AVANT-PROPOS
Pour bien commencer l'année, l'important c'est de la finir de manière superbe, chose moins facile qu'on le croit. Rien de tel pour cela qu'une contribution focalienne d'anniversaire, et pas des moindres puisque c'est Isaac Allendo et son camarade Mégalomanu qui s'attèlent aujourd'hui à la tâche. Allendo est le créateur du site (trop sporadique malheureusement !) ALVÉOLES SCANDALEUSES et fondateur du Mouvement Apoétique Ethylique. C'est également un focalien assidu, et il fut même récemment membre du Jury au Concours de brioches (ou pitch, ou piches) et de haïkus que nous avons organisé, et dont je vais publier les résultats sous peu... Attention, on peut cacher les enfants, les femmes enceintes et les personnes sensibles, car, vous allez le voir, ça décape... Finissons l'année en petits punks que nous sommes...
Merci à Isaac.

 


(“Théorie climatique sur les machines à café” : Concept d'Isaac Allendo, Photo de Mégalomanu)




1. Le coup de rage des justes

Si Internet est un dépotoir libertaire qui vous suce les couilles (même pour les dames), de temps en temps on tombe sur Matière Focale.
Non, stop, j’arrête tout !
Et puis quoi encore !
Trop c’est trop !
Ne cédons point aux congratulations tapageuses, ostentatoires et rutilantes, j’en ai marre ! Si on commence là, bientôt on ira à la garden-party des 75 ans de Télérama et son hospice funèbre !
Un peu d’anti-anniversaire que diable ! Une minute de Terry et que ça saute parce que l’ambiance devient festive !

Truffaut est le meilleur cinéaste français.
Truffaut est le meilleur cinéaste français.
Truffaut est le meilleur cinéaste français.
Truffaut est le meilleur cinéaste français.
Truffaut est le meilleur cinéaste français.
Truffaut est le meilleur cinéaste français.
Truffaut est le meilleur cinéaste français.
Truffaut est le meilleur cinéaste français.
Truffaut est le meilleur cinéaste français.
Truffaut est le meilleur cinéaste français.
Truffaut est le meilleur cinéaste français.
Truffaut est le meilleur cinéaste français.
Truffaut est le meilleur cinéaste français.
Truffaut est le meilleur cinéaste français.
John Carpenter est de droite et ne sait pas cadrer.
John Carpenter est de droite et ne sait pas cadrer.
John Carpenter est de droite et ne sait pas cadrer.
John Carpenter est de droite et ne sait pas cadrer.
John Carpenter est de droite et ne sait pas cadrer.
John Carpenter est de droite et ne sait pas cadrer.
John Carpenter est de droite et ne sait pas cadrer.
John Carpenter est de droite et ne sait pas cadrer.
John Carpenter est de droite et ne sait pas cadrer.
John Carpenter est de droite et ne sait pas cadrer.
John Carpenter est de droite et ne sait pas cadrer.
John Carpenter est de droite et ne sait pas cadrer.
Jean-Christophe Sanchez pue du cul.
Jean-Christophe Sanchez pue du cul.
Jean-Christophe Sanchez pue du cul.
Jean-Christophe Sanchez pue du cul.
Jean-Christophe Sanchez pue du cul.
Jean-Christophe Sanchez pue du cul.
Jean-Christophe Sanchez pue du cul.
Jean-Christophe Sanchez pue du cul.
Jean-Christophe Sanchez pue du cul.
Renoir c’est fun.
Renoir c’est fun.
Renoir c’est fun.
Renoir c’est fun.
Renoir c’est fun.
Renoir c’est fun.
Renoir c’est fun.





2. Révélations et autres déhanchements de savoir

[Photo : " Soutien Scolastique #3 ou Apoétique Attitude (Il Faut Former les Jeunes !)"

par Dr Devo, d'après une photo de la comédienne Stella Stevens.]




Avec cette brillante intervention, j’en oublie complètement mon intention de départ : apporter des révélations.
Car figurez vous, parfois, comme tout génie qui se respecte, j’ai des visions précognitives.
Je suis donc en mesure d’apporter quelques éléments sur l’avenir de Matière Focale, à l’instar d’
Invisible vous prédisant Cannes 2057.

Tout d’abord, je tiens à rassurer tout le monde, les brioches Pasquier vont perdre le procès.

Le Marquis sera anobli par la couronne anglaise, et on se demande pourquoi ce n’est pas le cas dès maintenant, c’est un vrai scandale que le seul noble authentique du pays ne soit pas reconnu outre-manche.

Mr Mort ne parlera plus que texan.

Bernard RAPP adaptera son dictionnaire en douze tomes sur le viol collectif à travers une comédie musicale.

Le Doc arrivera enfin à se servir correctement d’un logiciel de son pour ses élans vocaux. (Quelle pique !)

La critique française n’arrivera toujours pas à critiquer. (Quel drame !)

John Zorn sera toujours le meilleur musicien du moment.

Enfin Dali et Duras avait raison : on va tous crever à cause de Jules Verne.

 

 

 

 


3. La poésie ce n’est rien, l’apoésie c’est tout 




("Le produit de l’année 2006" ou “Menace vaudou sur Nancy”. Photo de Mégalomanu)



La foule raffole de symbole tandis qu’elle chancelle.
Où sont les poètes ? 
À la tombe, à la trombe, à l’ombre qui s’effondre dissertant sur des catacombes.
Le poète est en effet de nature morbide, la preuve il ricane sans efforts.

On a que ça à foutre de désespérer de la banalité que je lui disais.
Que ça à foutre !

Oui mais il y a les poètes qu’il me répond.
Je doutes des intention graveleuses d’une bande de sages avachis. Les poètes s’entourent d’affamés pour crier plus fort qu’ils ne le peuvent. J’entoure les affamés pour murmurer plus fort qu’ils ne le peuvent.

Alors pleure !
Car en fin de compte les légendes meurent pour qu’on écrive leur nom sur des murs.

N’oublies pas d’acheter le ciment.


Isaac Allendo.

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Dimanche 31 décembre 2006

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[Photo : "Don't Try to Look Disappointed" par Dr Devo,

d'après une photo de plateau du film IT CAME FROM TRAFALGAR de Solomon Mortamur (USA-2005)

avec, de gauche à droite : Brinke Stevens, Jeremy Smith et Linnea Quigley]

 

AVANT-PROPOS
Nous continuons le tour de piste focalien et commémoratif. Et aujourd'hui, c'est le
Dr Orlof qui nous offre un texte. Je fais moult courbettes et le remercie !
Dr Devo.


Renoir, Guitry, Truffaut, Moretti, Chabrol, Kusturica, Woody Allen, Almodovar… Ils sont nombreux les cinéastes que j’admire à avoir été malmenés en ces lieux depuis deux ans. Et pourtant, depuis que j’ai découvert Matière Focale, non sans une certaine admiration (comment avoir le talent d’écrire deux longs articles sur MAC ET MOI (articles visibles ici et ici) ? J’en serais bien incapable !), jamais l’idée de m’éloigner de cette source rafraîchissante ne m’a traversé l’esprit. Cela pourrait s’expliquer par un simple relativisme (après tout, chacun ses goûts), mais jamais cette hypothèse ne m’a paru satisfaisante. Bien sûr, chacun d’entre nous entretient avec le cinéma des penchants coupables qui nous poussent plus volontiers vers certains types de films que d’autres. Pour ma part, je déteste les films de guerre, la science-fiction m’ennuie souvent, et je sais pertinemment, indépendamment de la valeur intrinsèque des films, que je m’embêterai moins devant un porno soft des années 70 que devant une superproduction de David Lean. En ce qui concerne notre hôte, tout le monde aura repéré sa méfiance instinctive envers les films de mafieux, les reconstitutions historiques et les "biopics" (alors qu’il y en a d’excellents, que l’on se souvienne du VAN GOGH de Pialat ou le sublime MAN ON THE MOON de Milos Forman [1] alors que son péché mignon l’attire irrésistiblement vers les "films de college" (où le pourcentage d’inepties doit pourtant avoisiner celui des films érotiques des 70’ !).
Non ! Ce n’est pas le "chacun ses goûts" qui a fait pour moi de MF une lecture (quasi) quotidienne indispensable, mais la certitude que les films n’étaient jugés que sur le seul critère valable à mes yeux : celui de la mise en scène (notre beau souci !).


De la même manière qu’on se fiche que Cézanne ait peint des pommes plutôt que des fraises ou des betteraves (le motif n’est pas le style), ce n’est pas "l’histoire" qui fait un bon livre ; un film n’est pas un scénario mais une manière de le faire vivre à l’écran, qui passe par le cadre, des mouvements de caméra, la lumière, le son, le montage, le découpage, le jeu des acteurs… Or, rares sont les critiques qui décortiquent ces divers éléments avec autant d’acuité et de perspicacité que notre bon Docteur Devo. J’aime ses rapprochements incongrus, sa manière inimitable de s’enthousiasmer pour l’agencement d’une seule séquence qui passe parfois inaperçue dans l’ensemble d’un film (il me l’a prouvé très récemment lors d’une joute amicale autour du film de Lucio Fulci, LA MAISON PRÈS DU CIMETIÈRE. J’ai revu la séquence que je n’avais pas remarquée et, effectivement, elle est assez belle !) J’aime son sens de l’humour, sa passion pour les films qui le pousse à les regarder, au départ, comme s’ils naissaient libres et égaux sans distinction de genres (noble ou pas, art et essai ou commercial) ou de races (Tarkovski et la série Z, même combat !).
 
 

À ce moment de mon (sincère) éloge, vous sentez monter le paradoxe. "Si les critères de jugement que vous appliquez sont les mêmes, comment expliquez-vous les divergences notées en tout début de ce texte ?", me diriez-vous. C’est là où me semble résider la spécificité de MF, à la fois extrêmement iconoclaste et stimulante, même si jamais les auteurs de ce site n’en ont fait une vérité suprême à suivre comme des dévots [Des Dr Dévots ? NdC]. C’est là que s’explique également le titre de ce courrier, qui tient, en fait, à la conception que chacun se fait de l’art.
On peut estimer que l’art doit (ou peut) rester au contact du réel et poser un regard sur le monde tel qu’il est (Flaubert) ou qu’il n’a d’autre fin que lui-même (Baudelaire, "l’art pour l’art"…)
Notre bon docteur est un farouche partisan de la deuxième catégorie, "Poésie uber alles" , répète-t-il inlassablement et tous les syndromes qu’il découvre régulièrement (par, exemple récemment "la poutre apparente") ne disent qu’une même chose : Donnez-nous de l’Art, du Beau, de l’Étonnant en faisant exploser la narration, en nous offrant des cadres insolites, en nous surprenant par le montage et gardez-nous de la platitude du quotidien téléfilmique. Oh ! Je sais parfaitement que si le docteur affectionne particulièrement un art totalement baroque (Jarman, Russell, Greenaway…), il n’est pas non plus allergique au Réel et sait parfaitement être sensible aux constructions diaboliques d’Éric Rohmer ou aux splendides épures des époux Straub. Mais dans tous les cas, il faut des partis pris de mise en scène très forts.

Je le redis, cette conception défendue sans le moindre pédantisme et avec une ouverture d’esprit jamais prise en défaut est extrêmement stimulante et permet de découvrir les beautés que recèlent les films de Marins, de Franco ou de Rollin, cinéastes méprisés par la doxa cinéphilique. Mais pour ma part, j’avoue que j’ai une définition plus "globale" (du coup, forcément moins précise) de la mise en scène, et que j’ai du mal à en séparer les éléments. Pour reprendre une comparaison littéraire, je veux bien admirer un type comme Perec capable d’écrire tout un roman sans la lettre e (sa maîtrise de la langue est parfaite) mais j’avoue que cela m’ennuie aussi (comme les jeux intellectuels d’un Robbe-Grillet ou le recyclage avant-gardiste d’une Marguerite Duras). Ce qui me passionne dans la mise en scène, c’est l’incarnation, la manière dont un cinéaste parvient à faire vivre un scénario à l’écran. Cela peut passer par des personnages (Antoine Doinel ou les acteurs-réalisateurs qui me passionnent comme Woody Allen ou Monteiro [2]) ou par une trame romanesque intense qui parvient à faire oublier les ficelles du scénario (Almodovar). La mise en scène, de Renoir au magnifique BLISSFULLY YOURS d’Apichatpong Weerasethakul, est aussi, selon moi, ce qui permet d’offrir au spectateur une place face au monde.
 
 

Dans un récent commentaire, l’excellent Bernard RAPP rappelait à un lecteur que le cinéma n’était pas un cours d’histoire. Je suis totalement d’accord lorsqu’il s’agit d’INDIGÈNES ou des horreurs comme LE VENT SE LÈVE de Ken Loach ou Tavernier. Dans ces cas, il n’y a pas de cinéma mais du didactisme, une volonté de dire aux spectateurs ce qu’ils doivent penser par l’intermédiaire de ficelles mélodramatiques et de personnages caricaturaux. À côté de cela, je pense que le cinéma peut néanmoins poser un regard sur le monde (l’histoire, la politique…) et nous permettre de le déchiffrer lorsqu’il "reconstruit" le réel, lorsqu’un artiste pose un regard singulier sur ce monde (ce que font, à mon avis, des gens comme Chabrol ou Moretti).

Voilà ce qui peut expliquer nos (petites) divergences. Ceci dit (je me suis déjà bien étendu), ce que j’apprécie par-dessus tout chez l’équipe de Matière Focale, c’est l’honnêteté qu’elle persiste à conserver en accueillant toutes les opinions et en les discutant courtoisement. Bien sûr, il faut parfois faire bloc pour congédier les perturbateurs qui entrent en baskets et braillent sans débattre, mais jamais je n’ai vu ici les insultes et les anathèmes péremptoires remplacer la pensée ! Étonnez-vous après que l’on se sente si bien dans ce salon britannique où l’on peut croiser aussi bien Gérard Kikoïne et Gilbert Roussel que Sokourov et Pedro Costa !
 
 

Pour la passion intacte et communicative du docteur, la boulimie de cinéphage du Marquis, les commentaires ironiques et hilarants de Bernard Rapp et le talent de toute l’équipe de rédaction, Matière Focale est devenue LE lieu indispensable de la cinéphilie. D’où ce modeste (quoique trop long) hommage et ces sincères remerciements que je vous adresse à tous à l’occasion de ce deuxième anniversaire.
[1] Je reconnais qu’il existe aussi d’excellents films de guerre et qu’il m’arrive de les aimer (ceux de Kubrick en particulier).

[2] Je rêve d’un note focalienne sur LA COMÉDIE DE DIEU ou LES NOCES DE DIEU !

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Mercredi 27 décembre 2006

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AVANT-PROPOS
On continue le petit tour des contributions envoyées par vous, chère lectrice, à l'occasion des deux ans de Matière Focale... Après les articles de Norman Bates et Vierasouto, voici celui de l'ami Ludo dont le site
SERIE BIS est dans nos liens depuis déjà un petit bout de temps... C'est comme vous allez le voir un article à la fois écrit et visuel, Ludo ayant pour l'occasion confectionné de forts belles photos.

Dr Devo.

 

 

[Photo: "Love in a Void" par Ludo Z-man (d'après des photos

des films SUPERVIXEN de Russ Meyer et A NIGHT TO DISMEMBER de Doris Wishman)

 

 

"Cher Dr Devo,

je suis perdue. Je ne sais plus quoi faire. Depuis que j’ai commencé à lire votre site, je suis en plein doute. A cause de vous, je n’arrive plus à regarder à
Koh Lanta sur TF1, et je ne pleure plus devant le téléfilm du mercredi après-midi sur M6, surtout celui que j’ai revu huit fois avec le petit garçon atteint de leucémie qui meurt dévoré par un requin dans le pacifique après un accident d’avion. Je n’arrête pas de me dire que l’image est laide, que le montage n’a aucun rythme, que ce n’est que du champ/contrechamp et qu’il n’y a aucune échelle de plans.

Qu’est ce qui m’arrive ? Dois-je consulter ?

Tata Jeanette."

 

 

 



 [photo: "L'Art du Montage" par Ludo Z-Man (d'après des photos

des films TENEBRES de Dario Argento et UN CHIEN ANDALOU de Luis Buñuel)]

 



"Cher docteur,

Hier avec un ami, on a regarder
MAC ET MOI et on a trouver ça trop bon. Après on est aller au MACDO, on a bu du COCA et on a danser à côté des kaisses avec Ronald. C’était tro cool !


Le p’tit Juju."

 

 



[Photo: "It's my party, and I'll cry if I want to" par Ludo Z-Man

(d'après une photo du film LE VOYEUR de Michael Powell]

 


Cher docteur,

En ces temps de commémorations, sans doute contaminé par le populisme ambiant, vous avez décidé de laisser la parole à vos lecteurs. Cela part sans doute d’une bonne intention de donner la parole à la masse, mais qu’en est-il de votre lectorat anonyme, de la majorité silencieuse, invisible, celle qui ne se plaint jamais.

Et bien, voilà, maintenant, la censure est terminée, là voilà, la voix de la masse. Vous devrez répondre du désarroi profond de Tata Jeanette, de la perte de repères du petit Juju. Etes-vous capable une seule seconde de vous rendre compte des dégâts ? La tante Jeanette paie sa place de cinéma et elle se met à détester sincèrement WORLD TRADE CENTER. Pire, à la réunion hebdomadaire du club du point de croix, elle se met toutes ses amies à dos en déclarant avoir détesté INDIGENES ou la dernière Palme d’Or. Surprenant son petit fils seul dans sa chambre à regarder des films de John Waters ou de Russ Meyer, elle se joint à lui sans même le sermonner.

Mais où va-t-on, moôssieur Devo, où va-t-on ?

Veuillez prendre cette lettre comme un avertissement.

Et malgré tout, puisque que je tiens à rester cordial, bon anniversaire. Vous pourrez toujours à l’avenir, vous racheter et rentrer dans le droit chemin.


Un lecteur mécontent. 
[Ludo Z-Man]

PS : Bonne continuation à toute l’équipe du site évidemment et amitiés à tous les Focaliens d’ici d’ailleurs.

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Vendredi 22 décembre 2006

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(Photo : "Mama I Want You Now !" par Dr Devo)

 

 

AVANT-PROPOS
Comme je l'ai dit dans un commentaire caché quelque part, je suis parti précipitamment à la capitale pour suivre un bout de tournage sur le plateau d'un film long-métrage auquel j'ai été invité à l'occasion des deux ans de Matière Focale. J'ai fait des photos et je vous prépare un article aux petits oignons... Du coup, la fontaine à Champomy qui devait couler toute la semaine (comme le dit Overfab), n'a pas tenu toutes ses promesses. Rassurons-nous, les festivités continuent, décalées de quelques jours). Après le bel éloge de Norman Bates, voici un article par Vierasouto, qui avait déjà courageusement soulevé le défi focalien dans un article récent sur  A NIGHT TO DISMEMBER, le superbe film de Doris Wishman. Vierasouto qui a son propre site, revient donc une deuxième fois prendre la parole sur Matière Focale. Qu'elle en soit remerciée une deuxième fois !
Dr Devo.
 
Le 17 décembre 2006...

La première fois que je suis tombée sur MF, je suis tombée de haut… Il s’agissait de la Charte Critique avec les 69 Points Merveilleux dont on n’a jamais retrouvé les 26 derniers mais passons… Voilà un type qui me disait même où je devais m’asseoir au cinéma : au centre de la salle face à l’écran et pas bien tranquillement sur le côté pour ranger mon sac à main et ne pas être dérangée, voire bien au fond de la salle pour pouvoir sortir prendre un café… Un café ? Sortir de la projection ? Et pourquoi pas prendre des notes tant qu’on y était ? Et là, la mesure était dépassée : suppression du cahier de notes en projection… Comme qui dirait privation de la mémoire de secours, de l’assurance tous risques… Le risque, c’est bien de ça qu’il s’agissait : aller voir un film sans prendre de risques, ça donne des critiques frileuses, des émotions diluées dans les préjugés, des sensations aseptisées par le conditionnement promo, des jugements pervertis par la lecture de ceux des autres, une sorte de neutralité consensuelle, une « vie de seconde main », comme disait l’autre (*)…

Si j’ai bien compris le message MF, c’est retrouver l’instinct, s’immerger autant que faire se peut dans un univers fusionnel – moi, le film et rien d’autre – et, dans la mesure du possible, tenter d’arriver amnésique à une projection… Une sensation étrange de délivrance des idées reçues (passé le moment de peur de l’inconnu) que j’ai ressenti la première année où je suis allée en voyage au Brésil où je ne comprenais pas un mot de ce qu’on disait, et surtout, j’étais allégée du poids des informations intoxicantes notamment à la télé, délivrée du JT, des catastrophes, des attentats, des campagnes anti-tabac et tutti quanti… Dispensée de compatir, de m’inquiéter, de m’extasier … Pour la première fois depuis longtemps, j’étais autorisée à avoir quelques goûts personnels qui ne soient pas dictés par la tyrannie des marques ou les lieux à la mode puisque je n’en connaissais aucun… Je fanfaronne sur l’expérience exotique mais la comparaison me fait froid dans le dos… Je deviens quoi demain avec mon programme ciné criblé de pub si Télérama ne me dit pas que c’est le dernier de Palma qu’il faut détester et que Patrick Besson/VSD qui aime CAMPING me décourage aussitôt de m’y intéresser pour cause de cinéphilie élitiste (pléonasme ?) : manquerait plus que je sois obligée d’aller voir aussi FAUTEUILS D’ORCHESTRE, autant se mettre au bridge ou au Scrabble, ça sera moins déprimant…

Sur MF, le référentiel échappe au lecteur, impossible de prédire si le Docteur D va aimer tel ou tel film, ce n’est pas la peine de se casser les pieds à essayer d’anticiper dans le genre moi aussi j’aime les mêmes films, on est là entre blogueurs à se tenir chaud à kiffer la même chose, le jeu est ailleurs, à livrer des expériences intimes et à argumenter. Une sorte de strip-tease émotionnel plus impudique qu’il n’y paraît, un retour de voyage : alors, c’était comment moi et le film et la musique ? Action… Ici, on n’est pas découragé par Pierre Arditi et Sabine Azéma sur une affiche, on serait même encouragé par les séries Z et suspicieux devant le coup de cœur des Cahiers toujours exactement dans le même genre depuis 30 ans… Sur MF, ils essayent de casser les références : il n’y a pas de spectateurs frigides, il n’y a que des réalisateurs maladroits… Et même là, personne n’a l’immunité focalienne : il n’y a pas de génies, il y a des moments de génie, même Scorsese ou Ferrara peuvent se planter… OSS 117 et Maïwenn ont droit de cité… N’oubliez pas qu’ils prisent les films d’horreur et la SF. Ce qu’on aime ici, c’est la prise de risque, celle du réalisateur et celle du critique, c’est un peu en avoir ou pas…

Après un commentaire du Sir D passant par exception sur mon blog me dire que ma critique ou le dossier de presse même combat, du bla-bla, que je décrive plutôt ce que je vois sur l’écran, j’ai tenté de faire le deuil des dossiers de presse que, par dessus le marché, je ne possède pas sauf exception, c’est le comble… Je n’ai même plus besoin d’avoir le dossier de promo, je suis à ce point conditionnée que je le fais moi-même à l’identique comme un bon soldat, je cite, je mets en valeur, j’énumère, je commémore, je fais mousser le film en croyant faire cultivé et puis… rien, des marchandises et un marchand même pas payé pour ça…

Voyons les choses en face : l’unique petit problème… c’est que je suis objectivement déficiente en analyse filmique, je veux dire techniquement parlant, je me suis bien offert quelques petits manuels universitaires soporifiques mais quelquefois, même la terminologie m’échappe. Dur de jouer seule dans la cour de la fac… Je pourrais m’inscrire à la Sorbonne et revenir dans trois ans faire mes critiques. En Chine, il n’était pas rare que des artistes observent autrefois un paysage dix ans avant de prendre un pinceau… Sur MF c’est le culte du filmage = montage, donc, ce n’est pas demain la veille qu’ils viendront me demander mon avis… En attendant, moi, je vais lire le leur… Des fois qu’il leur viendrait à l’idée de publier la charte des plans, je pourrais techniciser un poil mes critiques avec la caution de l’expertise, patience… En attendant, j’essaye de raconter mon expérience filmique et plus trop celle des autres. Cette douche froide de la charte critique MF m’a réveillée en sursaut… Je ne suis pas toujours d’accord avec eux sur les films mais cette saine colère focalienne iconoclaste me donne de l’estomac pour m’exprimer et m’exposer aux commentaires conservateurs qui supportent mal qu’on déboulonne les notables du cinéma… Il ne faut pas hésiter à dire à MF qu’on n’est pas d’accord avec eux, je crois qu’ils aiment bien. Au fond, le consensus, ça les assomme…

Bon anniversaire ! ! !
Vierasouto.

(*)Krishnamurti:  "Se libérer du connu".
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Jeudi 21 décembre 2006

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[Photo : "La Gloire de mon Père/ Le Château de ma Mère" par Norman Bates]

Amis Hagiographes, bonjour ! Les festivités d'anniversaire sont ouvertes ! Pusique je vous ai invités hier et la semaine dernière à vous exprimer, voici le premier article généreusement écrit par un lecteur assidu de Matière Focale, qui répond au doux patronyme de Norman Bates ! Excusez du peu... Norman est en lien dans la rubrique adéquate dans la colonne de droite. Sur son site, on trouve de très beaux articles, axés, mais pas seulement, sur le cinéma de genre. Je vous encourage à aller y jeter un oeil... Et je remercie Norman d'ouvrir courageusement le feu...

Dr Devo.

 

 


Bon anniversaire !


Puisque la parole est aux lecteurs, je m'en empare : ce sera l'occasion de lever un toast virtuel, le petit doigt en l'air, à la réussite de Matière Focale. Cela fait donc deux ans que des esprits éclairés ont décidé de passer à l'action, de dénoncer la médiocrité ambiante du Cinéma, tout en dénichant les plus beaux joyaux. Pour ma part, cela fait tout juste six mois que j'ai découvert, par le plus grand des hasards, cet îlot de résistance, véritable réserve focale. Cette découverte, je m'en souviens encore : j'errais plus ou moins sans but dans un dédale de blogs se voulant "underground", à contre-courant de la critique parisienne, des chiffres, du box-office... Au final, ce que je voyais, c'était des résumés de scénarios suivis de quelques phrases d'insultes ou de considérations politiques sur les sujet abordés par le film. En fait, ils en venaient à défendre les mêmes points de vue que les "grands" critiques, c'est-à-dire des sentiments personnels sur la dialectique (au sens du dialogue, de la discussion) et un refus total d'aborder la technique, et plus important, la signification qu'elle dégageait. Difficile de trouver son compte quand on est admirateur d'Argento et que le cinéma fantastique est soit méprisé, soit encensé par des adolescents en pleine crise de SAW.

Et puis voilà que je tombe sur une créature dissonante, un cri, un commentaire de Bernard RAPP, un vilain petit canard qui osait parler d’échelle de plans, de photo, de montage : de la mise en scène, quoi. Trouver son bonheur partout, mais jamais au même endroit, quelle belle perspective ! D'abord rebuté par l'apparence, puis intéressé par les films abordés et enfin subjugué par la plume d'un Docteur es-cinéma, je m'usais la rétine à déchiffrer la prose gris sur gris d'une foultitude de personnages emblématiques aux doux noms de Anne Archy, Le Marquis, Bill Yeuleuze, Mr Mort ou Le Sheriff. Quelle ne fut pas ma joie de voir qu'un Carpenter était traité comme un Straub, qu'un article sur Bob l'éponge ou MAC ET MOI côtoyait Eastwood en short et Claude Chabrol en pyjama ! Seulement voilà, j'avais déjà commencé à commettre un blog sur mes goûts cinéphiliques et fus confronté à un grave dilemme : continuer à animer cette tentative Viêt-Cong d'approche du 7ème ART ou attendre bien sagement l’article Focalien du matin. Inconscient, j’optais pour la première solution, sans me douter une seule seconde que des membres de l'IRA iraient jusqu'à me menacer pour avoir écrit que Ken Loach est l'Arlette Laguiliers du téléfilm ou que l'on me reprocherait de détester les films de Jan Kounen. Seulement voilà, j'ai continué, allant même jusqu'à parler de films (non-)interprétés par des sportifs. Tout cela est bien peu, mais contribue je l'espère au même but que Matière Focale, c'est-à-dire à la propagation de la bonne nouvelle, la première depuis 2000 ans : il y a de l'art accessible à tous, pour pas cher, et sous vos yeux. [La deuxième, c'est que même mort, Bernard RAPP écrit des commentaires salvateurs.] Tant qu'il y a de la résistance, il y a de l'espoir : tant que vous êtes là et que vous continuez à lire, on pourra continuer de voir du Cinéma. Il semble même qu'il y ait une justice, ce weekend est diffusé un film sur John Carpenter, signe que l'anniversaire de MF n'est pas passé inaperçu.


Je finis mon verre, je retourne m’occuper de Mère, vous m’excuserez de ne pas rester pour le dessert. Gros bisous à tous.

Norman Bates

PS : Je lève mon verre à Homer Simpson, 17 ans aujourd’hui ! 

 

 

[photo : "Pink Paradise" (d'après le film WASSUP ROCKERS de Larry Clark) par Norman Bates]
 

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Samedi 16 décembre 2006

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[Photo : "Elle s'aperçut qu'elle était complètement Devo (chez elle)..."]



Chères Focaliennes, Chers Focaliens,

Je vous ai abandonnés à vous-mêmes, je vous ai laissé les clés de la maison pendant une semaine, et j'espère que du coup, elle n'a pas été trop rude à vivre, sans notre petit symposium mi-quotidien (un article tous les deux jours, quoi !).
Ça fait un moment que vous me voyez à la peine, confiant les tâches à mes collaborateurs, que je remercie ici publiquement d'ailleurs (Bill Yeleuze, Anne Archy et bien entendu le Marquis). Je n'ai pu passer que de temps en temps, car il m’en manquait énormément pour faire des articles dignes de ce nom. Et pour cause ! Dans quelques jours maintenant, vous saurez pourquoi il a été si dur de travailler dernièrement. C’est qu'on était pris ailleurs. Jusqu’ici, la question focalienne ne se posait qu'à un petit groupe d'initiés ou d'amateurs, via ce beau site. Rassurez-vous, ce n'est pas près de changer. Mais dans quelques jours ou quelques semaines, la bonne parole va être dispersée de manière hallucinante, et de façon totalement rock 'n' roll. Ça chatouille et ça gratouille ? C'est normal. Je n'en dis pas plus, mais bon, comment dire, pendant ce temps, j'étais en train de graver le Marbre... Suspense, on en reparle bientôt !

Ce n'est pas tous les jours qu'on peut alimenter la plus maigre rubrique de ce site : "le courrier des lecteurs". Je me souviens de Léna (je ne sais pas où tu es, mais tous te saluons !), pas d'accord du tout avec notre critique de MILLION DOLLAR BABY de Clint Eastwood, et qui, après un bref échange de mail, avait accepté de proposer le sien, complètement opposé, et que nous avons bien sûr publié ! Ça arrive de temps en temps. On reçoit régulièrement des petits mots des lecteurs, certains sont devenus des "habituels", comme disait notre ami Gérard de Suresnes, mais la rubrique en tant que telle est très peu utilisée.

Cette semaine cependant, j'ai deux courriers fort sympathiques en 24 heures. Voici donc, Mesdames et Messieurs, la toute nouvelle et passionnante rubrique : LES DOCTEURS A L'HÔP... Euh non, voici la rubrique "Courrier des Lecteurs" !

[Si toi aussi tu veux communiquer avec n'importe quel membre de la rédaction Focale, clique sur la pin-up au biniou, dans la colonne de droite, et envoie ton message au docteur, qui transmettra au besoin... Essayez de préciser votre âge et votre localisation, sinon je suis obligé d'inventer !]
 
 
 

"MA VIE A CHANGÉ GRÂCE AU CULTURISME", Antoine, 33 ans, La Rochelle, France.

Bonjour Docteur, Bonjour Marquis,
Je viens de lire votre petit article sur THE COMEBACK, ou PUMPING IRON 2 à la sauce Prism Leisure, et je suis heureux de constater que quelqu'un d'autre ait pu partager ce moment de bonheur. Je confirme, ce film est d'une onctuosité richissime, le doublage est époustouflant, les phrases cultes sont légion (vous lisez de la philosophie, j'en lie tous les jours... génial), ce documentaire est une perle.
Je l'ai trouvé sur la toile en cherchant le PUMPING IRON 1 et je n'ai vraiment pas été déçu. Je suis super heureux que vous ayez pu mettre un nom sur la musique du générique, en l'occurrence "Talking Heads : Drugs" ; la bande son est d'ailleurs différente de la version originale. Par contre, savez-vous de qui est le morceau utilisé pour le passage de Frank Zane ? Il n'y a pas de paroles, mais en entendant ça, j'ai l'impression de me prendre une énorme bouffée d'années 80 dans la tronche, c'est tout à fait délectable.
Voilà, merci pour cet article, je vais m'empresser de lire le reste de votre bloc.

Antoine


Cher Antoine,

Il est 6h30 du matin (j'en profite pour me vanter), je lis votre mail et je suis heureux. On me dit souvent : "Pourquoi fais-tu un article sur PUMPING IRON 2 (THE COMEBACK) qui fait 3 kilomètres de long et est aussi détaillé qu'un article sur un Mizoguchi ? Pourquoi bêtement écrire sur l'obscur nanarissime BLACK NINJA (qu'on trouve dans le même bac à solde que celui où vous avez trouvé THE COMEBACK) ? Ou alors : "Deux articles sur MAC ET MOI, c'est pas un peu beaucoup ? Genre, deux fois trop ?" Etc, etc.
Et puis un jour, il y a votre mail, camarade... Et là, je sais que cet article sur le film de Geoff Bennett, qui a fait sourire quelques uns et qui a été oublié en cinq sets par tous les autres, a été conçu spécifiquement pour une personne : VOUS !
Non seulement vous avez été ébloui par le film lui-même, mais en plus, grâce à moi, vous avez découvert le sublime groupe TALKING HEADS (si vous êtes djeunz, l'avantage est double : alors que vos camarades écoutent Franz Ferdinand et tous ces groupes, vous, vous écoutez le groupe qu'ils sont tous en train de pomper comme des gros nuls en ce moment... J'étais dans un grand magasin genre Fnuck hier, et ils passaient le dernier alboume de Beck : même chose, c'est du pillage de vikings, sans une des dominantes essentielles des Talking Heads : cet étrange humour). Cet article, Antoine, il est pour vous !
[Et cette boucle de son ! L'expérimental selon Prism Leisure. Si vous voulez en savoir encore plus sur Prism Leisure, lisez l'article du Marquis sur le film GNAW.]
Une doute me taraude en tout cas, car il me semblait que la version de DRUG était la même que sur l'album... Quant à l'autre morceau, je vais me renseigner : c'est le Marquis (le bras droit et l'œil gauche de Matière Focale) qui a le DVD, et on va faire une enquête. J’ai transmis en tout cas la question au Marquis, et si un lecteur peut identifier la chose, qu’il le dise et ne se taise pas à jamais. (Le morceau en question est à 14 minutes du début du film).
Allez, je vous laisse regarder le site, et j'espère qu'il vous plaira. [Au fait : Vous faites du culturisme ? Vous aimez quoi dans le cinéma ? Vous connaissez comment le site ?]
À bientôt, et encore merci !

Dr Devo
 


"Faut-il Cracher sur la Moquette d'une Suite Hilton ?", par Vierasouto, 46 ans, Rouen.

Cher Docteur,
Il manque la rubrique de liens : "demander conseil à Dr D...". Bref, je m'adresse à vous car je suis désemparée devant des commentaires furieux (je suis "con, aigri" – intéressant d'ailleurs, cette idée qu'on voit du masculin chez le blogeur pas cinématiquement correct) après avoir mis en ligne un billet expliquant que je n'avais pas aimé le film "Dans Paris"...
Bien entendu, je n'ai pas votre bagage d'arguments cinéphiliques et techniques pour défendre mon point de vue, mais j'ai essayé d'être sincère en n'engageant que mon avis : ce que j'ai vu avec ma paire de lunettes de spectatrice assidue mais subjective par définition...
Je n'ai pas davantage d'arguments que mon ressenti et mon passé/passif de cinéphage quand je m'extasie sur un autre film, mais ça passe mieux...
J'avais eu les mêmes réactions avec "La Science des rêves", deux films qui ciblent le trentenaire en mal d'identification (si j'avais écrit ça noir sur blanc, je pourrais fermer mon blog...), ça se sentait très bien dans la salle à leur façon de réagir, et je ne parle pas du casting des gens dans la salle... La salle en dit souvent long sur ce qu'on va voir sur l'écran... Hier, je suis allée voir "Le Grand Meaulnes", il y avait surtout des mamies romantiques beaucoup plus cool que les défendeurs de "Dans Paris", aussi tolérants que les supporters du PSG...
J'ai tenu compte de vos remarques pour décrire ce que je voyais au cinéma au lieu d'essayer de recopier un dossier de presse que, par dessus le marché, je ne possède pas la plupart du temps !!!
[Viera fait allusion à l'article CHARTE DEVO POUR LA CRITIQUE ET SES 69 POINTS SUBLIMES. D'ailleurs, fort ironiquement et avec drôlerie, Viera a mis cet article en lien sur son site, dans la rubrique "liens" donc, avec la mention "ce qu'il ne faut surtout pas faire si on veut devenir journaliste" ! Amusant, non ?]
Petit effet secondaire, soit dit en passant, mes avis sur les films ont rétréci... en rayant tout ce qui n'aurait pas d'intérêt, il ne resterait plus grand chose... [Et oui... Je comprends...]
Deux questions : 1. Avez-vous aimé le film ? (Je me sentirais tellement moins seule si vous n'aviez pas aimé, mais ne vous forcez pas...) 2. Dois-je retirer cette critique du blog ? 2 bis. Dois-je répondre fermement ou laisser passer ?
Merci pour votre réponse... A+ sur MF !

Vierasouto



Chère Viera,
Voici mon conseil. Votre blog, c'est chez vous, c'est votre dazibao. Personne n'est obligé de le lire. Premier point.
Ensuite, la production française est quasiment nulle (on va y revenir en long et en large dans les prochaines semaines sur ce site, où l’on va énormément parler du cinéma français, comme on ne l'a jamais fait). Nous sommes bouffés par la Nouvelle Vague qui est loin de s'arrêter à Rohmer, Truffaut ou Godard. Eux, c'était la pré-nouvelle vague. La Nouvelle Vague va très bien, merci, et d'ailleurs, on est en plein dedans. LA NOUVELLE VAGUE N'A JAMAIS EU AUTANT DE REPRÉSENTANTS QU'AUJOURD'HUI ! À tel point que de nos jours, et même depuis une quinzaine d'années, quand on veut voir un film français, on a le choix entre des gros blockbusters, pâles imitations américaines débiles, OU des films Nouvelle-Vague art et essai ! Pas de milieu ! Alors oui, je crois, qu'on aime ou qu'on n'aime pas Truffaut, je crois qu'on peut dire raisonnablement que voir encore un mec qui nous cite la Nouvelle Vague comme référence, c'est vraiment à se pendre ! Truffaut n'a jamais été aussi vivant ! (D’ailleurs, pourrait-on voir un film français qui ne ressemble et ne fasse référence à rien ? Comme ici par exemple, belle exception.)
Troisième point. Plus votre blog va grossir, plus vous aurez des polémiques, certes, mais aussi des attaques violentes. Allez jeter un œil aux commentaires qui ont suivi mon article sur MILION DOLLAR BABY! Vous allez voir, c'est du lourd. Et vous constaterez une chose. D'abord, on vous accusera toujours, et j’insiste et répète, TOUJOURS, d'avoir des a priori ! Tu es trop expérimental(e), trop penché(e) sur la mise en scène, tu aimes trop l'art et essai, ou tu aimes trop le cinéma populaire américain, etc. Tout et son contraire. Le problème, c'est cette idée reçue que les gens qui ont répondu à votre article croient dur comme fer : il existe un Beau Universel ! Ce qui induit que: 1) un chef-d'œuvre ne reste jamais méconnu éternellement. 2) que le Beau d'un film est repérable par tous et objectivement. 3) que le temps finit toujours par faire le tri. 4) que le Beau fait l'unanimité. 5) que le Beau est un facteur, un processus intellectuel (pourquoi pas à la limite) et scientifique ! Ils récuseront en masse cet adjectif, mais c'est en fait, peut-être inconsciemment, le sens de leur pensée. 6) Ils sont persuadés qu'il y a une Histoire du Cinéma à retenir et qui trace la ligne entre les événements importants ou anodins de l'Histoire du Cinéma !
Tout cela est faux. Bien entendu. Dans 80 ans, on nous dira encore que LA RÈGLE DU JEU ou AUTANT EN EMPORTE LE VENT sont des films très importants dans l'Histoire du Cinéma, et que ce sont des chef-d’œuvre impérissables et/ou des œuvres difficilement contournables. C'est faux ! Par contre, pas un dictionnaire du cinéma ne dira que TRUE STORIES, le sublime film de David Byrne, est un des très grands films de la Création. Personne ne consacre par exemple une seule rétrospective au cinéma d'un des derniers génies vivants du XXème siècle : Ken Russell. Et dans 20 ans, tout le monde aura oublié Nicolas Roeg ! Alors, l'Histoire du cinéma, underground ou mainstream, c'est une notion hasardeuse !
Quant à l'Universalité du Beau, du Beau Objectif (ces deux notions se nourrissent et, contrairement aux apparences, sont la même chose), je ris ! Un des plus beaux films que j'aie vus ces dernières années est A NIGHT TO DISMEMBER de Doris Wishman, réalisatrice de film de genre dénudés, et qui, dans ce thriller hard-boiled, fait n'importe quoi : un personnage parle avec un autre dans la rue. Au premier plan, on s'aperçoit qu'il fait jour. Contrechamps : il fait nuit. Retour au premier plan : le personnage a complètement changé de vêtements. Plan N°4 : ce n'est plus le même personnage qui lui répond ! Bref, tout est raté. On a l'impression que la réalisatrice n'a fait qu'assembler des stock-shots piqués ici et là dans des films qui n'ont rien à voir. C'est joué avec les pieds, et le son défie toute définition. C'est une série Z hénaurme, bien plus impressionnante qu'un Ed Wood, où tout est involontaire ou presque (en fait, je n’en suis pas sûr). En tout cas, ce n'est sûrement pas un film qui restera, même pour des raisons comiques ! Et bien figurez-vous que j'ai trouvé ça tellement beau que j'ai failli en pleurer ! Pour moi, le film est quasiment parfait, et sur une île déserte, je l'emporte ! [On vous dira que Ed Wood est un ringard de l'espace et que ses films sont bons au second degré, coude-coude ! Et bien, je pense, et le Marquis avec moi, que GLEN OR GLENDA est une splendeur et un film très sérieux !] Donc, l'histoire du Beau Universel, c'est du conte pour enfant.
En conséquence, il n'y a pas d'avis sur quelque film que ce soit sur lequel on pourrait, détracteur ou défenseur, s'accorder ! Ça n'existe pas ! Qu'on vous reproche d'être passée à côté de la Beauté Intrinsèque du film me fait doucement rire ! Et c'est le conseil que je vous donne. Ne vous excusez surtout pas. Essayez de ré-exposer vos arguments, éventuellement, et surtout le plus calmement possible. Et si ça reste borné, si vos détracteurs ne changent pas de ton, c'est-à-dire que lire votre avis est toujours un tel affront (car c'est ça qu'ils vous reprochent, il vous disent : "on ne peut pas dire ça !"), alors lâchez un commentaire plein d'humour, de distance et de sérénité. On ne peut pas faire le bonheur des gens malgré eux. Si ça leur fait mal aux yeux et que ça leur donne le mildiou ou la myxomatose de vous lire, ben qu'ils arrêtent ! Mais montrez que vous persistez, mais comme une Princesse, avec un port impeccable, une grande classe, et avec amour (montrez que vous les aimez et que vous écrivez ces articles pour eux, pour leur dire que vous les adorez, utilisez la technique du Bisou Barbu). Mettez-vous au-dessus, et regardez-les comme une mère poule, avec ce petit sourire serein, comme une reine mère qui adore ses sujets. Soyez Victoria (très beau prénom !). Répétez vos arguments une fois. La deuxième fois, toujours avec ce même sentiment délicat et magnanime, répondez avec humour, renvoyez les dans leur 22 mètres avec un sourire. Mais surtout, ne vous excusez pas. On est en démocratie, on n'est pas obligé de vous lire. [Évidemment, c'est une des raisons qui rendent l'art de la critique difficile : le but n'est pas de rechercher l'accord du lecteur, et d'une, et l'argumentaire doit être sensible mais fort ! Pas facile !]

Quant à DANS PARIS, je ne l'ai pas vu. Mais j'ai une anecdote. L'autre jour, je visitais un cinéma que j'aime beaucoup, et dont je connais quelques membres du personnel, dont le projectionniste. C’était mercredi dernier, jour des sorties. Le projectionniste, fort occupé comme toujours (c'est la course pendant la première séance, où il faut vérifier toutes les salles en même temps !), m'a demandé d'aller vérifier en salle le niveau du volume sonore dans le film d'Honoré. Je rends ce service avec plaisir. Je vois une scène de dialogue. Par deux fois, je vois un jeu sublimissime sur le son : un dialogue qu'on croyait en direct, et qui est en fait une voix-off, ou qui le devient - le dialogue continue alors que la comédienne s'est arrêtée de parler ! - et la même chose avec une musique en son-ON qui est en fait la musique du film, chose dont on s'aperçoit lorsque l'héroïne s'approche de la chaîne hi-fi pour mettre un CD qui est complètement différent ! Très belle idée, surtout que Honoré laisse les deux musiques en même temps, créant la cacophonie ! Joli ! Par contre, je me suis dit que les comédiens (le fils Garrel n'était pas dans la scène) étaient ignoblissimes. Et je ne sais pas si je pourrais supporter Duris (que j'apprécie peu en général) et ses collègues là-dedans. Ça me parait au-dessus de mes forces, surtout quand on aime Zulawski et Lelouch, et donc j'avoue que j'hésite. Je vais essayer d'y aller pour me faire une idée, et surtout pour ne pas louper d'autres belles idées de mise en scène ! On en voit tellement peu au cinéma en ce moment, surtout dans les films français ("il en reste un peu, je vous le mets ?").

Tenez bon, Viera !

Dr Devo.


 
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Dimanche 8 octobre 2006

recommander publié dans : Courrier des Lecteurs
(Photo : "Et il vu que cela était bon" par Dr Devo)

Aujourd'hui, nous accueillons, une fois n'est pas coutume, un lecteur dans ses pages. Vous avez peut-être déjà croisé Max, ça et là, dans les commentaires de ce site. Il nous lit depuis nos articles sur MANDERLAY. Nous avions déjà ouvert (et nous ouvrirons toujours) nos pages aux lecteurs qui veulent parler, ou rectifier le tir. Une rubrique existe d'ailleurs pour ça, mais elle n'a été utilisée qu'une fois, très courageusement, par Léna qui avait un avis absolument opposé aux nôtres sur MILLION DOLLAR BABY, mais qui a bien voulu s'expliquer, encore une fois avec un sacré courage, quitte à recevoir des commentaires assez violents, comme ça arrive quelquefois, malheureusement.
Je n'ai pas fait d'article sur ANGEL-A, mais, même si je ne suis pas complètement en osmose fusionnelle avec les idées de Max ça et là dans le détail, je crois que son article dégage beaucoup de points importants que je partage complètement, et avec humour qui plus est. Je suis donc très heureux de l'accueillir sur ce blog. J'ai raccourci d'une dizaine de mots le texte en accord avec son auteur, et ils sont signalés par ce symbole: [...]

Dr Devo.


"On ne parle que de ça, "c'est le plus beau film du moment et le plus beau film depuis un moment" (c'est Cauet, l'animateur, qui le dit), c'est du cinéaste le plus riche de France, le plus influent aussi, et sur l'affiche, il y a Jamel, qu'on aime à peu près tous. En bref, en avant pour un spectacle des plus distrayants, me disais-je, mes mains dans mes poches trouées, à la caisse de mon cinéma préféré, hier soir, parti pour voir
KING KONG, mais c'était complet.

Je voudrais commencer par parler de la campagne marketing du film. Enorme. La pub réalisée pour ANGEL-A est vraiment géniale. Besson a réussi à laisser planer un doute délicieux sur son film, tout en laissant filtrer suffisamment d'images pour qu'on ait l'impression que le film soitt réussi. Je suis persuadé que la pub associée à l'affiche du film assureront environ deux millions de spectateurs à Besson qui pourra continuer encore longtemps à produire courrageusement des films d'auteur ambitieux.

Même si Besson est loin d'être mon réalisateur préféré, j'ai trouvé les quelques films que j'ai vus de lui assez distrayants, et Jamel me fait souvent rire. Je partais donc avec un à priori presque positif. Seul doute obscure : le top-model, Rasmussen. Déjà, dans la bande-annonce, je trouvais les trois répliques sorties de sa bouche affreusement mal jouées... Mais optimiste, toujours optimiste, je me suis laissé convaincre que la bande annonce était maladroite, et que les pires scènes avaient été montées. Donc, heureux, prêt à accueillir un bon divertissement, et même ouvert à un peu d'émotion, on sait jamais, je retiens mon souffle alors que galope le cheval aux quelques millions d'euros de la société de production de Luc-mon-copain, avant que les lumières ne s'éteignent (et les plus fins lecteurs pourront y voir une puissante métaphore).

Pourquoi ce film m'a plu ?

Alors. La plupart des comédiens sont professionnels, et supplentent donc avec un professionnalisme total les membres amateurs du club Théâtre de mon lycée, par exemple. Jamel fait son travail, avec une naïveté assez émouvante, totalement dévoué au projet de Besson, et laissant de côté son ego sur-dimensionné : bon point. Je pense que monsieur Debouze peut devenir un très bon comédien, même sans faire le rigolo. C'est pas un scoop, mais c'est justice que de le rappeler. Les seconds rôles sont tous profesionnels, je pense en particulier à Gilbert Melki, qu'on avait pu voir dans les VERITE SI JE MENS. Il est assez drôle, très juste... il fait bien son travail. Les scènes les plus savoureuses sont celles qui confrontent Jamel et Melki (y en a deux ou trois). Les autres seconds rôles sont tous professionnels, eux aussi. Gardons le cas Rasmussen pour plus tard.

Maintenant, le reste.

La mise en scène. Je me demande si le noir est blanc faisait partie du projet initial. Voici mon idée : au montage, Besson s'étant rendu compte de la laideur exceptionnelle de ses images, s'est dit : "un petit reubeu, une grande suédoise : mais oui ! Du noir et blanc ! Je gomme les défauts esthétiques de mon film et en plus j'insiste bien sur le contraste physique entre mes personnages, parce qu'on sait jamais, ils risqueraient de pas comprendre." Que dire ? Non, "Besson ne filme pas bien Paris", connerie monumentale qu'on a beaucoup entendue durant la promo du film. Le Roi Luc, on pouvait s'en douter d'ailleurs, ne connait pas la ville dans laquelle il vit, et je n'ai jamais vue pires cartes postales que les scènes d'extérieur d'Angel-A. C'est quoi Paris, pour Besson ? Des ponts, le Sacré-Coeur, Notre Dame, et des boîtes ultra branchés dont 99% des parisiens ignorent même l'existence. Pas un seul passant. Les rues sont vides. La plus belle ville du monde a l'air d'être en carton, on a l'impression que la prod avait pas assez de sous pour engager des figurants. "Mais non, c'est voulu". Ah, oui, c'est un long et douloureux poème cinématographique, pardon (je vais revenir sur le scénario). Mais aussi poétique soit un film (et dire qu'Angel-A est poétique c'est un peu comme reconnaître de la poésie dans
LES CHEVALIERS DU CIEL (tiens, c'est pas produit par Besson, ça ?)), une idée de mise en scène qui apparaît aux yeux du spectateur comme une idée de mise en scène, qui crée donc une distance entre la forme et le contenu, un peu comme la perche de l'ingénieur du son en haut de l'image, ça ne peut fonctionner que si on est dans la mise en abyme, ou simplement l'ironie. Sauf qu'ici, point d'ironie, point de second degré, Besson s'est cru artiste, et c'est ridicule.

Le cadre est B(r)essonnien - efficace, "sobre" (en fait, pour ceux qui auraient trop de confiance envers les critiques "pros", rendez-vous compte que cette sobriété est d'un maniérisme absolument ridicule lui aussi). Entre Georges Lucas et Jean-Pierre Jeunet : entre platitude pseudo-lyrique et pseudo-lyrisme totalement plat. Quand Jamel pleure, c'est tellement faux, c'est tellement artificiel, c'est tellement bidon en fait, qu'il n'y a que deux explications possibles à cette performance de comédien : 1) On a foutu des goûtes d'eau dans ses yeux avant la scène. 2) Jamel s'est rendu compte à cet instant précis du tournage que sa prestation était pathétique, non pas par sa faute, mais parce qu'il était en train de se débattre dans une marre de boue et qui commençait à durcir [...] Sachant que Jamel a une très haute estime de lui-même, il y a effectivement de quoi pleurer.

Le Plan Du Film®©. Le plus grand moment de cinéma de ce début de XXIème siècle. Le summum de la puissance du cinéma b(r)essonien, au service d'un discours métaphysique d'une profondeur tout bonnement incroyable. La confrontation entre un artiste lyrique qui raconte sa rencontre avec JEANNE D'ARC, et son sosie en suédois... Du très très lourd. Ce plan, je vais essayer avec mes pauvres mots de le décrire - je n'ai absolument pas la prétention d'en restituer la puissance. Il y a Rasmussen, dans toute sa splendeur, dans toute sa grâce. Elle va sortir d'une pièce, après avoir expliqué à André (ça c'est le nom du personnage de Jamel... Funny, isn't it ? Ca vous rappelle rien ?) qu'il mentait à tout le monde, et pour commencer à lui-même. Et là, Besson nous fait une petite gâterie : au premier plan, des Ailes de Samothrace en carton ; au second plan, la tête de Rasmussen qui dépasse et semble être celle de la statue. Les ailes de Samothrace ont retrouvé leur tête : le symbole est beau, le symbole est puissant, le symbole est cohérent (cf. le scénario). Là, Besson nous dit que, avec sa caméra, en noir et blanc, à travers les mouvements indiscibles de son oeil de félin, il reprend le flambeau de tout l'Art Occidental, il pose la tête de son manequin à tête blonde sur l'art antique, et avec sa truelle pelliculisée il poursuit édiffication du pillier de notre culture que sont Les ailes de Samothrace. A en pleurer (de beauté, bien sur). La scène se finit dans une explosion d'émotion, alors que Rasmussen illumine l'écran et prend son envol, car, vous l'aurez compris, elle a des ailes.

Les acteurs. Comme je le disais, ils font (presque tous) leur boulot. Ni plus, ni moins. Le casting de ce film illustre parfaitement un (nouveau ?) concept dans le cinéma : le service minimum. Rendons hommage à la S.N.C.F et à la R.A.T.P., qui ont eu cette idée géniale, d'imposer le travail à des gens qui ne veulent pas travailler, dans des conditions horribles, et sans autre soucis que de gagner de l'argent pour l'entreprise (et donc se faire bien voir du patron). Les comédiens semblent avoir tellement de recul par rapport au film (j'excepte Rasmussen - j'y viens), qu'il est absolument impossible de s'identifier à leurs personnages. On ne voit pas des personnages, on voit des comédiens qui font (bien) leur travail. Tous les rôle importants sont joués par des acteurs connus qui font toujours la même chose. En dehors de Jamel qui essaie (en vain) de jouer son personnage d'André et d'oublier le comique qu'il est, les autres ne font que réciter leur texte. Et si ça fonctionne, c'est que leurs rôles sont tellement caricaturaux, tellement vides, qu'ils s'adaptent à ce qu'ils ont déjà fait des dizaines de fois. C'est plaisant, comme un téléfilm (on y vient), mais ça classe irrémidablement le film au statut d'artisanat, et non d'Art.

Rie Rasmussen. Là on touche au coeur du problème. La prestation de cette actrice... euh, non, de cette top-model reconvertie en actrice (notez la nuance, elle explique tout), est d'une puissance jamais vue. Tout de suite, j'ai su à qui me faisait penser cette comédienne : Maria, ma meilleure amie, lors du spectacle du club Théâtre au collège, en 4ème. Mais Maria n'avait pas de défaut de prononciation, ce qui rendait son jeu plus agréable, et elle essayait de ne pas réciter. En fait la ressemblance n'est que physique, Maria était à 13 ans bien meilleure comédienne que Rie Rasmussen, à bien y repenser. Je suis presque gêné de parler de ça, tant ce qu'a fait cette femme est honteux. A chaque fois qu'elle ouvre la bouche, durant le film, j'ai l'estomac qui se tord et j'oublie complètement l'histoire qu'on essaie de me raconter. Je ne vois plus qu'une femme qui n'a rien à faire là. Besson l'a décomposée, il l'a explosée. Il a recousu ses deux jambes au-dessus de sa tête, il a colé ses oreilles sur son ventre, et l'ayant mise dans l'illusion de participer activement à un projet artistisque, il l'a laissée s'achever elle-même. Voir une femme ainsi humiliée est insoutenable. Surtout qu'elle n'est même plus belle après trois plans. L'erreur de casting que représente cette femme, douée pour la comédie comme ma petite soeur de 8 ans et demie (je vous le jure, je vous le promets, vous avez ma parole : je n'exagère pas), est extrêment étonnante. A défaut d'être un artiste, Besson est un producteur efficace, et je me suis demandé pendant toute la première partie du film le sens de tout ça. Alors, d'abord, j'ai cru à l'ironie... qu'était mis en scène consciemment une mauvaise comédienne. Besson voulait-il créer une mise en abyme ? Une réflexion sur le mauvais cinéma, sur le charme d'un comique dans un rôle triste en face d'une femme belle mais qui ne peut pas exister réellement, qui est dans un autre monde, mis en relief par son jeu désastreux. Mais non. Je ne pense pas. Sa laideur devient évidente après une heure comme le regret que Besson n'ait pas choisi Mimie Mathy à sa place (je reviendrai sur cette comparaison tout sauf grauite), qui à défaut d'être désirable joue bien la comédie.

Le son. Là, ça devient drôle. Imaginez le "pouet-pouet" d'un mauvais Clown, les rires enregistrés d'un public métalique style AB production pour ceux qui ont connu ; entendez le célèbre "pa-pa-pa-da-da-pa-pa-da-da-da-da-pa-pa-da-da-da-da" des spectacles de cirque. Y a dans la bande son de ce film à boire et à manger, c'est très fort et même étonnant.

Alors d'abord, le montage son est parfois d'un tel mauvais goût, que j'aurais été gêné si son auteur avait 14 ans et me demandait mon avis à ce sujet. Quelques "délires" sonores (et visuels), qui n'ont de délirant que la prétention, et qui offrent un spectacle à peu près pathétique comme un solo de guitare électrique par un lépreux sourd-muet atteind de la maladie de Parkinson. "Tu-le-sens-là-le-montage-moderne-dans-ta-gueule ?"... je trouve cette aparté envers le spectateur que je suis assez désagréable. Et pour reprendre une image employée par Dr. Devo : il est très peu courtois d'éjaculer sur son spectateur, monsieur B(r)esson.

La musique m'a personnellement rappelé les films de Fred Coppula (petit clin d'oeil aux connaisseurs), mais on pense aussi très fort aux démos pré-installés sur les synthés pour enfants ("bip-bip-bip-bip-tu-du-tu-du-tu-du-du"), les sonneries des premiers portables, et les sonneries les plus ridicules. C'est entre la musique d'ascenseur et la bouillie musicale pour film porno, c'est moche, c'est totalement et indiscutablement plat, déjà entendu des millions de fois, et c'est tellement kitsh, que là encore, j'ai cru à l'ironie. Mais non. Je ne crois pas.

Le scénario, maintenant. Question qui me vient : est-ce que je dois vous révéler toute la subtilité d'un scénario dont la puissance et la finesse fait passer pour vulgaire le dernier film de Lars Von Trier ? Tout bien réfléchi, je vais pas me retenir. Toi, lecteur aveugle encore dans l'espoir d'un spectacle divertissant, fuis ce paragraphe, tu risquerais après de te tromper de coupable, et de me croire responsable de ton déinstérêt pour le film.

Pourquoi Besson a t-il voulu garder son projet secret jusqu'au bout ? La boucle se boucle : le scénario est un attrape-con incroyable. La plus grande imposture depuis que Dahan se soit foutu de la gueule de Zidane. (Rires enregistrés). On croyait voir un film romantique, on imaginait une oeuvre personelle d'un auteur mature, et enfin lyrique. (Rires enregistrés). Un petit reubeu, complètement caricatural (façon téléfilm) qui dans une situation totalement convenue (il va se suicider, une belle blonde aussi... début d'une rencontre : façon téléfilm) va vivre une histoire non seulement déjà vue des milliers de fois (si, si), dont chaque scène est attendue comme le naufrage du Titanic, mais surtout, surtout, qu'il faut lire au premier degré. A la fin du film, ce qui m'a le plus atterré, au point que, si ma mère était morte ce matin, j'en aurais presque eu envie de pleurer : Besson ne propose qu'une seule grille de lecture. Alors d'accord, c'est bourré de symboles (Cf. Le Plan Du Film®©), à tel point que ça en devient après trois minutes écoeurant ; mais ces symboles sont subtils comme la confrontation d'une septuagénaire sympathisante F.N. avec une arabe chef d'entreprise. Comme un mauvais téléfilm. Et c'est là que je voulais en venir.

Vous voulez-savoir ce que c'est, en vérité, ce film ? L'adaptation cinématographique de Joséphine, Ange-Gardien, la fameuse série qui passe de temps à autre sur TF1.

Besson a adapté cette merveilleuse série télé, dans laquelle un poireau difforme donne des leçons de moral à un personnage extrêmement caricatural, pour que la ménagère de moins de 50 ans (la fameuse) ait la larme à l'oeil. Sauf que Besson, qui a les moyens, a viré le poireau et nous a servi une magnifique pasthèque bien juteuse. Enfin selon l'étiquette. Parce que moi j'ai goûté, et la pasthèque elle est tellement dégueulasse que j'en suis venu à regretter le poireau (et j'aime pas beaucoup ça, le poireau).

Quel ambitieux projet ! Transposer sur grand écran un téléfilm, sans en rien changer. Je suis même persuadé que l'élite du cinéma français va bouder Besson, par jalousie. Par "l'élite du cinéma français", j'entends par exemple les 2 G : Pirès et Krawczyk, les illustres réalisateurs de la trilogie des TAXI et récemment des
CHEVALIERS DU CIEL. Ce projet leur allait comme un gant et je comprendrais leur aigreur.

En bref. Il n'y a pas de scénario. C'est le vide total. Besson a réussi l'exploit, pour quelques millions d'euros, de nous resservir Joséphine Ange Gardien, sans y rien apporter - mais c'est là que c'est drôle : l'original est mieux réalisé, mieux joué, et passe gratuitement à la télévision. Besson s'est cru tellement fort, qu'il a pensé être capable de réaliser un film lyrique à partir d'un scénario sans intérêt. Le problème étant que la mise en scène de ce film est désastreuse. En fait, c'est peut-être un peu triste. Pour poursuivre la comparaison avec la série télé, je prends plus mon pied à poser un regard vitreux sur les pubs au milieu d'un téléfilm, qu'à voir des plans de coupe dignes de PJ (encore une référence télé évidente dans le film, de cette série policière qui passe le vendredi soir sur FR2) au milieu des seconds dialogues les plus mal écrits de l'année, juste derrière le STAR WAR III, véritable leçon d'écriture il faut l'avouer. Besson essaie d'imiter ses maîtres (Lucas, Spielberg, et l'auteur de Joséphine, Ange-Gardien...), et pour se faire, il a passé le modèle au mixeur, et jugeant le résultat moyen, il a préféré nous servir les épeluchures. Original, ça, non ? Pour 100 €, des épeluchures de pomme de terre dans sa sauce eau non-potable. On ne s'y attendait pas, ça c'est sur !

Concluons. Une musique digne du meilleur cinéma porno, des dialogues dignes du meilleur cinéma porno, le rythme d'un métronome déréglé dans un montage parfois innexistant, parfois d'un mauvais goût délirant, digne du meilleur cinéma porno, le spectacle pathétique de l'auto-mutilation longue et douloureuse (et pour le spectateur) de Rasmussen, dont la prestation vaudrait à mes yeux une interdiction aux plus de 12 ans de ce film, les bavures de la lumière, dont j'ai oublié de mentionner les faux-raccords (ça c'est hallucinant ou la copie qu'on m'a servi était très mauvaise), des comédiens qui jouent leur rôle avec la même conviction qu'un acteur porno, tout ça forme une chose savoureuse comme le meilleur d'AMOUR GLOIRE ET BEAUTE, mais sans le second degré (pourquoi ne pas voir du seconde degré dans AMOUR GLOIRE ET BEAUTE ?), et sans le délicieux générique (rappelez vous les images du défilé de mode avec la fameuse chanson éponyme... ça c'était de la mise en scène !). Ce qui se passe durant les 1h30 de ce film est dégueulasse, comme ce que le porno a fait de plus trash. Besson est un personnage cynique, et je voudrais vomir sur ses cheveux décolorés le souvenir de son pire film, et du pire film qu'il m'est était permis de voir depuis longtemps, et qui me laisse un tel dégoût que j'aurais sûrement beaucoup de mal à revoir quoi que ce soit qui porte de près ou de loin son doux nom.

Monsieur Besson. Vous êtes parmi les hommes les plus riches de France pour votre travail de cinéaste. On s'en fout complètement de votre âme de Peter Pan névrové et lyrique comme une adolescente amoureuse qui tient un journal intime. Merde, quoi ! Comment as-tu pu oser nous servir ce plat dégueulasse ? Je pensais avoir encore des pates au beurre ...], mais c'est bien autre chose qu'ANGEL-A. Là, tu vas au de-là du fade. C'est inmangeable (et je l'ai toujours pas digéré). C'est de la dinette ressortie d'une cuvette, c'est pas bon et d'ailleurs peu hygiénique.

[...]


Max.


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Dimanche 8 janvier 2006

recommander publié dans : Courrier des Lecteurs

(photo: "Psycho" par Dr Devo, d'après une idée de Dr Devo et du Marquis)

Préambule
Il y a quelques temps déjà, je signais sur ce site un article sur MILLION DOLLAR BABY de Clint Eastwood, et la réaction des lecteurs, pour ou contre, s'est rapidement fait sentir dans une longue série de commentaires. Le débat était très vif, voire virulent par moments, et le moins que l'on puisse dire, c'est que mon article a "touché" beaucoup de gens. Et c'est très largement l'article le plus commenté de ce blog. Parmi ces commentaires, il y avait ceux de Léna. Sa vision du film était complètement opposée à la mienne, et elle s'est effectivement expliquée dans deux très longs posts, avec une passion certaine pour son sujet. Léna est étudiante en cinéma. Je ne la connais pas, et elle ne me connaît pas. Elle a découvert ce site en cherchant justement des documents sur le film de Clint Eastwood, en vue de l'écriture d'un article pour son prof d'analyse filmique. Uso Dorsavi, fidèle lecteur, a proposé malicieusement de publier un jour ce travail d’étude sur le site. J'ai donc demandé à Léna si elle voulait bien que l'on publie son travail. Je trouve en effet que le procédé est assez intéressant. Mon propre article avait beaucoup divisé le lectorat, et il me paraissait intéressant et honnête d'avoir l'autre son de cloche, surtout de la part de quelqu'un d'aussi gentil et passionné que Léna. Vous aviez eu mon avis sur le film, et donc voici un autre avis complètement différent. Avec l'article de Léna, nous ouvrons par la même occasion une autre catégorie : "Le Courrier des Lecteurs". Léna tient à préciser de bien garder à l'esprit que son texte est celui d'un devoir demandé à un cours, un exercice d'analyse, et en aucun cas un article de blog. Merci de garder cela à l'esprit pendant la lecture de son texte. Et un grand merci à Léna pour son courage, et pour avoir bien voulu nous faire part de ses idées.
Dr Devo.
 
Deux ans seulement après le dramatique MYSTIC RIVER, Clint Eastwood signe à nouveau un grand film et obtient la consécration en remportant l’Oscar du meilleur film, du meilleur réalisateur, ainsi que de la meilleure actrice et du meilleur second rôle masculin avec MILLION DOLLAR BABY. Comme le dit Scrap, interprété par Morgan Freeman : « Sa dernière pensée ; je crois que j’ai assez bien réussi » et en effet, Eastwood signe une fois de plus une réussite et une belle leçon de cinéma classique.
Frankie Dunn, brillant soigneur et entraîneur de boxe vieillissant décide malgré ses réticences d’entraîner Maggie Fitzgerald, jeune femme solitaire et déterminée. En seulement un peu plus d’un an de collaboration, Frankie amènera Maggie au sommet, jusqu'à son dernier match de boxe, contre une redoutable adversaire, prête à tout pour conserver son titre de championne du monde des poids mi-moyens, quitte à devoir porter des coups meurtriers. Maggie, touchait son rêve, mais il fût tout autre, un coup hors du temps réglementaire la projète violemment au sol, contre un tabouret. Le verdict est tout aussi violent ; paralysie totale sans aucun espoir de rémission. Commence alors un ultime match pour Maggie, celui de vivre en sachant qu’elle ne pourra plus jamais approcher son rêve, ni être autonome.
Le sujet principal du film n’est pas la boxe, mais la relation entre Maggie (Hilary Swank) et Frankie (Clint Eastwood) et le long chemin de croix de celui-ci. C'est avec une voix off que nous entrons dans le film, la voix de Scrap (Morgan Freeman), à la fois gardien de la salle d'entraînement de boxe et fidèle ami du patron Frankie. Comme souvent dans les relations fortes, celle de Frankie et de Maggie commence par un refus. Frankie ne veut pas s’intéresser à la jeune sportive par simple principe, car peu enclin à former la gente féminine. Frankie se laissera cependant toucher par le désarroi de Maggie face à l’image amère que lui renvoie son existence. Il acceptera finalement de l’aider à atteindre son but, mais sans s’apercevoir qu’elle aussi le prépare à quelque chose. Ces deux personnages, malmenés par la vie ont au démarrage pour seul point commun visible l’amour de la boxe. Cependant, leur profondeur d’âme se découvre peu à peu ; il est économe en paroles, elle est généreuse en coups. Il la rend forte, elle le subjugue et lui accorde un rôle de père. Il croit en Dieu, elle veut croire en elle. Leur relation se remplit de conseils et d’affection, mais avant tout d’une profonde humanité. Cet homme qui porte au cœur la douleur de ne pas pouvoir rétablir la communication avec sa fille, va craquer devant la ténacité, la volonté de Maggie qui, de son côté, pleure un père disparu et une famille absente.
La lumière tout en nuance de Tom Stern plonge les corps et les visages dans une photo qui frôle le noir et blanc, traduisant ainsi les contradictions et les ambivalences des personnages. Irlandais et catholique, pieux jusqu’à aller à la messe quotidiennement, Frankie entretient une culpabilité multiple, dû à son manque de contact avec sa fille, mais également à la perte d’un œil de son ami Scrap lors d’un combat où Frankie était son soigneur. Cette culpabilité le rend méfiant et hésitant pour ce qui est de prendre des risques, ce qui explique sa seule est unique devise ; « la règle principale est de se protéger ». Pourtant, il va lui-même la mettre de côté, plus le film avance et moins Frankie se protège de ce qu’il a tant souhaité et redouté : une vraie relation humaine, autre que celle qu’il s’autorise à travers les sarcasmes et chamailleries qu’il décroche au détour de son bureau à Scrap, la seule personne au monde à lui être restée fidèle et à connaître la cause de ses souffrances. Maggie au contraire a la rage de vaincre car à 31 ans elle n’a pas de temps à perdre pour réaliser son rêve. Etant issue d’une famille de « parasites » avachis dans leur caravane du Mississippi, elle voit dans sa passion pour la boxe une planche de salut, un moyen de toucher du doigt les sentiments de fierté et de réussite qui lui ont fait défaut dans sa jeunesse. Quand ces deux vies se croisent sur un ring une communion opère. Dès lors, la relation prendra forme en s’appuyant sur des séquences clés du film. Conseil sur les économies, achat d’un peignoir de satin vert sur lequel est brodé en lettres d’or l’expression "Mo Cuishle", visite dévastatrice dans la famille de Maggie, évocation des souvenirs qu’elle avait avec son père, déclaration d’amour sincère. Une figure paternelle qui prendra toute sa dimension à partir de « l’accident ». Cette seconde partie, plus intime, va plus profondément dans les relations interpersonnelles, resserre les liens et, doucement, laisse aller toute la puissance accumulée depuis le début du film. Frankie prend en charge les soins de Maggie, lui cherche une nouvelle université avant de succomber à sa demande insupportable. Le spectateur assiste à ce spectacle d’émotion pure le souffle coupé. L'inéluctable s'inscrit pourtant dès les premières images du film, dans les mots, les attitudes, les poses ; tout semble déjà écrit, presque déjà fini avant même d'avoir commencé. Cette seconde partie ne fera que conforter cett