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[Photo: "Le facteur social, prise #1" par Norman Bates, d'après THE OREGONIAN.]

 

 

 

 

Il me fallait une bonne raison pour reprendre. Bien sûr, j'avais songé à reprendre plus tôt. Un article sur l’AMOUR DURE 3 ANS dans les cartons, faute de mieux, au final abandonné parce que pourquoi continuer à prêcher dans le vide ? Avoir les mêmes réactions que pour INTOUCHABLES ? Il n’y a plus de cinéma dans le débat. L’AMOUR DURE 3 ANS c’est si vous avez raté Canal Pute ces 10 dernières années, agrémenté avec du Bukowski et du Bunuel pour faire intello. J’aurais pu écrire sur ça comme sur autre chose : vous avez vu le Cronenberg ? Des psychanalistes qui font de la psychanalyse ? Des petits bourgeois qui se mette des fessées à la dérobées dans des salons grand-empire ? Par le mec qui a fait CRASH, vraiment ? Et le dernier Carpenter, ça vous fait pas mal ? N’importe quel tâcheron aurait pu réaliser THE WARD. Cinéma, morne plaine avait écrit Devo il y a un jour ou deux, oui les jeunes, tout ça à l’approche des élections en plus, c’est dire si les temps qui courent me rappellent les heures les plus sombres de notre histoire. Quand même Shakira reprend Cabrel c’est la crise dans les idées, la créativité dans les choux et c’est pas un programme de campagne basé sur de l’auteursime-ghetto à la sauce franchouillarde qui va réveiller mes négros. Le retour de Leonard Cohen valait bien ça, les signes avant coureur d’une révolution underground se propagent déjà sur les réseaux, le Dr est dans le circuit, les temps changent, et y’a un truc dans l’air qui me dit qu’on va remettre les larmes là où elles brillent par l’absence. Votez Devo, pas comme on vote Giscard mais comme une manière de se proclamer exigeant, distingué et droit dans ses air max, critique au milieu du désert. Mon 2012 à moi sera éjaculation faciale, orgasme le dimanche soir et beurre à tout les repas. Et on commence maintenant.




Le mec qui vous résumera THE OREGONIAN sera un menteur. Le mec qui vous dira référence à l’appui qu’il a compris THE OREGONIAN est le même genre de type qui vous explique MULHOLLAND DRIVE avec une thèse de 20 pages qui cite Deleuze, Freud ou Dali. Un type honnête vous parlera avec des larmes aux yeux d’une omelette à l’essence ou d’une mascotte priapique. IMDB vous dira que le film est du genre Horreur | Mystère. La vérité n’existe pas quand on parle de cinéma, mettez vous ça dans le crâne, les jeunes.




Comme on commence une enquête, on oublie les préjugés, on met de coté son histoire personnelle et on part sur le terrain armé d’un dictaphone après un bon café. Il y a un accident de voiture, c’est un fait. Une femme, mais c’est déjà moins sûr. Le monde est étrange, peuplé de choses inquiétantes, les sous bois sont hantés, les maisons en ruine et les moeurs déviantes. Je me déplace lentement, j’essaye de remonter le fil. Tout est embrouillé, accidenté. Il me semble que le sang est la clé. L’unique indice de l’écoulement du temps est la taille de la flaque de sang. Quand on commence à compter le temps de cette manière, il faut accélérer la cadence. Il me semble que les règles habituelles ne m’aideront pas, la mécanique est oscillatoire, il faut suivre le fil instable de la mémoire sous le choc des évènements récents. Vous voyez RALLY 444 de JC Sanchez ? On parlait d’une course de voiture à l’époque, ici on parle de remonter le fil d’un accident. Dans la mémoire. A l’époque on cherchait de la drogue, ici on ne sait même plus ce qu’on cherche : la Vérité ? Il me semble au contraire que le mystère s’épaississe  à chaque plan. Tout était simple au début ! C’est quand l’EVENEMENT s’est produit que tout s’est mis à déconner. Faire du stop avec un fusil à pompe n’est jamais une bonne idée. Cet article aurait pu parler de L’AMOUR DURE 3 ANS.




Vous savez, ou pas, qu’une équipe de chercheur à passé trois ans à savoir comment éternue un singe qui n’a pas de nez ? Ici c’est pareil, la quête de la Vérité passe avant tout par l'explication d’un phénomène singulier : on ne trouvera jamais de Vérité au sens absolu du terme dans la série BREF ou dans un coucher de soleil de l’album photos de tata Jeanette. Je vous parle d’une quête qui passe par un cheminement sinueux, aux limites de la biologie et de la science, louvoyant entre le paranormal et le journalisme à scandale, de quelque chose qui ne soit pas universel mais purement singulier, et qui vous touche à jamais. Mon singe sans nez à moi, mon Everest de matière fécale, ma collec’ philatélique perso. Les règles usuelles du cinéma ne s’appliquent pas : je ne vais pas vous parler de champ/contre champ dans un film ou un individu peut très bien apparaître ou disparaître d’un plan à l’autre, de même que parler d’échelle de plan quand il s’agit d’agencer l'univers entier parait bien futile. Devant des choses aussi importantes et aussi grandes, il faut parler en mots simples, il faut aller au plus important. THE OREGONIAN est un grand film. Un film important, aussi terrifiant qu’il est drôle, aussi absurde que mélancolique. Ça parle un peu du cheval aussi, de concours équestres qui ont un peu dégénérés, mais attention pas du tout à la Omar Sharif. L’important ce n’est pas que je vous dise que je me suis rarement senti à tel point mal à l’aise devant un écran de TV depuis l’Eurovision de 89, ni que le distributeur m’a payé des bières, tout cela n’explique pas à quel point j’ai été ému ou heurté par le film. Tout ce que je peut vous dire c’est que si le talent se mesure à la capacité à dire beaucoup sans faire grand chose, rien qu’en prenant pour exemple la scène hallucinante où un chauffeur routier urine sur le bord d’une route, scène dans laquelle vous avez plus de cinéma que dans un abonnement de 2 ans aux cahiers du cinéma, scène qui fait cohabiter l'alpha et l’oméga (naissance de l’univers et douche comprise), scène où chaque goutte d’urine du chauffeur routier est plus belle que toutes les larmes de tous les enfants paraplégiques du Monde, alors oui, je vous le dit, Calvin Reeder est un mec talentueux. Même si on parle de Lynch alors que ce n’est pas ça, même si dans le son sublime il y a quand même, maladie du moment, trop de basses, même si à la fin on ne vois pas le vrai visage de Dark Vador, même si on ne voit pas éternuer le singe sans nez, on aura quand même contemplé, pour un instant au moins, notre plus profonde solitude. Démerdez vous avec ça.




J’ai l’air d’en dire peu mais c’est parce c’est comme le LSD, il vaut mieux essayer tout seul : c’est à vous de prendre le temps d’explorer les recoins crades de la conscience, d'endosser la chemise à carreau du redneck américain, et d’aller explorer le monde des cinglés de l’intérieur style MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE. Et de revenir en parler.



Le film sera visible en salles sur Paris bientôt, et sans doute à Lille aussi.




 

NB.

 

 

 

 

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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 14:58

Publié dans : Corpus Filmi
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