BON CHIC MAUVAIS GENRE #36 : Théma "Totale Sauvagerie !"

Publié le par Pete Pendulum et Dr Devo

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[Affiche réalisée par Lammakian Samsenesena. Cliquer pour agrandir.]

 

 

BON CHIC MAUVAIS GENRE, votre soirée double-programme – mitonnée en cuisine par les projectionnistes du Majestic, en collaboration avec Matière Focale.com et l'association Plan-Séquence - vous propose pour cette 36èmede sonder des abîmes de la sauvagerie, qui se cache bien souvent derrière des atours séduisants, et par là de redécouvrir un chef-d’œuvre de Peter Greenaway qui comme Hellen Mirren n’a pas pris une ride, et de découvrir probablement, si le DVD ne vous a pas fait les yeux doux, l’inédit en salle RED STATE du larron Kevin Smith. Marier Greenaway et Smith le temps d’une soirée, vous vous dites, il fallait oser, eh oui, sauvages on vous dit !

 

19H15 : LE CUISINIER, LE VOLEUR, SA FEMME ET SON AMANT (THE COOK, THE THIEF, HIS WIFE AND HER LOVER) de PETER GREENAWAY.

France/UK. 1989. V.O sous-titrée. Durée :124 min. Projeté en 35mm. Interdits aux moins de 12 ans.

Avec : Richard Bohringer, Michael Gambon, Hellen Mirren, Allan Howard, Ciaran Hinds…

Albert Spica, gangster anglais d’opérette a fait du restaurant Le Hollandais son repaire. Un soir, alors qu’il force sa femme Georgina à l’accompagner lui et sa bande à dîner, cette dernière remarque un client du restaurant plongé dans un livre. Sous le nez de son époux, elle en fait son amant, et avec la complicité du chef Borst, ils se retrouvent aussi souvent qu’ils le peuvent dans tous les coins du restaurant…

Voilà probablement un film qui risque d’en dérouter plus d’un, car si Greenaway signe ici probablement son film le plus raffiné et élégant, il signe du même coup l’une de ses œuvres les plus choquantes, violentes, voire scatologiques. C’est dans cet écart de ton et de forme que Greenaway insert une note issue de la tragédie grecque, avec les rencontres secrètes de Georgina (Hellen Mirren) et Michael (Allan Howard), et pousse à son paroxysme un romantisme déviant qui ne trouvera plus jamais une si grande place que dans ce ballet sublime mêlant le vaudeville à l’horreur. Car il s’agit bien d‘horreur, lorsque à l’issue funeste du métrage, l’un des protagonistes est forcé de s’adonner, dans le délicat décorum d’un restaurant de luxe aux éclairages tamisés, à l’impensable, un impensable qu’on pensait réserver aux heures glorieuses du bis italien. Ajoutez à ce discours acide, le velouté d’un casting époustouflant (Ne reculez pas au nom de Bohringer, il est parfait), d’une mise en scène furieusement baroque, et d’une musique composée par le grand Michael Nyman, dont le Memorial final risque de vous hanter pour longtemps. Préparez-vous, il s’agit bien d ‘un monument du cinéma.

 

 


 

21H40 : RED STATE de Kevin Smith.

USA. 2011. V.O sous-titrée. Durée 88 min. Projection d'après un support numérique sur projecteur cinéma HD.

Avec :John Goodman, Melissa Leo, Michael Angarano, Kim Coates, Kerry Bishé, Nicholas Braun…

Un groupe d’adolescents du Midwest répondent à une annonce libertine sur un site internet, mais ils vont vite déchanter lorsque se jetant dans le traquenard, ils se retrouvent enlevés des fondamentalistes religieux qui ont préparé un programme bien moins réjouissant…

Kevin Smith a bien brouillé les pistes, lui qui nous avait habitué jusqu’ici à des comédies enlevées et un brin potaches, qui ont fait de lui un des plus populaires réalisateur indépendants américains. Le voilà qui tout à coup déboule avec un propos qui ne prête pas forcément à rire, voire même pas du tout. Le réalisateur culte prend ici tout le monde à contre-pied, toujours pour le meilleur. Film violent, provocateur et implacable, RED STATE représente aussi pour Smith un véritable aboutissement. On le savait scénariste malin, et voilà qu'il signe pourtant son script le plus terriblement efficace et précis. Du point de vue de l'écriture, c'est renversant, audacieux et bien dés fois le spectateur aura l'impression que le sol se dérobe sous ses pieds, dévoilant des abysses proprement vertigineuses, notamment dans le final d'une intelligence rarissime. Côté mise en scène, le film est ambitieux avec ses achoppements rythmiques et ses parti-pris complètement iconoclaste dans la mise en scène de l'action, bien loin des canons du cinéma populaire américain.

En découle une ode à la contestation glaciale, qui gagne ses lettres de noblesse avec l’interprétation du toujours formidable John Goodman, ici épaulé par un Michael Parks survolté. Le film renvoie tout le monde dos à dos, brouille volontairement les pistes et installe le chaos de l'action et des âmes. RED STATE est un film courageux, frondeur et plus iconoclaste qu'il n'y paraît. Le choc est rude : c'est de très loin, le meilleur film de son réalisateur.

A noter, une de fois plus, hélas que le film est resté inédit en salle en France, ce qui est bien entendu un scandale total !

 

 

 

Pete Pendulum et Dr Devo.

 

 

Dress-code  de la soirée (1 DVD à gagner pour le meilleur déguisement !) : Cuisinier(e), commis de cuisine, gangster, libraire, chérubin, chien, prêtre, imam, rabbin, pape, prédicateur, agent des forces spéciales, policier, shérif, femme cougar ou spectateur du Majestic.

 

 

 

Réservations fortement conseillées : possibles dés à présent à la caisse du Cinéma Le Majestic. Soirée proposée par Plan-Séquence et  le site Matière Focale.com. Tarifs: 9 euros les deux films / 1 film aux tarifs habituels.

 

 

Vous pouvez inviter vos amis à cette soirée, via la page Facebook qui lui est consacrée: cliquez ici !

 

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Publié dans Mon Général

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