchement pour moi, mais si vous voulez. Ca ou autre chose, de toute façon, quelle différence. Tout cela est interchangeable.


Si la notion de "film Téfal" a été portée à mon attention par un ami critique, j'ose à présent, et pour parler d'un film aussi "novateur" qu'AVATAR, voyez l'ironie, créer la notion de "film Werther's Original". Comme celui que mon grand-père me donnait quand j'étais petit.

 


LJ Ghost.







Et bien moi, je serai plus sévère. AVATAR n'est pas un bon gros block-buster malin, comme pouvait l'être celui d'un réalisateur de la même trempe comme John McTiernan, qui a fait aussi des bons et des mauvais films, à savoir LAST ACTION HERO!

 

AVATAR vise le fan d'heroic-fantasy (cf. le design général) âgé, au mieux, de 12 ans. Personnages secondaires stupidissimes, personnages principaux fadasses, enjeux éculés et prévisibles utilisés sans aucune volonté de variation, et des tonnes de pillages/clin d'œil grossiers. Grosso modo, AVATAR est du cinéma bariolé, technologiquement monstrueux (mais LJ  a raison de dire que les mouvements qui vont dans le même sens que les déplacements latéraux sont ratés). Tournés quasiment qu'en fond vert, le défi de faire cohabiter prises de vues réelles  et effets spéciaux entièrement artificiels est largement raté, pusique Cameron évite la plupart du temps la question (cf. la scène de l'éveil). Au final, si une dizaine de plans donnent l'idée de ce qu'aurait pu être ce film, la réalisation est tellement plate, sent tellement le brain-storming d'une équipe qui a l'air, de loin, vue de chez moi, déjà contaminée par des travaux précédents en films d'animation, l'utilisation du montage est si médiocre et sans personnalité, les axes sont tellement inutilisés, que cette immense bande-démo pour les professionnels de l'animation est fade comme un jour sans pain.

 

Sur le fond, c'est la catastrophe, bien sûr. Qu'on utilise des personnages carrés, voire obtus, ne me pose aucun problème, et ça TERMINATOR par exemple le faisait très bien. Mais, les 352,873 personnes ayant travaillé sur ce film ont-elles déjà vu un bon slasher par exemple. BLACK CHRISTMAS, tiens, puisque c'est Noël ! Ou un survival ? DETOUR MORTEL, par exemple, est, sur le papier, la chose la moins originale possible. Les personnages sont archi-connus. Et pourtant, on finit par s'écarter du chemin initial pour faire advenir quelque chose d'un peu personnel. Ici, rien. Quand Michael Bay ou Roland Emmerich se lanceront à la suite de Cameron, ils se feront descendre au nom de la lutte contre le cinéma surgelé. Mais, dans le fond c'est la même chose. Ici, il s'agit de post-post-colonnialisme moralisateur, où on nous explique que "les Bleus sont des humains comme les autres" (j'adooooooore la stupidissime charactérisation africaine des extra-terrestres, c'est très splendouillet), que faire la guerre c'est mal. Et j'oubliais le pompon : le moralisme écologiste qui, en fait, est de la poudre aux yeux pour faire passer ds choses encore plus contestables. Le cyberespace 3.0, ce sont les plantes et la nature (on se branche dessus en USB, un peu sur le mode EXISTENZ !). Les peuples sont élus ! La hiérachie est religieuse et héréditaire. Le nouveau-né doit prouver qu'il fait parti du clan. Le destin nous contrôle. Et Dieu est dans la biologie.  En nous donnant la main, nous ne formons plus qu'un ! L'individu n'existe pas. Vite, sortons nos flambeaux et allons célébrer Gaïa ! Et évidement, la femme sauvera l'homme. N'en jetez plus!

 

AVATAR est stupide, et qu'on puisse exalter des valeurs comme celles-ci me laisse largement perplexe.

 

Enfin, un mot sur les acteurs, vraiment pas bons, complètement paumés, souvent supplantés par la gimmickasition typiques des longs-métrages d'animation. Parmi eux, l'affreuse héroïne, insupportable personnage, très desservi, et c'est un exploit, par une actrice ignoblissime comme je n'en avais pas vu depuis longtemps.

 

Cameron n'a pas fait le service minimum. N'a jamais essayé de faire des ruptures ou de développer les énormes moyens mis à sa disposition (si, une fois, un décrochage chromatique dans la scène de la pluie de cendres). Encore plus, il n'a jamais essayé, ne serait-ce qu'essayer, de livrer un truc un peu personnel. Ce type est perdu, en fait. Et AVATAR représente absolument tout ce qui est détestable dans le pire cinéma industriel hollywoodien.

 

Gardez vos sous, et arrêtez de nourrir le cochon. Joyeux Noël.

 

 

Dr Devo









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Si la notion de « film Téfal » a été portée à mon attention par un ami critique, j'ose à présent, et pour parler d'un film aussi « novateur » qu'AVATAR, voyez l'ironie, créer la notion de « film Werther's Original ». Comme celui que mon grand-père me donnait quand j'étais petit.

Publié dans Corpus Filmi

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Foxart 08/02/2010 12:23


Par ailleurs, Pocahontas, c'est aussi l'extraordinaire -  bien que très écolo-New-age ;-)  - "Le Nouveau monde" de Terrence Malick...

Et Avatar est tout de même bien loin de l'incroyable navet de Disney, ou alors, revoyez le, le Disney, juste pour juger de la comparaison un poil exagérée...

PS:
La "petite" phrase sur Salo et la 3D est une GRANDE phrase !!!


Foxart 08/02/2010 12:19


Je l'ai vu hier et le moins qu'on puisse dire c'est que je trouve ta description de l'inutilité - et de la merdicité ! - de la 3D pour le moins pertinente et très richement argumentée...
Nous avons également passé toute la projection à regretter de n'avoir pas vu le film en 2D tant ce gadget épuisant et moche nous a gavé...

Par contre, je ne partage pas ton cynisme concernant "l'ecologisme new-age" (ça veut dire quoi, au juste, encore une formule toute faite, aussi con - sorry ! ;-) - que le "new age" lui-même, il me
semble ?)
C'est quoi le problème avec l'écologie ? C'est pas cool, trop mainstream, pas assez indie, pas à fond dans le politiquement incorrect ? ça m'agace toujours quand on veut lier "ecologie" à "new-age"
comme si l'écologie était une forme de religion teintée de baba coolisme bobo...
Alors, par exemple, l'Animisme ou le Panthéisme de certaines tribus africaines, amérindiennes, aborigènes d'Australie, Papoues ou sud américaines serait-il "écolo New-Age" sans le savoir ?
S'ils avaient déposé le terme New Age en temps et en heure, ils se seraient donc fait des couilles en or ?!
Car c'est quand même plutôt ça le propos du film: les pires génocides fascistes, colonialiste, culturels de l'Histoire de l'humanité... Non ?
Et evidemment, la destruction irreversible de la nature... mais ça c'est juste un enfonçage de porte ouverte, pas un cliché New age...
Alors on peut lui reprocher plein d'autres choses, certes, ce film est sans doute un des moins bons de Cameron... mais ton article est trop bon - lui - pour y aller de ce genre de formule toutes
faites, ni très appropriées, ni très pertinentes... à mon humble avis

Encore moins d'accord, aussi, concernant Titanic qui est tout sauf un film sur un gros bateau qui coule pendant 4 heures...
Et ce coté hollywoodien mainstream, hyper codifié, me parait même pour le coup, être une forme de subversion assez maligne concernant Titanic... concernant la lutte des classes, l'exploitation de
l'homme par l'homme, l'accès elitiste à la culture, etc...
Pour le coup je suis beaucoup plus fan de Titanic (malgré Céline Dion !) que de Terminator ou Abyss...

bon, v'la, quoi...


Guile21 30/01/2010 15:19


Paradoxe quand tu nous tiens.
Je suis bien plus indulgent que vous dans le jugement que je porte au film. Peut être est-ce mon coté papa poule qui trouve toujours des qualités au vilain petit canard ? Je me rapprocherai plus de
l'idée de LJ Ghost, comme quoi le film est parfaitement interchangeable avec d'autres du même type, et j'approuve même la comparaison (un rien rentre dedans) avec les innénarrables Bay et Emmerich.
Avatar n'est pas la révolution tant attendue effectivement, et chaque point debattu est parfaitement moyen (sinon mediocre) : technique, scénaristique, cinematographique, etc...

Pourtant j'ai passé un bon moment. Un vide crâne bien calibré, mauvais pour la santé, aussi gras et peu nourrissant qu'un McDo, mais un plaisir coupable que l'on avouera jamais à Jean Pierre Coffe.
Le relief, s'il est un beau gadget, a au moins la décence de ne pas nous faire sauter 5000 trucs à la gueule pour un oui ou pour un non (Destination finale 4 en triste exemple). Essayer
de rendre l'univers palpable (ou immersif) est un ratage, mais le "gadget" pour l'occasion voit tout de même sa meilleure utilisation depuis sa création (pas de complexes à jouer avec la focale,
profondeurs de champs sympathiques, notamment lors des plongées).

Et pour les scènes d'action, je partage l'avis de LJ Ghost... mais qu'à moitié. Certes la première scène d'action avec le gros matou est une catastrophe, illisible et brouillon (avec des effets de
ralenti tout sauf agreables, même pas reposants). Les suivantes ne volent pas haut non plus... mais j'ai remarqué que la finesse gagne sur la brutalité au fil de la progression de l'histoire. Peut
être l'ai-je révé, mais lors du passage rituel de la monture ailée, On a une dichotomie nette entre Sully qui ne sait pas manier sa bestiole, et sa copine qui elle pars comme une fleur. La camera
se place et suis les mouvements en conséquence. Alors peut être les scènes d'action "maladroites" seraient le fait d'un Sully peu habitué à son corps, quand lors qu'il
l'habite complètement, la mise en scène devient plus souple, ou en tout cas carrément moins bouillonnante. A verifier.

Mais mon souci majeur avec ce film vient en fait du montage général et notamment de ses ellipses trés destabilisantes. Qu'un deus ex machina survienne à la fin (le fameux chamboulement de
la hierarchie en question) pourrait à la limite passer... mais faire se jouer cet enjeu dans une ellipse consequente, ça tient presque du foutage de gueule.

J'avais apprécié Titanic pour le travail d'equilibriste que Cameron avait travaillé, entre amour, thematique, catastrophe et action. Ici le desequilibre est de mise et son affrontement eternel
entre technologie et nature en devient plus brut de decoffrage, moins subtil (honettement, qui a cru à cette histoire d'amour ? encore des ellipses ?).

Alors oui j'ai aimé Avatar, comme je peux aimer un Emmerich et un Bay, comme un papa poule qui aime son enfant le plus mal formé... mais c'est vrai que venant du film qui devait faire l'unanimité,
c'est un peu juste. 


Beurk 16/01/2010 11:20


Ah mais comment diable Cameron a-t-il réussi à remplir les salles alors que la scène de sexe a été coupé ?

Si le sexe vous fait dire Beurk je crains que vous n'ayez pas beaucoup de descendants, c'est dommage.

Par contre dans d'autres films le sexe ne pose pas de problème étrange...

Beurk.


Roxanne 13/01/2010 03:07


Je suis allée le voir en 2D, avec ma mère-grand qui a trouvé le film "Quand même un peu bizarre"... Paraît que pour bien vendre le DVD, Cameron y mettra le version-longue-non-censurée de la
sex-scène entre grands schtroumphs... Beurk.