Matière Focale s'invite au SADIQUE MASTER VIRTUAL FESTIVAL du 30 mai au 11 juin 2014 !

Publié le par Nonobstant2000

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Il est des initiatives qui sont tellement rares et qui surtout nous rassurent, qu'il serait dommage de les laisser sombrer dans les abîmes de l'anonymat. A l'heure des débauches cannoises annuelles, le besoin se fait sentir plus que jamais de maintenir nos appareillages cognitifs en état. La question des festivals virtuels a longtemps été soulevée dans les bureaux de notre belle Rédaction, bien longtemps avant que j'en fasse partie à vrai dire, et nous sommes heureux aujourd'hui de constater que cet esprit perdure bel et bien. L'idée étant de maintenir les notions d'alternative, d'alternative d'avec les devantures brillantes des starlettes qui au fond ne sont là à long terme que pour vendre des robes, d'alternative d'avec les dandys mondains qui vous parleront de révolution que parce qu'ils ont un truc à vous fourguer dans le mouvement, bref loin du marché et de ses apparats pour renouer avec le partage et surtout l'émulation cinéphilique. Le site Sadique Master nous propose ainsi un festival en ligne de genre interzone qui plus est, fantastique par-ci, gore par-là, transgressif sur toute la ligne, et le moins que l'on puisse dire c'est que ça nous fait bien plaisir.

 

 

 

Certes son contenu n'est pas à mettre entre toutes les mains, mais c'est justement ce qui nous intéresse, nous autres adultes interessés par l'Art seul le vrai (je suis sérieux là, en fait), nous savons que le registre transgressif demeure le dernier bastion de la pensée libre, celle qui lutte contre le décérébrage, celle qui questionne les Dogmes, et que ce registre n'a désormais plus sa place dans les circuits de distribution courants ; pensons aux polémiques lamentables qui ont entourées des films comme A SERBIAN FILM ou ANTI CHRIST de Lars Von Trier (le plus beau film sur l'Amour Au Temps du Capitalisme – Gabriel Garcia si tu m'entends, elle est à toi cette chanson- à égalité peut-être avec THE SADDEST MUSIC OF THE WORLD de Guy Maddin, dans des registres un peu différents toutefois mais vous savez bien qu'ici on est plus à ça près) nous sommes donc à une époque où l'on préfère lapider un cinéaste qui a eu l'audace d'essayer de déplacer nos oeillères, nous rappellant malheureusement incidemment dans la bagarre que nous avons fait nos propres choix (– et je vous promets bientôt un petit retour sur ce point avec le sublime THE ADDICTION d'Abel Ferrara) plutôt que de nous en prendre à ceux qui nous en ont réellement privés justement (de choix). Désolé de le rappeller, nous sommes (du point de vue culturel en tout cas) en Guerre. Dans une guerre du sens, dans une guerre de l'image où il n'est plus besoin d'avoir raison mais seulement d'en avoir l'air, et ce, en vertu des critères en vigueur - et que les télé-spectateurs de "Ce Soir Ou Jamais" s'il y en a parmi vous me jettent la première pierre, qu'ils me montrent un peu la place d'un raisonnement articulé en face de la surdité des grands singes gardiens de nos Institutions. C'est embarassant, en France, notre Beau Pays, on se croyait parés, la seule vraie Révolution qui compte dans l' Histoire c'est la nôtre, et qui plus est en terme de Contestation on peut se targuer d'être dans le peloton de tête : ok le Dadaïsme c'est pas nous, mais sans Jarry pas de dadaïsme ; on a Duchamp, on a Artaud, on a Bataille, des figures encore revendiquées de la part de tout contestataires qui se respectent. L'outil transgressif-même est en danger disais-je d'autant plus que comme toutes bonnes choses, cet outil a été récupéré et incorporé aux mécanismes d'advertisement, « La Stratégie du Choc » pour ne pas la nommer. Ainsi les court-métrages de Richard Kern sont encore réservées à un public averti , et les productions Troma sont encore un brin trops subtiles, mais on s'adapte, on fait des séries tv sur des maisons de passe ou bien dans les coulisses du porno , parce que en fait, c'est cool d'être une marchandise, si on se lave bien les mains en partant, bin en fait c'est même pas sale .

Nous allons bientôt vous communiquer les informations et liens nécessaires, mais tout d'abord une interview en exclusivité pour vous , en ligne elle aussi, du concepteur du Sadique Master Virtual Festival, Tinam Sadique...

Nonobstant2000 : - Tinam Sadique bonjour, comment tu t'appelles ?

Tinam Sadique : -Bien que certaines personnes ne me croient pas, je m'appelle réellement Tinam. En revanche, à mon grand regret, sadique n'est pas mon vrai nom de famille.

N2000 :- Tu es l'instigateur du Sadique Master Virtual Festival, et nous allons y venir dans un instant, mais d'abord qui es-tu vraiment ?

T.S : - Qui suis-je ? mmh, dure question. Je suis avant tout un fan de cinéma de genre très impliqué et quelque peu autodidacte (ce qui a conduit à sadique-master), et ma vocation seconde est écrivain. J'ai sorti un premier recueil "collectif" et je suis actuellement sur l'écriture d'un premier roman. Disons que j'aime l'art dans sa globalité et que je l'ai donc globalement expérimenté sous toutes ses formes. Dans le cadre du cinéma, j'ai réalisé avec ma copine un court métrage expressionniste/
experimental, et cet été, la réalisation d'un moyens métrage en co-réalisation avec un ami de sadique-master est prévue. Pour une compilation musicale sur les tueurs en série de l'initiative d'un ami (Docteur knut) j'ai aussi fait un morceau de rap/horrorcore sur le serial killer "Gerrard Scheafer". Mais, attention, notons bien que je ne suis en aucun cas chanteur ou rappeur, c'était un premier essai fait avec un micro d'animation et audacity .

N2000 : - Nous parlerais-tu plus précisément de ta passion pour le cinéma transgressif ?

T.S : - Bien sûr. Pour moi le cinéma transgressif a des vertus que les autres films ne possèdent pas. Ce côté piquant, celui qui dérange, qui fait réfléchir, qui fait même parfois découvrir de nouvelles sensations. Et même si j'en parle beaucoup, je ne me limite pas aux oeuvres totalement underground limités à 100 exemplaires. Le cinéma de genre a beaucoup à offrir de Gregg Arraki à Karim Hussain, de Lars Von Triers à Marian Dora. Pour moi, un film transgressif réussi ne doit pas nous laisser indifférent après son visionnage, il est important qu'on en ressortir différent, qu'on ressente que celui-ci nous a apporté quelque chose de plus autant sur l'aspect cinéphile que sur l'aspect personnel.

N2000 : - Est-ce que ça vient d'abord de la littérature, ou bien d'un cinéaste en particulier ?

T.S : -Depuis ma plus tendre enfance (7 ans exactement), j'écris. J'ai toujours aimé rédiger des nouvelles décallés, glauques, infâmes, mais tout a vraiment commencé quand j'ai découvert le cinéma horrifique. Le premier film d'horreur que j'ai vu est une série B sur laquelle je ne parviens pas à remettre la main qui s'appelle MEURTRE SUR LE REPONDEUR. Quelques années plus tard, EVENT HORIZON de Paul Anderson m'avait particulièrement marqué. Et le premier film choc, comme beaucoup je pense, fut MARTYRS de Pascal Laugier. Je n'ai commencé à avoir des réalisateurs préférés que bien plus tard. Et parmi ceux-là, comme j'ai pu dire sur la dernière question, je suis un fan de Karim Hussain ou de Marian Dora (pour rester dans le cinéma purement trash).

N2000 : - Peut-être pourrais-tu nous en dire plus sur ton parcours dans le circuit independant (festivals, coups de cœur ou revues) ?

T.S : - J'ai fait mes classes sur le forum francophones "ultragore". Une belle communauté de passionnés m'ayant ouvert les portes d'un monde nouveau, alors qu'à cette époque-là j'étais plutôt inculte envers le cinéma indépendant. Malheureusement ce forum a vu sa suppression sous causes de signalement il y a quelques années (on passera la digression sur la liberté d'expression et la censure). Comme je n'avais plus de point de chute, j'ai créé mon propre site et j'en essayé de le faire connaitre autour de moi. Ensuite, Sadique-master s'est simplement fait supprimé 5 fois, toujours la même histoire. Alors pour être tranquille j'ai placé cette dernière version du site sur un hébergeur officiel et payant, pour l'instant je n'ai pas rencontré de problèmes particuliers. J'avoue ne jamais avoir vraiment lu de revues francophones sur le cinéma de genre, mes sources proviennent surtout des sites étrangers ou directement de mes conversations avec les réalisateurs mêmes. Concernant les manifestations dans le milieu, depuis 4 ans je me rends tous les ans à L'étrange festival de Paris (un festival grandiose), ainsi qu'au PIFFF (Paris International Fantastic Film Festival). Mon but actuel est de dénicher et faire découvrir des films totalement inconnus grâce des journées de recherches et, toujours, beaucoup d'implication. C'est un peu ce qui s'est passé pour Bunny game, après l'avoir découvert je me suis immédiatement attelé à le faire connaitre en France. Je me souviens encore sur ultragore (en 2010), les membres du forum persistaient à ne pas me croire, ils pensaient que ce film n'existait pas, que c'était une bande-annonce fake pour faire rêver le spectateur. D'ailleurs, à cette époque j'avais suggéré à Adam Remhier (le réalisateur) d'éditer son film chez Elephant film. Ravi de voir que c'est ce qu'il a fait 3 ans après.


N2000 : - Comment en es-tu venu à l'idée de créer un festival virtuel ?

T.S : - Il y a quelques années, je suivais un mec qui faisait des canulars téléphoniques plutôt amusant et qui utilisait pour ça le logiciel"livestream". C'est donc là que j'ai découvert cette possibilité stupéfiante de diffuser quelque chose en direct. Suite à ça, j'ai fait quelques séances individuelles avec les fidèles de sadique-master, et à force de parcourir de vrais festivals et d'entendre toujours les mêmes lamentations de la part des amis me disant que "le festival est trop loin de chez moi" ou "qu'il est trop cher" j'ai pris l'initiative d'en créer un en virtuel. On a déjà fait deux premières éditions non professionnelles un peu sous le manteau et là, comme le site s'officialise et qu'on a pu récolter un certain nombre de fidèles grâce au site et aux précédentes éditions, j'ai choisi de faire cette nouvelle édition dans les règles.

N2000 : - Un mot sur tes choix de programmation en général ?

T.S : - Pour cette programmation j'ai choisi des films à la fois différent entre eux et différent tout court. Ce qui est certain, c'est que de nombreux films risquent de diviser leur public, c'est une évidence, mais c'est aussi un moyen d’expérimenter les spectateurs à de nouvelles choses. Je propose des œuvres très narratives comme FOUND ou LONG PIGS, mais aussi films plus abstraits comme THEORIE DE LA RELIGION ou HIS DEVIL'S NIGHT. Et évidemment, on reste toujours dans un programme purement transgressif, c'est la recette. Mais je pense vraiment que c'est une sélection de qualité qui saura ravir son public. J'ai recueilli la plupart des films proposés directement auprès des réalisateurs. Ce sont bien souvent des films enfouis dans les tréfonds du cinéma underground (donc des exclusivités totales) méritant un nouveau souffle. Par exemple, THEORIE DE LA RELGION   ART CRIMES sont deux métrages de Frederick Maheux, un cinéaste québécois très talentueux que je suis depuis un moment et avec qui j'ai une très bonne entente. Seul FOUND fait exception, ce film a déjà parcouru plusieurs festivals, reçut beaucoup de prix, et, l'ayant vu à L'étrange festival je me suis pris une telle claque que la perspective de le présenter dans ce festival virtuel s'est vite transformé en une obligation.

N2000 : - Il y a un jury ? des remises de prix ?

T.S : - Le seul jury c'est les spectateurs, et il y a bel et bien un prix mais celui-ci restera virtuel. Ceci dit, ça n'empêche pas le fait qu'il soit officiel et que le réalisateur puisse l'afficher parmi les récompenses de son film.

N2000 : - Un dernier mot pour nos lecteurs ?

T.S : - Venez nombreux au festival et faites tourner l'info. Vous ne serez pas déçu..

 

 

 

 

Vous trouverez toute la programmation du Festival, ainsi que les modalités de participation ici :
http://www.sadique-master.com/programme-du-sadique-master-virtual-festival/

Ce qui ne veut pas dire pour autant que nous en avons terminé ici, car Tinam nous a généreusement offert de pouvoir couvrir le Festival en exclusivité, et votre intrépide serviteur, malgré son estomac fragile, s'est empressé de relever le défi mais on vous en redit plus bientôt. En attendant un lien vers un article de Tinam, sur l'excellent JONAS de Adam Rehmier, avec accès au visionnage légal du film pour les lecteurs de Matière Focale.

 

Oui, allez-y, le film est gratuit rien que pour vous !

 

http://www.sadique-master.com/reviews/jonas-2012-adam-rehmeier-crtitique/

Nonobstant2000.

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