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[Photo, de gauche à droite : "Mes salutations, bonjour princesse, le retour de Diane Airbus" par Norman Bates.]

 

 

 

 

SUPER de James Gunn (USA 2011)



Pardon, docteur, pardon. Oui j’ai insisté pour qu’on aille voir SUPER, oui j’ai argué que James Gunn ne nous avait jusqu'à présent jamais déçu, chez la Troma ou ailleurs, et que malgré l’affiche et le buzz hipster autour du film qui te faisait peur (à raison je le reconnaît maintenant) je t’ai poussé à ce qu’on y aille.... Et dès le début j’ai regretté de t’avoir infligé ce calvaire, ce cadre tressautant et cette photo branchouille, cette mise en scène sans âme et ce manque total de couilles qui transforme SUPER en un calvaire indé’ de plus, dans la lignée d’un JUNO pour les rebelles, oui tu sais tout ces rebelles qu’on a vu dans la salles qui twittaient en direct de la projection sur leurs iphones avec des t-shirts Rob Zombie et des anneaux dans le nez.

 

Aujourd’hui sache que je regrette, au plus profond de moi même, de t’avoir infligé ce triste spectacle, toi qui te réveillait, à peine remis de ta nuit au Silencio où je dû venir te ramasser à la demande insistante d’un videur t’ayant surpris entre les seins d’une strip teaseuse camée qui t’admirait tellement... Qui pourrait résister ? Entre tes promesses d’un monde sans Nanni Moretti et ton plan marshall pour sortir de la crise en travaillant moins, tes mots cette nuit semblaient alors investis d’un sens sacré, d’une réalité primordiale, loin de la souffrance et des turpitudes du pavé Parisien. Après cette nuit semblable à nulle autre, j’imagine à quel point ce SUPER t’a paru creux et dénué d'intérêt, comme un pédophile castré au milieu d’un jardin d’enfant tu regardais les images défiler les yeux mi clos, luttant contre le sommeil, en attente du moindre signe qui irait rallumer cette étincelle dans le fond de ton regard livide, ce regard qui hier illuminait le ciel pluvieux d’un Paris moribond alors que tu battait le pavé d’un pas fougueux et déterminé pour rejoindre une quelconque personnalité en vue. Oui les incrustations à la JUNO ou la BO insipide à base de rock-pop indé différente à chaque séquence on du rendre ta gueule de bois plus douloureuse que jamais... A la fin de la séance, appuyé sur mon épaule, murmurant dans ton haleine fétide de vagues sentences plus ou moins cruelles, j’ai bien vu dans ton regard les reproches muets sanctionnant mes efforts pour te pousser à venir, “à 15h du matin” assister à ce pénible remake de KICK-ASS... Déjà tu n’aimais pas ce dernier car il tentait de dresser un portrait qui se voulait dérangeant du super héros, à grand coup de violence dénoncant la justice auto-proclamée, alors qu’en réalité le manque de courage pour assumer ce propos servait au final la soupe aux geeks fan de super héros et de divertissements fun et décomplexés... Et quand devant nous les mêmes défauts se sont reproduis j’ai bien compris que je t’avait perdu... Malgré tout, a coté de toi, j’essayais de rire avec la foule, parfois de bon coeur même, à quelques gags débiles qui ont toujours eu le don de me faire rire... mais j’ai ri aussi par gêne, devant l'interprétation sans finesse de Rainn Wilson ou devant la toujours consternante Ellen Page... Et que dire de cette fin detestable qui te fit t’effondrer de ton fauteil, comme terrassé par le poids du monde, comme si Nanni Moretti en personne s’était matérialisé devant toi, ce hoquet d’horreur quand tout ce qui aurait pu être sauvé se mit à basculer dans une indéfinissable mélasse tiedasse et racoleuse, qui se voudrait triste mais qui n’assume rien, manifeste d’un cinéma qui recherche à tout prix le “cool” pour plaire à un public de veaux qui mangent de la péloche comme des cochons à qui on donne les restes d’un festin, pour qu’ils chient ensuite sur allociné les meilleures répliques à grands coups de LOL...

 

Pardon Doc. Pardon. Aujourd’hui j’entrevois à peine les abîmes dans lesquelles tu errais. Mais pour te consoler, lis les paragraphes suivants, vois ce qui t’a été épargné, ce par quoi je suis passé, tout ce que j’ai traversé sans toi, comme un chemin de croix sur la colline de ma repentance... Vois, et si un jour tu oublies ce que l’on a traversé, ces écrits resteront à jamais comme témoignage de ces heures données au Cinéma, comme une offrande scellant un pacte passé depuis longtemps déjà dans une cathédrale obscure où les yeux humide tu assistais pour la première fois à la plus belle des Projections...

 

 




DON’T BE AFRAID OF THE DARK de Troy Nixey (USA 2010)

 

La nouvelle production Del Toro, avec Katie Holmes et Guy Pearce, réalisé par un auteur de comics. C’est dire si ça fait peur rien que sur le papier, et que tu te doutes que la salle sera remplie de nerds ventripotents. Tellement prévisible, et je serre les dents d’avance, seulement voila, les dieux en ont décidés autrement, ils s’acharnent sur moi les bougres puisque c’est la cérémonie de clôture et que je dois me taper les deux courts métrages lauréats de la compétition Canal+, Bolloré, Thalés, Areva, Dassault et Danone en sus. Ceux qui m’ont suivis en terres gauloises il y a quelques années pour le festival de court de Clermont Ferrand connaissent mon aversion pour les courts métrages : 90% de la production mondiale de court métrage est inintéressante au possible, et c’est tout le temps celle là que l’on montre. L'étrange Festival ne déroge pas à la règle malheureusement, et je prends mon mal en patience quand Madame Canal + annonce que le premier prix va à une oeuvre vagument anti-malbouffe (“vous ne mangerez plus jamais de hamburger après ça, hihihi”) et le second je m’en souviens plus.

Deux court métrage plus tard je retrouve une Katie Holmes toujours aussi mauvaise et un Guy Pearce en demi teinte et c’est dommage parce que Guy est un grand acteur. Ils emménagent dans un grand manoir loin de tout ET MEGA SURPRISE il y a des monstres dedans. Vu que c’est du Del Toro les monstres finiront en figurines dans la chambre de votre petits cousin, et le personnage principal est une petite fille incomprise qui s’évade dans l’imaginaire devant cette société occidentale futile et consumériste, et qui se retrouve parachuté dans un monde gothique peuplé de monstres. L’histoire ressemble à n’importe quelle autre production Del Toro, les décors aussi, et les effets spéciaux aussi.  Tout le monde joue mal, la fillette est insupportable, l’histoire est prédicitible de A à Z, le son est monté au maximum dans les basses pour faire sursauter le spectateur et les images de synthèses arrivent trop vite dans le champ pour que votre petit cousin se mette à flipper une demi seconde. Rajoutez à cela une photo trop sombre, un cadre pas très original (plutôt soigné en fait mais c’est très typé gothique enfantin facon Tim Burton ou Del Toro on a l’impression d’avoir vu ça 1000 fois) et vous aurez un sous LABYRINTHE DE PAN à éviter d’aller voir à Noël.

Pourtant, faire un film pour enfant “gore” était une bonne idée, il y a d’ailleurs ce décalage qui marche quelquefois et qui donne des choses plutôt belle dans la confrontation entre l’univers de l’enfance et une violence surnaturelle incontrôlable qui semble omnisciente, mais rien que l’insupportable jeu de la gamine fait sortir du film très rapidement, si bien que les intentions restent à l’état d’esquisses assez ratées. De même que l’explication mythologique à la con au milieu du film est une très mauvaise idée, car on avait déjà deviné le fin mot de l’histoire depuis la séquence d’introduction. Bref, beaucoup de maldresse, de redite ou de facilités et pas vraiment de surprise, pour un film qui mise sur les effets de surgissement c’est plutôt mauvais signe...

 




THE DIVIDE de Xavier Gens (USA 2011)

 

Le film d’ouverture du festival, en présence de Xavier Gens, réalisateur français dont les films ne m’ont jusqu'à présent pas vraiment marqué (HITMAN, FRONTIERE(S)) a une histoire plutôt hors du commun, puisqu'à la veille du tournage l’ensemble de la production s’est volatilisée, laissant une équipe sans argent au milieu des quatre décors du film. C’est les parents d’un stagiaire du réalisateur qui vont dans la précipitation sauver le film en acceptant de le financer. Paris risqué puisque THE DIVIDE est un film ambitieux, au moins sur le papier,  un huis clos ultra violent tourné dans un lieu unique, un abri souterrain, où vont devoir cohabiter huit personnes venues s’abriter suite à un bombardement. THE DIVIDE s'intéresse à la lente déliquescence de huit hommes (et femme) affamés devant survivre sans contact avec le monde extérieur. Le film va assez loin dans l’hystérie et la folie, et si on pouvait craindre au vu du passif du réalisateur que la réalisation s’embourbe et asphyxie le spectateur dans ces décors fermés, il est plutôt agréable de constater que la réalisation est moins pire que prévue, avec quelques mouvements de caméras et surtout une photo assez jolie. Le tout début du film marche plutôt bien, avec cette intro qui place rapidement le contexte, en 2-3 plans tout est dit. Bien. Malheureusement très vite la réalisation s’enferme a cause de caméras portée, de scènes d’actions au montage frénétique et de gros plan dans des dialogues en champ/contrechamp qui sont les véritables plaies du cinéma d’aujourd’hui et qui nuisent cruellement à l’ambiance. Il y a même un moment vers la fin où il se met à faire du Fincher, sans que l’on sache vraiment trop pourquoi : quel intérêt de faire un gros clin d’oeil alors que tout le reste du film est assez cohérent dans sa mise en scène ? mystère...

Si la réalisation pourrait encore (à la la limite) passer, le jeu des acteurs, lui, est désastreux. Tout le monde prend beaucoup trop son jeu au sérieux et patate dans les brancards à tout bout de champ. Il y a juste Laure Holden (en sosie de ma Milla Jovovitch) qui sauve un peu les meubles... Mais ce n’est pas Michael Biehn en sosie de Dr House rescapé du 11 septembre ou l'espèce de rockeur gay mais pas trop qui l’aident à s’en sortir. Même Arquette fait peine à voir, la faute sûrement à l’écriture désastreuse des personnages. Alors certes on ne tombe pas dans la psychologisation à outrance, mais c’est tout l’inverse : ici les personnages changent de comportement en un claquement de doigt, sans que l’on sache ni pourquoi ni comment. C’est plutot fâcheux quand la seule proposition du film est de les observer pendant 2h... Malgré tout, si il faut bien reconnaître un intérêt au film, c’est celui de ne jamais expliquer les tenants et aboutissants de la catastrophe. A la manière d’un Romero, on ne connaîtra jamais les causes ni les conséquences de la catastrophe, ni même l’identité des gens de l’extérieur.... et j’ai bien peur que ce soit la seule qualité du scénario, par ailleurs catastrophique, enchaînant les citations et les situations les plus prévisibles. Certes la dernière demi-heure parvient à instaurer un sentiment d’hystérie mais c’est tellement appuyé (à grand renfort de musique et de hurlements) que ça en devient éprouvant.  Alors oui ca va loin dans la violence, mais ca n’a pas l’impact escompté, la faute à tout ces défauts qui mis ensembles rendent THE DIVIDE bien anecdotique....

 

 

 

Norman Bates

 

 

 

 

 

 

 

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Lundi 26 septembre 2011 1 26 /09 /Sep /2011 15:57

Publié dans : Corpus Filmi
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