Iron Man 2 de Jon Favreau (USA, 2010): Touche pas mon Ipod !

Publié le par Mr Mort

 

 

 

 

 

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[Photo: "Fa-Fa-fa-Fashion" par Dr Devo.]

 

 

S’il avait fallu choisir entre la mort de Lady Diana, jamais grandie de Jambon (et je paie une pinte de bière belge à celui qui trouve le jeu de mot), et celle de, disons, MC Hammer, rappeur comme y’en a pas deux, mais chrétien, j’aurais fait comme mon seigneur le Christ resucité, et j’aurais sacrifié aussiment la parvenue pour sauver l’artiste. Mais ce sont là des avis biens personnels qu’il conviendra de développer plus tard. Ou pas.

  

Ce qui est bien avec les rencontres d’un soir c’est qu’elles vous épargnent, soliloquais-je en moi-même, la notion de suivie et de suivant, par définition, truie generis. Ainsi, j’avais épargné ma propre personne en gage de mauvaise de foi, en évitant de regarder le premier épisode du Spectreman américain.

Ce qui est bien chez les femmes fardées comme un semi-remorque mexicain, c’est que même après un refus de première classe, elles sont toujours partantes pour un deuxième round, car justement, elle kiffent à la foix le rabattage sur la voie publique et les ignobles personnages en mon genre, autrefois maltraitant, donc.

 

Robert se donnait pour les juniors, me souffla-t-on finement à ma droite, alors que le tonitruant "machin", comme disait le Général qui n’étais pas le derniers des abrutis quand il s’agissait de remonter les bretelles aux 'ricains, parvenait à peine à débuter son introduction de commencement. Ayant vu la chose dans la langue de Loana plutôt que dans celle des Beatles, ma première méninge explosa sur le champ, au premier mot, surprise d’avoir été déconcertée, et redoutant un Alzeihmer toujours trop précoce. Il y a des douleurs de cœur ou d’âme qui durent des années, et le deuil de la VF correcte est une de celles-là : mixage pourri malgré les injonctions californiennes de  V.I, et jeu fransösich désastreux justifiant à lui seul l’arrêt total du statut d’intermittent, je me dis que le peuple, décidément ne pouvait pas faire autre chose que d’investir dans des iphones à 400 dollars et des pompes à 150, tant le bâclage culturel sapait toute possibilité de s’accrocher à quoique que ce soit d’artistique dans l’entreprise. Ma grand-mère disait : "quand tes chaussures sentent le crotin, t’investis dans une salle de bain en marbre", et dieu qu’elle avait raison ! Mais, passons.

 

La seule bonne nouvelle de ce nouvel hommage ricain au cinéma polonais des années 70, c’était dans un semi-détail : le retour du Mal venu de Russie. Ici, Rourke rourkise tranquilou, sans se fouler, avec un accent mémeuzh trah pareil que ci-avant, c’est à dire style Papa Schultz à Saint-Petersboug. On aurait préféré un bon petit Dolph Lundgren des familles, parce qu’il est plus beau, plus drôle, et meilleur acteur, mais bon. Et Robert, donc, alors lui, dans le genre tue-l’amour, il se posait là. Habillé comme un cycliste un jour de dévoilement de tracé de boucle, séduisant comme un vendeur de chez Zara, et avec autant goût qu’une fan de 15 ans de Dakota Fannings, on se demanda qui, là précisément, avait réussi le hold-up du siècle, entre lui-même ou la prod. Insupportant. Yes, of course, le rôle veut ça, mais ce n’est pas parce que c’est mal écrit qu’il ne faut pas dire que le troubadour-microsoft Robert n’est pas mauvais comme un cochon de campagne.

 

Très vite, on comprit que l’archer visait sans doute une espèce de comédie bull (vacharde quoi !), faussement réac’, un peu comme je reagan sous cape, les yeux hardboiled-minutes… A l’arrivée de la première étape, c’est le contraire qui se passe. Pas très viril la chose, peu drôle, tout se reposant sur le sidekick starsky-hutchien éculé, façon Pampers les bons tuyaux, si j’osais. Clairement, le film ne visait plus rien et loupait tout, à l’instar de la scène de la fête où il manque cruellement une scène : celle où Robert-Wajda se masturbe en armure. Là, rin ! Juvénile, adolescent, adulescent, enfulte et rencontre du troisème âge, tout pareil, ca tire au hasard, donc vers rien et vers tout.

 

Scarlett Gainsbourg ci(n)trone et insiste un peu dans une parure  de guêpe charnue exagérée, là où le fait de la voir brune suffisait. Là, presque à la hauteur plastique de sa réputation, on soulève, vaguement une paupière. Mais tout cela est balayé par l’erreur industrielle : Sam Rockwell, personnage antipathique, mal écrit, convaincant comme la pub de la chevauchée des vaches qui rient (1ére partie), en mode Coué autosuffisant. Ca ne nous plait pas, ça ne nous plait pas, ça ne nous plait. Mais la prouesse, en somme, le petit supplément d’âme comme disait la poéte, le petit étron de caca sur le sac de vomi, c’est que le gars arrive, et attention pas en perdreau de l’année, mais en vétéran du ventilo’, le sagouin, dis-je arrive à nous saloper ça encore plus, tout à fait personnellement, persuadé  d’être le nouveau Graham Chapman. Un modeste, quoi. Le gars humble.

Déjà que l’entreprise sentait un peu le concours de pénis devant l’urinoir inox et branché dans les toilettes de la boîte la plus huppée du moment (finalement c’est le sujet : être le plus gros, le leader de mekouyes en sorte), le Rockwell fait basculer le truc dans la farce et l’exécrément haut la main. Chapeau bas, l’artiste !

 

Bon, tout ça s’étire à n’en plus finir. Comme 8 films sur dix vus en salle ces jours-ci, le film aurait pu faire, assez facilement 50 minutes de moins. Le pseudo-dilmemne médicalo-sexuel (car, dans ce fil, pour niquer, c’est pas une question de converse mais de bons médicaments), il n’en sera rien fait (une demi-heure pour le mettre en place, un deus-ex de 15 secondes pour le jeter hors du train), le complot ne sert à rien, la charge "corrosive" de droite ne sert à rien, Rourke est largement mis au rang d’accesoire sans intérêt (loin derrière Rockwell), et Samuel Jackson aurait bien pu être aux toilettes pendant ce temps-là que ça n’aurait rien changé…

 

(Tiens… J’avais pas remarqué : Rockwell… Jackson… Intéressant…)

 

 

Malgré un montage un tout petit moins hystérique qu’à l’accoutumée de la concurrence, bah, on est vite rassuré : tous les plans sont recadrés (alors que certains avaient l’air correct), et c’est monté avec des mouffles en crin. La scène d’introduction de Scarlett, si j’ose, tournant(e) vite au nainwak de manière presque drôle, envoyant aux pelottes le chorégraphe qui s’est pourtant cassé la binette des mois durant pour que tout le monde apprenne son twist avec force de coachs personnels hors de prix.

 

Bref, c’est la cacastrophe tranquilou. On dort paisiblement (quoique ,avec la VF, c’est dur), et on se surprend à dire que ce film de documentaliste n’a même pas la classe d’essayer d’être le plus mauvais du monde. Plus que le mauvais amant qu’on vous avez promis, chère lectrice, là on est juste en mode branleur. Pas sûr qu’on y gagne… Même pour rire…

 

 

Mr Mort.

 

 

 

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Publié dans Cinémort

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Jaune Bigorne O. 13/05/2010 01:26



Est-ce qu'on connaîtra un jour la solution du jeu de mots sur Lady Di? Sinon ça va m'empêcher de dormir.


 


Je l'échange contre l'explication de "Qui est le pire ennemi de Christopher Lee? Christophe Late".



Alex 10/05/2010 13:56



M Mort,


Contrairement à Mucha, je crois avoir compris toutes les phrases de ce bien bel article.


Le film était-il à ce point dispensable que la critique dût céder le pas à l'exercice de style ?


Où serait-ce réellement votre forme d'expression habituelle ?


In memoriam.



Mucha Crema 06/05/2010 01:15



Je n'ai pas compris une seule phrase de cet article : félicitation !