BON CHIC MAUVAIS GENRE #34 : Spécial FRANCE DE L'ETRANGE

Publié le par Pete Pendulum

BCMG_34_Poster-devo.png[Affiche réalisée par Lammakian Samsenesena. Cliquer pour agrandir.]

 

 

 

 

BON CHIC MAUVAIS GENRE, votre soirée double-programme – enrichie en fibres et en minéraux par les projectionnistes du cinéma Majestic de Lille, en collaboration avec l'association Plan-Séquence et Matière Focale.com – se la joue chauvine et vous propose d’explorer, ce vendredi 8 février, les terres de mystère du cinéma français, avec deux films fleuretant avec l’absurde et l’érotisme.

 

 

 

 


 

 

[Allez, hop, un petit extrait de merci la vie. Attention: ça cadre, ca éclaire et ça monte sévère ! On notera la musique  de Philip Glass qui ne gâche rien.]


 


19H15 : MERCI LA VIE. Un film de BERTRAND BLIER. France – 1991. Durée : 117 minutes. Copie 35mm.

Avec : Charlotte Gainsbourg, Anouk Grinberg, Michel Blanc, Jean Carmet, Annie Girardot, Catherine Jacob, Jean Louis Trintignant, Gérard Depardieu, Thierry Frémont, Yves Renier…


Allez, hop, un petit extrait de merci la vie. Attention: ça cadra, ca éclaire et ça monte sévère ! On notera la musique  de Philip Glass qui ne gâche rien.]Deux jeunes filles se rencontrent sur une route. L'une pousse un chariot de supermarché surmonté d'un goéland, l'autre, en robe de mariée, vient d'être battue puis abandonnée par un homme. Désormais amies, elles vont vivre des aventures rocambolesques.


« Elle est arrivée par la gauche, côté Porte de Clermont, et elle est venu s’immobiliser frileusement devant les lumières de ma vitrine… ».Un film de Bertrand Blier est toujours une expérience étrange et poétique. Le réalisateur des VALSEUSES et de PREPAREZ VOS MOUCHOIRS a donné avec MERCI LA VIE un film déroutant et que le public n’a jamais su appréhender. Les nominations ont eu beau pleuvoir, aucun prix n’a été reçu (sauf un césar du meilleur second rôle pour Jean Carmet), et aujourd’hui même pour les fans du réalisateur, MERCI LA VIE est vu comme un spectacle lourdingue et vain. C'est pourtant l'exact contraire et c’est oublier que Blier, à travers le prisme de l’absurde traite de sujets sombres, associant le souvenir de l’occupation à la crainte grandissante du SIDA, mélangeant les époques dans un anti-vaudeville acerbe et bouleversant. La construction du film et sa narration particulière par les acteurs eux-mêmes en train de jouer leurs rôles, le rend d’autant plus passionnant que le casting très riche est tout à fait excellent, en particulier Anouk Grinberg qui joue à fleur de peau son rôle de "mariée". En dehors de son propos et du jugement que l’on peut avoir sur la démarche du réalisateur qui signe sans doute ici son plus grand film, MERCI LA VIE aligne de pur moments de poésie baignés dans la noirceur sourde d’un récit dépressif, deux éléments restés malheureusement trop longtemps occultés par ce que l’on pense toujours avoir décelé en premier lieu chez Blier : un imposant majeur levé vers la critique.

 

 

 

 

 

 

 

robbe.jpg[Pas d'extraits pour LE JEU AVEC LE FEU. Mais une belle photo avec la sublime Anicée Alvina et  un Philippe Noiret qu'on ne connaissait pas comme ça !]

 

 


21H40 : LE JEU AVEC LE FEU. Un film d’ALAIN ROBBE-GRILLET. France-Italie – 1974. Durée : 101 minutes. Interdit aux moins de 16 ans. Copie 35mm.


Avec : Philippe Noiret, Jean Louis Trintignant, Anicée Alvina, Sylvia Kristel, Agostina Belli, Vernon Dobtcheff.


Georges De Saxe, riche banquier corrompu craint que l’on cherche à kidnapper sa fille Carolina, qu’il décide, sur les conseils de Franz, un détective privé, de mettre en sureté dans une maison d’un genre particulier. Pourquoi ? Qui ? Où ? Comment ? Et dans quel sens ? Autant de questions qui vous tiendront en haleine jusqu’à l’éclairage final.

 

Qu’il est innocent ce JEU AVEC LE FEU du réalisateur de GLISSEMENTS PROGRESSIFS DU PLAISIR  et LA BELLE CAPTIVE, qui nous rend ici une copie bunuelienne en diable qui décevra peut-être ceux qui s’attendent à entendre claquer le fouet se rappelant les fantasmes sadomasochistes de Robbe-Grillet. Apprécier un Robbe-Grillet est malheureusement devenu un exercice et pas un exercice facile, ces films n'étant quasiment plus jamais montrés en salle. Mais à tous ceux qui auraient peur des considérations philosophiques et intellectuelles qu’un tel nom semble imposer (encore une fausse réputation!), ils pourront se réfugier dans l’humour décalé et pour le coup réellement absurde des situations. L’érotisme ici n’est affaire que de potentialité et les meilleures scènes du film, dans le domaine, sont celles que le spectateur imaginera pour lui seul. L’esthétique est tournée vers un bon chic excessif, mais le reste du film fond dans le mauvais genre total, exposant le charme vicié de la bourgeoisie. Robbe-Grillet dénude ses actrices dans un semblant de perversion qui ne trouve de raison nulle part, et impose à ses acteurs des dialogues qui ignorent (apparement) toute logique. Si la staticité glaciale de l’ensemble a quelque chose d’angoissant, c’est bien que Robbe-Grillet a su saisir du même coup la vie et la mort, le geste érotique et l’immobilité sépulcrale. Notons enfin l'extrême beauté des cadrages, du son et du montage qui donne toute sa saveur et son énergie à ce grand film au casting parfait. Drôle, absurde, bourgeois mais punk, voilà une bonne occasion de voir ce film qui en passe plus jamais en salle !

 

 

 


Pete Pendulum

 

 

 

 

 

 

Dress-code  de la soirée (1 DVD à gagner pour le meilleur déguisement !) : Filles perdue, mauvais garçon, goêland, médecin, résistant, soldat, flic véreux, banquier, prostituée, gangsters, cheval, pin-up, richissime bourgeois(e), détective privé  ou spectateur du Majestic.

 

 

 

Réservations fortement conseillées : possibles dés à présent à la caisse du Cinéma Le Majestic. Soirée proposée par Plan-Séquence et  le site Matière Focale.com.

 

 

Vous pouvez inviter vos amis à cette soirée, via la page Facebook qui lui est consacrée: cliquez ici !

 

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Publié dans Mon Général

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