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[Photo:"If You Want my Past, Forget my Future" par Dr Devo.]

 

 

Chers Focaliens,

 

C'est un peu comme si on revenait à la base des choses, à la genése, aux premiers émois. On feindrait de prendre sa carte Pathugmont "All Access", et on se précipiterait dans les salles, choisissant au hasard souvent, ou en misant sur le pire ou le meilleur d'autre fois. Mais on irait là-bas, dans le noir, faire son devoir et se frotter au monde. Et quand la maladie mortelle provisoire, "genre" un rhume, vous clouera dans votre robe de chambre, on ne se laissera crever, on se battra tout pareil, chez soi, le kleenex dans une main, et le grogg double dose dans l'autre. Amène !



Je passe vite sur SPLICE car notre ami Norman en a déjà parlé fort bien il y a deux ans lorsque le film fût présenté, je crois à l'Etrange Festival. Ou alors l'avait-il vu lors de la sortie? Je ne sais plus. La galette dividiesque (pour ma part) me narra les aventures de mes deux petits chouchous des deux sexes, Adrien Brody, toujours dans des projets osés et risqués dans le moment, et la sublime Sarah Polley dont je me souviens avec tendresse et émotion que nous faillimes lors d'un repas croiser nos verres en faisant tchin-tchin (j'aurais préférré chin-chin d'ailleurs) et qu'elle s'écria, très fort, dans ce restaurant hors de prix, je cite: "Bad sex! Bad sex!", cri du coeur bruyant mais qui évita que nos grands crus se croisent de manière funeste, indeed. Les canadiens ne sont-il pas nos cousins ? Cette anecdote tend à le prouver en tout cas.

Ici, Polley et Brodey sont deux jeunes scientifiques spécialistes en génie génétique, et leur boulot, c'est pas du ron-ron pour sa mémère, car notre couple chéri, au labo et à la maison, crée de nouvelles espèces animales en combinant des ADNs issus de différentes espèces, et accouchant par la même de spéciment de monstres fort intriguants. Malheureusement, la science est à la merci du bizness, et quand on arrête de financer leur recherche, Monsieur et Madame décident de continuer leur recherche en loucedé au nez et à la barbe de leurs financeurs! Le problème, c'est qu'ils vont continuer de trouver de nouvelles clés génétiques et que, un détail chassant l'autre, ils crééront une nouveau spécimen, hélas bougrement abouti, et qui leur posera à peu prés tous les problèmes du monde...

Ha Natali, le mal aimé ! Certes le CUBE à l'époque avait défrayé la chronique, mais le rang des détracteurs devait grossir plus encore juste après quand il réalisa le mal-aimé mais pourtant très réussi, et totalement paranoïaque CYPHER. Ensuite il y eut NOTHING, très beau projet mais qui aboutit à mon sens à un film qui loupait complétement sa cible: écriture maladroite, sans aucun sens du vertige malgré le sujet sublime (un jour votre maison est suspendu dans le blanc du Néant, et tout l'Univers à disparu), et pas très bien joué par dessus le marché. Et c'est pas pour balancer, mais c'était co-écrit par un des acteurs, pas super gégéne et qu'on avait déjà vu dans CUBE d'ailleurs. Passons.

Débarassé de l'intrus, Natali emprunte ici clairement le tracé nordique mais balisé du film de genre, et je dirais même du genre "scientifiques dépassés par leur découverte" ! Grosso modulo, on est dans les pas d'un récit qui reprend à peu prés, dans les grandes lignes, ou dans l'esquisse, la voie tracé par LA MOUCHE et autre... Sans se cacher d'ailleurs. Le film suit une double évolution vraiment intéressante. Tout d'abord, il démarre du super-ultra-classique et balisé pour ensuite, petit à petit, quitter le niveau de l'anecdote scènarisée et insister plutôt sur des développements de plus en plus subtiles et simples qui mettent en avant l'aspect inéluctable des catastrophes mais aussi rend l'aspect humain (et monstrueux) de l'expérience assez noir et pathétique. Bref, ça démarre comme LA MOUCHE, disais-je, tandis que la mise en scène nous offre une narration rapide, assez djeun's comme ils disent, avec ellipse et bande-son rock et tout et tout, et avec déjà de bons choix de prises pour les acteurs: on fera face alors à un Brody hollywoodement efficace, et une Sarah Polley qui nous surprend et nous fait peur car, pour une fois, elle en rajoute à mort, voire semble un peu perdu. Prendre des prises en porte-à-faux pour nous metrre en défaut dans la première bobine, voilà qui est intriguant. Comme je le disais, ensuite le filet se resserre et le maillage devient plus énergique. Les acteurs se recentrent, le film acquiert son rythme prenant et langoureux. Les décisions impossibles à prendre se prennent comme le veulent le genre et le propos. On s'enfonce dans l'horreur banal, dans le ressenti. Le film acquiert aussi plus d'indépnendance et sans s'en rendre compte, on s'apperçoit très régulièrement que de nouveaux paliers ont été franchis. Brrr, l'effroi, la douleur, et l'enfermement font leur travail de sape. Le film se vide de plus en plus de ses personnages, le huis-clos pointe presque. La noirceur du propos s'épaissit, les scènes traumatiques ponctuent à intervalles réguliers le récit: scène de la baignoire, scène de la présentation publique totalement superbe et très bien découpée, très bien mise en scène, drappée dans une un voile funeste et même légèrement grotesque qui rend bien honneur au genre en plus. Et enfin, une scène absolument effroyable et simple enfoncant le clou douloureux de l'horreur avec force.

Nous sommes aux deux tiers du film, et Natali déploie alors son arme secrète. Le derniers tiers est en effet une pure merveille d'écriture tout d'abord. Mais, il sera nettement mis en force et en valeur par une mise en scène osé et efficace qui va prendre le spectateur un peu par derrière. C'est surprenant et ça fait donc peur. Bien monté, ce dernier tiers débutera par une réduction totale de l'intrigue pour laisser passer, bizarrement mais croyez moi ça marche à fond, une séquence très intimiste et totalement douloureuse. Ce sera le sas vers une dernière partie étonnante, où Natali laissera la place à une action plus frontale d'une part, déjà c'est surprenant si on prend en compte le chemin que semblait emprunter le film, et dont la mise en scène sera assez ouvertement "gothique" en quelque sorte. Si la part des effets spéciaux est importante dans ce segment final (créatures, bagarres, personnages faisant des sauts gigantesques, etc...), la réalisation fait autant la part belle à des jeux de mise en scène plus serrés: jeux de lumières, de suggestion et d'ombres, mouvements simples de caméras, montage très suggestif et enfermant. L'horreur intime qui a précédé percute alors avec force ces scènes d'action plus old school mais superbes, et l'ADN de ces tonalités se mélangent ouvrant les portes de l'enfer et de l'effroi. Quand les cris cessent, un froid glacial vous fait frissoner. Brrr...

Bien photographié, toujours beau, SPLICE est aussi risqué et totalement adulte, sans aucune trace de second degré. Sur un thème assez classique, Natali signe un film assez joe-dantesque dans le sens où il explore toute les possibilités de combinaison des ingrédients de départ. Il pousse les enjeux dans leur moindre recoins. C'est noir prenant et terrifiant. Une vraie réussite pour un film au final assez atypique. Bravo !

 

 

Dr Devo.

 

 

 

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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 10:01

Publié dans : Corpus Analogia
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