BON CHIC MAUVAIS GENRE #11 (Spécial Théma QUE FAIT LA PEAU LISSE ?): des femmes, du polar et un peu de cochon !

Publié le par Dr Devo

Chers Focaliens,

 

Pour ceux qui nous rejoindrait en cours d'émission, rappelons les faits. Tous les premiers vendredi du mois, au cinéma Majestic de Lille a lieu une  soirée BON CHIC MAUVAIS GENRE consacrée aux films de genre et/ou au cinéma rock 'n' roll qui dépote. Un double programme honteusement bon marché, programmé par les projectionnistes du Majestic en collaboration  avec l'association formidouble PLAN-SEQUENCE (qui lors de son dernier festival à Arras, il y a deux semaines a programmé des choses hallucinantes, on y reviendra) et Matière Focale. La soirée sera présentée par votre serviteur et Mr Mifune. Ce vendredi 3 Décembre, attention, les yeux, y 'a du chef-d'oeuvre, du polar et des femmes! Enjoy!

 

Dr Devo.

 

 

BCMG 11-2 V1

[Affiche réalisée par John Mek-Ouyes et Dr Devo. L'auteur du jeu de mot tient à rester anonyme...]

 

 

 

Alors comme ça, on dit qu'on défend le cinéma de genre et/ou méconnu, et on ne passe jamais de thriller ? Il aura  fallu attendre cette 11éme édition de BCMG pour que les projectionnistes du Majestic (programmateurs de cette double séance) nous proposent enfin une soirée polar implacable, plus particulièrement consacrée aux femmes !  Voilà qui valait l'attente, car les 2 films choisis, très différents l'un de l'autre, sont tout bonnement magnifiques. D'un côté, l'élégance et la maîtrise de McGehee et Siegel avec BLEU PROFOND, et de l'autre un De Palma déjanté et baroque: PULSIONS. Une re-découverte et un classique, et peut-être une des plus belles soirées BCMG de l'année...
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[Photo: Bah ouais, les p'tits gars, avec McGehee et Siegel, c'est pas du pauvre Ronron de base qu'on vous donne, mais du Sheba pour les chats les plus exigeants. Alors, ça va cadrer sa maman, ça va minimaxer à fond la direction artistique, bref ça va bosser comme un album d'Astérix. Là c'est flou, mais en plus, à gauche il y a du beau mec (qui ne joue pas vilain, d'ailleurs) et à droite Tilda Swinton, qui, comme Mamie avec les prouts, écrase tout le monde, et encore les doigts dans le nez, en chantant le Vol du Bourdon. Si ça vous fait pas frissonner de plaisir et pleurer de joie, je me coupe une phalange.]

19H30 : BLEU PROFOND (The Deep End). Film de Scott McGehee et David Siegel (USA-2001). V.O.s.t.f. Durée: 1h41mn.
Avec Tilda Swinton, Goran Visnjic, Jonathan Tucker, Peter Donat, Raymond Barry. 
Sur les rives tranquilles du lac Tahoe, Margaret, dont le mari, militaire, est souvent absent, se consacre entièrement à ses enfants.. C'est presque par hasard qu'elle découvre que son fils de 17 ans a un amant plus âgé. Margaret décide de rencontrer ce dernier afin de l'éloigner de son fils, mais le lendemain, elle découvre le cadavre de cet homme au bord du lac. Craignant que son fils soit soupçonné de meurtre, elle décide, seule, de se débarrasser du corps. C'est le début d'un engrenage surprenant...

Injustement oublié du public et de la critique, McGehee et Siegel sont pourtant, sans aucun doute, les deux réalisateurs indépendants les plus passionnants. Film épuré mais lyrique, BLEU PROFOND fait affleurer à la surface les sentiments les plus forts (et parfois les plus sombres) avec une force remarquable. Thriller teinté de mélo, reprenant la trame du film de Max Ophüls  LES DESEMPARES, ce film, jamais pleurnichard ou gnian-gnian, étonne pas sa maîtrise remarquable du rythme, et par une mise en scène pointilleuse mais inspirée dont l'élégance surprend à chaque instant. Tilda Swinton (égérie du génial Derek Jarman et une des toutes meilleures actrices vivantes) y trouve sans doute son meilleur rôle et apporte une puissance inouïe à l'ensemble. L'air de rien, l'angoisse s'installe, distille son poison en révélant le courage et la solitude poignante d'une femme plongée dans un univers inconnu… 
redtilda
[Photo: là, mes poussins, je vous le garantis, cette scène, elle va vous renverser de plaisir...]
dressed to devo
[Photo: Ha bah oui, BON CHIC MAUVAIS GENRE, c'est un peu comme au Macumba Discothéque, s'il y a deux salles, c'est parce qu'il y a deux ambiances. Sur cette diapositive, on voir parfaitement bien qu'on est passé en mode foufou. De Palma est bien en forme et vous concocté la pizza du chef avec tous les ingrédients dessus, dont celui-ci qu'on affectionne particulièrement à BCMG, le psychopathe inconnu avec rasoir super-affuté... Un must-have pour les Happy Fews...]
21H30 : PULSIONS. Film de Brian De Palma (USA-1980). V.O.s.t.f.  Durée : 1h45mn. Interdit aux moins de 16 ans
Avec Angie Dickinson, Michael Caine, Nancy Allen, Keith Gordon, Dennis Franz, David Margulies.
Kate Miller (Angie Dickinson), mère d’un garçon bidouilleur en électronique, est sexuellement frustrée : son époux est mauvais au lit. Elle en parle à son psychiatre, le Dr Elliott (Michael Caine), qui la rassure sur son pouvoir de séduction. Elle se rend ensuite dans un musée, où elle rencontre un homme qui sera son amant d’une nuit. Mais au petit matin, c'est l'horreur : tandis que son amant dort, elle découvre dans le tiroir de son bureau des résultats d’analyses médicales indiquant que son Don Juan est porteur de la syphilis ! Affolée, elle quitte l’appartement, prend l’ascenseur, descend les étages, puis les remonte en s’apercevant qu’elle a oublié sa bague. Les portes de l’ascenseur s’ouvrent… Devant Kate Miller apparaît alors une femme blonde portant un ciré et des lunettes noires, un rasoir à la main !

Avec PULSIONS, De Palma continue de travailler ses thèmes et formes de prédilection : voyeurisme, adultère, frustration, envolées lyriques, Hitchcock, split-screens, plan séquences… Il en sort un polar déroutant, très sexualisé, dans lequel on se perd avec délectation. Véritable confusion des genres, tant sur la forme que sur le fond, le film mélange avec virtuosité dans un jeu de faux-semblant, un thriller tendu, une bluette savoureusement kitsch, de l’érotisme mélancolique, de l’outrance, du suspense, de l’humour pour mieux perdre et surprendre ses personnages. Et nous avec ! Hommage vénéneux à Hitchcock, c’est également un pied de nez aux institutions (famille, psychiatrie, police…) où les hommes semblent dépassés par la situation et tendrement moqués, notamment les italo-américains. Beau travail sur l’image et sa pseudo-vérité, une constante chez De Palma, servi par la musique du fidèle Pino Donaggio, ce film mal-aimé recèle pourtant des scènes d’anthologie et mérite d’être(re)découvert.
Réservations conseillées (on a refusé du monde la dernière fois!) et possibles dès le Mardi 30 Novembre à la caisse du Cinéma Le Majestic. Soirée proposée par Plan-Séquence et le site Matière Focale.com.

On peut inviter ses amis Facebook à l'événement: c'est prévu et c'est ici !
Retrouvez Matière Focale sur Facebook .  



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Publié dans Mon Général

Commenter cet article

Dr Devo 25/11/2010 22:31



Ou Sigismund, tout à fait d'accord avec toi. A l'heure des merdouilles estampillées "sundance" il fait bon de voir et revoir du McGehee/Siegel, et coir comment ils ont été mal copié. Ceci dit,
même si je suis profondément bouleversé par BLEU PROFOND, si j'avais retrouvé la copie, on se serait passé SUTURE... 


 


Quant à McGEhee et Siegel, vaguement défendu par la critique normal et très défendu par la movance starfix/cinéphage, ils continuent de tourner, sauf  que leur dernier film n'est pas
distribué, encore une fois... Tristesse... 


 


 


Sinon, on peut se reporter sur ce meme site à la critique que je fis de leur seul film de studio: LES MOTS RETROUVES. Un film où Juliette Binoche, dont pourtant je ne suis pas fan, a, soyons honnête, un putain de super
méga rôle.


Ces deux mecs sont supers, et très au-dessus de la mêlée. J'ai envie de les adpoter.


 


Dr Devo.



sigismund 25/11/2010 16:56



c'est vraiment des veinards les Lillois !


je rejoins tout à fait votre opinion à propos de Mc Geehee et son acolyte, qui avait livré auparavant l'excellent 'Suture'...'Bleu profond' est non seulement d'une virtuosité ahurissante mais
également d'une justesse invraisemblable, un portrait de femme assez sublime doublé d' une peinture des relations parents-enfants d'une préçision rarement égalée pour un film de genre...