LOL de Lisa Azuelos (France-2009): Luxe, Came et Volupté

Publié le par Norman Bates








[Photo: "Il n'y a pas mieux pour tout désinfecter (Cahiers vs Positif)" par Dr Devo, d'après une photo du catcheur The Undertaker.]







Note : Je vais tenter de m’adresser aux responsables et aux destinataires de ce  film, sans doute les mêmes, en usant de la novlangue que ces demeurés analphabètes nous infligent pendant une heure et demi. Si j’arrive à en toucher un, je peux leur parler à tous.

Lol c le pseudo 2 lolita pasKe L é lolante é o6 pasKe c + kour pr 10QT o baU en + lé prof i conprN pa cE kon di mdr. Alor la m9 L é tro taré L fé nawaK avec sé vieu mé en fét il st Cparé il on KC mé en féT il continu de BZer en fét tu voi LA SOLITUDE TUE LES HOMMES alr il st en iench il ce sote dCu com dé lap1 xpdr mé Lol L soufr tro tavu. Kan il zon BZer il se sake plu il se marav com dé poukav mé L’AMOUR NE SUBIT PAS LE TEMPS et o monop il st seul. O baU c la lérga son mec il fé nimp il la fé koQ aveK une darone o camping 2 mimizan 1 truk 2 guedin. Du coup L se geven avec d’otre keum mé L soufre. Sa daronne C tro une ouf L é ds le mem lirdé ke lol L bedav ca rasse mé L renkarde 1 otr keum il é mignon lol mé c 1 keuf o final mé L’AMOUR TRIOMPHE paske lé stup i fum 2 la wide ossi mé ca L savé pa. Pol Enri c le fisse a 1 patron il é tro friké mé il é tro lé mdr il se branl devan sa cam le ouf lotr jour c charlotte L la tricar. Lotr jour en teuf on a pri D médok é on a trippé on a bedav mem Lol L C tapé Ma-L ils on BZer c’été LA PREMIERE FOIS il a pa bandé pff xpdr tro 1 loozer. Ma-L il é bo il fé 2 la zik i chante tro bi1 on la filmé avek mon IPHONE on la téma tte la nui. Mé a la f1 lé bedo la bitur lamour sa tu é ca fé mal.



Si vous êtes arrivés jusqu’ici vous avez du perdre quelques neurones. C’est parfait, on va pouvoir parler du film dans de bonnes conditions. L’intrigue (?) décrite ci-dessus tient place dans un arrondissement chic de Paris, sans doute fantasmé, dans lequel les ados ont le même âge mental que leurs parents et doivent jongler entre leur matérialisme exacerbé, leurs pulsions sexuelles et les limites de la condition humaine. Dans tout ça, la drogue, l’alcool et autres interdits plus ou moins malsains pullulent, et chacun doit faire avec ses démons. L’héroïne, Sophie Marceau, est en terminale et essaye tant bien que mal de se concentrer sur ses cours, mais elle pense surtout à ses copines et a son mec. Sa mère vit seule, divorcée mais fréquente toujours son père en bonne catholique refoulée qui n’a connue qu’un seul homme mais qui veut rester indépendante, pas comme ces femmes au foyer minables de banlieue qui surement n’ont jamais lue De Beauvoir et qui vivent au crochet de leurs maris. Elle est donc libre, mais seule, et du coup fait de sa fille sa copine, et elles se font des "K LINS" le soir. Bien sur elle n’a aucune autorité sur sa fille, puisque c’est sa copine, et ça, son psy ne le comprend pas. Donc, la fille Marceau est complètement instable émotionnellement parce que, dixit sa grand-mère, "il n’y a pas d’hommes à la maison", elle passe son temps sur son portable ou sur MSN à écrire comme une analphabète cinglée à ses copines qui cultivent la sous-culture télévisuelle basée sur l’écoute passive –puisqu’elle n’ont pas d’attention- et recrachent ces monceaux de télé poubelle dans la cour de récréation ou entre deux séances de shopping aux galeries. De toute façon, la finalité c’est de baiser ou de se faire baiser, peu importe comment, tant qu’il a une bonne tête et un statut social sûr. Cette dictature de l’apparence elles n’en ont pas conscience mais elle est dictée par les parents absents ou omniprésents, ça revient au même puisqu’ils sont frigorifiés, qu’ils ont arrêtés de se battre pour une raison ou pour des centaines de raisons, que leurs gosses deviennent une vague annexe de leur dépit, qu’ils les entretiennent sans sourcilier jusqu'à qu’ils sachent jouer du U2 sur Myspace. Tant pis s’ils ne savent pas écrire, ils savent recracher la merde de leur époque, s’en faire une parure et ils peuvent se reproduire, et recommencer le cycle, indéfiniment, jusqu'à l’épuisement total de la terre prophétisé par Nicolas Hulot.



Il est évident que nous avons devant nous le miroir sali, le Déclin et la Chute de l’occident, la tour de babel version XXI eme siècle à grande échelle puisque ce que les enfants de Paris regardent ce n’est que le reflet des enfants des USA qui ont grandis en avance, donc en retard dans l’ordre dévolutionnaire présenté dans LOL. Dans la vision apocalyptique d’un arrondissement décadent il n’y a plus de putes, l’amour règne en maitre tandis que les immeubles haussmanniens sont des théâtres d’ombres. La folie c’est de croire que les sentiments ne se provoquent pas, que le désir vient sur un site porno et que le sexe définit les frontières de la liberté individuelle. Le temps mutile les talons comme il mutile les velléités amoureuses. Au fond, ces hommes et ces femmes voudraient aimer tout le monde et réciproquement mais c’est le langage appauvri qui empêche le contact. MSN n’est pas un moyen de communication mais une ombre sur la paroi de la grotte de Platon. Voila tout ce que nous dit Lisa Azuelos, en substance. Elle est le Néron de Paris qui brûle, le chant dévolutionniste au moment des 200 ans de Darwin, elle nous dit qu’en fumant un joint il nous sera facile d’envoyer chier les compagnies d’électricité, les associations caritatives, les enfants affamés d’Afrique, la pédophilie au Cambodge, qu’on pourra oublier l’amour, insulter les religions, danser sur les cadavres des camps, oublier les hommes hystériques qui chialent et vous abandonnent, qui chialent mais qui vous baisent, vous abandonnent mais vous écrivent la veille de Noël des lettres de cul alors qu’il n’y a plus rien entre vous, qui ne veulent pas que vous les oubliiez, jamais, ni que vous oubliiez les vacances à Capri, les fêtes foraines l’été, les clés de la voiture, la désolation et l’épouvante, l’amertume et l’échec, le mythe et la bite, toute cette accumulation de moments où l’on aura fait que tomber et se relever, jurer à son entourage que tout va bien, prendre des médocs, sourire et pleurer, aller au ciné, se torcher le cul et finir abandonnés.

Elle vous aura prévenus.

LOL

 

Norman Bates.








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Publié dans Corpus Analogia

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Kevo42 18/10/2009 19:38


C'est magnifique.

J'ai eu la chance de voir ce film en présence de la réalisatrice, et je pense que c'est la personne la plus vide que j'ai pu voir de ma vie. Ce film me fait peur, et la comparaison avec Néron est
presque justifiée.