BON CHIC MAUVAIS GENRE #54 : "Nagasaki Ne Profite Jamais #2" (spécial Japon)

Publié le par Pete Pendulum

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[Affiche réalisée par Lammakian Samsenesena. Cliquer pour agrandir.]
BON CHIC MAUVAIS GENRE, votre soirée double programme concoctée par les projectionnistes du cinéma LE MAJESTIC de Lille, en partenariat avec MATIÈRE FOCALE et la formidable revue DISTORSION fait escale, après la Suède exotique, au pays du soleil levant. Paradoxalement c’est sur un ton résolument crépusculaire que se fera l’évocation de ce voyage au cœur d’une mégalopole futuriste corrompue et d’une prison où David Bowie ne chante plus…


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[Je vous aurais bien mis la bande-annonce mais elle dure 3 minutes et en dit beaucoup, beaucoup trop sur le film...]
19:10 : FURYO (Senjo no Merry Christmas) de Nagisa Oshima, COPIE NUMERIQUE RESTAUREE (avant-première nationnale de la réédition), Grande Bretagne – Japon – 1983 – 125 min.

Avec : David Bowie, Tom Conti, Ryuichi Sakamoto, Takeshi Kitano… 

1942. Dans un camp de prisonniers japonais à Java, s'entassent plusieurs centaines de soldats anglais, australiens, néo-zélandais et néerlandais. Ils sont des « furyo », des prisonniers de guerre. Parmi eux, le major Jacques Celliers et le lieutenant-colonel John Lawrence entretiennent des rapports complexes avec l’autorité personnifiée par le capitaine Yonoi et le sergent Hara…

Œuvre du le réalisateur de L’EMPIRE DES SENS (1976) et TABOU (1999), FURYO est une bouleversante chronique de la nature humaine en temps de guerre. Oshima comme souvent joue sur une ambigüité masculin/féminin qui trouve un parfait écho parmi ses interprètes avec David Bowie (très impressionnant, sans doute son meilleur rôle avec L'HOMME QUI EVNAIT D'AILLEURS de Nicolas Roeg) bien sûr mais surtout avec le remarquable Ryuichi Sakamoto, qui est aussi le compositeur de la sublime musique du film, et dont la délicatesse tranche avec la virilité exacerbée d’un Takeshi Kitano dans ce qui demeure peut-être son plus grand rôle. Chaque personnage se déploie dans toute sa complexité, avec ses souvenirs, ses regrets, ses secrets, dans un ballet brutal et étrangement sensuel magnifiquement photographié par Toichiro Naroshima. Parfois injustement moqué pour une certaine théâtralité (dont le summum est atteint avec un flashback surréaliste et magnifique avec Bowie en collégien) qui est, sinon la même que celle de L’EMPIRE DE LA PASSION (une relecture par Oshima des AMANTS DIABOLIQUES), la marque distinctive du cinéma d’Oshima, un cinéma de la délicatesse autant que de l’inhumain (quoi de  plus  brutal qu’un univers ou l’amour est étranger ?) héritier flamboyant de l’opéra classique. Un film immense, précieux et bouleversant à l'ésthétique audacieuse et superbe qu'on peut enfin découvrir en copie numérique restaurée...

[Rassurez-vous on passera le film en japonais sous-titrée...]
21:30 : AKIRA de Katsushiro Otomo –Japon – 1988 – support numérique HD – 125 min

1988, Tokyo est détruite à l'issue de la troisième guerre mondiale. 2019, Néo-Tokyo est une ville monstre, entiérement droguée, dépravée, rongée par la corruption, secouée par des émeutes incessantes. Mais partout se répand la rumeur d’un renouveau prochain, qui a pour nom Akira, messie pour les uns, mais surtout projet top secret pour l’armée et le gouvernement. Un projet auquel le jeune Tetsuo se trouve mêlé malgré-lui…

Katsushiro Otomo adapte son propre manga en proposant presque une nouvelle version de l’histoire originale, ou en tout cas en développant des aspects qu’il n’avait qu’effleuré au départ et en laissant de côté ceux qui occupaient alors une place importante dans la BD originelle. Il ne s’agit pas pour l’auteur de synthétiser l’intégralité de son œuvre littéraire (le manga n’était alors qu’en cours de parution), il se concentre donc sur la partie de l’intrigue déjà développée, la redéploye sous un angle nouveau, sans apporter plus de réponses quant à la véritable nature du mystérieux Akira. Il ajoute même à l’ambigüité de cette nature pour mieux préserver la nature symbolique du personnage ou plutôt du concept qu’est Akira. Au travers d’idées graphique complètement folles, Otomo délivre une vision de la renaissance cosmique aussi séduisante que répugnante, la dernière scène concrétisant le passage de la chair à l’énergie brute dans une transformation très crue. Palliant à l’atmosphère post-apocalyptique (ou  post-troisième guerre mondiale) du manga, c’est l’imagerie récurrente de l’émeute et de la contestation auquel répond une violente répression qui résume le dégout qu’inspire la mégalopole néo-tokyoïte et qui serre le mieux la critique sociale aigre de Katsushiro Otomo qui réalise avec AKIRA un chef-d’œuvre, beau et ambitieux autant visionnaire que singulièrement misanthrope. 
Pete Pendulum.

 

 

 

Dress-code de la soirée (4 DVD à gagner pour le meilleur déguisement !): militaire, samouraï, chanteur, motard/biker, monstre géant (godzilla ou autre), super-héros japonnais (type sentai), savant (fou ou pas), sushi, tout ce qui rappelle le Japon ou spectateur du Majestic.



Réservations fortement conseillées (possible à la caisse du Majestic dés aujourd'hui) : possibles dés à présent à la caisse du Cinéma Le Majestic. Soirée proposée par  le site Matière Focale.com et les projectionnistes du cinéma Majestic. Tarifs: 13 euros les deux films / 1 film aux tarifs habituels. Cartes illimitées ugc acceptées pour les deux films.

 

Prochaine soirée BON CHIC MAUVAIS GENRE : vendredi 3 avril 2015.

 

 

 


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Publié dans Mon Général

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electricien 27/03/2015 11:58

J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement

electricien 26/03/2015 01:04

J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement

olivier de vergnies 09/03/2015 20:25

Merci pour cet article .