LA NUIT DU CHASSEUR de Charles Laughton (USA 1955) : Pastorale sex

Publié le par Fantomas

 

 

 

 

 

 

madness-devo

[Photo:"Ce n'est pas Sparte" par Fantomas.]

 

 

 

 

 

 

Norman Bates : Comme vous l’aurez sûrement remarqué le Dr Devo n’est plus très présent ces derniers temps sur Matière Focale, et nous non plus d’ailleurs, pas autant qu’on aimerait en tout cas. En ce qui concerne le Dr ce sont d’obscures histoires d’argent et de drogues, en ce qui nous concerne ce sont des combats politiques d’avant-garde que je ne peux évoquer sur le réseau global. Par solidarité avec le monde arabe j’ai pris le contrôle et j’intronise aujourd’hui un nouveau rédacteur sur Matière Focale, il s’agit encore une fois d’une recrue sortie directement des jeunesses focalienne au même titre que nous, nonobstant ou LJ Ghost, nous qui prenons petit à petit de l’importance pour très bientôt devenir le standard ultra chic d’une critique new style qui demain fera la une de vos mass médias. Matière Focale est plus à la pointe que jamais, à l’aube de quelque chose qui s’est levé et qui ne retomberas jamais (c’est du Ségolène Royal), notre seul handicap étant d’être trop en avance, mais le point de singularité est presque atteint, c’est écrit dans les étoiles. Pour l’heure faites bon accueil à notre nouvelle recrue masquée, Fantômas mais pas De Funès, plus Mike Patton croisé avec Marcel Allain, insaisissable justicier énigmatique jusque là cantonné à d’obscures tâches annexes. Sous vos applaudissements…

 

 

 

J’enseignais hier encore à une fibre de ma connaissance les moments où le corps cède. Quand on est touché à un endroit, la seule chance de salut qui existe est au fond de nous, il faut la découvrir, il faut ne faire qu’un, et dans la plus extrême souffrance ; cette souffrance qui nous est unique. [NdNB : C’est une citation de TWILIGHT ?]

 

Pas avec les poings mais en parlant, le long du fleuve des immortels, marchant tranquillement dans la victorienne frondaison.

 

Déposé à nos pieds l’Homme ne pèse pas lourd. Ses deux poings antagonistes se cherchent sans relâche, de la Haine, de l’Amour. Déposé à nos pieds, l’Homme : nous parlerons de nos mythes, du ciel qui n’apparaît que tout les 1000 ans, de la poussière et de la nuit. C’est de cette nuit dont j’ai choisi de vous parler, pour mon premier appendice à ce corpus chaotique dissimulé en blog comme pour mieux dissimuler une porte parmi la multitude. Je parle d’ici, de Matière Focale, apparence semblable, corps similaire, âme insolente et foisonnante, incohérente dans sa disparité, comme l’est le Cosmos. [NdNB : Tu te la pète, là.]

 

 

 

Des enfants écoutent l’Histoire ; fond de voie lactée, et tout de suite après meurtre, misère, vol, justice, prison, mort.

 

Ils entendent l’histoire d’un tueur sur la route, d’un tigre prêt à bondir, d’un mouvement minuscule qui dure une vie : tuer.

 

Ils entendent l’histoire d’un père de famille, d’un chien apeuré, d’une famille à nourrir : mourir. [NdNB : C’est pas le Goncourt, hein]

 

 

(…) il aborde des zones où peu de cinéastes ont le courage de s'aventurer. (Positif)

 

 

Jean Dujardin est le tueur. [NdNB : Pourquoi pas ?] Les enfants le savent. Les fidèles le croient, la veuve sera convertie, on lui ôtera sa fierté, sa sexualité et son amour pour la Dévotion suprême. Pénétration, sodomie, double pénétration, éjaculation faciale [NdDD : C’est bon pour le référencement, continue], un soir à deux heures du matin, faite en sorte qu’elle brille, première étoile à éclairer la nuit, Venus, mais pas en blue jean, en soie comme Gardienne du pognon. L’argent n’intéresse pas les femmes, il est la femme, victoire de la Haine sur l’Amour, de la cuisse sur Jupiter, s’insinue toujours et en tout temps comme Dieu. Ok et cette femme est la Mère Nature, et comme dans la scène avec les animaux et les enfants [NdNB : Du calme sur les interprétations foireuses, on n’est pas en fac de ciné]

 

 

 

(...) Le film ne tiendrait pas sans Dujardin, sans sa masse de virilité, nuancée, mystérieuse et finalement volatile. (Libération)

 

 

 

Prière antagoniste comme le mal à l’intérieur de tout ce qu’il y a de mieux. Hurlements dans les jardins d’enfants, chant des barbares sous les averses du mois de mai, à l’ombre des filles en fleur comme du Dorian Gray dans du Renoir, comme ces robes d’été noyées profond sous l’eau dans laquelle le Cadavre gît dans un mouvement perpétuel, la mort ne l’est jamais, mue par un courant lancinant qui porte ces mêmes enfants au dessus de leur mère morte, l’eau, les sanglots, la barque, la vie par-dessus toute chose et les animaux tout autour, pastorale de la baise par la Nature en tous temps et en tous lieux. On avance porté par une barque, au travers de choses diverses, éclairées comme un film fantastique, peuplée d’imagination et d’images oniriques, de choses jamais réalistes, de violence sous jacente, peu importe qui elle concerne elle nous concerne tout le temps. Enfant des étoiles, ta mère la voie lactée, des rigoles de sperme sur son visage souillé, violé par des prêtres, des prisonniers, des gardiens de l’ordre ou des banquiers. On a collé la société sur l’homme comme on a collé une musique sur du chaos, ça ne tient jamais, c’est claudiquant et malhonnête, fuyant et roublard. [NdDD : Parle plus de mise en scène, merci.]

 

 

 

(...) "LA NUIT DU CHASSEUR" se révèle une œuvre assez troublante. (Première)

 

 

 

LA NUIT DU CHASSEUR est une histoire d’enfant, un conte cruel de la raison contre la réalité comme l’est Alice au pays des merveilles, enfermer le spectateur dans des dualités archétypales pour mieux montrer son statut de poisson sorti de l'eau avec courage pour marcher sur la terre, histoire de la naissance du Verbe comme hallucination de pécheurs déviants, jardin d’Eden souillé par le premier mot ; la première mort, celle qui préfigure l’espèce. Le noir et blanc à été CHOISI. C’est le MOT qui tue, cf le discours des mains.

 

 

 

You say the word, Lord, I'm on my way...

 

 

 

C’est une histoire d’enfant, comme la première masturbation, histoire de Christophe Colomb de la bite [NdDD : C’est bon pour le référencement, continue] qui entre dans la salle de bain originelle, celle ou naît le FANTASME, celle de tes PARENTS. Quand pour la première jouissance tout est éclaboussé, bienvenue pas au paradis mais presque, demain le monde sera à jamais sexualisé, érotisé, fantasmé, baisé dans tout les coins, tout ce qu’on découvrira se fera à l’aune du premier jet. Cette tension, la tension de la salle de bain la première fois, celle que l’on retrouve parfois quand on le fait en plein air, petit trésor de fantasmes à la demande, c’est celle du poing qui passe avant les mots. C’est juste toi, moi, sur la plage au coucher du soleil, quand le sable commence à gratter. C’est la possibilité d’un autre, tapi dans la semi obscurité. C’est la grande mort. Tout le film est construit en tension, celle qui naît de l’enfance vis-à-vis du sexe et de la mort, le film est bâti autour de cette colonne vertébrale, comme un fil tendu autour du cou d'un David Carradine en bas résille.

 

 

 

Le garçon offre une pomme à ses parents ?

 

 

Et en retour ils lui offrent une montre. Le temps contre la mort. Le film est une poésie unique, hors du temps, à l’image d’un des plans les plus beaux du Monde, intrinsèquement anti progressiste puisqu’il préfigure la mort dans une Ford T, symbole de l’organisation scientifique du Travail, de l’ère industrielle, du sexe en voiture, Vénus de Plein d’eau dont le coquillage crache de l’essence NOIRE l’essence et c’est important. Un seul temps, un grand flottement, plein d’eau et une naissance à coté du Musée de la vie idéale. Du symbolisme à outrance, du conte pour enfant, des sucreries de la mère des orphelins, il ne reste vraiment qu’un seul et unique plan, fixe comme une image. Et une musique, celle qui dure depuis 20 000 ans…

 

 

 

 

Epilogue : LA NUIT DU CHASSEUR à eu une moyenne de 4,1 étoiles sur Allociné.

 

 

 

 

 

Fantômas.

 

 

 

 

 

 

 

Découvrez d'autres articles sur d'autres films en consultant l'Index des Films Abordés.

Retrouvez Matière Focale sur 
Facebook .
 

Publié dans Corpus Filmi

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

nonobstant2000 12/02/2011 14:54



Cher Fantomas,


 


je vous suis très reconaissant pour votre article, j'ai l'impression d 'échapper grâce à vous à la lecture des oeuvres intégrales de Freud et Lacan, alors merci pour ce que vous faites,


 


cordialement