THE SOCIAL NETWORK de David Fincher (USA-2010): Y-a-t-il des Quenelles sur Mars ?

Publié le par Dr Devo et Norman Bates

 

 

Kind Wurst devo

[Photo: "Quenelles are a boy's best friends" par Dr Devo.]

 

 

 

Dr Devo dit : C’est beau l’amitié. Une main tendue qui devient l’épaule (mon dieu !) sur laquelle on prend soutien. C’est parfois un éclat de rire, un simple regard et l’on sait que l’autre a pigé. On se paye des coups, on va au ciné, on essaie des espadrilles au magasin en rigolant comme des enfants. Plus tard encore, on partage les malheurs, mais aussi les bonheurs, et on se réjouit de la réussite de l’autre. Et même si elle craque aux entournures, même si elle cède parfois, même si l’introduction est trop longue, on ne peut que se réjouir. Heureux celui-là qui a des amis…

 

Norman Bates dit : Mark Book traverse un campus désert, une nappe de violon résonne, un bruit métallique s’amplifie, le violon rejoint le métal, et tout résonne en cœur. Si c’était ca aussi faire du cinéma ? Dans une grande introduction je te présenterais mes amis, on dine chez eux ce soir et demain le golf. On mettrait de la musique relax, on parlerait comme avant et tout d’un coup votre violon unique laisse place à un truc effrayant : la technique. Ici c’est pas Paris, pas l’Amérique, c’est Internet et on découvrirait un jour que son meilleur pote écoute Charles Aznavour en loucedé quand il est triste, ou que cette jolie fille rencontrée au bar à 60 photos d’elle prise avec son portable.

 

Dr Devo dit : Chez nous, en Amérique. Avant-hier. Ce jour-là, M. Jospin reprend deux fois de la viande et Madame Michu hésite sur les motifs de sa nouvelle nappe. Pendant ce temps-là, sur le campus de Harvard.

Mark Book est un étudiant de la prestigieuse grande école. Ses amis ont des franges ou les cheveux trop longs. Lui porte le poil trop long et frisé. Ca plait. Comme tous les gens de son âge, il est un peu arrogant, un peu sûr de lui, un peu la tchatche, même si lui verse plutôt dans la ténébreuse geekitude plus que dans le chipster flamboyant. Un soir de cuite et de rupture, mais pas dans cet ordre, Mark invente un site pour noter les gonzesses au cadran, comme sur le marché de la viande de Loudéac. Trop lol, définitivement mdr, ses confrères étudiants sont trop ptdr et le site fait sauter le système informatique de Harvard. De fil en aiguille, de riches en chameaux, du coq à l’âne, Mark et son pote Ed Book commencent à travailler sur un site dérivé de cette première expérience. "Ce qui fait marcher le monde, Coco, c’est avoir  une "date", voire faire du zizi, être dans un chouette club de mah-jong, ou s’inscrire sur la newsletter de Matière Focale. Et puis poster des photos de sa copse en maillot de bain, et là tout le monde sera trop :-)."

Sans le savoir les deux alcoolytes ont créé le site LivreVisage. Mais c’est quoi créer ? Comme disait Quentin T., sont-ils "artist" ou "artistic" ? Le contenant ou le contenu ? L’architecte ou le concepteur du plan ? Le concept ou la clé à mollette ? Et le youki qui met du blé de maille dedans, hein, c’était qui ?

 

Norman Bates dit : La part de création et de technique, ce qu’il en reste chez l’homme, le Ying comme le Yang, ca aurait pu être la rengaine toujours renouvelée de l’Histoire : je construis une amélioration qui en sont sein engendre exactement son contraire, je crée un réseau pour rapprocher les gens, je donne naissance à une génération encore plus individualiste que la précédente. C’est le principe de la bombe atomique, des radios libres et de la variété française : chaque découverte, chaque nouveauté porte en elle sa propre négation. Dans ce sens comment avancer ? Mark Book à une idée, ce n’est même pas vraiment la sienne, c’est l’idée d’une génération : exposer sa gloire sociale aux yeux des autres dans un monde ou les vrais amis se comptent sur les doigts d’une main. Lorsque tu réponds à un commentaire sur une vidéo d’un chat trop mignon qui fait du piano, à l’autre bout du monde un papillon se pose dans la nouvelle villa d’un actionnaire grabataire. Création d’une tour de babel 2.0 où chaque propos est vidée de son sens, chaque discussion rendue stérile par une nécessaire mise en scène de soi même : passer de l’intime à l’extime, c’était donc ça ce violon diluée dans le métal, ce chant du cygne avant que tout ne soit chirurgical ?

 

Dr Devo dit : Le focalien a tendance à dire, avec la justesse et la rigueur qui le fondent lui et chacun de ses actes, que le succès ou l’insuccès arrivent toujours pour de mauvaises raisons. Fincher incarne sans doute cette méthode du hasard et de la bêtise. Le type n’est pas un mauvais bougre, il a même pas mal de moyens. Le ZODIAC par exemple, avec sa démarche de guingois avait une ou deux bonnes scènes et un structure finale vraiment surprenante, puisqu’il s’agissait de faire patiner le film jusqu’à menacer de ne pas aller à son terme.

BENJAMIN BUTTON, malgré quelques qualités formelles, était déjà fort convenu. Depuis FIGHT CLUB, ça patine et puis c’est tout, se dit-on. On n’est pas fâché, mais on est bien content qu’il ne débarque pas à la maison toutes les semaines.

 

Est-ce justement là le profil de l’ami moyen (médian plutôt) sur LivreVisage. Je ne traiterais pas de cette question dans cet article, mais on a bien senti dans le paragraphe précédent que je faisais des efforts pour mettre en avant une "ligne éditoriale".  Car, voyez-vous, je joue le jeu et je cherche des amis. Ceci étant dit et fait, lâchons les chiens et faisons un peu de journalisme total.

 

 

LE RESEAU SOCIAL, le film, existe déjà en fait. On en a même déjà parlé sur ce site. Il s’agit du film STEVE ANDRE. Allez-y voir c’est maxi-délicioso ! Et la vérité triste, le constat tragique, c’est que ce film aurait du être réalisé par Benoît Forgeard dont toute l'œuvre tourne autour de la communication 2.0. Que sont un homme et un slip modernes ? Quels paradoxes pour quels enjeux citoyens ? C’est le fil rouge des films du bonhomme.

 

Norman Bates dit : Les nappes électroniques, les écrans d’ordinateurs, la profusion des symboles, la difficulté de parler à une fille, la facilité de niquer dans les chiottes : je viens de changer d’avatar, passant d’une photo de moi à la plage à une photo où je suis bien avec ma copine. Le regard, c’était encore au siècle dernier ou ca existe encore ? Peut-on faire du sport sans qu’il soit l’étendard de notre gloire ? Et niquer, est-ce exister ? En faisant croire que la communication entre les êtres est facile, on a en a dénaturé la notion du soi, jusqu'à cliquer sur play pour savoir ce qu’aime l’être aimé. Mais découvrir l’autre, c’est avant tout créer un espace physique, prendre corps dans la dimension réelle, ne jamais faire confiance au fantasme. Internet, l’usine à fantasme, la mécanique des rêves, c’est Justin Timberlake en Lucifer séduisant qui fait mine de découvrir à l’aube que Facebook existe (Facebook à toujours existé, mais avant il était caché). Vous avez vus ces plans ? Tout est trop beau, trop propre, trop parfait. Comme si au milieu des petites gens qui composent Facebook il n’y avait plus aucun grain de sable. Vous qui entrez ici, perdez toute confidentialité : votre vie est aux mains de gens cools et sympas. Photographie high tech, musique électronique, phrasé geek, pas de doute, le film parle de la génération qui engendre des génies du vide, des stars virtuelles et une religion digitale : Dieu est un nombre qu’on ne peut pas atteindre. Du coup il n’est pas étonnant d’avoir 500 amis virtuels et un seul ami réel qui vous lance un procès : la dialectique réelle de l’amitié à été détruite.

 

 

Dr Devo dit : LE RESEAU SOCIAL, le film, est donc un remake. Un Remake de STEVE ANDRE. Mais là où ce dernier se voulait documentaire, jusqu’à suspendre le cours de la fiction normalisée (puisqu’on est censé assister en direct à un événement, et que le film l’est, tourné en direct), Fincher choisit une option tout autre en convoquant ouvertement (non sans courage, même) la fiction. LE RESEAU SOCIAL n’a aucune velléité documentaire directe. Ces personnages, contrairement à ceux de STEVE ANDRE (cf. Stéve André lui-même bien sûr, et surtout l’humoriste Mouquette) sont de pures créations, et c’est tant mieux car, finalement, si les conséquences sont parfois paradoxales, les situations de départ de RESEAU SOCIAL sont simples comme bonjour. Un parti pris chouettosse, donc.

 

C’est la grande force de RESEAU SOCIAL. Faire une bonne fiction, bien cuisinée, une cuisine d’homme en quelque sorte. C’est sûr qu’il est tentant de faire un film sur LivreVisage, et pas seulement pour des raisons commerciales. Mais Fincher n’en a que faire ! Yummy yummy ! C’est là, la bonne trouvaille. Mark Book et Ed Face n’ont jamais réellement existé. Les acteurs, plutôt bon, ne leur ressemblent pas, et pour jouer le personnage de l’inventeur du logiciel musical Munster, Fincher, non sans humour, va jusqu’à convoquer Justin Timberlake qui n’est pas vraiment un artiste underground !

Alors, si LE RESEAU… ne raconte pas ce qu’il est censé raconter, il raconte quoi au juste ? Ce n’est pas pour faire mon chipster justement, ni pour faire ma chochotte que je vous répondrais que le gars David, il fait non pas un truc, mais deux en même temps. Et cela est extrêmement logique car le premier truc dont il nous cause, c’est justement le fait deux choses en même temps ! Funny ! Non ?

 

Et ca démarre même sur les chapeaux de roue avec une première scène totalement réussie. Le film commence sur une conversation, pas sur une action. On comprend très vite, comme si le film attendu se fissurait dans les premières secondes, ce qui est en train de se passer. Cette scène über-fictionnelle n’est pas une scène "réaliste"  dans le cadre d’une fiction de film, c’est carrément autre chose : c’est tout bêtement une scène de tchate qui n’a pas lieu dans un bar, mais sur internet. Plusieurs conversations en même temps, dont certaines se perdent d’ailleurs, on répond à la première question alors que la deuxième est déjà posée (décalage des réponses), une réponse à la question C répond en fait à la question B mais est quand même considéré comme telle (et en plus cette réponse "erronée" puisqu’elle commente la mauvaise question, répond quand même bien à la  mauvaise question!), recentrage de la conversation, raccourcissement des temps d’écoute et de composition, recherche des sous-entendus, volonté d’y mettre un terme qui échoue, et, au final, le clash ! Ca a duré trois minutes et tout est dit ! En plus, Fincher fait le montage de ce dialogue de manière ultime, poussant le jeu des réalisateurs médiocres (c’est à dire presque tout le monde, vu que presque plus personne ne monte les dialogues) jusqu’à l'extrême et la destruction : il finit par faire un champ ou un contrechamp par phrase, ce qui est très marrant car, bien sûr, les phrases sont de plus en plus courtes comme je le disais. C’est en quelque sorte une idée vulgaire, un peu à la Oliver Stone, bien placée, et punk. Donc belle. Faire deux choses à la fois (ici deux conversations en même temps, prétendant quelquefois être la même ou interchangeables), c’est le premier sujet. Fincher me fait alors délicieusement frissonner car je me dis à ce moment là : "C’est plutôt un film sur notre utilisation quotidienne d’internet, et pas sur LivreVisage spécialement, et la réalité qu’on va voir n’est que factice : c’est une représentation, d’où le bon choix de la fiction." Je me demande comme il va incarner en action et en mise en scène les temps de téléchargements, l’utilisation de Gogole le moteur de recherche, la différence mac/pc, les jeux en ligne, le point de Goldwin, les différentes utilisations selon l’âge, la pornographie, etc… Ca va être délicieux !

 

 

En fait, il ne fait pas vraiment ça, mais il tente un autre truc, assez intéressant aussi…

Car en effet, dans les minutes qui suivent cette brillante introduction, un étrange sentiment s'installe. Peut-être à cause de cette musique, une espèce d'electro ambiante qui ne parvient pas du tout à rassurer, et même au contraire (le retour vers la chambre et la traversée du campus, en générique, moment proprement glaçant). Puis, nous mettons le doigt dessus un peu plus précisément. Harvard est une espèce de microcosme, certes, mais valant pour le Monde. [Ce sont les seuls connectés, on dirait!] Et le portrait est effrayant. Ultra-intelligents, über-chipsters, des études grandes comme des corons en bassin minier, des réparties dignes des meilleurs soaps, une langue précise et sur-affutée, et des porte-monnaies plus grands que le PIB du Gabon sur les dix dernières années: ces gens, ce sont des humains normaux, mais dix fois plus puissants en tout que nous, pauvres hères. Voilà qui calme drôlement. Derrière leur courtoisie hallucinante, s'organise quelque chose de plus bestial. Un travelling dans un bus (très beau, mais effroyable) nous fait goûter du bord des lèvres l'ultra-violence de ce monde. Ce régime de jeunes femmes nous terrifient. Les emmène-t-on vers l'abattoir? Sont-ce des pièces de musée? Des actrices pornos? Le film est-il un remake de SOCIETY ? Un étudiant prend la parole et déclare qu'ici, c'est le monde. Mark Book n'a fait qu'une chose: concevoir un outil qui est la réplique exacte de cette société huppée et intelligente.

Ces gens beaux et brillants, et là je suis sincère, sont terrifiants et parfois malgré eux. On à l'impression d'avoir trouver le nid, l'usine de Surhommes ! On découvre alors horrifié que Naziland existe et que c'est nous, le cœur de l'occident, qui l'avons mis en place. L'homme parfait existe, et en des centaines d'exemplaires. La pouponnière existe. Premier constat. Pas étonnant que Fincher ait cherché pendant le générique à installer une ambiance "breakfast at the bodysnatchers"!

 

La troisième lame qui coupe le poil de notre espérance, c'est la taille. La taille, ça compte ! Le sport! Le podium! Plus que le pouvoir, la course mystique à la première marche anime ce monde, de A à Z. Pas étonnant que Fincher ait placé au cœur du film une séquence ostensiblement décalée du reste (mise en scène, photo, etc...), celle de la compétition d'avirons, beau passage d'ailleurs. En Terre Sainte (l'Angleterre), la lutte distingue le plus fort sans aucune ambiguïté et ça, les jumeaux l'ont bien compris. On leur dit "vous avez fait une belle course" et eux ne sont pas d'accord, puisqu'ils n'ont été que deuxièmes. Faire une "belle course", quelle belle affaire! On n'est pas là pour faire des jolis tableaux! On est là pour la gagne. La séquence montre bien que la compétition physique, la force, est un système nettement plus sain que la compétition intellectuelle. On sait qui a gagné et qui est responsable de quoi. La création de LivreVisage change la donne: il n'y a pas vraiment de créateur, les cerveaux sont multiples. Qui a créé LivreVisage? La réplique revient plusieurs fois: si vous étiez l'inventeur de LivreVisage vous l'auriez créé! Lapalisse rencontre Lewis Carrol ! Mais Mark Book, en disant cela, a raison. LivreVisage lisse tout. Les résultats du match sont moins clairs. Le seul objet de compétition sera-t-il avoir le plus d'amis?

 

Norman Bates dit : Dans un loft super sympa, au milieu des jeunes qui vivent et qui s’amusent, il est forcément cool de travailler pour des choses cool. En fait, du point de vue de la mise en scène c’est totalement l’inverse. En faisant mine de disséquer une génération, de pénétrer chez les gens, Fincher rajoute un vernis sur ceux qu’il filme. Décors aériens, plans amples, variétés des supports, LE RESEAU SOCIAL c’est le GERMINAL du XXIème siècle. Comment on traite l’homme, comment le travail à changé, mais comment au fond c’est toujours le petit qui paie. Le LivreVisage est un nouveau socialisme, une exposition de la meilleure face, fait par des jeunes et pour des jeunes et qui "connecte" de fait. C’est une descente dans la mine, et au fond, on découvre non pas l’affreuse réalité, mais une réalité suffisante : alors qu’on s’attendait à un combat des idées, le LivreVisage renvoie à tout le monde la même chose. Il y a l’usine nouvelle, le monde de demain, mais Fincher filme un jeune connard misanthrope qui a envie de niquer. Portrait d’une génération, certes, mais portrait quand même. On fait bien de la musique avec des ordinateurs, alors on peut vous jouer du pipeau deux point zéro, vous pourrez dire sur votre profil que vous trouvez le film « tro cool car il é 1trenzijean et ne fé pa de kdo o kréateur ce vieu geek ka pa dami lol ». C’est ca le crime ! Fincher fait porter la faute sur le créateur ! Quelle blague, c’est peut être lui le moins à plaindre dans l’histoire. Dans un monde où 500 000 000 de connards s’inscrivent sur un site qui sert avant tout à partager des photos d’eux bourrés et où un mec arrive à générer de l’argent par tractopelle entier grâce à eux, il n’est plus de salut ultime. Chacun cherche son reflet, son avatar dans la page de l’autre. Même le créateur n’existe plus, qui le connaît ?

 

 

Dr Devo dit : Bon, Naziland et la compétition, c'est dans le film et c'est assez effrayant, je l'ai dit. Hélas, les choses se gâtent. Le film était une représentation du monde en ligne, et un éloge du Suprême. Dans cet ordre. Fincher pourtant ne rembraye pas sur ces axes et décide de faire... le contraire !

 

Et c'est là, les mais que le film bascule dans le documentaire-fiction! Il devient effectivement le biopic de Mark Book. Le film devient le film du procès. Il perd son effroi mythologique, cette panique sourde qui est la nôtre devant des corps et des esprits si supérieurs. L'horreur de la programmation sociétale s'efface au profit de l'historiette. Jamais Fincher ne parviendra à continuer la description du monde-ligne. La piste est clairement abandonnée. Le film passe en mode" individuel". LE RESEAU SOCIAL devient un film de Monsieur-Madame. Adieu ambiguïté. Entre ici, Benoit Forgeard avec ton cortège de films fantômes (cf. l'épisode de LAÏKAPARK avec l'enregistrement de la musicassette). Fincher trouve son Youki et lui donne du nonosse. Mark Book devient un concept hollywoodien: une quête, des contre-quêtes, trois actes, une motivation (sa petite copine en plus!). Il a créé LivreVisage parce qu'il était malheureux. En fait, il est seul. C'est une blague?

 

Norman Bates dit : En même temps, on écrit où on veut ! Plus les espaces de libertés virtuels fleurissent, moins il est possible de les détourner : en politique comme dans la vie, on nous parle souvent de liberté pour mieux nous la sucrer, c’est le grand truc des gens qui gouvernent. Tant que les petits génies de l’informatique servent les intérêts des plus grands, c’est la connivence des Dieux. En bas, le media est un moyen de plus de détourner la parole. Le procès est entre gens invités, pas de public dans La Décision La Plus Importante Du Monde. Fincher convie tout le monde dans ce Yalta nouveau genre, mais le piège était là. On est au cinéma, les méchants sont identifiés, les gentils sacralisés, et tout le monde peut retourner se coucher. LE RESEAU SOCIAL, ou rien de nouveau sous les étoiles. On a déjà vu ca cent fois : Mark Book est une rock star, un homme politique, un footballeur ou le plus prestigieux tailleur de slips. La traitrise de Fincher c’est de faire rentrer au panthéon des gens qui comptent, les gens qui content. Sous un fond ambigu de dénonciation/admiration, Ficher essaye de se faire des amis des deux cotés. LE RESEAU SOCIAL ca devait être la mailing-list de Schlinder, pas la rafle des oscars façon BENJAMIN BUTTON. Aujourd’hui je le dis, Fincher à serré la main des nazis, il a abdiqué pour ne plus faire qu’une illustration à la Vichy, une pastille facile à avaler à destination des clients du LivreVisage. C’est comme si on s’apercevait à la fin qu’il n’y a aucun juif caché dans le plancher !

 

 

Dr Devo dit : C'est ça le problème de Fincher. Il veut faire des films. De vrais films. Des films qui ressemblent à des films de cinéma. Il aurait pu faire une œuvre punkoïde, un grand-film monde qui dit plusieurs choses à la fois. Mais, il veut faire un vrai film. En quelque sorte, Fincher paye son succès. Il est dans la position inverse de Roger Avary. Loin d'être un film sur LivreVisage ou Book, LE RESEAU SOCIAL est un biopic de Fincher sur... Fincher. Il était malheureux parce qu'il avait perdu sa "copine" (cf. AUSTIN POWERS). Bah ouais.

 

On est loin de l’effroi lovecraftien qu'on devinait en début de partie. C'est assez triste.

 

Norman Bates dit : Je dirais même plus : Fincher ne veut pas changer son statut !

 

DIEU DIT: DR DEVO ET NORMAN BATES SONT SUR FACEBOOK.

 

 

 

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Publié dans Corpus Filmi

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Dr Devo 08/11/2010 21:57



MMmmmm... Possible. Ou alors pas du tout... Je vais réfléchir.



CQFD 08/11/2010 21:47



...ha ha ha.



CQFD 08/11/2010 21:46



MWARFF-ahahahahahahahahahahahahahaaha....



CQFD 08/11/2010 21:45



YOU


DO 


NOT


TALK


ABOUT


THE 


SOCIAL


NETWORK



sigismund 28/10/2010 17:59



messieurs,


tout d'abord encore merci, merci, merci et mille fois merci pour votre superbe article.


je m'empresse d'ajouter que je n'ai pas encore vu le film cependant ce que vous dites me fais craindre le pire, autant j'ai envie de croire à l'uchronie de INGLORIOUS BASTERDS, il y a quelques
temps déjà que je ne peux qu'éprouver que de la compassion à propos de David Fincher. On ne piétine pas un chien mort.


Reprenons un instant 'Seven' qui, avant que le réalisateur n'adapte Palahniuk, celui-ci disait déjà bien MERDE au spectateur ' eh oui bande de nazes regardez-vous à bouffer vos burgers et venez
pas nous dire à nous les studios ce que c'est qu'une oeuvre d'art : vous bouffez de la merde alors on vous sert la merde que vous méritez tout juste' - ce n'est pas toute la thématique de 'Seven'
ceci dit, mais un de ses aspects.


Le même gars qui donc maintenant semble faire ce que tout le monde fait, laisser entendre...et je parle ici de ceux qui ont encore à peu près des idées.


A ce stade je pose la question : est-ce que la situation n'est pas plus grave que ce que l'on croyait, finalement Fincher n'aurait que 5 mn chronos pour s'exprimer - sans que les pontes ne le
voit, dans son intro donc - avant de souscrire au genre...


Toutes les pistes que vous évoquez dans votre article, et qui sont subtiles et cruciales, enfin il me semble, je ne connais pas un réalisateur qui s'encombrerait d'essayer de les articuler même
avec un sujet qui s'y prête autant...


ou alors y aurait-il, dans la partie la plus convenue du film, le fond réel du problème de par sa propre lâcheté, sa propre hypocrisie, sa propre distanciation d'avec son discours électoral ?


on se demande alors véritablement qu'est-ce qui reste à faire, est-ce la peine de monter du Arrabal parce que ça va être compris 100% de travers...même avec Dieu sur FaceBook