SADIQUE MASTER VIRTUAL FESTIVAL - épisode 4: Clôture

Publié le par Nonobstant2000

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["Always The Same WIth You" Par Nonobstant2000 et Dr Devo.]

 

 

L'aventure du SMVF se termine aujourd'hui, nous nous excusons pour les délais sans se gêner pour mettre ça sur le dos de l'hébergeur – du moins grâce à lui nous aurons eu un Vendredi 13 digne de ce nom puisque la diffusion du magnifique film de clotûre s'est vu décalée de deux jours.

Un lever de chapeau en direction de Tinam (créateur de festival) pour la qualité et la diversité de sa programmation, ainsi que pour la gentillesse de son accueil, et nous espérons que notre modeste chronique de l'évènement vous aura donné envie d'aller faire un tour sur son site, dénicher de nouvelles pépites.

 

 


Courts-Métrages en Compétition :

Sélection très éclectique déclinant l'élément gore sous toutes ses formes, du très graphique en tant que sujet principal manifeste au simple élément narratif, accessoire, presque  "incident de parcours", allais-je dire :

 

  • si certains producteurs se demandent encore comment HELLRAISER de Clive Barker devrait vraiment être adapté, il serait temps pour eux peut-être d'aller jeter un œil du côté du travail de Marian Dora (EROTIC FANTASY) ou de Frédérick Maheux (VIRAL) aux univers personnels intenses et très marqués.

     

  • Autres réalisations aux très beaux cachets visuels, LE CYCLE de Eric Falardeau et HANGMAN de Tyler Baron. Le premier nous invite à une très belle séquence immersive à ranger aux côtés de l'excellent CALL OF CTHULUH de Andrew Leman, tandis que le second, comme une bande-démo, pose les bases d'un univers peut-être à venir à propos d' un tueur des plus charismatiques.

     

  • A ne pas oublier également le jubilatoire, complètement nawak et fully home-made FAIM DE MORT 2 de François Yapojan, qui pourrait toutefois faire penser à certaines des élucubrations urbaines et déjantées de Dupontel ou de Jan Kounen. En tout cas, les influences sont pleinement digérées (pardon) et parfaitement incorporées à un univers personnel certain. C'est un peu moins le cas pour le NUIT NOIRE de Quarxx, un tour du cadran jusqu'au bout de la nuit des horreurs sociales (et de tous les poncifs dans la foulée) qui n'est pas sans rappeller l'univers nocturne magnifiquement dépeint par Gaspard Noé dans IRREVERSIBLE. Ici, belles prestations de l'ensemble du casting, photographie des plus soignées pour une mise-en-scène malheureusement un chouilla didactique, pour rester cordial.

     

  • MN #1 de Nicolas Demare & Baptiste Auric ainsi que SNIP de Julien Zenier m'auront laissé par contre presque de marbre malgré des qualités visuelles indéniables. Variation sur les éléments intrinsèques du film de zombies de base un peu courte (mais électrocutante) pour le premier, et  mutilation comme acte de libération un peu étirée (mais asphyxiante) pour le second. En tout cas je me demande encore ce que je dois en penser. Beaucoup de potentiel ici dans les deux cas.

 

  • Le très synthèsé AFFECTION de Jimmy Screamerclauz viendra en tout cas magnifiquement conclure la programmation, et on encourage également toutes les autres expérimentations futures dans cette direction.

 

 

 

DEAD NUDE GIRLS de Ryan Nicholson (Canada-2014)

 

Inconnu au bataillon pour moi, Mr Nicholson, Ryan, bénéficie d'un curicullum plutôt impressionnant en qualité de créateurs d'effets spéciaux et maquillages qui s'étend de X-FILES jusqu'au CHRONIQUES DE RIDDICK en passant par STARGATE, SCARY MOVIE et DESTINATION FINALE  et donc au premier abord, j'ai envie de dire "plus de questions Votre Honneur". Les aficionados le connaissent davantage pour ses réalisations personnelles au sein de sa propre compagnie, Plotdigger Films, à propos du très prisé GUTTERBALLS notamment mais je ne pourrais malheureusement développer davantage sur ce sujet, aussi je vous recommande ardemment le site de Tinam pour plus de précisions.

 

DEAD NUDE GIRLS donc, et on ne peut pas dire que le titre ergote sur la marchandise : elles sont "mortes" et elles sont nues, c'est certain, et Ustream le diffuseur a brutalement interrompu la séance (à une minute de la fin) en vertu de la présence de clitoris authentiques à l'écran. Le film se présente sous formes de trois sketchs, avec pour dénominateur commun un tueur en série séquestrant des jeunes filles bien en chair dans le but de leur aggrandir l'orifice reproducteur à l'aide d'instruments divers et variés. L'accent est mis sur le motus operandi, reprennant presque les codes du porno, après les préliminaires de rigueur concernant l'abduction des victimes. Pas de surinformation psychologique en ce qui concerne les motivations du tueur, dont les jurons effrénés et les méthodes en disent bien assez finalement.

Forcément il y a là un minimalisme et une radicalité qui font un peu autorité, laissant la porte ouverte à toutes les formes de réfléxions et interprétations les plus diverses . C'est donc le caractère "entier" de la démarche que je saluerais ici.

 

 

 

 

HIS DEVIL'S NIGHT (USA-2013) de Michael Todd Schneider (USA-2013)

..deuxième outsider attendu du Festival, qui vient conclure celui-ci dans l'apothéose que son synopsis le laissait prévoir, mais voyez plutôt : un patient s'échappe d'un asile psychiatrique un soir d'Halloween et déambule à travers la ville habillé en Jésus...on va s'asseoir et puis on va prendre deux petites minutes

Jesus.

At rampage.

 

..On Halloween !!!

 

Si c'est pas un pitch sorti tout droit de l' Enfer ça !… -  "the proper key to unlocking his fractured mind is around every bend of his fateful journey" nous préçise MagGot ("films that kills", la société de production de Schneider) et c'est une tournure merveilleuse pour un film qui l'est tout autant. 

Les cinquante premières minutes frôlent le sublime de très près, et le métrage enchaîne les moments de grâce avec une succession d' altérations de l'image toutes plus belles les unes que les autres qui donnent une impression généralisée de trip hallucinatoire comme ça faisait longtemps que je n'en avais plus vu sur un écran. Mon 2000e sens de Nonobstant a cru décéler un léger hommage aux ambiances lumineuses ainsi qu' à certaines chromatiques du travail de Cindy Sherman (d'ailleurs j'ai pensé que c'était elle la fille nue avec le vibrator et le masque de lapin, ..j' me comprends).

c'est un hommage parmi tant d'autres. On peut également penser aux premiers films d'Harmony Korine, pour le côté visite guidée à travers différentes strates de la société (séquence anthologique avec "le Père", immanquable) aussi bien qu'au tout récent SPRING BREAKERS pour le côté fluo omniprésent, mais au moins c'est fait intelligemment, c'est à dire sans jamais empiéter sur la narration (bien au contraire), toujours sous les auspices respectueuses de l'hommage et non du pillage ou de la ré-appropriation bancale de certains codes.

Une scène -une seule- un peu plus crue (en terme d'éclairages je veux dire) et un peu plus étirée que les autres menaçât un instant de faire basculer cette édifice de perfection pour nous ramener dans le torture-porn conventionnel (le réalisateur/acteur avait su jusque là s'en préserver avec virtuosité) (scène qui par ailleurs, nous vaudra une deuxième interruption de séance par Ustream) mais c'est pour mieux replonger dans la névrose, sans possibilité de retour cette fois. Je crois que je n'avais pas visionné quelque chose d' aussi chargé depuis au moins le COMBAT SHOCK de Buddy Giovinazzo. Une révélation, assurément (ah ah. Tu sors Télérama) en tout cas une vraie découverte dont on attend avec impatience déjà, les œuvres futures.

 

 

Nonobstant2000.

 

 

 

Publié dans Corpus Analogia

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